L'église Saint-Pierre de Saint-Julien-du-Sault est une ancienne collégiale située à Saint-Julien-du-Sault (Yonne), en France. Elle dépend pour le culte de la paroisse Sainte-Alpais de l'archidiocèse de Sens-Auxerre.

Localisation L'église est située dans le département français de l'Yonne, dans la commune de Saint-Julien-du-Sault.

Historique

La collégiale Saint-Pierre est inscrite en 1840 à la première liste des monuments historiques puis classée au titre des monuments historiques en 1840.

L'église Saint-Pierre, où sont mélangés les styles du et de la Renaissance, possède trois nefs de style ogival, formant croix latine avec collatéraux prolongés autour du chœur. Longueur du vaisseau dans œuvre : ; Largeur aux nefs : ; Largeur au maître-autel : ; Hauteur de la voûte à la nef : ; Hauteur au maître-autel : .

L'église Saint-Pierre est décrite par Jules Verne comme « une remarquable église gothique » « ornée de belles verrières et classée parmi les monuments historiques ».

En 1055, la baronnie de Saint-Julien-du-Sault est rattachée à l'archevêché de Sens qui fait ériger le château de Vauguillain et sa chapelle entre 1168 et 1171. L'église a été érigée par l’archevêque de Sens Henri Sanglier, dont la présence est attestée à Saint-Julien-du-Sault en 1136, entre 1122 et 1142 Histoire de l'église de Sens, Abbé H Bouvier, Imprimerie Yvert et Tellier, Amiens 1911. Puis les travaux furent poursuivis par Guillaume de Champagne archevêque de Sens et Guy de Noyers, qui en fit une collégiale en 1171J. Puizoye, L'Affaire des chanoines. Imprimerie Fostier, 1967 avec un chapitre de dix chanoines. Les travaux se sont poursuivis au (l'année 1205 est gravée au ciseau dans la clé d'une basse voûte)Gabrielle Rheims, Saint-Julien du Sault et ses Verrières, in La Gazette des beaux-arts, pages 139 à 162, septembre-octobre 1926 dont les plans approuvés par se rapprochaient en réduction de ceux de la cathédrale de Sens. Elle fut incendiée pendant la guerre de Cent Ans, (1337-1453).

La restauration de cet édifice commença avec l'archevêque de Sens, Tristan de Salazar (1475 - 1519), avec l'édification du clocher, puis se poursuivit sous le règne de François et la Renaissance avec l'archevêque de Sens, le cardinal Louis de Bourbon-Vendôme (1536-1557), qui fit élever le chœur et amorcer le transept. La date (1566) et le nom Tristan Godon inscrit sous le jambage d'une fenêtre pourrait être celui de l'architecte.

À la mort du cardinal, de nombreux travaux furent interrompus et le chœur resta dans l'état où on le voit aujourd'hui. Le clocher de plan carré (travée nord), et sans caractère de , date du . Il devait être remplacé par une tour qui devait être placée de l'autre côté du portail (travée sud).

La grande arcade de la première travée du bas-côté sud n'aboutit pas. La nef est plus courte que prévu. Il est à noter que le chœur était réservé aux chanoines et que c'était la nef qui servait d'église paroissiale. La construction et l'entretien de la nef étaient à la charge des paroissiens, puis le fut de la fabrique puis depuis 1905 de la commune. Le chapitre des chanoines fut supprimé en 1773, et l'église devint église paroissiale dans sa totalitéL'église Saint-Pierre, impr. Prodiliste, Office du tourisme de l'Yonne. L'église est dévastée sous la Terreur et transformée en temple de la Raison de à .

Travaux

Par la suite, afin de sauvegarder, de modifier ou d'embellir l'édifice, on fit d'autres travaux : En 1778, il fallut retirer du chapeau de cardinal les fleurs de lys en plomb de de hauteur qui surmontaient le toit car leur poids menaçait la charpente. Le , le sieur Collet, marguillier chargé de l'entretien de l'église, obtient du conseil de paroisse, composé notamment de messieurs Genty et Soret premier et second échevin et monsieur Bordat substitut du procureur, l'autorisation de faire repeindre en faux marbre les quatre piliers derrière l'autel, pour mettre en valeur la gloire en bois doré, au-dessus de l'ange doré, achetée par le curé Poncy pour orner le nouvel autel en bois doré installé vers 1780Abbé Girard, Registre paroissial de Saint-Julien du Sault, Archives départementales de l'Yonne. le , l'assemblée paroissiale décide : de faire réparer les vitraux endommagés par les orages, de faire réparer les murs du cimetière hormis le mur d'enceinte, de changer le circuit de la procession de Saint Marc car le passage du ru d'Oc est difficile au moulin d'en bas. Le , les officiers municipaux demandent un corps de garde pour la ville. Il sera construit entre les deux contreforts gauche de la façade de l'église aux frais de la fabrique qui pourra le louer lorsqu'il ne sera pas occupé par la milice bourgeoise. À la fin du , lors de nouveaux remaniements, les stèles des chanoines et les grilles qui séparaient le chœur de la nef ont été retiréesSaint-Julien-du-Sault, son histoire, sa visite, imprimerie Fostier, 1965 En 1809, sous le règne de Napoléon, le Sénat autorise (article 114) exceptionnellement, sur une période de deux ans, la commune de Saint-Julien à imposer ses contribuables pour une somme globale de francs destinée à l'entretien de l'égliseArchives parlementaires de janvier 1808 à juin 1810, librairie administrative Paul Dupont, Paris, 1867. En 1814, la municipalité construit une cabine dans l'église pour y installer une pompe à incendie. Tous les premiers dimanches du mois, les pompiers sortent la pompe pour faire un exercice. Ce n'est qu'en 1827 qu'à force de protestations la paroisse obtient qu'une ouverture extérieure soit faite pour éviter les passages bruyants dans les lieux saintsNotes historiques sur Saint-Julien-du-Sault par le curé d'Armeau, Imprimerie Fostier, 1948. En 1826, la toiture au-dessus de la grande nef fut refaite, et le clocheton du chapitre que l'on peut apercevoir sur une gravure de 1790 fut démoli. La clochette Antoinette intégra le clocherAbbé Jules Fonbonne, Saint-Julien-du-Sault et ses environs, Imprimerie Fostier, 1950. Pendant sa charge de la paroisse, l'abbé Girard fit faire plusieurs travaux : En 1836, il fit ajouter des appuis-mains à la passerelle qui va de la tour du petit clocher aux combles de l'église. Il les fit remplacer, en 1850, par les rampes en fer que l'on voit aujourd'hui. Afin de conserver pour les , comme celle de aux frontispices des portails latéraux, il les fait recouvrir . Il fait refaire la partie de la toiture qui recouvre le chœur et dans les niches fait placer les statues de saint Blaise et saint Sébastien qui proviennent de l'église ainsi que sainte Apolline et d'autres statues qui viennent de l'église Saint-Thibault de JoignyNotes historiques sur Saint-Julien-du-Sault par le curé d'Armeau, Imprimerie Fostier, 1949. Il fit graver dans une niche la date de 1836 ainsi que le nom de FouretMémoires de l'abbé Girard, maison paroissiale de Saint-Julien-du-Sault. En 1888, la préfecture demande au curé de choisir un emplacement dans l'église pour la sacristie. L'ancienne sacristie accolée au chevet est démolie le et la nouvelle sacristie est installée dans la chambre basse du clocher. En 1898, l'autel Saint-Joseph est élevé dans la nef latérale droite. Les murs près de l'autel qui étaient ornés d'une fresque ont été enduits de plâtre puis recouverts d'ex-votos. Considérant que l'autel réduisait le passage, le préfet en demande et obtient le retrait. Les fresques, fortement dégradées, seront remises au jour lors de la réfection de la nefCompte rendu de fabrique du 6 juillet 1890. En 2009, de nouveaux travaux sont engagés : réfection de la charpente et de la couverture, du chœur et du déambulatoire, etc., d'un coût de et financés par la Direction générale des Affaires culturelles à 40 %, le conseil général à 40 % et la commune. La restauration de l'orgue a coûté .

Cérémonies Sous Louis XV, des manifestations militaires et religieuses ont lieu dans la collégiale afin de fêter les victoires de la Bataille de Guastalla et de la Bataille de San Pietro. Le de dragons et leurs officiers qui séjournent à Saint-Julien assistent au Te Deum.

Parmi les officiers de Saint-Julien qui se sont fait enterrer dans l’église, on peut citer : Jehan de La Brosse, sieur de Murat, maréchal des logis aux Chevau-légers de la garde de Sa Majesté et inhumé en 1703 devant le crucifix; Gédéon Palleau, sieur du Plessy, major au régiment d'Orléans et inhumé en 1703 devant l’autel du Rosaire; Robert Allen, lieutenant de dragons et inhumé en 1722 devant l'autel du Saint-Esprit et enfin Simon Cormon, inhumé dans la collégiale en 1732. Le , pour la levée d'une milice bourgeoise pour la Garde nationale de Saint-Julien-du-Sault, on célèbre la messe du Saint-Esprit Abbé Girard, Registre paroissial de Saint-Julien du Sault, Archives départementales de l'Yonne, 1854. Le Te Deum est à nouveau chanté le 11 frimaire An XIII () pour célébrer le sacre de Napoléon Ier. En 1811, à Saint-Julien comme dans toute la France, on s'associe au baptême du Roi de Rome (Napoléon II) en baptisant dans l'église Saint-Pierre Irénée, fille de Jean Charpentier et Colombe Biard. En 1918, au cours des grands messes pendant que la titulaire l'orgue de chœur jouait, un élève aspirant cantonné à Saint-Julien Paul Billaux, Au pays de Julien et d'Alpais, collection "terre d'histoire", 2011. Le , l'orgue Renaissance est béni par l'archevêque de Sens-Auxerre, Monseigneur Yves Patenôtre, en présence de la député Marie-Louise FortL'Yonne républicaine du 24 octobre 2011.

L'extérieur Pendant sa charge entre 1826 et 1857 (l'année 1839 est gravée dans une niche), l'abbé Girard fit placer dans les niches au-dessus des corniches les statues de saint Blaise et de saint Sébastien qui étaient dans l'église et sept autres statues qui provenaient de l'église Saint-Thibault de Joigny dont celle de sainte Apolline qui se trouve plein ouest.

L'intérieur alt=Carrelage au poinçn médiéval |vignette Le chœur a été commencé au , les chapiteaux du sont décorés de guirlandes et d'anges. Comme souvent dans la région au , des galeries devaient permettre de circuler au niveau des fenêtres hautes et l'on voit encore les traces de ce chemin de ronde supérieur<ref>Gabrielle Rheims, , in La Gazette des beaux-arts, pages 139 à 162, septembre-octobre 1926</ref>.

La gloire au-dessus de l'autel, marquée du tétragramme hébreu YHWH, qui autrefois surmontait l'ange doré dans le chœur, a été transférée au-dessus des fonts baptismaux par les Beaux-Arts vers 1900.

Le déambulatoire comprend six travées droites et cinq à l'abside, en voûte d'ogive, complétées par cinq chapelles.

Le sanctuaire de l'église était en carreaux octogonaux de terre cuite non émaillée. Les côtés étaient fermés par des carreaux identiques mais carrésÉmile Amé, Les carrelages émaillés du Moyen Âge et de la Renaissance, Morel éditeur, Paris, 1859.

En 2017, il a été découvert du carrelage dont le poinçon, une fleur à huit pétales, est identique à celui retrouvé dans la Seine en 1851 à la hauteur de l’ancien Châtelet et conservé à la Cité de la Céramique à Sèvres et de carreaux datée de 1681, trouvés lors de restaurations dans le pavillon du Roi de VersaillesEmmanuelle du Bouëtiez et Jean-Yves dufour, CNRS, Les carreaux de pavement en terre cuite du XVIIe siècle du jeu de paume du roi à Versailles (Yvelines pages 131-152.

Les chapelles et confréries Dès les origines, l'église Saint-Pierre comprenait sept chapelles Maximilien Quantin, Almanach du département de l’Yonne, Imprimerie impériale, Paris, 1835 : la chapelle Saint-Georges-et-Saint-Maur fondée en 1345 par Jean Boudard, Saint-Nicolas, Saint-Blaise, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel, du Saint-Esprit, et enfin Notre-Dame-des-Anges. Le , l’archevêque de Sens, Monseigneur Hardouin Fortin de La Hoguette, supprime deux prébendes et six chapelles de l'église Saint-Pierre et annexe leurs revenus à la mense capitulaire qui elle-même sera supprimée en 1773.