L'église Saint-Léger est une église catholique paroissiale située à Jagny-sous-Bois, en France. C'est une église incomplète, qui a perdu sa nef rustique et sans intérêt architectural au milieu du , quand elle a été démolie en raison de son mauvais état. N'en reste que le mur du sud-est, qui relie le clocher en bâtière de facture très simple à la partie subsistante de l'église. Il s'agit des deux travées droites du vaisseau central du chœur, accompagnées de deux collatéraux, et de l'abside polygonale. Cet ensemble achevé vers le milieu du est très sobre à l'extérieur, mais l'intérieur montre tout le registre de la décoration Renaissance du meilleur niveau. Les dais des niches à statues de l'abside constituent une particularité que peu d'autres églises ne partagent. Abstraction faite des détails sculptés, l'architecture elle-même est toujours de conception gothique flamboyante. L'église est classée monument historique depuis 1980., et sa restauration s'est achevée en 2014.

Localisation thumb|upright|left|Approche par l'est.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune de Jagny-sous-Bois, près du carrefour rue du Gué (RD 47) / rue du Chef-de-Ville (RD 47) / rue Faflot. Le clocher et l'ancienne façade donnent sur la rue Faflot, et le cimetière se situe jusqu'en face. À droite de l'angle de la nef ruinée, un étroit passage donne accès au jardin de la mairie, où se trouvent l'entrée et la salle des fêtes. On peut gagner le parvis de l'église, à l'emplacement de l'ancienne nef, aussi bien depuis la rue que depuis le jardin de la mairie. Les deux portes d'entrée de l'église s'ouvrent sur le parvis. L'église est entièrement dégagée d'autres constructions, et on peut ainsi facilement en faire le tour : l'élévation septentrionale est alignée sur un chemin rural, et le chevet donne aussi sur le jardin de la mairie.

Historique vignette|redresse|Bannière de procession à l'effigie de saint Léger. vignette|redresse|Tabernacle du maître-autel.

L'église de Jagny est de fondation ancienne, mais les documents sur ses origines manquent. Les premières mentions connues ne remontent qu'au , et le clocher actuel pourrait date de cette époque. Le patron de l'église était initialement saint Barthélemy. Vers le milieu du , le chœur de l'église primitive est remplacé par un nouvel édifice financé par le seigneur local. Le plan, quelque peu influencé par la collégiale Saint-Martin de Montmorency, est celle d'une église gothique, mais les finitions et le décor sont de style Renaissance. La reconstruction de la nef est entamée à la même époque, mais s'arrête avant que le bas-côté sud ne soit terminé : des arcades s'ouvrant sur la nef, seules les bases des colonnes sont sculptés. En effet, la nef est traditionnellement à la charge des paroissiens, qui ne parviennent apparemment pas à réunir les fonds nécessaires. La nef et le bas-côté nord ne sont finalement édifiés qu'au ou au , à en juger d'après les caractéristiques architecturaux connus grâce à des descriptions anciennes. Il s'agit d'une construction à l'économique, avec un appareil en moellons de qualité médiocre. En plus le plan présente des irrégularités, et le raccordement avec le chœur est un peu malheureux. Ces particularités peuvent s'expliquer par une reconstruction successive en suivant le plan de l'église primitive. La nef souffre assez tôt de problèmes de stabilité, faisant craindre son effondrement..

En 1851, l'architecte Franz Boulogne, de Gonesse (le futur architecte diocésain), préconise une démolition de l'édifice afin de récupérer les pierres pour la construction d'une nouvelle église. La municipalité décide toutefois de conserver l'ancienne, et la fait réparer entre 1856 et 1858. Or, ces réparations ne suffisent pas pour assurer la pérennité de la nef sur le long terme, car moins d'un siècle plus tard, l'on est revenu à la situation de départ. En 1951, le conseil municipal vote pour la démolition de la nef. Il fait appel à l'architecte cantilien Robert, qui préconise la démolition complète de la nef et du clocher, en ne préservant que les grandes arcades du sud et la dernière travée du bas-côté nord, devant être réaménagée comme clocher. Les habitants tiennent toutefois à conserver leur clocher, qui est réparé en 1955. Entre-temps, la charpente de la nef s'écroule, et la nef est démolie. Les restes de l'église sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du .

Des travaux de restauration ont lieu en 1982, 1985 et 1993./ 1996, sans toutefois être achevés : la poursuite du chantier est laissée en suspens. Le chœur menace ainsi de s'effondrer à son tour, et l'église est fermée au culte. En 2001, à la suite de son élection, le dossier est pris en main par le nouveau maire Fernand Pantanella. Trois ans de persévérance sont nécessaires pour parvenir à s'assurer du concours financer de l'État et du conseil général. La première phase de la consolidation du chœur démarre en novembre 2005 et dure jusqu'en novembre 2006. L'année suivante, le conseil municipal vote une deuxième phase de restauration, mais la difficulté de la question du financement ne permet pas une mise en œuvre à court terme. Cette-fois ci, cinq ans de négociations s'écoulent avant que le dossier ne soit bouclé, et l'aval de l'Architecte en chef des monuments historiques, ne soit obtenu. Le conseil général accorde une fois de plus une subvention indispensable (peu avant de se désengager du financement de la restauration des monuments classés ou inscrits). Les marchés sont attribués fin 2012, et les travaux se déroulent tout au cours de l'année 2013. Peu avant l'achèvement définitif, l'église peut enfin être rouverte pour la messe de Noël 2013 : pendant dix-sept ans les habitants n'ont pas disposé d'une église, alors que la durée cumulée des travaux n'a été que de deux ans...

Sous tout l'Ancien Régime, Jagny-sous-Bois fait partie du doyenné de Montmorency du diocèse puis archidiocèse de Paris. La cure est à la nomination de l'évêque de Paris.. Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Jagny-sous-Bois en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La « paroisse des onze clochers » de Luzarches inclut aujourd'hui les anciennes paroisses indépendantes et petits villages de Bellefontaine, Châtenay-en-France, Chaumontel, Épinay-Champlâtreux, Jagny-sous-Bois, Lassy, Mareil-en-France, Le Mesnil-Aubry, Le Plessis-Luzarches et Seugy. Des messes dominicales sont célébrées dans l'église Saint-Léger irrégulièrement, car la paroisse n'applique plus un calendrier des messes par rotation..

Description Extérieur vignette|Vue d'ensemble depuis le sud-est. vignette|Vue depuis le nord-ouest ; à gauche, la porte latérale.

L'église est orientée irrégulièrement nord-ouest - sud-est, avec une importante déviation de l'axe central entre la nef disparue et la partie subsistante. Elle se compose de trois travées du vaisseau central, dont la dernière comporte une partie droite et le chevet à pans coupés ; d'un bas-côté sud-ouest accompagnant les deux premières travées du vaisseau central ; et d'un bas-côté nord-est comportant encore une travée supplémentaire faisant saillie devant l'actuelle « façade » nord-ouest. Sur ce point, le projet de l'architecte Robert a donc été réalisé, sauf que l'on renonça à l'aménagement d'un clocher provisoire dans ses combles. L'ancien emplacement de la nef sert aujourd'hui de parvis, et est toujours délimité au sud-ouest par le mur extérieur de l'ancien bas-côté sud-ouest. Subsiste également un pan de mur de l'ancienne façade principale nord-ouest, devant laquelle se dresse le clocher. Vaisseau central et bas-côtés sont recouverts d'une toiture commune à deux rampants, avec un pignon moderne à l'ouest, bâti après la démolition de la nef, et des demi-pignons au-dessus des chevets des bas-côtés à l'est. La travée supplémentaire du bas-côté nord-est possède un toit en bâtière. Toutes les toitures sont couvertes de tuiles plates.

Le clocher en bâtière, datant peut-être encore du , ne présente aucun caractère particulier. Il est construit en moellons et ne comporte même pas de chaînages d'angle en pierre de taille. Chaque angle est conforté par deux contreforts largement saillants, dont la plupart s'apparentent à des glacis très fortement inclinés, alors que d'autres contreforts ont une physionomie irrégulière. Le toit du clocher est perpendiculaire à celle de l'église. Le mur sous pignon sud-ouest est aveugle. Les murs gouttereaux et le mur sous pignon nord-est sont percés en haut de deux étroites baies abat-son plein cintre chacun. Ces baies ne sont pas décorées. L'on peut constater une ressemblance avec le clocher du Plessis-Luzarches, commune voisine. Le mur subsistant du bas-côté démoli de l'ancienne nef est rongé par l'influence des intempéries. Il est ajouré de trois baies plein cintre et de deux ouvertures en anse de panier au-dessous des deux premières baies. Les contreforts sont assez plats, mais leur face extérieure est également très fortement inclinée. Aucun soin n'a été apporté à l'agencement de la nouvelle « façade » principale nord-ouest, qui est toutefois bâtie en pierre de taille. Une grande arcade plein cintre est percée dans le mur en son centre. Le portail se situe dans le mur pignon nord-ouest de la travée supplémentaire du bas-côté nord-est ; c'est une simple porte rectangulaire sans ornementation. L'arcade plein cintre bouchée s'étant ouverte vers la travée voisine du bas-côté aujourd'hui disparue est toujours bien visible. Le contrefort de droite est neuf ; celui de gauche constitue un vestige du mur de la partie démolie du bas-côté.

Les collatéraux subsistants sont eux aussi construits en moellons, sauf les contreforts du côté du chevet, qui sont en pierre de taille. Ces collatéraux ne se distinguent donc pas fondamentalement des bas-côtés démolis, sauf que les contreforts sont plus saillants et pratiquement verticaux. Ils se terminent par des glacis. Les fenêtres sont plein cintre et sans remplage ni décoration. Le chœur proprement dit se distingue par une exécution soignée en pierre de taille. Il reçoit le jour de trois côtés. Un glacis court tout autour à la hauteur du seuil des fenêtres, et inclut également les contreforts nettement saillants. Ils présentent un second glacis à mi-hauteur, ainsi qu'un glacis final. Les glacis sont discrètement moulurés : c'est l'unique décor que le maître d'œuvre s'est permis à l'extérieur de l'église. Les baies du chœur en cintre brisé sont hautes et élancées, et dotées d'un remplage Renaissance standard, composé de deux arcades plein cintre surmontées d'un oculus. La baie centrale du chevet est toutefois bouchée, à l'instar des baies des chevets des collatéraux, les seules bâties en arc brisé..

Intérieur Vaisseau central vignette|redresse|Chœur, vue vers l'est. vignette|redresse|Chœur, élévation sud. vignette|redresse|Chœur, vue vers l'ouest. vignette|redresse|Abside, côté nord.