L'église Saint-Germain est une église catholique paroissiale située à Andrésy, dans les Yvelines, en France. Son noyau est un édifice gothique de plan allongé, avec un vaisseau central avec triforium et fenêtres hautes, et deux bas-côtés, le tout voûté d'ogives, et se terminant par un chevet plat. Hormis sa grande fenêtre du chevet, qui fut aménagée après coup, la période de construction de cette église de dimensions considérables et de belle facture peut être située entre la fin du et le premier quart du . Comme la plupart des grandes églises de la région, elle subit des modifications de structure après la guerre de Cent Ans. À partir de 1517, la moitié orientale du bas-côté sud est reconstruite, et munie de quatre petites chapelles rectangulaires, le tout dans le style gothique flamboyant. Une génération plus tard, sous le règne de François , un agrandissement de plus grande envergure est entrepris du côté nord. Pour l'adjonction d'un vaste collatéral, presque aussi large que la nef et son bas-côté sud réunis, l'ancien bas-côté nord est démoli, et l'élévation septentrionale du vaisseau central est successivement reprise en sous-œuvre. Le collatéral Renaissance est remarquable pour ses chapiteaux évoquant Saint-Maclou de Pontoise et trois verrières datant en partie d'origine, mais ses proportions sont peu favorables, tant pour l'aspect trapu que pour la stabilité. Deux autres verrières du subsistent dans le bas-côté sud. L'église Saint-Germain a été classée monument historique par arrêté du ., et reste toujours au centre de la vie de la paroisse. Elle accueille des messes dominicales chaque dimanche.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français des Yvelines, dans le Vexin français et dans la vallée de la Seine, sur la rive droite du fleuve, sur la commune d'Andrésy, en centre ville, entre le boulevard Noël-Marc, côté Seine, et la rue de l'Église, côté ville. C'est le chevet qui donne sur la Seine, et qui constitue l'élévation la mieux exposée à la vue, et par conséquent, c'est le portail au chevet du collatéral nord qui est habituellement utilisé. La rue de l'Église, sur laquelle donne la façade, n'est qu'une ruelle, et il est impossible de bénéficier d'une vue d'ensemble de la façade par manque de recul. Cependant, un porche a été édifié devant le portail occidental, habituellement fermé, et empiète sur la rue. Une ruelle encore plus étroite passe entre le mur latéral nord et les maisons voisines, et permet de relier directement les deux rues. L'élévation méridionale de l'église est totalement enclavée dans des propriétés privées. Le presbytère, en même temps maison paroissiale, se situe côté Seine, à droite de l'église (au nord)Cf. la vue aérienne de l'église sur Google maps - voir les coordonnées dans l'infobox..

Historique thumb|left|Vue depuis le sud-est.

La première mention connue d'Andrésy figure dans des lettres d'Inchad, évêque de Paris de 811 à 831, confirmées au concile de Paris de 829. Andresiacum est la première terre qu'il donne au chapitre de Paris. Charles II le Chauve confirme encore cette donation. On peut supposer que la paroisse ait la même ancienneté que le bourg. C'est la paroisse-mère de Jouy-le-Moutier, et celle de Vauréal constituent à son tour un démembrement de Jouy-le-Moutier. Ces trois paroisses, situées géographiquement dans le Vexin français, sont les seules paroisses du diocèse de Paris situées sur la rive droite de l'Oise (c'est à tort que Bernard Duhamel nomme Triel dans le même contexte.). Elles relèvent de l'archidiaconé de Paris, dit « le grand archidiaconé », et du doyenné de Montmorency. Le saint patron d'Andrésy est saint Germain de Paris.. Le collateur de la cure est le chapitre de Paris.. La Révolution française bouleverse les hiérarchies ecclésiastiques, et Andrésy est rattaché au nouveau diocèse de Versailles avec l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise. Ce n'est qu'à ce moment que Maurecourt, jusque-là hameau d'Andrésy, devient une paroisse indépendante avec sa chapelle Notre-Dame-de-Lorette. Andrésy fait partie d'un regroupement paroissial avec Conflans-Sainte-Honorine et Maurecourt sous le titre de paroisses catholiques du Confluent. L'église Saint-Germain accueille des messes dominicales chaque dimanche..

L'église Saint-Germain est issue de trois principales campagnes de construction, et a en outre connu quelques remaniements et restaurations d'une certaine envergure. Les étapes de construction du Moyen Âge ne sont pas attestées par des documents. Elles peuvent être approximativement datées grâce à l'analyse stylistique, qui ne soulève aucun problème particulier. À partir du dernier quart du , l'on élève en effet un édifice gothique ambitieux, mais d'un plan simple, avec un vaisseau central de huit travées accompagné de deux bas-côtés. Un projet d'ensemble est visiblement élaboré dès le départ, et successivement mis en œuvre au fil des décennies, sans changement de partie majeur en dépit des interruptions ponctuelles du chantier. Contrairement à l'usage, l'on commence apparemment par le bas-côté sud de la nef, et non par le chevet. Cette partie la plus ancienne de l'église montre les caractéristiques du dernier quart du (et non du troisième quart, d’après Roselyne Bussière, car les chapiteaux de crochets ne sont pas encore répandus à cette époque). La nef est élevée entre la fin du et le début du , et le chœur suit au premier quart du . Avec lui, s'achève la première campagne de construction. Au début du , le chevet est percé d'une fenêtre de dimensions exceptionnelles, et plus tard, un porche est bâti devant le portail occidental.. thumb|Collatéral nord, chapiteau du doubleau côté nord, avec la salamandre de François I.

En 1517, les paroissiens demandent l'autorisation d'agrandir le chœur. C'est donc vraisemblablement par la suite que le bas-côté sud est reconstruit à partir de la dernière travée de la nef, et dédoublé par l'adjonction de quatre petites chapelles, dont la dernière a ultérieurement été transformée en sacristie. Ces parties affichent le style gothique flamboyant, et représentent la deuxième campagne de construction. Une vingtaine d'années plus tard, vers la fin du règne de François I, dont le salamandre figure sur le chapiteau au nord du deuxième arc-doubleau, la superficie de l'église est augmentée de moitié en remplaçant le bas-côté nord par un vaste collatéral plus large que la nef. Pour ceci, toute l'élévation septentrionale du vaisseau central est reprise en sous-œuvre en dessous de l'étage des fenêtres hautes, le triforium disparaît de ce côté, et les grandes arcades sont refaites dans le style de la Renaissance. Le collatéral et l'élévation nord du vaisseau central constituent la troisième campagne de construction. Une autre campagne de faible envergure concerne l'étage de beffroi du clocher au . La date de 1605 qui se lit sur la cloche pourrait coïncider avec la date d'achèvement. Ensuite, l'on n'a pas connaissance de travaux jusqu'au . À l'issue des troubles révolutionnaires et de l'Empire, l'église se trouve dans un mauvais état. En 1835, des travaux de restauration d'urgence s'imposent, mais ils sont apparemment insuffisants, car en 1873 une voûte d'un bas-côté s'effondre (probablement dans le collatéral nord Renaissance). La reconstruction est dirigée par l'architecte Henry Barruel, en coordination avec l'architecte des bâtiments diocésains Paul Blondel. Certaines voûtes sont reconstruites selon le procédé Heurteaux (comme à Conflans-Sainte-Honorine en 1871/1873.). Elles sont reconnaissables par leur décor en faux-appareil appliqué sur un enduit, qui cache la nature réelle des voûtes. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1925, puis classé par arrêté du . Les principaux travaux effectués depuis portent sur les chapelles nord-ouest et sud-ouest en 1958, le porche occidental, le débouchage de la baie depuis longtemps muré au chevet du collatéral nord, et la démolition d'une maison mitoyenne de l'église en 1987.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Bâtie perpendiculairement au quai de Seine à l'instar des maisons voisines, l'église est orientée un peu irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet. Elle répond à un plan simple à trois vaisseaux, rendu irrégulier par l'adjonction de quatre petites chapelles au sud des dernières travées, et par la construction du bas-côté nord. Ce plan sans transept ni déambulatoire, et à chevet plat, est partagé par un certain nombre d'églises relativement considérables d'Île-de-France, dont Brie-Comte-Robert, Gouvieux, Précy-sur-Oise, Triel-sur-Seine dans son état avant 1540, mais concerne souvent des édifices plus modestes, tels que Cormeilles-en-Vexin, Jouy-le-Moutier, Longjumeau, Louveciennes, Mareil-Marly, Montreuil, ou Viarmes. L'église se compose d'une nef de cinq travées, dont la première sert de base de clocher et est subdivisée horizontalement entre un narthex et une tribune d'orgue ; d'un chœur de trois travées de même hauteur et de même largeur que la nef ; d'un bas-côté sud qui atteint la moitié de la largeur et de la hauteur du vaisseau central ; de quatre petites chapelles rectangulaires devant les quatre dernières travées du bas-côté sud ; et d'un collatéral nord de huit travées, qui est presque aussi large que la nef et le bas-côté sud réunis. Le vaisseau central est à trois niveaux d'élévation du côté sud, avec l'étage des grandes arcades, l'étage du triforium et l'étage des fenêtres hautes, ce qui correspond également à l'état primitif de l'élévation nord. Celle-ci comporte maintenant une courte section de murs aveugles entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. Les autres parties de l'église sont à un unique niveau d'élévation. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, mais il n'y a pas de voûte soutenant la tribune d'orgue. L'on accède à l'église par le portail oriental du collatéral nord, ou par le portail occidental de la nef. Le vaisseau central et le collatéral nord sont recouverts indépendamment de toitures à deux rampants avec des pignons au chevet et en façade. Le bas-côté sud est muni d'un toit en appentis, et les chapelles, de toits en pavillon.

Intérieur Collatéral nord thumb|Vue vers le sud-ouest. thumb|, vue vers l'ouest. thumb|Vue vers le sud-est dans la nef. thumb|, vue vers l'est. thumb|, vue vers l'est.