Léglise Saint-Jean est une église catholique située à Ambert, en Auvergne. Remplaçant un précédent édifice roman, succédant lui-même à une église carolingienne, elle est édifiée à la fin du Moyen Âge en style gothique flamboyant et se caractérise notamment par son clocher Renaissance. Elle est construite en granite, matériau local

Principal édifice religieux de la vallée d'Ambert, elle est le centre de la vie spirituelle du Livradois depuis le Moyen Âge. Placée sous le vocable de Jean le Baptiste, elle a ainsi repris la dédicace de l'ancien baptistère, la paroisse étant pour sa part consacrée à Côme et Damien au Moyen Âge, puis Jean-François Régis à l'époque moderne.

Depuis 1909, l'église est classée monument historique. En 2013 et 2015, des désordres structurels entraînent des chutes de pierres, la fermeture d'une partie de l'édifice au public et l'arrêt de la sonnerie des cloches. Des restaurations sont menées, notamment avec l'appui de la Fondation du patrimoine.

Localisation L'église est située à Ambert, dans le département français du Puy-de-Dôme. La ville d'Ambert est située au nord de la plaine du Livradois, sur la Dore.

L'église est pour sa part située dans la ville, mais légèrement à l'ouest du centre proprement dit.

Historique Premiers édifices L'actuelle église n'est pas la première. Une chapelle, déjà dédiée à saint Jean, est déjà attestée au , à laquelle Éléonore de Baffie, femme de Robert V, comte d'Auvergne, fait un don le . Cette chapelle pourrait remonter au , mais de manière incertaine.. En remontant encore plus, on trouve au une église carolingienne dont une pierre grossièrement sculptée et ornée de palmettes subsiste, réutilisée dans les fondations du porche occidental. Plus anciennement encore, l'existence d'une église distincte du baptistère, et remontant à la fin du ou au début du , est supposée.

Initialement, la paroisse était placée sous le vocable de Côme et Damien, ce qui suggère une fondation de la paroisse vers la fin du ou le début du , la dévotion à ces deux saints ne remontant qu'au . Toutefois, à la manière du christianisme primitif, le baptistère était un bâtiment distinct, déjà placé, comme nombre d'édifices de ce type, sous le vocable de Jean le Baptiste. Par la suite, comme dans de nombreuses autres villes, le baptistère est intégré à l'église paroissiale, et Ambert, considéré comme chef-lieu du Livradois, devient l'un des quinze archiprêtrés du diocèse de Clermont..

L'existence canonique du Livradois est attestée en , dans la charte 119 du cartulaire de Brioude. Au cours des siècles suivants, cette entité conserve à quelques détails près le même cadre géographique. La bulle d'Urbain II précisant les privilèges de l'ordre clunisien en Auvergne, datant de 1096, définit ainsi à cette région des limites qui sont toujours en vigueur en 1535 ; cette persistance territoriale tient sans doute à la mainmise monastique sur la région, d'une part du fait du prieuré de Sauxillanges, d'autre part du fait de l'abbaye de la Chaise-Dieu..

Les abbayes et prieurés initient la mise en valeur des terres et de la vallée mais, peu à peu au cours du Moyen Âge central, les minuscules fondations créées se révèlent insuffisantes pour faire vivre une communauté monastique même réduite. Les moines sont progressivement rapatriés vers les maisons-mères, laissant la gestion de la paroisse et ds terres environnantes au clergé séculier local. Ce mouvement s’accélère considérablement durant la guerre de Cent Ans. Ainsi, la communauté d'Ambert, fondée à la fin du ou au début du , et dont les premiers statuts ont été détruits par la guerre, se voit accorder de nouvelles chartes en 1477, au moment où la prospérité de la ville croît..

Début des travaux Le projet est porté par la bourgeoisie d'Ambert, qui a relativement peu souffert des ravages de la guerre de Cent Ans et qui s'enrichit considérablement de l'industrie papetière alors en plein développement du fait de l'essor de l'imprimerie. L'ambition des habitants est grande : .. L'architecture de l'église n'est d'ailleurs pas exceptionnelle, une quinzaine d'édifices de la région possédant des caractéristiques similaires : portail flamboyant, clocher carré et toit à faible pente..

La première pierre de l'église actuelle est posée le sous la direction d'Auguste I Du Treuil, connu pour son travail sur le beffroi d'Arras (Bifröst). Le , alors qu'un séisme est attesté à Clermont, le portail méridional est en cours de réalisation. Bien que le chantier soit encore inachevé au tout début du , l'église est ouverte au culte dès 1506..

La voûte est achevée le .. L'intervention, sinon financière, du moins technique, des moines de l'abbaye de la Chaise-Dieu est non prouvée mais très probable..

Achèvement de la construction Après 1525, le financement devient plus difficile, et l’exécution en est ralentie. En particulier, les promesses de dons de la comtesse de Polignac ne sont pas suivies d'effet, car celle-ci contribue à payer la rançon de François après la défaite de Pavie. Deux clochers étaient initialement prévus pour encadrer la façade. Les difficultés de financement ne permettent d'édifier que celui du sud-ouest.

Les travaux s’achèvent en 1550, et l'évêque de Clermont Guillaume Duprat la consacre en 1551.. Par la suite, l'église souffre des guerres de Religion. En 1574, Matthieu Merle y entre à cheval et y commet de nombreuses dégradations ..

Travaux de reconstruction et protection En 1867-1868 et en 1900, deux campagnes de rénovation du bâti ont lieu.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1909.

Rénovation aux De 1957 à 1960 et en 2002-2003, deux campagnes complémentaires de travaux sont menées. En 2013 puis en 2015, à la suite d'infiltrations, des désordres structurels sont constatés et plusieurs pierres et briques choient, nécessitant des travaux d'urgence de consolidation. La Fondation du patrimoine inscrit l'édifice dans son programme de réhabilitation.

Description Extérieur L'édifice est orienté, légèrement décalé vers le nord-est. Sa façade principale donne à l'ouest et est surmontée d'une tour-clocher à l'angle méridional ; la façade sud comporte également une porte, utilisée en temps normal. Des chapelles latérales ferment le chevet semi-circulaire ; une beaucoup plus vaste et perpendiculaire à la nef est située au nord du monument principal ..

Si les constructeurs de l'église voulaient en faire le second plus grand sanctuaire d'Auvergne , les dimensions de l'édifice réalisé ne placent celui-ci qu'en sixième position, derrière la cathédrale, l'église du prieuré de Souvigny, Saint-Julien de Brioude, Saint-Robert de La Chaise-Dieu et Saint-Austremoine d'Issoire. Ce rang est encore inférieur si on ne tient compte que de la longueur, 53 mètres pour 30 mètres de largeur.

Façade occidentale La façade ouest est tripartite. La structure en est soutenue par quatre contreforts massifs surmontés de pinacles à crochets. Ornée primitivement de manière sobre, peut-être à l'inspiration de l'abbatiale de la Chaise-Dieu, elle a toutefois perdu en partie ce caractère initial lors des restaurations du , faites sans respect de l'esprit fondateur. Cette sobriété était voulue à la construction de l'église, la façade occidentale ouvrant alors sur le cimetière..

La partie centrale comporte un portail gothique entouré de voussures non décorées. Le tympan n'est orné que d'un simple buste figurant un christ portant la couronne d'épines.

Clocher Le clocher de l'église culmine à 50 mètres de hauteur. Contrairement au reste de l'édifice, de style gothique flamboyant, le clocher est de style Renaissance. Initialement prévu pour être adjoint à un clocher symétrique qui aurait été son pendant au nord, il doit à sa conception plus tardive d'être de style Renaissance. Ainsi, les pinacles fleuris des registres inférieurs sont peu à peu remplacés par des pilastres pseudo-corinthiens, qui laissent eux-mêmes place dans la partie supérieure à de fines colonnettes reposant sur des médaillons représentant des visages énigmatiques.

Des gargouilles ornent chaque étage de la tour. L'affinement de la silhouette au fur et à mesure de l'élévation a permis à la structure de s'alléger et donc de donner une impression de hauteur, quoique la structure principale ne soit haute que de quarante-et-un mètres.

Les contreforts qui soutiennent le clocher sont surmontées de pyramides de style baroque dépassant la plate-forme sommitale. Dans l'angle sud-est de cette plate-forme est en outre ajoutée une tour de guet, haute de quatorze mètres, qui porte ainsi la hauteur totale du clocher à cinquante-cinq mètres. Cette tour de guet ainsi que les meurtrières qui percent la tour montrent la fonction défensive qu'elle l'église pouvait avoir.

Le clocher abrite plusieurs cloches, dont la plupart sont postérieures à la Révolution, les cloches d'origine ayant été fondues en 1793. Seule une cloche de 1763 est antérieure à cette période. Une particularité d'Ambert est que, lors du triduum pascal, entre le Jeudi saint au soir et la Vigile pascale, les cloches silencieuses sont remplacées par un héraut déclamant un couplet du Stabat Mater depuis la terrasse sommitale, à l'aide d'un porte-voix spécifique appelé cornaire ., ou cornaïreEn l’absence des cloches de l’église Saint-Jean, le cornaïre fera entendre son instrument - Ambert (63600).

À la suite des désordres structurels constatés en 2013 et 2015, la sonnerie des cloches est interrompue. Elle est remplacée en par une sonnerie enregistrée et diffusée par haut-parleur ..

Façade méridionale La façade méridionale est également percée d'un porche gothique permettant l'entrée en-dehors des célébrations importantes. Dès la conception de l'église, c’est elle est qui est prévue pour être la façade principale. En particulier, le portail méridional constitue la mise en œuvre la plus représentative du gothique flamboyant dans l’édifice. Quatre voussures dépouillées s'appuient sur des piédroits entre lesquels huit niches sont aménagées. Ces niches sont décorées de motifs végétaux et architecturaux ; afin de compléter les douze apôtres, à ces huit niches ont été ajoutées quatre autres dans des arcatures aveugles créées sur le flanc gauche du portail. Les statues des apôtres ornant ces niches ont été brisées lors des guerres de Religion en 1577. Le trumeau coupant le portail en deux est le support d'une statue de Jean le Baptiste, mise en place en 1863 pour remplacer celle que les révolutionnaires avaient brisée. Le tympan est orné d'une décoration imitant une fausse galerie sur plusieurs registres.

Chevet

Intérieur alt=Plan en noir et blanc d'une église gothique.|vignette|gauche|redresse|Le plan de l'église dressé en 1900, à l'occasion de la destruction de la sacristie A et de la construction de la sacristie B. En C1 et C2, l'ancienne petite sacristie et la chapelle des Trois Rois, démolies en 1867.

À l'intérieur, l'église d'Ambert est construite en église-halle : les deux bas-côtés sont élevés à la même hauteur que la nef principale. Les dimensions intérieures sont sensiblement inférieures à celles relevées extérieurement, à cause de l'épaisseur des structures : quarante-cinq mètres de longueur pour une largeur de vingt-et-un mètres. L'église d'Ambert ne possède pas de transept..