Léglise Saint-Martin est une église catholique paroissiale située au Mesnil-Amelot, en France. Elle a été bâtie entre 1520 et 1550 environ dans le style gothique flamboyant, la Renaissance se manifestant juste timidement par les chapiteaux du rond-point de l'abside. L'église Saint-Martin se distingue à la fois par sa belle homogénéité, son effet monumental, sa modénature et sa sculpture très soignées, et son plan particulier avec déambulatoire, mais sans chapelles rayonnantes ni transept. Les trois vaisseaux sont de même largeur, et de proportions élancées. Elles communiquent entre eux par des grandes arcades largement ouvertes, sauf dans l'abside, où les piliers sont plus minces. L'élévation s'organise sur deux niveaux. Le deuxième niveau d'élévation, qui représente environ un tiers de la hauteur totale, comporte des murs aveugles dans les trois travées de la nef, et des fenêtres hautes dans les deux travées du chœur. La polychromie d'origine, restituée lors de la restauration de la fin du , complète avantageusement l'architecture, ainsi que le grand retable du maître-autel de 1654. L'église Saint-Martin a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est affiliée au secteur paroissial Ouest-Goële, avec siège à Dammartin-en-Goële, et les messes dominicales y sont célébrées irrégulièrement, le dimanche à 9 h 30.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français de Seine-et-Marne, à moins d'un kilomètre de la zone aéroportuaire de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, sur la commune du Mesnil-Amelot, rue de Claye, au sud du carrefour avec la rue de Guivry. La place de l'Église s'insère entre la rue et l'élévation septentrionale de l'église, où se trouve l'un des deux portails. Ainsi, l'édifice est bien dégagé de ce côté, et visible en élévation en s'en approchant par la rue de Guivry. En revanche, le chevet n'est visible que depuis l'étroite rue de Bosnier, et le parvis devant la façade occidentale n'est pas assez large pour contempler cette élévation la plus richement décorée de l'église en prenant suffisamment de recul. L'élévation méridionale donne sur un jardin public avec boulodrome, et est bien mise en valeur. La cuvette au sud du village la rend visible de loin, même si cet effet est atténué par la densification du tissu bâti.

Historique

Avant d'avoir des seigneurs laïcs, des familles Rance puis Amelot, le village avait des seigneurs ecclésiastiques, d'abord l'abbaye de Cluny, puis le prieuré Saint-Martin-des-Champs, à Paris, qui est une filiale de cette même abbaye.. Malheureusement, Maurice Pignard-Péguet n'indique pas la date quand le prieuré clunisien céda la seigneurie, mais si sa présence sur place est antérieure à la fondation de la paroisse, elle peut expliquer le vocable de l'église. Comme un grand nombre d'églises d'Île-de-France, elle est dédiée à saint Martin de Tours. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Dammartin-en-Goële, de l'archidiaconé de France et du diocèse de Meaux. Le collateur de la cure est l'évêque de Meaux. La grosse dîme est partagée, à parts inégales, entre l'abbaye de Cluny ; le prieuré Saint-Martin-des-Champs ; le chapitre de Meaux ; et l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris. Les menues dîmes reviennent à d'autres seigneurs ecclésiastiques ; il y a aussi de petites parts qui reviennent au conseil de fabrique et au curé.. thumb|upright|left|Console portant la date de 1531, mal lisible au milieu, sur le phylactère. thumb|upright|left|Plaque commémorative de la bénédiction le 14 juin 2003.

Jean Vallery-Radot a essayé de retracer l'histoire de l'église, et constaté que les archives ne possèdent plus aucun document relatif à sa construction. Il n'y a que la date de 1633 relative à l'ancienne calotte du clocher, mentionnée dans le « Coutumier de la paroisse du Mesnil » conservé aux archives départementales de Seine-et-Marne. Tous les autres documents ne concernent que des réparations ou le mobilier. Un précieux indice est fourni par le millésime de 1531 gravé sur la console dans l'angle nord-ouest du bas-côté nord. Cette date correspond vraisemblablement à l'achèvement de la nef et des deux bas-côtés, qui sont d'un style gothique flamboyant encore assez pur (sauf la fenêtre de la troisième travée du sud). Les parties orientales ont certainement été bâties immédiatement après, car seulement assez timidement influencées par la Renaissance, hormis les quatre chapiteaux corinthiens du chœur et les formes en plein cintre des réseaux des fenêtres. Toujours selon Jean Vallery-Radot, les parties basses du clocher devraient être légèrement plus anciennes que le reste et remonter à la fin du ou au début du .. L'affirmation de Maurice Pignard-Péguet, qu'un triplet bouché au chevet indique que l'église remonte au , doit reposer sur une confusion, imputable au mauvais état de l'édifice au début du .

En 1654, le conseil de fabrique acquiert un nouveau maître-autel avec retable pour un prix d'environ .. En 1666, un carillon de dix cloches est installé dans le beffroi sur l'initiative de l'abbé Marc Gaudron, curé de la paroisse. Les cloches sont fondues par Florentin Legay, fondeur de cloches pour avoir fourni en 1681 le bourdon de Notre-Dame de Paris sur ordre de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche. Le carillon du Mesnil-Amelot bénéficie d'une certaine renommée dans la région, puisqu'il sonne les heures, les demi-heures et les quarts-d'heures, jour et nuit, avec différentes cloches. Les demi-heures sont sonnées avec le même nombre de frappes que l'heure pleine à venir, ce qui sème la confusion parmi les voyageurs de passage. D'importants travaux de restauration sont effectués à la fin de l'Ancien Régime. En 1780, le couronnement du clocher est entièrement reconstruit. La calotte de 1633, les pyramidons aux angles, et la balustrade en pierre qui les relie sont supprimés. À leur place, l'on édifie une terrasse bordée par un garde-corps en fer, plus léger ; un dôme sur plan carré ; et un lanternon au sommet. D'autres travaux portent sur la couverture de la nef et des bas-côtés et la réfection du parement des parties basses des murs. En somme, ces travaux coûtent la somme de , payée par les gros décimateurs. En 1783, les contreforts, les culées et les arcs-boutants du chœur sont refaits pour la première fois, ainsi que la couverture. L'addition se monte à et est également prise en charge par les gros décimateurs. Comme partout ailleurs, la Révolution française ne respecte qu'une unique cloche, celle qui répond au nom de Martine, et les autres sont descendues et envoyées à la fonte pour en faire des canons.

L'intérêt artistique de l'église Saint-Martin est assez tôt remarqué. En 1841, Louis Michelin note que .. En 1911, Maurice Pignard-Péguet écrit que . L'église est classée aux monuments historiques par arrêté du de la même année. Entre 1971 et 2003, elle bénéficie d'une restauration complète en plusieurs campagnes, sous la direction successive des architectes en chef des monuments historiques Jean-Claude Rochette et Jacques Moulin. Le mobilier et l'orgue, inauguré le , ne sont pas oubliés. À l'issue des travaux, l'église est bénie par Albert-Marie de Monléon, évêque de Meaux, et inaugurée en la présence des différents acteurs ayant participé au projet, le Cf. les deux plaques commémoratives au début du bas-côté nord.. Le Mesnil-Amelot n'a aujourd'hui plus de prêtre résident et l'église est affiliée au secteur paroissial Ouest-Goële, avec siège à Dammartin-en-Goële. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin irrégulièrement, le dimanche à 9 h 30.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec toutefois une déviation de l'axe de 25° vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan simple avec trois vaisseaux, chevet polygonal et déambulatoire, sans transept ni chapelles rayonnantes. C'est une particularité de plan partagée avec la cathédrale Notre-Dame de Paris primitive de Maurice de Sully, et par quelques églises ou chœurs gothiques du pays de France, à savoir Deuil-la-Barre (un unique niveau d'élévation), Domont (chapelle axiale rajoutée après coup), Fontenay-en-Parisis (déambulatoire reconstruit à la Renaissance), et Gonesse. Il n'y a pas d'autre église flamboyante du même plan, mais une église Renaissance, celle de Mareil-en-France, dont le plan (Jean Vallery-Radot).

Le vaisseau central est à deux niveaux d'élévation. Il se compose d'une nef aveugle de trois travées, d'une travée droite du chœur avec fenêtres hautes, et d'une abside à cinq pans, également dotée de fenêtres hautes. Le clocher se situe au nord de la première travée de la nef. Sa base est fermée par des murs, et accessible par une porte depuis la nef. La cage d'escalier est englobée dans l'angle sud-ouest de la tour, et se situe en grande partie dans-œuvre. Un escalier au milieu de la base du clocher dessert la tribune d'orgue. Sauf au niveau du clocher, la nef et le chœur sont flanqués de bas-côtés, qui se rejoignent par les cinq travées du déambulatoire. La hauteur et la largeur des vaisseaux est identique sur toute la longueur de l'édifice. La longueur totale dans-œuvre est de , et la largeur est de . L'ensemble des travées sont voûtées d'ogives, avec des voûtes quadripartites ordinaires, et six branches d'ogives rayonnant autour d'un point central dans l'abside. Une petite sacristie est accolée à la première travée du chœur, au sud, sans obturer sa fenêtre. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par le portail latéral de la première travée du bas-côté nord, qui donne sur la place de l'Église. La nef et ses bas-côtés sont recouverts ensemble par une large toiture à deux rampants. Au niveau du vaisseau central, cette toiture se poursuit sans rupture jusqu'au chevet, où elle se termine par trois croupes. Les deux bas-côtés du chœur et le déambulatoire sont munis de toits en pavillon, afin de ne pas obturer les fenêtres hautes qui sont très proches des grandes arcades. Toutes les couvertures sont réalisées en tuiles plates du pays, hormis pour le clocher et la sacristie, qui disposent de dômes de pierre..

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.

Malgré les dimensions modestes de l'édifice, l'intérieur est d'une belle monumentalité, obtenue grâce à une unicité stylistique presque totale entre nef et chœur ; une modénature et un décor sculpté soignés ; une polychromie architecturale d'origine fidèlement restituée ; un certain élancement, avec une hauteur sous le sommet des voûtes équivalente à deux fois et demi la largeur ; une ouverture généreuse des grandes arcades, qui résulte du plan carré (et non barlong) des travées ; et par ce biais, l'intégration visuelle des bas-côtés dans l'espace du vaisseau central. L'éclairage est assuré de façon indirecte par les baies des bas-côtés et du chœur, abstraction faite des fenêtres au-dessus du portail, qui sont partiellement cachées par l'orgue. Cependant, la position du clocher au nord (et non au sud, comme c'est la règle) ; la faible longueur de la nef ; la teinte claire, presque blanche, des murs et des voûtes ; et la hauteur relativement importante des grandes arcades évitent un trop d'obscurité. La position atypique du clocher est partagée par les églises de Boran-sur-Oise et Mareil-en-France. Les grandes arcades atteignent les deux tiers de la hauteur du vaisseau central sous le sommet des voûtes. Le second niveau d'élévation est ainsi presque limité à la lunette des voûtes. La retombée des grandes arcades s'effectue à mi-chemin de la retombée des hautes-voûtes..