L'église Sainte-Maxence est une église catholique située à Pont-Sainte-Maxence, en France. C'est un lieu d'origine très ancienne qui doit sa première église au martyre de sainte Maxence, jeune noble écossaise qui a fui dans le Beauvaisis à la fin du pour échapper à un mariage forcé avec un homme païen. Ne voulant pas aller à l'encontre de sa foi chrétienne, elle ne cède pas à son promis lancé à sa poursuite et il lui tranche la gorge comme vengeance. Maxence se relève toutefois et prend sa tête entre ses mains pour se rendre à un endroit proche où une église est rapidement édifiée en son honneur. Des miracles se produisent au lieu du martyre, et une procession s'y tient chaque année, ainsi qu'un pèlerinage. Aujourd'hui, sainte Maxence n'est plus inscrite au calendrier des saints du fait de l'absence de preuves matérielles de son existence, bien que son souvenir ait toujours été maintenu vivant à Pont-Sainte-Maxence. Les églises de Pont-Sainte-Maxence et d'Yvillers, un hameau de Villeneuve-sur-Verberie, sont les seules églises en France placées sous l'invocation de la martyre écossaise.
C'est l'une des rares églises de la région à avoir été reconstruite entièrement après les ravages de la guerre de Cent Ans, en deux principales campagnes entre 1470 environ et la fin du et le début du pour la nef et ses collatéraux, et pendant la première moitié du pour le chœur avec son déambulatoire. L'édifice ne vaut non seulement pour l'homogénéité, mais aussi pour la qualité de son style gothique flamboyant. L'élégance de la nef et sa clarté obtenue par des collatéraux voûtés presque à la même hauteur est à remarquer, ainsi que l'esthétique des voûtes et des nervures qui se fondent dans les piliers de façon organique. Les collatéraux de la nef possèdent des voûtes à liernes et tiercerons décoratifs, et les voûtes du chœur sont également à liernes et tiercerons. Le chœur et son déambulatoire sont un peu trop sombres et presque dépourvus d'ornementation, mais la forme des murs parfaitement lisses qui suivent des lignes courbes, les grandes arcades et les supports soigneusement travaillés lui confèrent aussi une qualité indéniable. L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est au centre de la paroisse éponyme.
Localisation vignette|gauche|Vue depuis le nord : l'élévation étant orientée vers le nord-est, le soleil peut l'éclairer tôt le matin.
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Pont-Sainte-Maxence, chef-lieu de canton. Elle est implantée à la limite est de la ville, au pied de l'un des versants du massif de la forêt d'Halatte et plus précisément du mont Calipet. La forêt se rapproche toujours de quelques dizaines de mètres de l'église. Elle est desservie notamment par la rue Charles-Lescot qui devient la rue de Cavillé un peu plus au sud ; c'est un petit axe nord-sud qui correspond à l'ancien tracé de la RD 1017 avant sa rectification à la fin de l'Ancien Régime. À l'est de la rue Charles-Lescot au niveau de la rue perpendiculaire Charbonnier de Belloy, s'ouvre la petite place de l'Église qui n'est autre que l'ancien cimetière. C'est vers cette place utilisée comme parking qu'est tournée la façade occidentale avec le clocher. La façade septentrionale s'approche de la rue du Moustier qui quitte la place de l'Église vers l'est. L'église étant orientée irrégulièrement nord-ouest - sud-est, le chœur est déjà éloigné de la rue du Moustier et en grande partie dissimulé par le presbytère. L'abside n'est visible que depuis le jardin du presbytère et le terrain de l'institution Saint-Joseph du Moncel, et toute la façade sud donne également sur le terrain de cet établissement d'enseignement fondé par Benjamin-Léandre Langlois, curé de Pont-Sainte-Maxence de 1848 à 1884. Le cimetière a déjà été transféré à son emplacement actuel au début du en raison de son exigüité et des problèmes d'insalubrité qui découlent d'une durée d'inhumation trop courte. La suppression définitive du cimetière intervient dix ans après les dernières inhumations ; rien n'en subsiste en 1834. Les charpentiers s'emparent de la place pour assembler leurs charpentes, et les artisans y entreposent des matériaux pour les divers chantiers en cours, si bien que le caractère de place publique se perd rapidement. Aujourd'hui, les voitures stationnées souvent archaïquement désacralisent ce qui est au départ le parvis de l'église...
Historique Les origines vignette|redresse|Autel de sainte Maxence dans la dernière chapelle du déambulatoire, au sud. vignette|redresse|Gisante de sainte Maxence à l'intérieur de son autel.
Les origines de la localité de Pont-Sainte-Maxence remontent à l'époque des Gaulois, et rien n'est connu sur les circonstances de sa fondation et ses premiers siècles d'existence. Des tombes romaines ont été découvertes dans le jardin du presbytère en 1780. Le passage de l'Oise à Pont est considéré comme plus ancien que ceux de Beaumont-sur-Oise et Creil. Souvent, Pont est encore cité comme étant le Litanobriga romain, mais cette ville se situait plus vraisemblablement un peu en amont de Creil, sur une voie romaine reliant Beauvais à Senlis et sur le territoire de l'actuelle commune de Nogent-sur-Oise. La ville actuelle tout comme la paroisse tiennent leur nom de sainte Maxence, princesse écossaise assassinée lors de son passage de l'Oise et considérée comme martyre. Sa mort peut être située à la fin du , sans que l'on puisse déterminer la date exacte. Un repère chronologique est fourni par les dates de la vie de Patrice d'Irlande (vers 385-461), qui convertit Maxence et sa famille au christianisme. Le père de Maxence est Malconus ou Malcolm, qualifié de roi d'Écosse dans les légendes hagiographiques. En réalité, il ne peut tenir ce rang dans le sens actuel du terme, puisque le royaume d'Écosse ne remonte qu'au , et du temps de Malconus, le pays vient tout juste d'être peuplé. Il est plutôt à considérer comme un représentant de la noblesse locale. Bien que chrétien, il promet sa fille à un prince barbare et païen auquel la légende donne le nom de Maxent. ou Avicin..
Pour échapper à un mariage forcé allant à l'encontre de ses convictions religieuses, la jeune Maxence fuit sur le continent accompagnée de ses serviteurs Barbentius et Rosébia. Ils parviennent à trouver un navire qui les transporte gratuitement en France, et arrivant dans le Beauvaisis, Maxence veut chercher une retraite près de la rivière Oise. Voulant la franchir, en l'absence de pont, elle jette trois pierres dans le lit de la rivière dont ont dit que personne ne réussit à les retirer. Cependant, Maxent va à la poursuite de sa promise et parvient à les rattraper. Les serviteurs refusant de lui délivrer Maxence moyennant une somme d'argent, le barbare tranche la gorge à la jeune fille et assassine également Barbentius et Rosébia ou Rosélie, avant de rentrer dans son pays. Maxence se relève et porte sa tête entre ses deux mains (céphalophorie) et marche encore jusqu'à un endroit où une chapelle puis une église sont bientôt élevées conformément à sa volonté exprimée par sa dernière action. Les pèlerins malades se rendant vers ce sanctuaire sont souvent gratifiés par des miracles, et Charlemagne fait des donations importantes à l'église de Sainte-Maxence pour honorer la sainte..
Pour une raison qu'il ne précise pas, Raymond Poussard suggère que le martyre de sainte Maxence a lieu sur une île britannique, et que ses reliques sont offertes ultérieurement à la ville qui prendra son nom.. Or, le destin similaire des saintes Maure et Brigide, de même origine et assassinées en 514 à Balagny-sur-Thérain, montre bien que le périple de sainte Maxence n'a rien d'invraisemblable. L'église Sainte-Maure-et-Sainte-Brigide de Nogent-sur-Oise conserve leur souvenir.. Malgré tout, sainte Maxence a été supprimée de la liste de saints catholiques à la suite du concile Vatican II, les preuves de sa vie n'étant pas jugées suffisantes. Sa fête patronale était le . Elle continue d'être célébrée localement par une messe le troisième dimanche de novembre. À part l'église d'Yvillers, il n'existe pas (ou plus) d'autre édifice religieux consacrée à sainte Maxence, et rien de ses reliques ne semble subsister non plus.
Aucun document ne renseigne sur les premiers siècles d'existence de l'église Sainte-Maxence. L'on sait seulement qu'elle est initialement placée sous le vocable de Saint-Pierre : immédiatement après son martyre, Maxence ne peut être officiellement considérée comme bienheureuse ou sainte et n'est pas canonisée. Une église ne peut lui être dédiée à ce stade. Sainte Maxence est alors seulement la patronne de la ville, et les chartes à partir du font référence à la localité comme les terres de sainte Maxence..
Le contexte local vignette|redresse|Statue de sainte Maxence. vignette|redresse|Vitrail de sainte Maxence. vignette|redresse|La croix Saint-Jean dans la rue de la chapelle Saint-Jean rappelle cette chapelle disparue.
Le lieu de l'église Sainte-Maxence n'est pas le lieu où la sainte patronne de la ville a été assassinée, comme il ressort clairement de la légende. La scène supposée du crime se situe à droite de la sortie sud du bourg en direction de Fleurines et Senlis par la RD 1017, après la limite de la ville au , dans l'actuelle rue Sainte-Maxence. Les sépultures des saints Barbentius et Rosébia ont dû encore s'y trouver longtemps. Des fidèles de sainte Maxence ont tenté de transporter leurs dépouilles en l'église Sainte-Maxence, mais un épais brouillard apparu soudainement les en dissuada, étant perçu comme un signal de Dieu. En 1699, une chapelle pour sainte Maxence est reconstruite sur le lieu de son martyre. Chaque année, le lendemain de la Pentecôte une procession y est organisée en souvenir de l'anniversaire de la translation des reliques. On y vient également en pèlerinage. À côté de la chapelle, jaillit une fontaine aux vertus miraculeuses. Dans la muraille de la fontaine, l'invocation est gravée. Malheureusement, la chapelle est sacrifiée sans états d'âme de la part de l'administration des Ponts et Chaussées en 1791 (d'après Raymond Poussard) ou 1794 (selon René Blanchon et Louis Graves), dans le cadre de la rectification du tracé de la route royale de Pont à Senlis. Les reliques ont disparu après la Révolution française. Une personne pieuse les aurait caché dans un souterrain mont Calipet, mais elles n'ont pas été retrouvées. Une croix en pierre a été érigée sur le mont Calipet en leur souvenir, elle aussi disparue depuis. La fontaine subsiste encore à la fin du mais aucun auteur ne précise l'année ou la période de sa disparition..