L'église Saint-Pierre est une église catholique paroissiale située à Puiseux-Pontoise, en France. Sa fondation est antérieure au , et sa nef d'origine, très simple est basse, a subsisté jusqu'en 1895. Grâce à la générosité de la famille Thomassin, elle a été substituée à une nef néo-gothique avec bas-côtés et chapelles, qui a été bénite en 1898. Au moins son vaisseau central imite bien le style gothique en vigueur pendant la première moitié du règne de saint Louis, qui est celui du transept des années 1230. Ses croisillons étaient d'emblée conçus pour se raccorder à des bas-côtés, mais ne communiquaient avec la nef que par des passages provisoires. En s'ouvrant largement sur le transept, la construction néo-gothique met enfin en valeur les parties anciennes de l'église, et forme avec eux un espace presque homogène. Sans toucher aux colonnettes à chapiteaux anciennes, la croisée du transept et le croisillon nord ont été revoûtés à la période flamboyante, au début du , et les délicats réseaux des fenêtres des croisillons datent de cette époque, ainsi que le clocher en bâtière qui s'élève au-dessus de la croisée du transept. Son style est assez insipide comparé à la plupart des autres clochers du Vexin français. La partie la plus ancienne de l'église est le petit chœur rectangulaire au chevet plat. Extrêmement austère à l'extérieur, il se distingue néanmoins par une belle petite voûte à six branches d'ogives des années 1190 / 1210, qui constitue une curiosité archéologique : ce type de voûte est habituellement réservé aux grandes églises. Le chœur, le transept et le clocher sont inscrits monument historique depuis 1966.. Puiseux-en-France est aujourd'hui affilié à la paroisse de Cergy, et les messes sont célébrées en l'église Saint-Pierre uniquement lors des grandes fêtes religieuses, à 9 h 30.
Localisation thumb|upright|left|Croix de cimetière.
L'église Saint-Pierre est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, sur la commune de Puiseux-Pontoise, à l'ouest du village, rue de l'Église. La façade occidentale donne sur la rue. Elle est précédée d'un étroit parvis. Le petit cimetière de la commune entoure l'église au sud, à l'est et au nord. Au sud et surtout à l'est, le cimetière est étroit, et délimité par un ancien corps de ferme, de sorte qu'il n'est pas possible d'apprécier l'élévation méridionale et le chevet en prenant du recul. Le presbytère se situe au nord de l'église, un peu en retrait par rapport à la rue. Il convient de mentionner la proximité immédiate d'un autre monument historique, à savoir la croix de cimetière, à droite en regardant la façade, qui a été classée par arrêté du .. Louis Régnier précise que seuls le grand socle carré et la base du fût remontent au . À en juger d'après cette base, le fût actuel remplace certainement une colonnette à chapiteau assez mince. Il a été refait au ou , ainsi que la croix..
Historique thumb|upright|Vue depuis le sud par la cour de la ferme. thumb|upright|Plaque commémorative de la bénédiction en 1898.
La fondation de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul remonte au moins au . Par un acte daté de l'an 1100 environ, Ite, femme de Foulque de Chaudry, et fille de Hermer de Pontoise, donne l'église à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Celle-ci devient ainsi collateur de la cure. Elle possède également un manoir et une grange monastique (exploitation agricole) à Puiseux, mais il reste incertain si elle jouit de toutes les dîmes de la localité... Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse relève du doyenné de Pontoise, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen.. Sous la Révolution française, l'église est fermée au culte (vraisemblablement à l'automne 1793), puis abandonnée et laissé à son sort. L'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles. Entre 1895 et 1897, elle est profondément restaurée, et sa nef est même remplacée par une construction entièrement neuve (voir ci-dessous). Ces travaux sont rendus possibles grâce à la générosité de la famille Thomassin et de Louis Thomassin, maire de Puiseux, cultivateur et éminent agronome. À l'issue des travaux, l'abbé Donnio, chanoine de Versailles et ancien curé de Puiseux, bénit l'église en date du .. Le chœur, le transept et le clocher sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du . En la même année, nait la nouvelle diocèse de Pontoise qui se limite au territoire du département du Val-d'Oise dont la création est alors en cours. Le diocèse de Versailles se limite désormais au seul département des Yvelines. Puiseux-en-France est aujourd'hui affilié à la paroisse de Cergy. Un prêtre réside au presbytère de Puiseux, mais les messes sont actuellement célébrées uniquement lors des grandes fêtes religieuses (Noël, Rameaux, Pâques, Ascension, Pentecôte, Toussaint), à 9 h 30..
La première partie de l'église primitive à être rebâtie est le chœur, que l'on remplace entre 1190 et 1210 environ par le chœur rectangulaire au chevet plat que l'on voit actuellement. Une inscription sur une pierre derrière l'autel, relevée par l'abbé Bourcier en 1880, et qui n'est plus accessible, dit que . Selon Louis Régnier, le style de la rédaction donne à penser qu'elle n'est pas antérieure au , mais il n'y aurait aucune raison de douter de sa véracité. Mais seulement le chœur actuel existe le jour de la dédicace. Ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard, que le transept roman est à son tour remplacé. Le remplacement de la vieille nef par une nef avec bas-côtés est d'ores et déjà prévu, car les croisillons sont d'emblée munis d'arcades du côté ouest. Apparemment, l'on ne songe pas à voûter la nouvelle nef, car les piliers n'ont initialement pas de colonnettes du côté ouest. Le projet reste de toute façon lettre morte. Il n'est plus possible de savoir si le clocher central au-dessus de la croisée du transept est achevé sous cette campagne, car le carré du transept et le croisillon nord sont remaniés et revoûtés entre la fin du et les premières décennies du siècle suivant dans le style flamboyant. Tous les arcs-doubleaux d'origine sont maintenus, mais certaines bases sont reprises en sous-œuvre, et les deux fenêtres du croisillon nord et la fenêtre méridionale du croisillon sud sont équipées de remplages flamboyants. Le clocher actuel est bâti, sans style véritable, vers le début du ...
La nef-grange romane de l'église primitive subsiste, plus ou moins remaniée, jusqu'à la fin du . Ses murs étaient si bas que le plafond coupe le sommet de l'arcade centrale. Les baies en tiers-point dataient vraisemblablement du . Des passages berrichons recouverts par des toits en appentis et voûtés par des demi-berceaux reliaient la nef aux croisillons. Entre 1895 et 1897, la nef primitive est démolie et remplacée par une nef néogothique, précédée d'un narthex et accompagnée d'étroits bas-côtés, qui s'élargissent au niveau de la troisième travée pour former des chapelles ouvrant sur les croisillons du transept. Les plans sont fournis par l'architecte parisien Charles Ferrant. L'on note que son projet est moins ambitieux que celui du , car la largeur maximale n'est atteinte que dans la troisième travée. En effet, le faible nombre d'habitants de la commune ne justifie pas un édifice plus spacieux. Louis Régnier dit que le résultat est plus satisfaisant à l'intérieur qu'à l'extérieur. La haute toiture de la nouvelle nef masque fâcheusement la partie basse de l'étage de beffroi du clocher. L'on décide de les boucher par une zone de maçonnerie de de hauteur. Depuis la démolition de la vieille nef, le dernier vestige de l'église primitive est à ce jour un linteau monolithique gravé de motifs géométriques, qui a été réemployé au-dessus de la porte extérieure de la sacristie..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme. Elle se compose d'un narthex, qui comporte au rez-de-chaussée un dégagement et deux cagibis, et à l'étage une tribune ; d'une nef de trois travées accompagnée de bas-côtés jusqu'à la deuxième travée, puis de chapelles carrées, qui forment un deuxième transept ; d'un transept non débordant, dont la croisée sert de base au clocher en bâtière ; d'un chœur rectangulaire au chevet plat d'une seule travée ; et d'une sacristie à l'angle entre le chœur et le croisillon sud. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, mais les voûtes de la nef et de ses bas-côtés et chapelles ont des voûtains en briques creuses et des nervures préfabriquées en staff. Le chœur se signale par une voûte sexpartite (à six branches d'ogives. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. Le narthex, la nef et les bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec pignons à l'ouest. Les chapelles qui flanquent la troisième travée de la nef sont munies de toits à croupes. Les croisillons possèdent des pignons aux extrémités nord et sud, et des toits en bâtière perpendiculaires à l'axe de l'édifice. Le toit du chœur est à deux rampants, avec pignon au chevet..
Intérieur Nef, bas-côtés et chapelles thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
L'ensemble formé par le narthex, la nef, les bas-côtés et les chapelles a la même longueur que la nef primitive, et occupe à peu près la même superficie que celle-ci, si l'on y ajoute les passages berrichons. Comme dans la nef également néogothique d'Osny, bâtie en 1895, la largeur et la hauteur du vaisseau central est calquée sur la croisée du transept. Ses dimensions paraissent bien modestes, mais pour relier les chapelles aux croisillons et éviter des irrégularités, l'architecte n'eut d'autre choix que de se conformer à la largeur définie par le carré du transept. Il aurait cependant pu surélever les élévations latérales et prévoir des fenêtres hautes au-dessus des grandes arcades, ce qui aurait été plus conforme à l'esprit des nefs gothiques voûtées d'ogives, qui comptent généralement au moins deux niveaux d'élévation. Mais d'un côté, le budget était limité, et d'un autre côté, le clocher aurait été complètement masqué du côté ouest. Le résultat sont une nef et des bas-côtés et chapelles voûtés quasiment à la même hauteur, ce qui n'est pas son charme. L'esthétique est proche de celle des églises-halle, telles que Genainville. Les bas-côtés sont moitié moins larges que la nef, alors que les chapelles sont tout aussi larges que celle-ci. Ainsi, les voûtes de la nef sont barlongues dans le sens transversal, tandis que celles des bas-côtés sont barlongues dans le sens longitudinal, ce qui entraîne tout de même une légère différence de hauteur au niveau des sommets des voûtes. Mais la retombée de l'ensemble des nervures des voûtes et des arcades et doubleaux s'effectue bien au même niveau. Les travées néogothiques forment ainsi un vaste espace unifié, ce qui atténue l'impression d'exigüité du vaisseau central, et établit une continuité remarquable avec le transept des années 1230, qui était loin d'être aussi bien mis en valeur du temps de l'existence de la vieille nef. Le sommet de l'arcade occidentale de la croisée du transept n'était pas visible depuis l'ouest, et les passages berrichons avaient un caractère provisoire.