L'église Saint-Leu-Saint-Gilles est une église catholique située à Chennevières-lès-Louvres, dans le Val-d'Oise, en France. Elle remplace une ancienne église dédiée à saint Médard, qui se trouvait au sud du village et a été rasée au début du au plus tard. L'église actuelle a été fondée au par le seigneur de Chennevières, Gilles Choisel, d'où elle tient son saint patron, Gilles l'Ermite. Le second patron, saint Loup, n'est attesté qu'au milieu du . C'est à cette époque qu'un spacieux chœur Renaissance est édifié à l'est de la petite nef gothique. Il est flanqué de deux chapelles, dont celle du nord est dédiée à la Vierge Marie et accueille une statue de la Vierge à l'Enfant du début du . Le décor de l'abside est particulièrement soigné, et des niches à statues, dont deux avec des dais richement ouvragés, y agrémentent les piliers. Selon une inscription, l'achèvement du chœur actuel peut être situé en 1577. À cette époque, c'est encore une tour associée au château tout proche qui fait office de clocher. Il s'écroule en 1718, et le seigneur M. Nouveau offre ainsi un nouveau clocher à la paroisse, qui est peu élevé mais coiffé d'une flèche élancée. Il sert en même temps de porche et précède la nef. Les bas-côtés de la nef ont été bâtis en même temps que le clocher, en 1719. Des restaurations ont lieu au ; il est possible que la nef ait été revoûtée à cette époque. L'église Saint-Leu-Saint-Gilles est donc un édifice composite, où la différence de hauteur entre la nef () et le chœur () est frappante, ainsi que la différence de la qualité de l'architecture. Le chœur seul présente un réel intérêt artistique ; il est d'une élégance sobre et possède, avec son abside entourée de niches à statues, l'un des plus beaux espaces liturgiques du en pays de France. L'église est toutefois classée monument historique en totalité depuis 1980..
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est.
L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune de Chennevières-lès-Louvres, place de l'Église. Cette place a une forme allongée, de sorte que la façade est précédée d'un parvis bordé de deux rangs de tilleuls, et qu'une pelouse également arborée fait suite au chevet, alors que les élévations latérales de l'église longent directement la rue. Nommée elle aussi place de l'Église (RD 165e) aux abords de l'édifice, la rue se divise en deux voies à sens unique à son approche : La circulation passe par le nord dans le sens est-ouest, et par le sud pour le sens invers. L'église est ainsi entièrement dégagée d'autres constructions et l'on peut en faire facilement le tour, mais la proximité immédiate des voies de circulation n'est pas sans poser problème.
Historique Les origines thumb|left|Vue du chevet.
Sous l'Ancien Régime, Chennevières-en-France se situe dans le doyenné de Montmorency de l'archidiocèse de Paris. La cure est attestée pour la première fois par le pouillé du , mais l'abbé Lebeuf la compte néanmoins parmi les cures anciennes du diocèse. Elle est à la nomination directe de l'archevêque de Sens, puis de l'archevêque de Paris, et n'a jamais été cédée à un établissement monastique. L'abbaye de Saint-Denis est un propriétaire foncier à Chennevières, et le grand abbé Suger, bâtisseur de la basilique de Saint-Denisn serait natif de Chennevières, mais les liens avec l'abbaye s'arrêtent là. Chennevières est apparemment la paroisse-mère d'Épiais-lès-Louvres, qui en est démembré pendant la première moitié du , quand Épiais obtient sa propre église. L'église paroissiale primitive commune aux deux villages se situe au sud de Chennevières, sur la route d'Épiais-lès-Louvres, et est placée sous le patronage de saint Médard. Dès le , elle n'est plus mentionnée que comme chapelle. L'abbé Lebeuf, qui écrit au milieu du , relate qu'elle a été profanée et détruite . Il a encore trouvé sur place une . C'est vraisemblablement le seigneur de Chennevières, Gilles Choisel, qui entreprend la fondation de l'église paroissiale actuelle au . On le déduit de son premier vocable, saint Gilles l'Ermite, patron du seigneur local. L'abbé Lebeuf a des doutes que l'église soit réellement dédiée à saint Leu comme second patron, mais elle est mentionnée sous son double vocable dès 1553. L'association des deux saints est fréquente en Île-de-France, ce qui est étonnant car leurs biographies ne sont pas liées. La fête patronale a traditionnellement lieu le ...
Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Croix de consécration (non datée) dans la nef. thumb|upright|Chœur, vue vers l'est. thumb|upright|Clocher, parties hautes. thumb|upright|Plaque commémorative de la restauration en 1806.
Pour Charles Huet, la fondation de la nouvelle église par le seigneur du village, et sa situation près du château, suffisent pour prétendre que la nef du ne serait autre que l'ancienne chapelle du château. Ce n'est pas tout à fait ce que dit l'abbé Lebeuf, qui suppose que . Cette formule ne sous-entend pas que le bâtiment actuel contient encore cette chapelle. L'église ne se situe pas dans l'enceinte du château dans son périmètre actuel, mais sur le carrefour principal du village. La proximité d'église paroissiale et château ou demeure seigneuriale n'a rien d'exceptionnel, et s'observe toujours à Auvers-sur-Oise, Boissy-l'Aillerie, Écouen, Luzarches, Mareil-en-France, etc. Pourtant seule l'église d'Auvers-sur-Oise est attestée comme ancienne chapelle du château, mais il s'agit d'un château royal ; p. 85-87., ce qui explique sans doute les dimensions suffisantes pour accueillir les messes paroissiales. Les collégiales de Montataire et de Montmorency étaient initialement à usage exclusivement seigneurial, et ont trouvé une vocation paroissiale avec l'abandon des églises paroissiales pour motif de vétusté.
La construction du chœur s'achève le en jugeant d'après la date marquée sur l'arc-doubleau à l'entrée de l'abside. L'abbé Lebeuf n'a pas vu cette inscription et estime que le chœur date d'il y a cent cinquante ans, c'est-à-dire de 1600 environ, ce qui renvoie également à la période de la Renaissance. La nouvelle partie comporte deux travées droites flanquées de chapelles et une abside à cinq pans. Comme le montrent des pierres de réserve dans les murs occidentaux des chapelles, visibles depuis l'extérieur, le remplacement de la nef était prévu à l'époque. Charles Huet conclut de l'époque du chœur que l'église du en est dépourvue. Or, rien n'oblige à formuler une telle hypothèse. Avant la guerre de Cent Ans, la population est certainement plus importante qu'au , et le sanctuaire est toujours la partie la plus importante d'une église, car c'est ici que le service divin se célèbre. Cette fonction importante justifie une distinction architecturale entre la nef des fidèles et l'espace liturgique dès l'époque carolingienne. Comme à Roissy-en-France et dans de nombreux autres villages du pays de France, le chœur de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles a dû être rebâti au , et est susceptible de remplacer un édifice dont plus rien ne subsiste. Sachant que les gros décimateurs ont le devoir de financer les chœurs sous l'Ancien Régime, c'est plus probablement le chœur qui représente l'ancienne chapelle du château, ou qui a été commandé par Gilles Choisel. Ceci n'empêche pas que le seigneur a également pu financer la nef, ce qui a pu motiver l'abandon de la vieille église Saint-Médard..
Un second malentendu concerne le clocher. Selon Charles Huet, l'église aurait été précédée d'une haute tour carrée servant de clocher : . Or, l'abbé Lebeuf écrit qu'. Ce n'est donc pas forcément une tour à l'emplacement même du clocher actuel, plutôt une tour subsistant du château médiéval, ce qui dispense de s'interroger sur sa fonction initiale. Il est d'autant plus étonnant que Charles Huet écrit que . L'auteur a formulé une hypothèse semblable sur le clocher de l'église Saint-Éloi de Roissy-en-France, et ne l'étaie pas davantage par des arguments. En l'occurrence, la tour en question s'est écroulée en 1718, ce qui rend encore plus problématique la datation du clocher actuel du . Peu de temps avant, la paroisse avait déposé une requête auprès du cardinal Louis Antoine de Noailles afin de la faire réparer. Le , le cardinal alloue un budget de pour sa reconstruction. Néanmoins, les travaux sont financés par le seigneur de Chennevières, M. Nouveau, sur ses propres deniersDans l'Inventaire général du patrimoine culturel, Marie-Madeleine Canet et Agnès Somers écrivent que la reconstruction aurait été effectuée au , sans toutefois indiquer une période précise et sans évoquer les circonstances. L'abbé Lebeuf pouvant nommer l'année et le maître d'œuvre, sa version paraît mieux fondée, et le style concorde avec le .. Ce nouveau clocher est très bas, et le sommet de ses murs ne dépasse pas le chœur du . Mais M. Nouveau ne paie non seulement le clocher, il fait également construire ou reconstruire les bas-côtés de la nef.
Depuis la Révolution française
Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Des restaurations sont entreprises au . En 1806, il s'agit de réparer les dégâts infligés par la Révolution française, et de remeubler l'église. La paroisse bénéficie alors de la générosité de M. et de Saint-Soupplets, et de M. et Le Peletier de Morfontaine ; l'abbé Brunet est le curé. En 1865, les habitants collectent les fonds nécessaires pour des travaux qui restent à préciser. Zacharie Rossignol est maire, et l'abbé Leleu est curéCf. les deux plaques commémoratives sur les piles orientales du clocher, que l'on voit en entrant, l'une à gauche et l'autre à droite.. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Chennevières-lès-Louvres en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . La paroisse de Chennevières-lès-Louvres n'est plus indépendante, et est desservie par le curé de Louvres. Des messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Leu-Saint-Gilles le second et le cinquième dimanche du mois à 9 h 30, sauf pendant la période hivernale d'octobre / novembre à mars / avril, quand les messes ont lieu à Épiais-lès-Louvres, et sauf en juillet et août, quand les messes à 9 h 30 sont suspendues dans la paroisse : il n'y a donc que trois à cinq messes par an..
Description Aperçu général thumb|left|Plan de l'église.