L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Hodenc-en-Bray, en France. Les fonts baptismaux du attestent l'existence d'une église au même emplacement, avant que la nef actuelle ne soit construite au milieu du . C'est un vaisseau unique sans caractère, recouverte d'une intéressante charpente lambrissée comportant des éléments de décoration taillés et peints. L'église est surtout réputée pour son haut chœur gothique flamboyant du premier quart du , édifié sous l'impulsion de la famille de Montceaux, seigneurs d'Hodenc-en-Bray à partir de 1481. Le chœur est d'un style à la fois sobre et élégant, très lumineux, et de dimensions généreuses par rapport à la faible importance du village. Malgré son intérêt pour l'histoire de l'architecture, l'église n'est classée monument historique qu'en 1995, et son histoire reste en grande partie dans l'ombre. Elle est affiliée à la paroisse de La Trinité en Bray du pays de Bray.
Localisation
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune d'Hodenc-en-Bray, au centre du village, RD 22. C'est la façade occidentale qui donne sur la route. L'église est placée un peu en retrait par rapport à la route, et la domine légèrement. On y accède par un sentier qui commence près du virage au nord-ouest de l'église. Au nord, elle jouxte l'enclos de l'ancien cimetière. Celui-ci est délimité par la RD 22 à l'ouest et au nord, et par la rue du Garde à l'est, qui passe également près du chevet. Le portail latéral nord de la nef avec son porche en bois donne directement sur l'ancien cimetière, qui demeure un terrain municipal accessible au public, et abrite le monument aux morts. Une place publique engazonnée et bordée par des arbres se trouve également au sud de l'église, délimitée par la RD 22 à l'ouest et la rue de l'Église au sud. L'église est donc bien dégagée d'autres constructions, et visible de tous les côtés. L'on note toutefois la présence de l'ancienne école au sud-est de l'abside, sa partie la plus intéressante.
Historique thumb|left|L'entrée secondaire.
La présence humaine à Hodenc-en-Bray remonte au moins à l'Antiquité, comme l'atteste la découverte de vestiges gallo-romains sur place. Or, l'histoire du village n'est presque pas connue jusqu'à la fin du Moyen Âge. L'église n'est pas très ancienne, mais sa dédicace à saint Denis de Paris donne à penser que ce n'est pas le premier sanctuaire chrétien à cet emplacement, et les fonts baptismaux datent du . La nef semble dater du milieu du , comme l'indique le style de sa rosace occidentale. Elle aurait donc été bâtie après le début de la guerre de Cent Ans, ce qui explique sans doute sa construction à l'économique, sans voûtes et sans bas-côtés. L'un des poinçons de la charpente porte l'inscription , ce qui a amené Louis Graves à dire que la charpente aurait été édifiée en cette année. Mais d'après Maryse Bideault et Claudine Lautier, ce serait plutôt la date d'une restauration. Le raccordement au chœur en blocage de mauvaise qualité démontre en outre l'antériorité de la nef, dont le remplacement était prévu à moyen terme lors de la construction du chœur. Celle-ci peut facilement être attribuée à la famille de Montceaux, dont les armes figurent sur les clés de voûte du vaisseau central et de la chapelle latérale nord. En 1481 en effet, Jean II de Montceaux achète les terres de Hodenc à Marguerite Brulart. Jean II de Montceaux est gouverneur d'Artois, trésorier général de Picardie et maître d'hôtel de Louis XI. La famille de Montceaux s'installe au château de Hodenc, qui a été détruit au début du , mais qui était sans doute d'origine médiévale. C'est probablement pour disposer d'un lieu de sépulture digne de son rang qu'elle fait construire un nouveau chœur de dimensions généreuses, au début du . Il est élevé et d'une architecture ambitieuse contrairement à la nef, témoignant d'un apport financier important. Plusieurs membres de la famille de Montceaux sont inhumés dans le chœur : Gaspard (1607) et sa femme Jacqueline d'O ; Louis, leur quatrième fils ; et Charles, aumônier du roi, abbé commendataire de Saint-Germer-de-Fly, et fondateur d'une chapellenie à Hodenc en 1629. La nef n'est finalement jamais remplacée. L'église est classée au titre des monuments historiques assez tardivement, par arrêté du . Jusque-là, le chœur n'a vraisemblablement jamais été restauré, et s'est ainsi conservé sans altération dans son état d'origine. L'église n'a fait l'objet que d'un petit nombre de réparations, dont la plupart concernent les toitures.. La paroisse est aujourd'hui affiliée à la communauté de Lachapelle-aux-Pots de la paroisse de la Trinité en Bray, qui regroupe un total de vingt-huit clochers réparties entre six communautés..
Description Aperçu général
L'axe de l'édifice est orienté vers le sud-nord-ouest du côté du chevet, et donc du côté nord-sud-ouest du côté de la façade. Le plan est simple et entièrement symétrique, et montre une nette distinction entre nef et chœur. La nef est large et basse, et dépourvue de bas-côtés. L'on y entre par le portail occidental, ou par le portail septentrional sous le porche, au nord de la première travée. Le clocher en charpente est planté à califourchon à l'extrémité occidentale du toit, en haut du pignon. La subdivision en travées n'est pas tout à fait claire, car si le mur gouttereau sud est percé de quatre petites fenêtres à intervalles réguliers, le nombre de fenêtres n'est que de deux au nord, et il n'y a de toute façon pas de grandes arcades, ni de voûtes, mais une charpente lambrissée en carène renversée. Le chœur est aussi large que la nef, mais bien plus haut. Son vaisseau central se compose d'une travée carrée, recouverte d'une voûte sur croisée d'ogives simple, et d'une abside à cinq pans, dont le premier et le dernier sont droits. Elle possède une voûte à six ogives rayonnant autour d'une clé centrale. Les deux chapelles latérales flanquent la première travée carrée, et comportent chacune deux travées carrées, ce qui correspond à la moitié de la superficie de la travée carrée. Le chevet des chapelles est plat, et leurs voûtes d'ogives sont ornées de liernes et tiercerons..
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est.
La nef est entièrement bâtie en moellons de grès, matériau bon marché qui n’est pas propice à la mouluration et à la sculpture. L’ornementation architecturale est donc absente dans la nef. Son intérêt réside surtout dans l’exceptionnelle charpente lambrissée, qui est à huit entraits et poinçons. Ces éléments porteurs ne sont pas dotés d’un décor sculpté, par exemple d’engoulant, contrairement à ce qui s’observe dans d’autres églises rurales de la région. La charpente adopte la forme d’une carène renversée, sauf au début de la nef, où la présence du clocher a imposé un plafond plat. Sauf ici, la nef ne possède donc pas de combles. Le lambris est subdivisé en carrés par des lattes, et des losanges gravés de divers motifs géométriques sont appliqués aux points de croisement des lignes. Ces losanges sont pourvus d’un décor polychrome, qui joue sur un registre de coloris restreint - blanc, ocre, rouge et bleu. Le sous-faîte et les couvre-joints sont peints de damiers, étoiles, carreaux et rubans, qui sont exécutés dans la même gamme de couleurs. - En pleine période gothique, les grandes nefs non voûtées deviennent l'exception, surtout dans le Beauvaisis, qui est, avec la Normandie, le berceau du voûtement d’ogives en France. Aux débuts de l'architecture gothique jusqu'à la fin du , quelques églises d’une certaine importance reçoivent encore des nefs charpentées, comme Gonesse et Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris. C’est surtout dans de petites églises en milieu rural que l’on renonce encore au voûtement, souvent sous l’impulsion de contraintes économiques, à plus forte raison dans des contrées où des pierres de bonne qualité font défaut, comme le pays de Bray. Ensuite, les nefs charpentées deviennent plus rares, mais l’on peut néanmoins citer Saint-Martin-des-Champs, à Paris (vers 1235), la chartreuse de Champmol ou la collégiale Notre-Dame d'Écouis (). La nef de Hodenc-en-Bray est assez spacieuse, mais vu la faible importance de la localité, l’on peut le situer dans la continuité des petites églises rurales des siècles précédentes. L’on note que les tendances architecturales du ne se manifestent pratiquement pas, à l’exception de la rosace en haut du mur occidental, qui est à douze rayons trilobées, s’articulant autour d’un oculus central. Il est aujourd’hui occupé par un horloge, tandis que les autres compartiments sont murés Le portail occidental, la fenêtre qui le surmonte directement, et les fenêtres du sud sont en plein cintre, comme à la période romane puis à la Renaissance. Les deux fenêtres du nord présentent deux lancettes recoupées par un meneau horizontal, ce qui évoque davantage l’architecture civile ..
Chœur thumb|Boiseries du chevet. thumb|upright|Vue dans l'abside.
Le chœur est élancé et lumineux. Il est bâti entièrement en pierre de taille d’un calcaire très blanc, et la construction est de bonne qualité. Les dimensions surprennent pour un petit village de moins de cinq cents habitants. Son plan est assez inhabituel, car au lieu de deux travées barlongues avec chacune une grande arcade au nord et au sud, l’on trouve une vaste travée droite de plan carrée, avec deux grandes arcades au nord tant qu’au sud. Le plan se rapproche de celui des églises de Guiry-en-Vexin, de Magny-en-Vexin et de Therdonne. Les chapelles latérales formant comme un faux transept (à hauteur moindre que le vaisseau central) se rencontrent aussi à Chennevières-lès-Louvres, Coucy-la-Ville et Serval. L’arc triomphal adopte l’esthétique des piliers ondulés en usage à la période flamboyante, et les nervures des voûtes pénètrent directement dans les supports dans l’ensemble du chœur et de ses chapelles : il n’y a nulle part de chapiteaux. La voûte de la travée droite présente des nervures prismatiques, comme les autres, et a été traitée sobrement, avec la clé de voûte aux armes des Montceaux comme seul ornement. En dépit de la hauteur suffisante pour le percement de fenêtres hautes, les murs restent nus au-dessus des grandes arcades. La disposition des toitures des chapelles latérales n’est pas compatible avec un éclairage direct de la travée droite. Les murs hauts ne sont animés que par un bandeau mouluré horizontal, qui court près du sommet des grandes arcades..