L’église Saint-Mesmin est une église catholique française de style préroman édifiée aux , située à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.. L'édifice a été bâti en consécration de saint Mesmin l'Ancien (Maximin de Micy), sur la falaise dans laquelle est creusée la grotte du dragon de Béraire et à partir duquel la commune tire son nom. Elle est l'une des plus anciennes du Val de Loire.

Géographie L'église est située dans le département français du Loiret et la région naturelle du Val de Loire, sur le territoire de la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin, à proximité du sentier de grande randonnée 3.

Histoire Moyen Âge La légende raconte qu'aux environs du , saint Mesmin, qui avait établi un monastère à Micy, de l'autre côté de la Loire, terrassa un dragon (symbole du mal) dans la grotte située sous Béraire (en latin : Villa Berarii), premier nom de la commune.

Avant l'édification de la première église au-dessus de la grotte, il subsiste encore à cette époque une ancienne villa gallo-romaine ayant appartenu à un certain Berarius (francisé : Béraire).

À sa mort en 520, saint Mesmin se fait ensevelir dans la grotte située sous la Villa Berarii. Sa sépulture devient un lieu de pèlerinage.

Vers 550, une première église basilique funéraire est érigée au-dessus du tombeau de saint Mesmin à l'initiative du vicomte d'Orléans, AgylusSelon la légende, Agylus possédait un esclave qui commit une grave faute ; cherchant à échapper à son maître, celui-ci se réfugia auprès du tombeau de saint Mesmin. Parvenu à l'entrée de la grotte et voulant punir l'esclave, Agylus se sent brusquement frappé de paralysie. Ayant supplié saint Mesmin de lui rendre la santé en échange de l'édification d'une église, celui-ci tient finalement promesse (cf. Monique Veillon, dépliant de présentation de l'église de La Chapelle-Saint-Mesmin (1982-1994).Voir Saint-Ay..

En 675, les reliques de saint Mesmin sont transférées vers la collégiale Saint-Aignan d'Orléans. Mais jusqu'à cette époque, ceux qui le souhaitaient pouvaient être ensevelis au plus près de celui-ci (ad sanctus« Près du saint ».) dans le cimetière, qui à l'origine entourait l'église au nord et à l'est.

Au -, la première église est détruite à la suite des invasions normandes. L'église actuelle est construite aux . La plus ancienne mention de l’église comme bien de l'abbaye de Micy, rattachement décidé par l'évêque d'Orléans Arnoul à la fin du , est consignée dans une bulle pontificale du pape Pascal II du .

Durant la Guerre de Cent Ans, l'église est ruinée. Elle est réparée dans la seconde moitié du , en partie grâce aux subsides alloués par le duc Charles d’Orléans.

En 1493, le reliquaire de saint Mesmin est confié à l'abbaye de Micy.

Époque moderne Ancien régime thumb|redresse=0.7|Abbaye de Saint-Mesmin en 1707 (dessin Louis Boudan) En 1562, du fait des guerres de Religion, l'église est incendiée et la grotte profanée. En 1570, les moines de Micy, ruinés, vendent leurs possessions de la paroisse au chapitre de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans.

Au , le clocher de l'église est édifié.

Le plus ancien registre parvenu jusqu'à nous tenu par les curés de l'église, remonte à l'année 1666 (Archives du GHL).

En 1755, une porte extérieure donnant sur la place est murée et l'aile Sud dite « de la Saint-Vierge » est rallongée jusqu'à la façade Ouest. Deux fenêtres sont également percées à l'Ouest et au Sud. Enfin, le mur qui séparait le clocher et le collatéral Nord est détruit pour faire communiquer les deux espaces. Une autre fenêtre est percée au rez-de-chaussée du clocher afin d'éclairer le bas-côté NordArchives municipales : 9M1. Devis du 18 juin 1755..

Plus tard, une partie des reliques de saint Mesmin est conservée dans l'église Saint-MesminLettre de l'abbé Bordier au syndic du clergé Monsieur de Guyenne en 1771 (Bulletin annuel du GHL chapellois)..

Révolution thumb|redresse=0.7|gauche|Armand-Anne-Auguste-Antonin Sicaire de Chapt de Rastignac Après la Révolution française, le , le prêtre de la paroisse Jacques Gaudry (depuis 1788) prête serment à la nouvelle Constitution civile du clergé. Armand-Anne-Auguste-Antonin Sicaire de Chapt de Rastignac, seigneur de La Chapelle-Saint-Mesmin et abbé de Micy à partir de 1772, dont dépend la paroisse, est arrêté et emprisonné à Paris le et meurt lors des massacres de Septembre.

Sous le directoire, les Théophilanthropes exigent de pouvoir célébrer leur culte et contraignent les catholiques à partager l'égliseRegistre des délibérations municipales du 16 brumaire an VI : .. Ceux-ci font arrêter le curé Jacques-Denis Poignard (avec le curé de Chaingy) qui est déporté en 1798 vers la GuyaneJean-Claude Dumort, « La Théophilantropie à La Chapelle-Mesmin et à Chaingy », sur loirebeauce-encyclopedia.fr.. Il mourra en 1806, lors de son voyage de retour vers la FranceLuce Madeline, « La vie religieuse à La Chapelle-Saint-Mesmin sous la Révolution », Bulletin annuel du GHL chapellois, , 1989.. Les théophilanthropes resteront actifs dans la commune au moins jusqu'au , date à laquelle le maire leur demande de cesser la pratique publique de leur culteCourrier adressé au préfet du Loiret à cette date par les dénommés Jacques Mothiron père, Jacques Mothiron fils, Jacques Deshayes Mothiron, Jacques Blanchard, Jean Lejeune, Jacques Mothiron, ?-? Rouilly, Jean Lejeune et ?-? Deshayes, archives départementales du Loiret..

Le , l'assemblée communale refuse la réquisition des cloches de l'église par le conseil du département pour qu'elles soient fondues. Cependant, chaque paroisse ne pouvant désormais détenir qu'une seule cloche, deux des trois cloches seront tout de même conduites à Orléans le Reine-M. Mothiron, « L'administration communale », Bulletin annuel du GHL chapellois, , 1989..

vignette|Saint Mesmin (vitrail de la baie axiale du chœur de l'église Saint-Mesmin, 1946). L'église sert de dépôt de salpêtre entre 1793 et 1796 et reste fermée jusqu'en 1802. En 1807, un devis prévoit la restauration des couvertures de la nef et des bas-côtés. A cette époque, les deux collatéraux sont couverts en tuiles, la nef en ardoise et en tuiles et le clocher en ardoises. Il est alors envisagé de recouvrir le collatéral Sud en ardoises et de laisser le bas-côté Nord en tuilesArchives municipales : 9M1. Devis du 10 juin 1807.. La même année, il est décidé de peindre une partie des murs de l'église« Le conseil de fabrique souhaite faire peindre en jaune au badigeon, en forme de pierre de taille à cause des lignes noires qui tranchent sur le badigeon d'une manière décente, le devant des murs de l'église suivant ce qu'il s'est fait dans les paroisses d'Ingré et de Changé et autres villes [...] laquelle peinture descendra jusqu'au siège des places [...]. Il a été décidé que toute l'église, excepté le sanctuaire, serait peint comme il est marqué ci-dessus [...], qu'on mettrait plus de colle dans l'aile Saint-Vincent (au Nord) que partout ailleurs à cause de l'humidité et du vert sur les murs causé par l'humidité. La peinture commencera au lambris et finira au siège et place, soit dans la grande nef, soit dans les deux basses ailes jusqu'aux portes intérieures inclusivement [...]. » Archives paroissiales: Registre de Fabrique, séance du 28 octobre 1807.. En 1812, le registre de la Fabrique mentionne des frais occasionnés « pour les couvertures en ardoisesArchives paroissiales : Registre de la fabrique, séance de l'année 1812. ».

thumb|gauche|Serpent

De 1821 à 1834, le serpent, instrument de la famille des instruments à vent, est utilisé dans l'accompagnement des chants liturgiques et du chœur dont il renforce la partie grave lors des offices religieuxLes deux instrumentistes qui jouaient le serpent furent Claude Girard de 1821 à 1831 et Joseph Blanchard de 1827 à 1830.. Il est acquis grâce à une quête organisée par le conseil de fabrique en 1820.. Le serpent sera remplacé en 1833 par un ophicléide, instrument grave de la famille des cuivres dont l'utilisation était plus aisée et sonnait plus juste, et ce jusqu'à l'installation de l'orgue en 1897Archives municipales, série 1 p2 et archives paroissiales..

Le cimetière, ancienne nécropole de l'époque mérovingienne, d'une superficie de , qui à l'origine entourait l'église au nord et à l'est, est déplacé en 1822 vers l'actuelle rue du four et connaîtra ensuite trois agrandissements successifs en 1837, 1918 et 1928.

En 1832Délibération municipale du 19 février 1832 rapportée dans ., faisant suite à l'octroi d'une subvention de la part de la préfecture, le conseil municipal vote l'édification d'un mur de terrasse de sur et de venant en soutien du terrain du parvis de l'église vis-à-vis de la Loire. Un garde-corps de en chêne est ajouté au sud du parvis et au milieu de ce perré, un escalier de muni de 2 rampes d'appui est aménagé. Le tout pour un coût de . En 1873, le garde-corps en bois est remplacé par reliés par une barre de ferDélibération municipale du d'août 1873. Cet aménagement d'origine est jours visible en 2026..