vignette|Manifestation à Genève, 26 avril 2007. vignette|Vassili Nesterenko devant l'OMS, 27 avril 2008 (« Crime de Tchernobyl – l'OMS est complice »).
« - Santé et Nucléaire » est un collectif créé en 2006, qui réclame la révision de l'accord de 1959 entre l'Organisation mondiale de la santé (OMS, en anglais ) et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cet accord lie les deux organisations concernant leurs programmes de travail et leurs publications.
Le collectif a été présent chaque jour ouvrable du au devant les bâtiments de l'OMS à Genève (). Le commémore l'accident nucléaire de Tchernobyl du , dont les importantes conséquences sanitaires font l'objet de controverses.
À l'occasion du anniversaire de l'action de vigie, une stèle a été inaugurée devant les bâtiments de l'OMS.
Le collectif Huit organisations ont fondé le collectif : association Enfants de Tchernobyl – BélarusEnfants de Tchernobyl – Bélarus. ; section suisse de l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire dénommée : Médecins pour une responsabilité sociale ( - PSR)Physicians for Social Responsibility. ; Mouvement pour la santé des peuples ( - PHM) ; Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) ; Réseau Sortir du nucléaire (fédération de plusieurs centaines d'organisations en France) ; Brut de Béton Production (structure de réflexion, de proposition et de réalisation d’actes artistiques)Brut de Béton. ; ContrAtom (association antinucléaire genevoise)ContrAtom. ; Sortir du nucléaire – Loire et VilaineSortir du nucléaire. En outre, plusieurs dizaines d'organisations ont déclaré leur soutien« Nos soutiens dans nos actions », sur le site de ..
L'accord contesté vignette|Portraits de liquidateurs décédés, Genève, . Route menant de l'ONU à l'OMS. vignette|Selon Michel Fernex, médecin tropicaliste, ancien membre de l'OMS, à propos de l'appréciation des conséquences de Tchernobyl et Fukushima : thumb|Inauguration de la stèle face à l'OMS, Genève
Contenu de l'accord Le , la résolution WHA 12.40Texte complet de l'accord sur Wikisource. a fait entrer en vigueur l'accord contesté. Cet accord est analogue à d'autres passés entre les agences onusiennes et l'OMS.
Depuis près de 20 ans, une controverse porte sur l'accord liant l'OMS et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). À la suite des campagnes de contestation, l'OMS a indiqué que l'accord Interpretation of the WHO's agreement with the IAEA, Statement WHO/06, 23 February 2001..
Cet accord contient un point qui impose de . Pour le collectif, cette clause imposerait à l'OMS la confidentialité sur des et certains sujets (à la discrétion de l’AIEA pour ce qui concerne le nucléaire).
Cependant, cette clause ne s'applique qu'à la protection des données confidentielles éventuellement transmises par l'AIEA à l'OMS, non sur les recherches propres conduites par l'OMS. L'accord n'interdit pas à l'OMS de collecter et publier ses propres données, ce qui est explicitement prévu par l'article -2 précisant que l'accord doit s'interpréter
Selon cet accord, l'OMS et l'AIEA Pour ses détracteurs, aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique susceptible de nuire aux intérêts de l'autre Agreements with Other Intergovernmental Organizations (, les 13 articles correspondant à l’accord OMS-AIEA sont consultables des pages 25 à 29, sur 43). Consulté le 7 mai 2012.. Un point de l’accord stipule en effet que Selon les opposants à cet accord, la même clause ne permet pas à l'OMS de librement formuler et diffuser des avis sur les risques ou conséquences de la radioactivité sans accord préalable de l'AIEARobert James Parsons, « Le black-out de l'OMS», revue Politis, 21 avril 2011.. Cependant, la clause incriminée n'impose pas aux deux agences d'adopter une position commune mais simplement de se concerter, le cas échéant pour un éventuel travail en commun.
Selon cet accord, l’entente entre les deux agences se fait .
Conflits d'intérêt évoqués L'accord est fréquemment évoqué par les mouvements antinucléaires, pour révoquer en doute les rapports de l'OMS qui indiquent que les effets sur la santé des retombées radioactives à la suite d'accidents comme celui de Tchernobyl sont généralement faibles et surtout provoqués par la peur des radiations. Selon le collectif , l'accord entre ces deux agences provoque un « conflit d'intérêts patent »Site de ..
Diverses personnalités, dont Michel Fernex (ancien médecin de l'OMS) et Youri Bandajevsky, ainsi que des ONG dont notamment , l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, et des professionnels de la santé ; , consulté le 19 avril 2011 ou encore le mouvement 1959 Document PDF, consulté le 19 avril 2011. demandent l’abrogation de l’accord WHA 12-40. Ils estiment que cette résolution impose à l'OMS de minimiser les risques de la radioactivité pour la santé publique<ref>À propos des congrès officiels (OMS, AIEA) sur Tchernobyl, sur ''.</ref> et ne peut remplir ses missionsUn accord contre nature empêche l’OMS de remplir sa mission, sur www.contratom.ch.. De plus selon Michel Fernex, l'OMS ne dispose plus de moyens d'étude sur les impacts de la radioactivité, ce qui l'oblige à reprendre à son compte les données apportées par l'AIEA..
Dès les années 1990, Vassili Nesterenko a critiqué cet accordVoir les films de Wladimir Tchertkoff..
Un exemple d'application de cet accord concerne la non-publication des actes des conférences de 1995 à Genève et de 2001 à Kiev sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de TchernobylAlison Katz, « Les dossiers enterrés de Tchernobyl », Le Monde diplomatique, mars 2008.. Le , directeur général de l'OMS de 1988 à 1998, a notamment déclaré à la télévision suisse que ces documents avaient été censurés à cause de l'accord avec l'AIEAInterview du par le , enregistrée dans le film de Wladimir Tchertkoff, Controverses nucléaires..
En 1996, les médecins Michel Fernex et Youri Bandajevsky affirment que l'accord a pour conséquence de minimiser les risques de la radioactivité pour la santé publiqueMichel Fernex, « À propos des congrès officiels (OMS, AIEA…) sur Tchernobyl », 1996, sur www.dissident-media.org..
En 2010, un nouvel ouvrage intitulé Alexey V Yablokov, Vassili Nesterenko et Alexei Nesterenko : « Chernobyl: », 1181, J.D. sherman-Nevinger ; en anglais, [impression]; [en ligne], 349 pages, , 4,3 Mo) et Index des mots clés (39 pages, 165 Ko). [Conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sur la population et l'environnement], fait état d'études et de nombreuses données fournies par des médecins, chirurgiens et spécialistes de la radioactivité en Ukraine et Biélorussie notamment, laissant penser que les impacts de l'accident sur les humains, la faune et la flore ont été fortement sous-estimés. Sur cette base (environ utilisées, sur environ scientifiques disponible vers 2010Source : 16/349 du livre Chernobyl: cité en bibliographie. sur la catastrophe, pour la plupart en russe ou langues slaves, alors que le rapport de l'OMS n'en cite que 350 environ, presque toute en anglais), les auteurs et la toxicologue Janette Shermann réinsistent sur le besoin d'une indépendance de l'OMS par rapport à l'AIEAInterview de Janette Shermann toxicologue par Karl Grossman (de Enviro-close-up), anglais sous-titré français..
Revendications L'ONG demande notamment à l’OMS de rétablir son département « Radiation et Santé » ;
créer un groupe de travail ; publier et mettre à disposition de tous les actes des conférences de Genève en 1995 et de Kiev en 2001 sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, dans leur intégralitéLe Collectif IndependentWHO considère qu’en matière de radioprotection, l’OMS doit, en urgence, mettre en œuvre les 7 points suivants : (../..), consulté le janvier 2013.. Ces actes n'ont pas été publiésLe Monde diplomatique, mars 2008. selon le Hiroshi Nakajima, directeur général de l'OMS de 1988 à 1998, interrogé par la télévision suisse, en raison d'une censure permise par l'accord OMS-AIEAInterview du Nakajima par le Michel Fernex, enregistrée dans le film de Wladimir Tchertkoff, Controverses nucléaires..
Conventions additionnelles Deux conventions ont été adoptées à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl dans le but de préciser la portée de l'accord AIEA/OMS de 1959 dans un contexte d'accident nucléaire. Ces conventions stipulent que l'AIEA est seule habilitée pour piloter l'action internationale en cas d'accident nucléaire. Il s'agit de la et de la qui ont été adoptées par la conférence générale de l'AIEA le La première convention est entrée en vigueur le 27 octobre 1986 et la seconde le 26 février 1987. INFCIRC/335 et INFCIRC/336..
Actions Vigies vignette|Alexey Yablokov, Rosa Goncharova et Vassili Nesterenko devant l'OMS, Genève, 27 avril 2008.
La « vigie d'Hippocrate » était une manifestation permanente devant les bâtiments de l'OMS à Genève, demandant la révision de l'accord avec l'AIEA. Du à 2017, chaque jour ouvrable et de 8 à 18 heures, une à trois « vigies » du collectif étaient présentes avec des calicots.
vignette|Portraits des liquidateurs, Paris, 26 avril 2010. Plusieurs manifestations plus larges étaient organisées par devant le siège de l'OMS à Genève. D'autres actions avaient eu lieu à Paris (sur le parvis des droits de l'homme), à Troyes (concernant le centre de stockage de l'Aube) et à Vienne (devant le siège de l'AIEA).
Appels relaye « l'Appel des professionnels de la santé pour l'indépendance de l'OMS » initié par une vingtaine de personnalités dont : Youri Bandajevsky (ancien recteur de la Faculté de médecine de Gomel, Biélorussie), (chimiste, Grande-Bretagne), Marina Carobbio (médecin, conseillère nationale, Suisse), Michel Fernex (médecin, Suisse), Liliane Maury Pasquier (sage-femme, conseillère aux États, Suisse), Maria Roth-Bernasconi (infirmière, conseillère nationale, Suisse). publie le « Manifeste pour l’indépendance de l’OMS », qui demande à l'OMS qu’elle remplisse son mandat constitutionnel, et donc qu'elle remette en question l'accord existant avec l'AIEA.
Rencontres avec l'OMS s'est adressé à l'OMS, en particulier à Margaret Chan, directrice générale depuis . Une rencontre a eu lieu en avec cinq responsables de l'OMS à divers niveaux (mais sans la directrice).
Une seconde rencontre a eu lieu le au siège de l'OMS à Genève, à l'invitation de la directrice, entre six représentants de (dont Wladimir Tchertkoff et Rémy Pagani) et six personnes de l'OMS (dont la directrice et le directeur général adjoint Anarfi Asamoa-Baah). À la suite de cette rencontre, l'OMS a indiqué . Margaret Chan aurait affirmé que l’accord de 1959 entre l'OMS et l'AIEA , il ne serait pas question de réviser cet accord. Le Conseil administratif de Genève, qui soutient l'action d’, était représenté par Rémy Pagani qui a « La directrice générale de l’OMS rencontre des ONG anti-nucléaires », ATS, 4 mai 2011, dans La Tribune de Genève..
Soutiens vignette|Michel Fernex, Wladimir Tchertkoff et Christopher Busby devant l'OMS, Genève, 27 juin 2007. vignette|La vigie en hiver, 5 janvier 2009.
Le journaliste Wladimir Tchertkoff, qui a réalisé plusieurs documentaires sur le nucléaire et Tchernobyl, apporte son soutien à . Il a participé à plusieurs « vigies » devant l'OMS. C'est aussi le cas de personnalités politiques comme Danielle Mitterrand (présente sur la vigie le ), Rémy Pagani (maire de Genève, le ), Jean Ziegler (politicien et sociologue suisse, le ), et de scientifiques comme Rosa Goncharova (généticienne biélorusse), Alexey V Yablokov (écologue russe), Vassili Nesterenko (physicien biélorusse, les trois le ).
Le liquidateur Valéry Zaïtsev, président de l'association de liquidateurs et veuves de liquidateurs « DAPAMOGA » à Mazyr en Biélorussie, est présent les 3 et « Séjour de Valery Zaïtsev – Décembre 2009 », Catherine Fuchs, 23 décembre 2009..