L'église Saint-Josse est une église catholique paroissiale située à Parnes, dans l'Oise, en France. Sa construction à partir de 1089 fut motivée par l'attrait des reliques de saint Josse exercé sur les pèlerins. L'église qui lui avait précédée était dédiée à saint Martin, mais ce premier vocable tomba dans l'oubli. De dimensions généreuses par rapport à la taille du village, l'église Saint-Josse est un édifice très complexe, et sa forme actuelle n'est que le fruit des remaniements successifs. Ceci n'empêche pas une construction soignée et des qualités architecturales indéniables. L'église réunit des parties marquées par les différents stades d'évolution de l'architecture gothique, et possède notamment un portail flamboyant d'une grande richesse sculpturale. D'autre part, l'abside romane édifiée vers l'an 1100 avec son cul-de-four nervé et ses arcatures décoratives est tout autant d'un grand intérêt archéologique. Les parties basses du clocher et l'étage de beffroi remontent à la même époque. L'édifice a été restauré pendant les années 1860-1870, et est classé monument historique depuis 1913. Son état s'est considérablement dégradé depuis, mais les travaux de réparation les plus urgents ont été entamés vers 2010. L'église Saint-Josse est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin. Elle est uniquement utilisée pour des célébrations particulières.
Localisation thumb|left|Approche par le sud.
L'église se situe en France, dans la région des Hauts-de-France, dans l'extrémité sud-ouest du département de l'Oise, près de la limite avec le Val-d'Oise et l'Eure et donc avec les régions Normandie et Île-de-France, dans le Vexin français, dans la vallée du Cudron affluent de l'Epte, sur la commune de Parnes, au milieu du village, rue Henri-Monnier (RD 509), près de la fourchette avec la rue Arthur-Lefrançois. L'élévation méridionale de l'église est alignée sur la rue, qui s'élargit aux abords de l'édifice pour former une petite place. Jusqu'en 1861, le cimetière bordait l'église au sud., et la rue passait donc à la limite sud de la place actuelle. L'on accède à l'église par la première travée du sud : seulement un étroit passage sépare le mur occidental de la nef du mur d'enceinte d'une propriété voisine, de sorte qu'il n'y a pas de façade occidentale proprement dite. Le chevet donne quant à lui sur l'entrée de la ferme de l'ancien prieuré Saint-Josse. Sa partie nord est enclavée dans cette propriété privée, et le corps de logis de l'ancien prieuré est mitoyen du croisillon nord. Une bonne partie de l'église n'est ainsi pas visible depuis le domaine public.
Historique Les origines de l'église et le prieuré thumb|left|Logis du prieuré.
Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Parnes relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'Archidiocèse de Rouen. Sa première église est dédiée à saint Martin. En 1050, Henri I offre à l'église de Parnes les reliques de saint Josse dont il s'était emparé en Bretagne. On leur attribue de fortes vertus miraculeuses, et elles attirent de nombreux pèlerins, si bien que le patron initial de l'église est presque oublié. En 1069, le roi Philippe I en personne fait le déplacement pour se recueillir devant les reliques de saint Josse..
En 1067 déjà, Foulque de ChaudryChaudry est un hameau de Parnes, situé à l'est du chef-lieu., seigneur de Parnes, donne l'église à l'abbaye de Saint-Évroult. Celle-ci devient donc le collateur de la cure, qui installe peu de temps après un prieuré sur place. Le prieur perçoit toutes les dîmes de la paroisse. Par ailleurs, la même abbaye est à l'origine de la fondation d'une chapelle dans le village voisin de La Chapelle-en-Vexin, en 1066. Comme le consigne Orderic Vital, moine de Saint-Évroult, dans son « livre III » rédigé en 1123, la vieille église est démolie en 1089, mais la nouvelle n'est pas encore achevée au moment qu'il écrit les lignes. Cette nouvelle église de style roman est placée naturellement sous le vocable de saint Josse. Le prieur au moment de la reconstruction de l'église est un moine nommé Goisbert, célèbre pour ses connaissances médicales. On lui a attribué le rôle de l'architecte des églises de Parnes et de Maule, mais rien dans les écrits d'Orderic Vital ne justifie une telle affirmation.
Au second quart du , les religieux font édifier une salle capitulaire attenante à l'église et au prieuré. Vers la fin du même siècle, elle est déjà amputée de la moitié de sa surface pour libérer la place à une nouvelle chapelle latérale au nord du chœur (voir le chapitre suivant). Faut-il en conclure que l'effectif du prieuré s'est déjà réduit à un ou deux moines avant 1300 ? — Au déjà, le prieuré devient un simple bénéfice., c'est-à-dire, que ses terres et revenus sont mis en affermage, comme à Genainville où cela est très bien documenté, et qu'il n'y a plus de religieux sur place. Parnes ne semble ainsi pas faire partie des nombreux prieuré-cures du Vexin, car un prieuré-cure est un prieuré qui fonctionnement toujours normalement, mais avec un ou deux religieux seulement, qui officient en même temps comme curé (et vicaire, s'il y a lieu). À Parnes, le rôle de curé est donc assumé par un vicaire perpétuel désigné et rémunéré par l'abbaye de Saint-Évroult. L'abbaye étant le curé primitif, il n'a pas le droit d'utiliser le titre de curé. Au siècle suivant, le prieuré tombe en commende. L'histoire de la paroisse de Parnes et du prieuré Saint-Josse n'ayant pas fait l'objet de publications à ce jour, il n'est pas envisageable de les présenter plus amplement dans le cadre du présent article. L'église Saint-Josse est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin avec siège à Chaumont-en-Vexin, et des messes dominicales n'y sont plus célébrées qu'à titre exceptionnel.
Les campagnes de construction de l'église thumb|Vue depuis le sud-ouest. thumb|Vue depuis le sud-ouest. thumb|Vue diagonale vers le nord-est depuis l'entrée. thumb|Nef, vue vers le nord-est.
Les dimensions de l'église romane sont considérables, car elle a déjà la même longueur et la même extension nord-sud que l'église actuelle malgré la reconstruction successive de la plupart de ses parties. Dans l'élévation, seule l'abside romane et le premier étage du clocher subsistent en l'état, mais le transept et le mur occidental conservent néanmoins des traces romanes, notamment à l'extérieur. Sur le mur occidental du bas-côté sud, se dessinent les contours du demi-pignon et du mur du bas-côté sud. Ici, les murs romans sont en petits moellons irréguliers, plus épais que les autres, et les murs gothiques en parpaings assez réguliers, ce qui permet à Louis Régnier de conclure que le mur occidental de la nef est également roman, abstraction faite des ajouts et modifications postérieurs. Après son achèvement au second quart du , l'église Saint-Josse se serait ainsi composée d'une nef accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept ; et d'un chœur de deux travées, à savoir une travée droite et une abside voûtée en cul-de-four. Le plan du chœur et du transept demeurent inchangés, et il est probable que le mur septentrional de la nef au-dessus des grandes arcades remonte également au premier quart du ...
Au début du , le transept est voûté d'ogives, comme le démontrent les voûtes des deux croisillons, et les faisceaux de colonnettes dans les angles et à l'intersection des travées (sauf dans l'angle sud-ouest de la croisée du transept). Cela laisse entendre que le transept roman n'était pas voûté. Or, l'église n'était pas achevée en 1123, et le voûtement d'ogives était déjà connu à l'époqueÀ ce sujet, cf. .. Le tracé en plein cintre des arcades ouest et nord de la croisée du transept et leur modénature indique justement le deuxième ou troisième quart du , et le style roman. Les arcades profilées d'un gros boudin pour le rouleau inférieur et d'un tore pour chaque côté du rouleau supérieur se trouvent aussi dans les bases des clochers de Saint-Gervais et Seraincourt, qui sont voûtées d'arêtes. Peut-être fut-ce le type de voûtement de la base du clocher de Parnes. — Vers le milieu du , une chapelle de deux travées est ajoutée au sud du chœur, et à la fin du selon Dominique Vermand ou au selon Louis Régnier, un second collatéral est édifié au nord. Ces aménagements entraînent bien entendu la disparition des murs latéraux du chœur et le transforment profondément. En outre, ils font transparaître toute trace des absidioles ou niches d'autel qui devaient probablement exister à l'est des croisillons, suivant Louis Régnier. Des absidioles romanes existent encore dans le Vexin à Auvers-sur-Oise (une seule, en hémicycle), Moussy (au chevet plat), et Us (une seule, en hémicycle). — Comme autre création de la période gothique, il faut signaler la sacristie du second quart du , qui était initialement conçue comme salle capitulaire, et ne communique de plain-pied avec l'église que depuis l'abaissement du sol de la salle, en 1876. L'accès se fit auparavant par un escalier de douze marches disposé à angle droit, ainsi que par la cage d'escalier dans l'angle du croisillon nord. La moitié sud de la salle capitulaire disparaît par ailleurs dès la construction de la chapelle latérale nord, deux ou trois générations plus tard..
Vers la fin du , la baie occidentale de la nef est repercée et pourvue d'un réseau gothique flamboyant.. C'est le prélude à une vaste campagne de reconstruction. L'on ignore quel impact eut la guerre de Cent Ans sur l'église de Parnes, mais il lui causa certainement des préjudices. Que ce soit par l'impossibilité d'assurer son entretien pendant la longue période trouble, ou en raison de dommages de guerre insuffisamment réparés, compromettant l'avenir de la nef et des bas-côtés, ces parties de l'église sont complètement refaites à partir du début du . En premier lieu, un nouveau bas-côté est construit au nord. Ses grandes arcades sont parfaitement homogènes avec ses voûtes et celles de la nef, et le mur haut de la nef du côté nord présente le même appareil en parpaings assez réguliers que les parties refaites du mur occidental, ce qui exclut en principe qu'il s'agisse du résultat d'une reprise en sous-œuvre du mur haut de la période romane (contrairement à l'église de Saint-Clair-sur-Epte du côté sud). La reconstruction de la nef commence apparemment vers le milieu des années 1520, et s'accompagne de la construction simultanée d'un collatéral porté à la même hauteur du côté sud. Puisque les arcades au sud de la nef sont différentes de celles du nord, il fallut achever les voûtes du collatéral sud avant de pouvoir voûter le vaisseau principal. Louis Régnier a observé les collages au-dessus de plusieurs piliers du nord. L'auteur écrit aussi qu’.. La succession des différentes campagnes de travaux se trouve ainsi globalement fixée. Reste à préciser la datation.