L'église Saint-Christophe est une église catholique paroissiale située à Cergy, en France. Son extraordinaire portail Renaissance tourné vers le village et son clocher roman qui est l'un des plus anciens du département à compter deux étages attirent les regards. Franchissant le portail, l'on pénètre dans un genre de vestibule à ciel ouvert, qui offre la vue sur des vestiges architecturaux et des arrachements de maçonnerie, et donne l'image d'une église partiellement ruinée. Ce n'est pas tout à fait le cas, car les travaux entrepris à la Renaissance n'ont jamais été achevés, mais l'ancienne nef romane des années 1130 / 1140 a effectivement été démolie en 1904. Elle était vétuste, et sa suppression a facilité les travaux de consolidation du clocher en 1905. La façade occidentale actuelle et les murs clôturant le bas-côté sud Renaissance datent de cette époque. De l'intérieur, l'église se présente comme un espace carré de trois travées de long et de trois travées de large, pratiquement homogène à l'exception de la base du clocher qui reste romane. Elle possède l'une des plus anciennes voûtes d'ogives conservées dans la région ainsi que six chapiteaux historiés des années 1130 / 1140, mais aussi une arcade orientale qui remonte à la seconde moitié du . À cette époque, la chapelle carolingienne au chevet plat a été agrandie par adjonction d'une abside en hémicycle. Cet état ainsi que le plan de la seconde église romane du second quart du ont été révélés par des fouilles en 2002 / 2003. Le reste de l'église est gothique et date du début du . Si la hauteur sous voûtes est faible, le remplage des fenêtres inexistant et la sculpture sujette à des maladresses, l'espace intérieur séduit toutefois par son grand espace voûté à la même hauteur, à l'instar des chœurs-halle de la vallée de l'Oise et ses environs. L'église est classée monuments historiques depuis 1913.. Elle renferme un nombre important d'éléments de mobilier classés, dont notamment des plaques funéraires et des plaques de fondation. Depuis l'inauguration de deux nouvelles églises paroissiales dans la ville nouvelle de Cergy, l'église Saint-Christophe n'est plus au centre de la vie de la paroisse, mais au moins deux messes par semaine y sont toujours célébrées.

Localisation thumb|left|Vue d'ensemble depuis le nord.

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Cergy, au quartier du village, rue de Neuville. Le chevet donne directement sur la rue, et une place occupée par un parking se situe plus à l'est. Au nord de l'église, la rue décrit une courbe généreuse et laisse libre un vaste parvis devant l'église : Il correspond à l'ancien cimetière. La façade occidentale Renaissance inachevée est visible depuis une courte impasse qui poursuit ce parvis vers l'ouest, au sud de l'ancienne maison du Patrimoine. Pour apercevoir la façade méridionale, il faut franchir la porte fortifiée de l'ancien prévôté de l'abbaye Saint-Denis. L'accès à l'intérieur de l'église se fait depuis la cour intérieure formée par les murs du double bas-côté nord Renaissance resté inachevé ; c'est également depuis cette cour que le clocher est le mieux visible. À gauche en regardant l'église, un portail s'ouvre dans un petit oratoire. L'entrée dans l'église se fait par le porche à droite, au fond de la cour.

Historique Les origines thumb|upright|Arcade orientale de la base du clocher, de la 1 église romane. thumb|upright|Plan de la 1 église romane.

À l'époque mérovingienne, Cergy est un hameau ou une zone de population peu dense, dont la naissance est favorisée par une situation géographique avantageuse, à proximité de la rivière Oise et au milieu de terres fertiles. Un passage de l'Oise sous la forme d'un gué pourrait déjà exister. Les habitants de Cergy sont vraisemblablement chrétiens dès la construction des premières maisons, la christianisation du nord de l'Île-de-France remontant au tout début du Moyen Âge. Or, comme c'est le cas de nombreux autres jeunes villages, une église paroissiale n'existe pas encore sur place. En l'absence de documents sur Cergy avant le , l'on ignore à quelle paroisse le village est affiliée. En effet, son existence ne peut être déduit que des fondations d'une chapelle cimetièriale découverte lors des fouilles archéologiques de l'église en 2002 et 2003. Cette chapelle était de petites dimensions, large de et au chevet plat. La longueur est inconnue car la cour devant l'église (l'emplacement de l'ancienne nef) n'a été que très partiellement fouillée, les recherches s'étant concentrées sur le transept et le chœur car motivés par le projet d'installation d'un chauffage par le sol, détruisant inévitablement la plupart du patrimoine du sous-sol. La partie orientale de la chapelle occupait la travée sous le clocher mais était un peu moins large..

Rien ne subsiste des élévations : la première chapelle est rasée entre le milieu du et le milieu du , à l'époque carolingienne. Cette chapelle est légèrement plus grande que la précédente, et son chœur, toujours au chevet plat, correspond exactement à la base du clocher. L'on suppose que cette chapelle est destinée à la célébration eucharistique régulière, et qu'elle est au centre de la vie d'une petite communauté chrétienne. Avant la campagne de fouilles de 2002 / 2003, l'existence de cette chapelle était seulement supposée, et l'on ignorait que les noyaux des deux piles orientales du clocher remontent vraisemblablement à cet édifice. Il s'est révélé que l'église romane dont subsiste le clocher actuel et dont la construction était située pendant le second quart du n'a pas été construite de toutes pièces, mais par agrandissements successifs de la chapelle carolingienne..

Les débuts de la première église romane remontent à la seconde moitié du . Il s'agit en fait de la chapelle carolingienne agrandie par l'adjonction d'une abside en hémicycle devant l'ancien chevet plat, qui est abattu. Ce n'est donc pas une église purement romane, car seulement le petit chœur appartient en réalité à cette époque stylistique. Tout comme l'on ignorait que les noyaux des piles orientales du clocher étaient carolingiens, l'on ignorait qu'une petite partie de l'élévation du premier chœur roman demeure toujours visible dans l'église actuelle. Il s'agit de l'arcade orientale de la base du clocher, soit l'ancien arc triomphal ; des chapiteaux qui le supportent de chaque côté ; ainsi que de leurs fûts. Le caractère archaïque de ces chapiteaux avait toujours interpellé les archéologues, mais puisque les chapiteaux à l'ouest des mêmes piles ainsi que celles à l'est des piles occidentales sont d'une sculpture plus avancée, l'on s'est résolu à croire que l'ensemble date malgré tout du second quart du . En effet, seul l'apparition précoce d'un type de chapiteau dans une église fournit un indice pour la datation de l'édifice, car des sculpteurs n'étant pas en contact avec des artisans travaillant sur les chantiers les plus récents peuvent produire une sculpture anachronique...

La première église romane-carolingienne est équipée d'un collatéral au nord dès la seconde moitié du , soit peut-être lors de la construction de l'abside. Ce collatéral ne communique pas avec la base du clocher et l'abside, ce qui explique l'absence d'une arcade septentrionale contemporaine de l'arcade orientale de la travée sous clocher. Le collatéral se termine par un chœur carré qui occupe une grande partie de l'ancien croisillon nord et une absidiole également carrée. L'on y a retrouvé deux sépultures, d'une époque où tous les enterrements avait sinon lieu en dehors de l'église. L'accueil de ces sépultures était donc le motif de la construction des parties orientales du collatéral nord. Rien au-dessus du niveau du sol ne subsiste de ce collatéral, de son chœur et de son absidiole.

La fondation de la paroisse thumb|upright|Porte fortifiée du prevôté. thumb|upright|Clocher, vue depuis l'ouest. thumb|upright|Plan de la romane.

En 1120, le roi Louis VI le Gros donne à l'abbaye de Saint-Denis la petite église romane de Cergy, les dîmes du village et certains droits seigneuriaux, dont celui de la justice seigneuriale et de la voirie. Deux ans plus tard, le nouvel abbé Suger se fait confirmer cette donation, et le pape Calixte II la confirme le de cette même année. Le village est en même temps érigé en paroisse, et quelques moines s'installent peut-être dans un petit prieuré près de l'église. Sous tout l'Ancien Régime, elle a toujours dépendu de l'archidiocèse de Rouen, mais il est à noter que la limite avec l'archidiocèse de Paris traversait le territoire du village, et le hameau de Ham sur l'autre rive de l'Oise faisait partie de ce dernier. Comme particularité, Ham était toutefois rattaché à la paroisse de Cergy, car appartenant également à l'abbaye Saint-Denis. Au Moyen Âge, un pont reliait déjà le bourg de Cergy à Ham. Du fait du statut spécifique de l'abbaye Saint-Denis, qui ne devait répondre à aucun évêque et était directement soumis au pape, la paroisse de Cergy jouissait de cette même exemption, et l'appartenance à tel ou tel diocèse n'avait en réalité aucun impact pour les habitants.

L'appellation de prieuré n'est utilisée dans aucun texte authentique, comme le souligne Louis Régnier. Le terme est traditionnellement employé par la population locale jusqu'à ce jour, sans doute en raison d'un raccourci qui fait un prieuré de n'importe quelle dépendance d'une abbaye. Les chartes parlent de terres, de châtellenie, de prévôté et de seigneurie. — De l'époque médiévale, subsistent aujourd'hui la porte fortifiée au sud de l'église, rue de Vauréal (inscrite monument historique par arrêté du .) ; une grange deux maisons plus loin avec pignon sur la même rue ; un mur d'enceinte au sud et au sud-ouest ; ainsi que deux tours ronds, pratiquement non visibles depuis le domaine public. Les maisons d'habitation dans le périmètre circonscrit par l'enceinte, le porche et l'église sont toutes modernes. Les dimensions de ce périmètre étant relativement modestes, Louis Régnier exclut a priori une grande exploitation agricole désignée habituellement par le terme de grange monastique, mais une petite ferme a dû exister car ce terme figure dans certains documents anciens. Sachant que l'abbaye Saint-Denis est le seigneur des lieux et détient la haute, moyenne et basse justice, le plus probable est que le complexe s'organise autour d'un prévôté comportant un hôtel pour le prévôt, une grange dîmière, une salle de justice, une prison ainsi que la ferme. Selon les époques, le prévôt était un moine ou un laïque employé par l'abbaye. Il gérait probablement les terres que l'abbaye possédait dans le Vexin français en plus de son rôle de seigneur local....

La construction de la seconde église romane