L'église Saint-Étienne est une église catholique paroissiale située à Marly-la-Ville, en France. Sa construction commence à la fin du dans le style gothique primitif, mais la plus grande partie de l'édifice date du et constitue une belle illustration du style gothique rayonnant. L'élévation sur trois niveaux avec triforium et baies hautes que l'on rencontre dans la nef, ainsi que les deux niveaux de fenêtres superposées dans l'abside témoignent d'une ambition et recherche architecturale peu communes pour une paroisse rurale. L'architecte a su donner un effet d'élancement à la nef, et l'intérieur est élégant et assez lumineux. Une particularité est la chapelle au plan outrepassé au chevet du bas-côté sud, dont les murs extérieurs décrivent un hémicycle : ce type de chapelle n'existe sinon que dans le nord-est de la France. La fin du apporte le revoûtement du vaisseau central par des voûtes flamboyantes aux nervures complexes. En 1774, un lambris de demi-revêtement est posé dans la quasi-totalité de l'église, et les chapiteaux des grandes arcades sont privés de leur décor sculpté. L'édifice est classée monument historique depuis 1933..
Localisation
L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Marly-la-Ville, rue Gabriel-Péri, au centre ancien du village. La façade occidentale donne sur la rue et la façade septentrionale avec le clocher sur le parking de la mairie. Le chevet donne sur le jardin du presbytère et le mur septentrional sur un étroit passage se terminant en cul-de-sac devant l'ancien portail d'une ferme.
Historique thumb|left|Portail occidental. thumb|upright|Plan de l'église.
La paroisse de Marly-la-Ville est probablement érigée à la fin du , quand Maurice de Sully, évêque de Paris, donne l'église ou plutôt la chapelle de Marly à l'abbaye d'Hérivaux. Il s'agit vraisemblablement d'un démembrement de la paroisse de Fosses, dont la cure-prieuré appartient déjà à l'abbaye d'Hérivaux. À l'instar de l'église de la paroisse-mère de Fosses, celle de Marly est consacrée à saint Étienne, pape et martyr, et elle continue de dépendre de l'abbaye d'Hérivaux jusqu'à la Révolution française. Ce lien paraît d'autant plus naturel si l'on sait que l'abbaye a justement été fondée par un seigneur de Marly, Ascelin. Marly est également le siège d'un petit prieuré dont le prieur est en même temps le curé de l'église. L'abbé Lebeuf souligne même que seul le prieuré est mentionné dans les pouillés du diocèse de Paris jusqu'à celui de 1648, qui commet la faute de dire que la cure serait à la pleine collation de l'archevêque. Lebeuf qualifie l'église de Marly l'. Peu de choses peuvent être dites de l'histoire de la paroisse de Malry, que ce ne soit la dédicace de l'église se célébrait le second dimanche suivant Pâques....
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Marly-la-Ville en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La paroisse de Marly-la-Ville n'est plus indépendante et est desservie par le curé de Louvres. Des messes dominicales y sont célébrées le premier et le troisième dimanche du mois, et des messes dominicales anticipées le second et le quatrième samedi du mois..
La construction de l'église commence dès la fin du dans le style gothique primitif avec les deux travées droites du chœur et leurs bas-côtés, comprenant la base et le premier étage du clocher. La tradition locale veut faire le clocher à la période romane, et un ouvrage sur le patrimoine du département évoque des ., mais aucun élément ne confirme ces assertions. Marcel Aubert pense même que le chœur ne remonte qu'au début du , mais il accorde peut-être trop d'importance à l'an 1196, année de décès de Maurice de Sully, sans pour autant rattacher explicitement la donation au testament de l'évêque. Charles Huet se fie davantage à l'analyse archéologique, sachant que la coïncidence entre la donation et la fondation n'est qu'une hypothèse fondée sur l'analogie avec d'autres villages. L'abside polygonale n'est ent tout cas achevée qu'au début du , et la nef est entièrement terminée pendant le troisième quart du . Ses dimensions généreuses font penser l'abbé Lebeuf que Marly devait être plus peuplé au Moyen Âge qu'à son époque, le , quand le village dépasse à peine les 400 habitants. À la fin du , les voûtes du vaisseau central s'effondrent ou menacent de s'effondrer, car les murs latéraux insuffisamment contrebutés n'ont pas résisté à leur poussée et se sont déversés, ce qui a fragilisé les voûtes. Six nouvelles voûtes flamboyantes sont lancées, et de nouveaux arcs-boutants sont construits au nord, alors que ceux d'origine subsistent au sud, très déformés : la nef ne tient plus que grâce aux nombreux étrésillons de fer. Une chapelle baptismale est accolée devant le mur occidental du bas-côté nord au . Les murs des trois premières travées du bas-côté nord sont rebâtis au ... L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du .
Description Aperçu général
Régulièrement orientée, l'église Saint-Étienne se compose d'une nef de quatre travées barlongues accompagnée de bas-côtés ; d'un chœur comportant deux travées droites et une abside à cinq pans ; et de deux bas-côtés du chœur de deux travées chacun. Il n'y a donc pas de transept. Les dernières travées des bas-côtés constituent des chapelles au plan outrepassé, et les murs extérieurs de la chapelle du sud comportent quatre pans. Le clocher en bâtière se dresse au-dessus de la première travée du bas-côté nord du chœur. Ce plan paraît simple, mais sa régularité n'est qu'apparente, car les angles droits sont rares, et la largeur des bas-côtés augmente successivement d'ouest en est. Trois annexes sont à signaler : une ancienne chapelle baptismale devant la première travée du bas-côté nord, faisant saillie devant la façade occidentale ; un porche devant le portail occidental ; et une sacristie dans l'angle entre bas-côté sud et abside. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, hormis la chapelle du nord, qui est voûtée d'arêtes. Les bas-côtés sont couverts par des toits en appentis prenant appui contre les murs hauts du vaisseau central, qui quant à lui possède un toit à deux rampants avec pignon à l'ouest. Avec son élévation intérieure à trois étages comportant un faux triforium, et son abside à deux rangs de fenêtres superposées épaulée par des arcs-boutants, l'architecture soignée de l'église de Marly-la-Ville la distingue de la plupart des autres églises rurales du pays de France.
Extérieur thumb|left|upright|Vue depuis l'ouest. thumb|left|upright|Façade occidentale. thumb|upright|Le chœur. thumb|upright|Détail du clocher.
La façade occidentale fait cohabiter des éléments de trois époques différentes. L'énorme fenêtre en tiers-point a été percée dans le mur de la nef au , comme le montre son remplage flamboyant tardif sur la base de quatre lancettes, surmontées par des soufflets et mouchettes simplifiés. Au-dessus, un glacis marque la séparation entre le mur de la nef et le pignon. À gauche et à droite, des contreforts verticaux épaulent le mur et se terminent par des glacis. En dessous de la grande baie, le portail en arc brisé du avec son multiple archivolte et son tympan décoré de trois trèfles est dissimulé sous le porche du . Sa charpente repose sur des pilastres et colonnettes au décor antiquisant, indiquant l'influence de la Renaissance. À gauche, la chapelle baptismale du sans style particulier avec son toit à croupes cache la vue sur le bas-côté nord.
À droite, le mur du bas-côté sud a pris sa physionomie actuelle à la période flamboyante, de laquelle date la fenêtre en tiers-point avec un remplage délicat caractéristique de cette époque. Les deux lancettes à têtes tréflées sont surmontées par des soufflets et mouchettes. En dessous, s'ouvre un portail secondaire moderne. En haut, un examen précis du mur du bas-côté permet de distinguer la volée bouchée du premier arc-boutant de la nef. Le petit contrefort à droite de la baie flamboyante est rythmé par un glacis intermédiaire au niveau du seuil des fenêtres, disposition reprise par tous les contreforts des murs gouttereaux, et il se termine par un glacis très incliné, qui n'est ébauché sur les contreforts des élévations latérales. Sur ces dernières, les contreforts sont en effet plus élevés pour recevoir la retombée des arcs-boutants, et ils sont couronnés par des chaperons en bâtière. La pureté des lignes de l'architecture du s'est entièrement conservée sur les façades nord et sud, qui sont essentiellement rythmées par les contreforts et arcs-boutants à simple volée, et par les oculi tenant lieu de baies hautes de la nef et les fenêtres en tiers-point à lancette simple des bas-côtés.
Le chevet est particulièrement remarquable, mais malheureusement mal visible car donnant sur le jardin du presbytère, fermé au public. La partie inférieure des contreforts est plus massive, et la partie supérieure est ajourée pour permettre le passage d'une étroite galerie de service, destinée à l'entretien des baies du second niveau. Ainsi, ces contreforts s'apparentent aux arcs-boutants du premier type. Leur glacis final se situe en dessous du sommet des murs, et il supporte un second contrefort de très petites dimensions. Les murs se terminent par une double corniche de corbeaux. La superposition de deux baies sur les pans de mur du chevet est une disposition assez rare, résultant sans doute du renoncement à un déambulatoire, tout en voulant imiter l'élévation des grandes églises gothiques de la première période. Toutes les baies sont en tiers-point et à lancette simple, et seules celles du rez-de-chaussée sont discrètement décorées d'un archivolte extérieur, ce qui résulte en deux ébrasements successifs.
Le clocher est entièrement intégré dans le bas-côté nord, et ses contreforts s'adaptent au modèle adopté pour les bas-côtés. L'on en compte deux pour chaque angle, et à partir du milieu du premier étage, leur diamètre ne diminue plus, mais ils sont toutefois entrecoupés d'un larmier en haut du premier étage, et d'un dernier glacis intermédiaire au milieu du second étage. L'angle nord-ouest du clocher est occupé par une tourelle d'escalier octogonal, qui va jusqu'au début du second étage et se substitue aux contreforts. Au niveau du premier étage, la tourelle présente un cordon en dents de scie à l'ouest, et un contrefort supplémentaire au nord, se terminant par un genre de petit gâble. La partie supérieure de la tourelle a été ajoutée lors du rehaussement du clocher primitif au . Le premier étage du clocher est pourvue d'une baie en tiers-point à l'ouest, au nord et à l'est. Ces baies sont décorées par un archivolte extérieur, qui donne également l'illusion de baies plus grandes qu'elles ne le sont en réalité. Surtout le second étage est intéressant car traité avec plus de soin, dans la longue lignée des clochers gothiques du nord de l'Île-de-France. Chaque face est ajourée de deux ouvertures abat-son gémelées en arc brisé, flanquées de fines colonnettes à chapiteaux, et s'inscrivant dans un archivolte décoré de la même façon. Un bandeau retombant sur des têtes grimaçantes surmonte chacun des archivoltes.
Intérieur Nef thumb|upright|Vue vers l'est. thumb|upright|Vue vers l'ouest.