L'église Saint-Marcel, est une ancienne collégiale catholique (aujourd'hui église paroissiale) située à Prémery, dans le département de la Nièvre, en France.

Implantée au cœur de l'ancien bourg épiscopal et canonial, l'église Saint-Marcel se caractérise par son unité architecturale et ses proportions harmonieuses. Présentation Unique vestige d'un possible petit quartier canonial, cette collégiale gothique est construite au tout début du avec quelques ajouts des (façade et chapelle).L'église de Prémery ne peut avoir la prétention de compter au nombre des grands édifices gothiques du Nivernais et ne peut soutenir la comparaison avec la cathédrale de Nevers, Saint-Martin de Clamecy, ni même Saint-Pierre de Varzy. Sans transept et sans triforium elle impose cependant par ses dimensions une forte impression de solidité et de robustesseMarc Thibout, Congrès archéologique de France, 1967, p. 202..Elle est ouverte sur demande, les clés sont disponibles à la mairie.

Historique

Général Les origines de l'église et du collège de chanoines de Prémery sont floues. On sait que l'évêque de Nevers possède le fief de Primeriacum depuis le et c'est probablement la charte de 1173, dans laquelle le comte Guy autorise l'évêque Bernard de Saint-Saulge à fortifier le bourg, qui accélère la présence épiscopale dans celui-ci.

En 1196, neuf clercs (Gilo, Gaufridus, Hugo de Varzy, Durannus, Isambardus de Trocconges, Martinus de Boona, Petrus de Luzy, Guillelmus Becherius, Hugo de Mingot) sont pourvus de prébendes par l'évêque Jean I et peuvent ainsi se regrouper en un collège de chanoines. D'après la Gallia, ce prélat aurait fondé l'établissement et aurait été inhumé dans le chœur de l'église cette même annéeCollectif (dom de Sainte-Marthe), Gallia Christiana, in provincias ecclesiasticas distributa ; qua series omnium archiepiscoporum episcoporum et abbatum Francia (...) ubi de provincia Lugdunensi, IV, Paris, Imprimerie royale, 1770, diocèse de Nevers, col. 641.. C'est sans doute autour de cette date que les travaux de l'édifice actuel sont lancés. Un lieu de culte roman existait sans doute à cet emplacement, en témoigne le chapiteau du ou début servant de piédestal au bénitier.

Via l'action de l'évêque Renaud I de Nevers, Prémery se voit dotée d'une charte de franchise en 1225 et poursuit son développement sous l'autorité des dignitaires de l'évêché qui se font construire un vaste château.

Dans les décennies suivantes, les mentions du chapitre de Prémery sont assez rares en dehors de quelques évocations : vignette|Acceptation par le chapitre de la donation de Philiberte du Tremblay en 1436ADN : 9 G 1.|300x300px en octobre 1265, l'évêque Robert de Marzy juge un différend survenu entre les chanoines et le chanoine des mortsADN : MS 4 p. 136 ; en 1281, quelques chanoines du chapitre et plusieurs habitants du bourg de Prémery sont évoqués dans le contrat de vente d'un pré ;

en novembre 1336, Pierre Bertrand de Colombier approuve la fondation de la chapelle de Notre-Dame en l'église de Prémery faite par le chanoine Tannier ; le , le Parlement de Paris rend un arrêt dans lequel Guillaume Loye, chanoine de Prémery est témoinAN : X/1a/7, fol. 54, ; en février 1337, ce même évêque reçoit les hommages de Pierre le Fèvre, chantre, et de Pierre de Prouille, écolâtre de la collégialeCollectif (dom de Sainte-Marthe), Gallia Christiana, in provincias ecclesiasticas distributa ; qua series omnium archiepiscoporum episcoporum et abbatum Francia (...) ubi de provincia Lugdunensi, IV, Paris, Imprimerie royale, 1770, diocèse de Nevers, col. 649.. Le , Philiberte de Tremblay, veuve de Jean Bos, donne au chapitre de Prémery les prés Viellars situés au dessus de l'étang de Prémery, entre les villages de la Coudraye et d'Osdaye. En échange, les chanoines doivent célébrer tous les ans en l'autel de Notre-Dame de l'église de Prémery, devant lequel ladite Philiberte a élu sa sépulture, une messe de requiem les vendredi. Cette unique trace de donation faite à la collégiale est matérialisée par deux très jolis parchemins disponibles aux archives départementales de la Nièvre.

Au début du , d'après les relevés du pouillé, le chapitre se compose de douze chanoines et d'un doyen ; il nomme les curés de Rigny (commune de Nolay) et de Saint-Bonnot. Au , il est indiqué que les religieux de la Charité, de Souvigny et deux chanoines de Prémery sont tenus d'assister à la grand messe de la cathédrale, le jour de la saint Cyr, ainsi que les maîtres des hôpitaux de Saint-Antoine, Saint-Lazare et Saint-DidierMichel de Marolles, Georges de Soultrait (ed.), Inventaires des titres de Nevers, Société nivernaise, Nevers, Imprimerie de Paulin-Fay, 1873, p. 781.. Nicolas Appleine Ce chanoine de la collégiale meurt le , il est enterré dans le chœur, à gauche de l'autel. Très vite, et eu égard à sa vie très pieuse, des miracles sont constatés sur son tombeauAugustin-Joseph Crosnier, Hagiographie nivernaise ou vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers, Nevers, Imprimerie I.-M. Fay, 1858, p. 293 et ADN : 9 G 3.

C’est probablement lors de sa venue dans le Nivernais au cours des années 1470 que Louis XI a eu connaissance des vertus de Nicolas AppleineDiane Carron, Peuple de saints et pèlerinages dans les diocèses d’Autun et de Nevers : du temps des martyrs au temps des réformes, IVe-XVIIIe siècles, inventaire, thèse de doctorat, Université de Bourgogne, 2006, annexe n°83, p. 106..

Quelques années plus tard, le roi se fait envoyer la robe du chanoine (via sa soeur) en vue d’une guérison, il la retourne à l’évêque de Nevers, Pierre de Fontenay, le en lui adressant ces mots : « De par le roy, notre ami et féal, nous vous mercions de ce que vous avez envoyé devers nous la bonne sœur du bon saint homme Nicolas. Nous envoyons présentement à ceux de Prémery un coffre où est la robe dudit bon saint homme. Si vous prions tant certes que le veuillez faire mettre en leur trésor, afin qu’il en soit à toujours mémoire et, s’il y en a aucuns qui y aient dévotion, qu’ils la montrent et en fassent ainsi que a été fait par ci devant, et vous nous ferez un singulier et agréable plaisir »Augustin-Joseph Crosnier, Hagiographie nivernaise ou vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers, Nevers, Imprimerie I.-M. Fay, 1858, p. 294..

Par la suite, le , le prélat prend une ordonnance par laquelle :

il reconnaît authentiques les miracles attribués au bienheureux Nicolas Appleine, dont il a pu, ajoute-t-il, reconnaître la vertu et la sainteté ; il annonce l'érection d'un autel à la tête de son tombeau à la demande de Louis XI ; il établit une confrérie en son honneur et fixe la fête de ladite confrérie au , lendemain de la mort du bienheureux Nicolas, avec indulgences de quarante jours pour les confrèresADN : 9 G 3. Entre 1484 et 1486, les chanoines de la collégiale s'efforcent de diffuser la dévotion et multiplier les adhésions à la confrérie en se déplaçant dans le diocèse de Nevers mais également dans les évêchés voisins. Le cardinal de Bourbon, chargé de l'administration du diocèse d'Autun, accorde, par une ordonnance du , des indulgences aux fidèles du diocèse d'Autun qui feraient partie de ladite confrérieAugustin-Joseph Crosnier, Hagiographie nivernaise ou vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers, Nevers, Imprimerie I.-M. Fay, 1858, p. 295 et ADN : 9 G 3. Jean Boyer, qui succède à Pierre de Fontenay, confirme le tout ce que son prédécesseur a fait en faveur du culte du bienheureux Nicolas Appleine ; il y fait mention des nouveaux miracles qui s'opèrent tous les jours sur son tombeau et manifeste son désir de travailler à sa canonisation.

Au début du , d'après les relevés du pouillé, l'évêché détient une « capella Sancti Nycolay extra villam ».

En 1646, l'évêque Eustache de Chéry, fait déposer les ossements dans une nouvelle tombe avec cette inscription : Jacet hic bonoe memorioe et sanctoe vitoe Nicolaus Appleine, presbyter canonicus Premeriaci, qui ob crebra ejus miracula creditur beatus. Obiit XI Augusti anno 1466. In memoria oeterna erit justus. Monumentum hoc positum fuit cura Eustachii de Chery, episcopi Nivernensis anno 1646Augustin-Joseph Crosnier, Hagiographie nivernaise ou vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers, Nevers, Imprimerie I.-M. Fay, 1858, p. 295-296..

En 1731, le doyen Antoine Laisné, demande que les restes du bienheureux soient transférés dans un lieu plus décent (il semble que l'autel placé à la tête du tombeau gène durant les cérémonies). L'évêque Charles Fontaines des Montées, alors en visite pastorale se transporte à la collégiale le , nomme deux chirurgiens pour constater l'état des ossements, et les retire de la caisse de plomb qui les contenait. Ces derniers sont ensuite déposés dans la sacristie, dans une armoire scellée du sceau épiscopal. Le , en présence de l'évêque, les ossements sont placés dans un coffre en chêne placé dans la sacristie, en attendant qu'un nouvel autel soit achevé ce qui est fait en juillet de la même annéeAugustin-Joseph Crosnier, Hagiographie nivernaise ou vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers, Nevers, Imprimerie I.-M. Fay, 1858, p. 296 et ADN : 9 G 3.

Difficile de savoir si le hameau de la Chaume Saint-Nicolas (au sud du bourg sur la carte de Cassini) a un lien avec Nicolas Appleine, quelques érudits y évoquent la présence de la chapelle où le corps du bienheureux aurait reposé entre 1483 et 1646.

C'est à cette époque (1792) que se partagent les terres des chaumes ; on en excepte expressément celle appelée « chaume Saint-Nicolas », qui a été depuis annexée à la promenade, mais reste aisément reconnaissable, grâce aux arbres plantés en forme de croix qui l'entourent. Les plus anciens du pays se souviennent avoir vu cet emplacement, qui servit sans doute de premier tombeau au bienheureux Nicolas Appleine, planté de buis et couvert de fleursGuillemot l'abbé de, « Prémery officiel, du 13 septembre 1792 au 26 germinal an II », dans Bulletin de la Société Nivernaise des lettres, sciences et arts, Nevers, Mazeron, 1892, p. 56.. Fouilles archéologiques Dans le cadre de travaux menés dans la collégiale ou sur la place qui l'entoure, trois fouilles archéologiques sont menés en lien avec l'église :

en février 1993, des sondages sont menés à l'extérieur du lieu de culte et mettent en évidence une partie de l'ancien cimetière (présence d'un petit ossuaire et d'éléments de sépultures) au niveau du clocherADN : NIV 7776 ; en novembre 1995, plusieurs sondages sont à nouveau effectués place de l'Eglise, ils révèlent notamment plusieurs sépultures (en pleine terre ou en cercueil) ainsi que trois sarcophages de la période mérovingienne dont deux ont été disposés à l'intérieur de l'église ; en juillet 1999, une tranchée est creusée au chevet de l'église (pose d'une conduite de gaz), celle-ci ne révèle pas de sépulture mais quelques tuiles ressemblant à de la tegula romaine.

Description

Général L'église comprend une nef de cinq travées, sans transept, terminée par une abside à sept pans, deux collatéraux, fermés par des murs droits et un clocher élevé sur la première travée occidentale du bas-côté sud. Une petite chapelle rectangulaire a été annexée à ce collatéral au cours du , époque de laquelle date également la sacristie située entre l'abside et le mur de chevet du collatéral nord.

Extérieur vignette|Baie axiale décalobée du chevet.