Louis Dieudonné Joseph Dewez, né le à Namur et mort le à Bruxelles, est un fonctionnaire et historien belge.

Biographie Louis Dewez appartient à une famille luxembourgeoise (Forrières) établie depuis deux générations dans le milieu de la bourgeoisie marchande namuroise.

Il occupe pendant dix ans la chaire de rhétorique au collège des oratoriens de Nivelles.

Fonctionnaire Devenu l'assesseur du juge de paix de cette dernière localité en juillet 1796, il abandonne l’enseignement pour la fonction publique.

Deux ans plus tard, (en janvier 1798), il est désigné Commissaire du Directoire près le tribunal correctionnel de Nivelles, en octobre de la même année, il fait fonction de substitut du commissaire du même organe exécutif près les tribunaux civils et criminels du département de Sambre-et-Meuse (1798-1800) jusqu’à la réforme consulaire des structures administratives et judiciaires de . Il devient alors sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Hubert, à Saint-Hubert (3 floréal an VIII, soit le ) et reste en place jusqu’à la fin de l’Empire (1814) Jacques LOGIE, « Les magistrats des tribunaux du département de Sambre-et-Meuse, 1792-1814 », dans les Annales de la Société archéologique de Namur, t. 72 (1998), pp. 183 et 235..

Au cours de cette période, son nom figure au Tableau de La Bonne Amitié, la loge maçonnique de sa ville nataleD’après les archives anciennes de cette loge, actuellement en cours d’étude (avril 2011). .

Le nouveau royaume des Pays-Bas lui confie la charge d’inspecteur général des athénées et collèges pour les provinces méridionales, charge qu’il conserve sous le nouveau gouvernement belge, quoique de façon plus nominale qu’effective.

Historien L. Dewez se passionne pour l'histoire de la Belgique et de ses anciennes provinces. Il lui consacre diverses publications, .

Il publie également plusieurs ouvrages à l’intention du public des écoles, tandis que l’éditeur Meline met à l’impression les cours d’histoire nationale qu’il donne au Musée des sciences et des lettres de Bruxelles de 1827 à 1832Article relatif au Musée sur BESTOR (Belgian Science and Technology On line Resources).

De la protohistoire à la fin du haut Moyen Âge en passant par l'antiquité Cette période a connu de nombreuses guerres et pestes, divers bouleversements et le légendaire s'y mêle à l'Histoire véritable. C'est la période que - comme tous les historiens - Louis Dewez juge la plus .

Pour permettre au lecteur d'approfondir son étude et pour appuyer ce qu'il dit, il détaille les sources où il a puisé son information. Il le fait au début de son ouvrage, et en développe certaines à la fin de son Histoire, en en proposant parfois d'assez longs extraitsSource : Louis Dewez (dans la préface du tome 1 de son Histoire de la Belgique).

Ces sources sont (par ordre chronologique) L'Histoire ancienne des Pays-Bas de l'académicien Jan Des RochesJan Des Roches, qui utilise lui-même littéralement la conquête des Gaules dans sa seconde partie, ainsi que l' Abrégé de l'histoire romaine de FlorusLes livres I 0 IV de l'Abrégé de l'histoire romaine de Publius Annius Florus sont disponibles sur Wikisource (Traduction de Baudement, de 1840), Dion Cassius(sur Wikisource), SuétoneSuétone sur Wikisource, LucainLucain sur Wikisource, et Tacitesur Wikisource. Il a aussi utilisé Xiphilin, auteur d'un Abrégé de Dion CassiusXiphilin, Abrégé de Dion Cassius ; paris, 1592, in-fol, traduit par le Pdt Cousin), Spartien (ou Aelius Spartianus, auteur inséré dans Historiae Augustae scriptores ; Leyde, 1670 et 1671, 2 vol. in-8°), Cornélius Capitolin et Jules ou Iulius Capitolinus, Trebellius, Flavius Vopiscus quand ils parlaient du territoire de la Belgique ou d'événements la concernant durant la période où les sources sont les plus rares.

Ensuite, à partir du règne de Julien, ses sources sont Ammien Marcellin, Agathias (dit le Scolastique)Historien grec ( ), ayant notamment écrit une Histoire du règne de Justinien (de 553 à 559) et ayant continué l'Histoire de la guerre gothique de Procope et qui évoque la constitution de la monarchie des Francs, Orose et Zosime, puis Procope, qui est selon Dewez , au contraire d'Orose , qui , alors que Zosime est , ayant . Dewez utilise en renfort les dires ecclésiastiques d'Eusèbe de Césarée, Socrate et l'historien religieux SozomèneSozomène a produit une histoire ecclésiastique (période : 323 à 425 ) pour tenter de compléter des lacunes d'autres auteurs ou les éclaircir. Pour la "seconde époque" (celle de l'union des Belges et des Francs) l'auteur utilise Grégoire de ToursGrégoire de Tours sur Wikisource parce qu'il a vécu des moments importants (fuite et retour de Chilpéric, fureurs de Brunehaut et de Frédégonde) bien que jugé d'une . Viennent ensuite la compilation de Grégoire et la (Geste des Francs) qui pour Dewez et sont trop chargée , tout en contenant quelques sources susceptibles selon Dewez d'éclairer ces ; Dewez fait ensuite appel à Sigebert de Gembloux Sigebert de Gembloux Sigebertus Gemblacensis, pour son travail de chroniqueur avec sa Chronica (chronique universelle, détaillant la période 379 à 381 à 1111 ; Gesta abbatum Gemblacensium (finie en 1071, mais poursuivie après sa port par d'autres, après sa mort, jusqu'en 1136) (bien que considéré comme pro-impérial), Adon de Vienne. Dewez se réfère aussi aux Annales de MetzAnnales de Metz, composées à la fin du , les annales de Fulda, annales de Saxe, Annales d'Afflighem, Annales d'Anchin (notamment écrites par Éginhard et à Flodoard de Reims, le moine HermanHerman ou Hermannus, moine érudit de Richenou (Souabe, mort à Aleshusen en 1054, surnommé Contractus ou le Raccourci, auteur d'une chronique des six âges du monde qui ont selon Dewez « le mérite de l'exactitude ». Pour les règnes de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, il fait appel à l'abbé ÉginhardAnnales d'Eginhard ; Vie de Charlemagne dite Vita et gesta Caroli Magni (qualifié par lui de « flatteur ») et à Thégan (qualifié d'« infidèle ») et à Nitard (ou Nithard). Pour le , Dewez reconnaît manquer de sources hormis les apports « médiocres » de Lambert et d'Aschaffembourg pour l'an 1000, puis d'Otton et de Frisingue (bien que sa chronique est surchargée de « fables ridicules qui déparent l'histoire et choquent la raison ». Godefroi de Viterbe et moindrement Conrad d'UspergConrad d'Usperg (dit Abbas uspergensis, auteur d'une chronique s'achevant en l'an 1229, mais continuée par un anonyme jusqu'à Charles Quint. sont jugés « plus partiaux ». Ensuite c'est Guillaume de Nangis (via deux chroniques) qui vient comme source principale.

Des chroniqueurs plus régionaux utilisés par Dewez sont HaraeusHaraeus, Franciscus Haraeus, Haraei Harraei ou François Ver Haer, d'Utrecht (Annales ducum seu principum Brabantiae totiusque Belgii usque ad annum 1609 (Annales des ducs de Brabant, ou des dirigeants de l'ensemble de la Belgique, jusqu'en 1609), édité par Plantin à Anvers en 1623, 3 vol. in-fol (), DivaeusDivaeus ou Pierre Van Dive, de Louvain, auteur de Rerum Brabanticarum liber ; Rerum Lovaniensium liber 4 ; Annalium Lovaniensium lib. 8, publiés par Paquot, avec additions et tables, à Louvain en 1757, 2vol. in-fol. (), ButkensChristophe Butkens d'Anvers, Trophées sacrés et profanes du duché de Brabant, 1724, 4 vol. in-fol. (), Jacques MeyerJacques Meyer, Annales rerum Flandricarum ; Anvers, 1561, in-fol (hélas de moindre intérêt historique car il ), Jean BertholetJean Bertholet, Jésuite, Histoire ecclésiastique et civile du Duché de Luxembourg et Comté de Chiny ; Luxembourg, 1741, 8 vol. in-4° qui hors de ses recueils de miracles a recueilli des documents intéressants.

Dewez cite en particulier le Jésuite MarneJean-Baptiste de Marne, Histoire du comté de Namur (Livre numérique Google), voir aussi [Histoire générale ecclésiastique et civile de la ville et province de Namur], par M. Galliot [d'après le P. J.B de Marne], qu'il juge .

À partir du moment où la Belgique est réunie sous la Maison de Bourgogne, les sources sont plus riches et plus fiables, avec Enguerrand de Monstrelet, Philippe de Comines, Olivier de la Marche. Dewez utilise ensuite l'Histoire de Pontus Heuterus (de 1477 à 1564) qui lui semble sûre. Viennent enfin pour la période des révolutions des pays-Bas Strada, Bentivolglio, Grotius, de Thou.

Pour la géographie, il a consulté Louis GuichardinLouis Guichardin (ou Guicciardini, Louis Guicciardin ou encore Ludovico Guicciardino), Description de tous les Pays-Bas, aussi nommés Germanie inférieure, 1567 (avec cartes), in fol., en italien, publié en latin à Amsterdam, 1652, 1660 et en Français, 1612, in-fol, Charles Wastelain (Wastelain, Charles., Description de la Gaule-Belgique selon le trois ages de l'histoire. Bruxelles, 1761, p. 113, Description de la Gaule-Belgique selon le trois ages de l'histoire. Bruxelles, 1761, p. 113 et Abraham OrteliusAbraham Ortelius d'Anvers, Itinerarium per nonnullas Galliae, Belgicae partes ; 1588, in -8°, et pour les antiquités (on parlerait aujourd'hui d'archéologie), il se réfère à Godefroid Henschenius Godefroid Henschenius, Jésuite-bollandiste, auteur de dissertations sur des points d'histoire obscurs ou douteux, insérées dans les Acta sanctorum et Daniel PapebrockDaniel Paperbrock, d'Anvers, jésuite-Bollandiste, auteur de plusieurs dissertations insérées dans les Acta sanctorium.

Pour les lois, il a consulté les capitulaires rassemblés par Baluze Baluze, Capitularia regum francorum ; 1677, 2 vol. in-fol et les diplômes publiés par Miraeus (Aubert Le Mire ou Aubertus Miraeus).

Pour les périodes allant de la Renaissance à nos jours, Dewez utilise des sources les plus classiques et les plus fiables en essayant de faire la part entre les fables antiques et médiévales et la réalité historique.

Principaux titres 1805-1807 : Histoire générale de la Belgique depuis la conquête de César, en 7 volumes, à Bruxelles, chez J. Tarte ; rééd. en 1826-1828 à Bruxelles, chez H. Tarlier, 1826-1828 . 1812 : Géographie ancienne du département de Sambre-et-Meuse, à Namur. 1817 : Abrégé de l’histoire de Belgique, à Bruxelles, chez Adolphe Stapleaux ; éd. chez le même en 1829 . 1818 : Rhétorique extraite de Cicéron, ou principes généraux de l'art de parler et d'écrire, communs à toutes les langues, avec des développemens, des analyses et des exemples propres a en faciliter l'intelligence et l'application, à Bruxelles, chez P. J. De Mat . 1820 : Géographie du royaume des Pays-Bas et de ses colonies asiatiques, à Bruxelles, chez Adolphe Stapleaux . 1829 : Dictionnaire géographique de la Belgique et de la Hollande ou Description physique, historique et politique des provinces, villes et endroits remarquables de ces royaumes, sous le rapport de leur état tant ancien que moderne, à Bruxelles, chez P. Ferret et . 1833 : Cours d’histoire de Belgique contenant les leçons publiques données au Musée des lettres et des sciences de Bruxelles, en 2 volumes, à Bruxelles, chez J. P Meline

Distinctions et honneurs Depuis son rétablissement en 1816, l’Académie royale de Bruxelles le compte dans ses rangs et, en 1821, il en devient le secrétaire perpétuel.

Au titre de ses mérites, le gouvernement du royaume uni des Pays-Bas lui accorde le ruban de l’ordre du Lion Belgique.

En 1824, il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université de Liège.

En , quelques mois avant sa mort, son nom figure dans la liste des personnalités appelées à former la Commission royale d’histoire [Arrêté royal du ; cfr Compte-rendu des séances de la Commission royale d’histoire ou recueil de ses bulletins, t. 1 (1837), pp. IX-X . .

Son buste , taillé dans le marbre pour compte de l’Académie en 1860, est l'œuvre du sculpteur Jehotte Jacques VAN LENNEP, Les bustes de l'Académie royale de Belgique. Histoire et catalogue raisonné précédés d'un essai. Le portrait sculpté depuis la Renaissance, Bruxelles, Académie royale de Belgique (Mémoires de la Classe des beaux-arts, Collection in 8°, sér., t. 6), 1993, pp. 173 et 352. .