L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Sérifontaine, dans le département de l'Oise, en France. Sa nef unique est une construction à l'économique de la période romane, et les seuls éléments dignes d'intérêt sont la dernière fenêtre proprement romane en haut du portail occidental, qui, lui, est de style classique, et le portail latéral sud, qui affiche le style baroque. La nef pourrait remonter au , mais la fenêtre n'est pas antérieure au second quart du . Au sud, la chapelle qui devait initialement servir de base de clocher date de la fin de ce siècle ou du début du siècle suivant, et est de style gothique primitif. L'on ignore si le clocher proprement dit a jamais existé. La chapelle ne communique aujourd'hui plus avec les autres parties de l'église. Le chœur représente la partie la plus remarquable de l'église, et son chevet du début du est agrémenté d'un abondant décor gothique flamboyant. À l'intérieur, l'on constate toutefois que le chœur manque d'homogénéité, car la première travée est de style Renaissance et n'a pas été achevée, et les élévations nord et sud sont différentes. Au sud, deux chapelles ont été construites en même temps que le chevet, et laissent libre la grande baie méridionale de la troisième travée du vaisseau central. Au nord, un collatéral de trois travées n'a été ajouté que pendant la seconde moitié ou à la fin du , et se singularise par une subdivision longitudinale par trois arcs-doubleaux. On y trouve un ancien enfeu. Les différentes irrégularités du vaisseau central sont compensées par le bel effet des hautes baies de l'abside et leur remplage flamboyant, ainsi que par les voûtes en étoile d'un dessin particulier : les liernes et tiercerons s'y substituent entièrement aux ogives, et les clés de voûte pendantes sont peintes. L'église Saint-Denis a été classée monument historique par arrêté du ..
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-ouest.
L'église Saint-Denis est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Vexin français, sur la commune de Sérifontaine, au centre du bourg ancien, rue Jean-Boyer (RD 102). La façade occidentale donne sur la rue, face à l'embouchure de la rue du Moulin. Depuis cette rue, l'on peut bénéficier d'une vue sur la façade en prenant du recul. Un peu plus au sud, la rue du Four se débranche de la route départementale et longe l'élévation méridionale de l'église. Il n'y a pas de parvis devant la façade, mais au sud de la nef, se trouve une petite place délimitée par les deux rues, comportant en son centre le monument aux morts de la commune. En revanche, la base du clocher et le chœur donnent directement sur la rue du Four, et l'on ne peut prendre le recul nécessaire pour apprécier leur architecture. Le chevet est en revanche bien visible depuis l'est, grâce à l'infléchissement de la rue vers le nord et la courte voie d'accès d'une propriété privée, qui tient l'ancienne ferme voisine à distance. En ce qui concerne l'élévation septentrionale, la nef est visible depuis la voie d'accès de la cour de l'école, ainsi que le mur occidental du collatéral nord, mais le chœur se dérobe à la vue car donnant directement sur la cour de récréation.
Historique thumb|upright|Chapelles sud et base du clocher, vue depuis le sud-est.
Consacrée à saint Denis, patron du Vexin et protecteur des Capétiens, l'église de Sérifontaine, plusieurs fois remaniée, relève de plusieurs époques. La nef est romane et a été édifiée vers la fin du . Le pignon a été en partie reconstruit au , et à cette occasion, la petite porte du mur sud, par laquelle on entre aujourd’hui, fut enchâssée dans un décor Renaissance.
La base du clocher a été bâtie vers la fin du ou au début du , ensuite coiffée d'une flèche en ardoise. L'importance des contreforts suggère cependant qu'ils étaient destinés à supporter un clocher plus important.
Le chœur primitif a brûlé en 1422 pendant l'occupation anglaise. On ne sait pas s'il était contemporain de la nef, ou s’il était postérieur, et construit en premier style gothique comme c'était presque partout le cas dans la région. La construction du chœur actuel est très postérieure : elle a pu commencer au début du et s’étaler sur tout le siècle voire au-delà.
Du date également la verrière du chœur. Par la suite, l’église fut particulièrement remaniée entre 1650 et 1671, date inscrite sur un mur comme celle de sa réparation. L’autel a été érigé en vertu d’une décision du conseil de fabrique (c’est l’ancêtre des associations cultuelles ou diocésaines) du , sans doute avec l’aide du comte de Bourdeilles alors seigneur par sa femme de Sérifontaine..
L'on peut remarquer de nombreuses ressemblances avec l', située à de distance, qui suit un plan très similaire et a connu des modifications comparables aux mêmes époques, avec comme seule différence l'absence du style gothique primitif à Fresneaux-Montchevreuil. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du . Depuis 1989, la commune n'a plus de curé résident. Elle fait partie de la paroisse du Vexin Nord. Les messes ne sont donc plus célébrées qu'occasionnellement.
Description Aperçu général
L'édifice, tout en longueur, se compose d'une nef-grange non voûtée ; d'une base de clocher devant sa façade méridionale, près du chœur ; d'un chœur de trois travées barlongues et d'une abside comportant une courte partie droite et un chevet à pans coupés ; d'un collatéral nord du chœur ; et de deux chapelles latérales au sud de sa première et de sa seconde travée. Dans son ensemble, le chœur est nettement plus long que la nef. Le chœur est voûté sur croisées d'ogives à partir de la seconde travée, avec des liernes et tiercerons comme seules nervures. Dans l'abside, la partie droite et le chevet sont voûtées séparément, mais les clés de voûte voûtes sont reliées par une lierne. Les trois travées du collatéral sont recouvertes chacune par deux étroites voûtes barlongues ordinaires. Les chapelles sont également recouvertes de voûtes ordinaires sur plan carré. Du clocher ne subsiste plus que sa base, dont l'arcade vers la nef est fermée par un mur, mais une petite flèche en charpente a toutefois été construite au-dessus.
Nef thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
La nef s'apparente à une simple grange, bâtie en silex et recouverte de crépi, dépourvue de contreforts. À l'origine, le décor faisait entièrement défaut. Un portail de style classique a été plaqué devant la façade occidentale. Au-dessus, subsiste la dernière fenêtre romane de l'église, qui est en plein cintre et assez grande. Bien que partiellement bouchée, elle reste particulièrement remarquable. Cantonnée de deux colonnettes aux chapiteaux sculptés de feuilles d'eau, elle est surmontée d'une archivolte moulurée d'un tore et d'une gorge. Cette décoration et les dimensions de la fenêtre ne permettent pas de la faire remonter avant le second quart du . Des fenêtres semblables se trouvent dans la tour Saint-Rieul de Louvres, la base de clocher de Nesles-la-Vallée (vers 1130 / 1140), de la baie occidentale de Haravilliers (après 1140) et de l'église Saint-Justin, ou de la première fenêtre haute au nord de la nef de Saint-Clair-sur-Epte (après 1150). — Au-dessus, s'ouvrent deux fenêtres modernes, également en plein cintre mais sans décoration. Le pignon a été reconstruit au , avec emploi de silex également, ainsi qu'avec des briques utilisées comme parement. Les fenêtres éclairant la nef latéralement sont sans caractère et issues de remaniements modernes. L'on en compte trois au nord, mais une seule au sud. Cette disproportion vient en partie de la présence de la base du clocher au sud de la nef, près du chœur. Dans l'angle avec le clocher, un petit portail en anse de panier affiche le style baroque : il est surmonté d'une niche à statue couronnée d'un fronton en hémicycle, et flanqué de deux ailerons.
À l'intérieur, la nef est recouverte d'une fausse voûte en berceau de bois et plâtre légèrement brisé, et la décoration fait entièrement défaut. La disproportion de la nef avec le chœur est flagrante, tant sur le plan de la hauteur que sur le plan de la longueur. Comme pour d'autres églises dans le même cas, ce constat est généralement expliqué par la répartition des frais de construction et des charges d'entretien entre les gros décimateurs pour les parties orientales, et les paroissiens pour la nef, et, le cas échéant, pour le clocher. Souvent les paroissiens ne parvenait pas à réunir les fonds nécessaires pour édifier une nef d'une allure plus représentative. Des pierres de réserve dans le mur occidental du collatéral nord du chœur et l'ébauche d'une arcade dans ce même mur témoignent d'un projet de remplacement de la nef romane au . Il reste à signaler l'arcade bouchée vers la base du clocher, qui est en arc brisée et moulurée de deux larges gorges. Devant le mur, l'on trouve ce qui évoque une ancienne cheminée, et qui sert de support à une Charité de Saint-Martin.
Base du clocher thumb|upright|Base du clocher.
Aucun témoignage écrit ou iconographique du clocher de l'église Saint-Denis n'existe. L'on conclut seulement à l'existence d'un clocher à une période indéterminée, ou à un projet d'édification d'un clocher non abouti, par les caractéristiques de la chapelle à l'angle entre la nef et les chapelles au sud du chœur. En effet, cette chapelle est épaulée par des contreforts à ressauts très puissants, indiquant le style gothique primitif de la seconde moitié du . Ces contreforts sont surdimensionnés pour une simple chapelle. La façade méridionale est divisée en deux segments par un tel contrefort, et percée de deux baies en tiers-point à lancette simple, cantonnées de colonnettes à chapiteaux servant de supports à une archivolte torique. L'absence de corniche et même de larmier en haut du mur indique que la construction est incomplète. À l'angle sud-ouest, les deux contreforts encadrent une statue très abîmée de saint Denis, flanquée de deux colonnettes tronquées, reposant sur un socle évoquant un chapiteau. La face occidentale de la base de la tour présente à droite une baie bouchée, et à gauche une ancienne porte en tiers-point datant de la période de construction. La chapelle ne communique plus avec le reste de l'église que par une porte depuis les chapelles sud du chœur. L'arcade en tiers-point la faisant communiquer avec la nef est bouchée, et une seconde arcade ouverte au vers les chapelles l'est tout autant. La voûte d'ogives n'est pas d'origine : comme le montrent des faisceaux de colonnettes sans fonction et des chapiteaux décorés de bourgeons, il devait y avoir initialement quatre petites voûtes.
Chœur thumb|Le maître-autel et les boiseries de l'abside. thumb| et , parties hautes côté nord. thumb|Voûtes de l'abside et de la . thumb|Vue rapprochée des clés de voûte.