L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Tessancourt-sur-Aubette, dans les Yvelines, en France. Elle remonte, pour ses parties les plus anciennes, au second quart du , et se compose alors d'une nef unique non voûtée ; d'une base de clocher voûtée d'arêtes et d'une abside à pans coupés voûtée en cul-de-four. La base du clocher se distingue par ses arcs-doubleaux en tiers-point, qui annoncent le style gothique, et contrastent avec les formes de voûtement typiquement romans et avec l'archaïsme de certains chapiteaux. Très peu d'absides du type de Tessancourt subsistent dans le Vexin, mais son architecture est extrêmement sobre. Vers le milieu du , la nef est agrandie par l'adjonction de bas-côtés au nord et au sud, mais le début du bas-côté sud n'est jamais construit, et une fenêtre romane subsiste au sud de la nef, dans la deuxième travée. Le clocher roman paraît également inachevé : il semble lui manquer un étage octogonal. L'étage de beffroi manque de grâce, et la flèche octogonale en pierre est trapue. Initialement le clocher était libre au nord et au sud. Au , une chapelle seigneuriale d'un style indéfinissable a été ajoutée au sud, et ultérieurement, une sacristie a été bâtie au nord. La façade a été refaite à l'époque moderne, et les murs des bas-côtés ont été remaniés. C'est surtout l'intérieur de l'église qui conserve toute son authenticité. L'église Saint-Nicolas a été classée monument historique par arrêté du .. Tessancourt-sur-Aubette est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h.

Localisation thumb|left|Vue de loin depuis le sud-est.

L'église Saint-Nicolas est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, dans la basse vallée de l'Aubette de Meulan, sur la commune de Tessancourt-sur-Aubette, au centre du village, Grande-Rue / rue de Condécourt. Elle est entièrement dégagée de bâtiments mitoyens, et bien visible de tous les côtés. L'élévation méridionale est précédée d'un parvis partiellement engazonné, et l'élévation septentrionale est bordée par un petit parking. L'édifice et ces surfaces sont entourées de rues de tous les côtés. La Grande-Rue arrive depuis le sud-ouest, en provenance de la ville voisine de Meulan-en-Yvelines, puis change de nom au niveau du parvis de l'église et devient la rue de Condécourt. Le chemin du Mont Brûlé quitte le parvis vers le nord-est. Ce chemin est relié à la rue de Condécourt par une ruelle dénommée place de l'Église, qui passe immédiatement devant le chevet.

Historique thumb|left|Vue depuis le nord-ouest. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Grandes arcades du sud.

Tessancourt-sur-Aubette aurait été érigé en paroisse au selon l'abbé Vital Jean Gautier. Le patron de l'église est saint Nicolas, comme pour l'église voisine de Meulan. Sous l'Ancien Régime, Tessancourt relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé du Bec-Hallouin, comme à Condécourt et Mézy-sur-Seine. D'après l'abbé Gautier, la construction de l'église actuelle remonte à 1147.. Il pourrait s'agir de la date d'achèvement., mais l'auteur n'indique pas d'où il la tient. Les chapiteaux romans assez archaïques de la base du clocher évoquent, par leurs motifs, leurs homologues de Cormeilles-en-Vexin, mais la sculpture et la modénature sont plus avancées, et une datation du premier quart du paraît probante. Sous la période romane, les motifs sont utilisés pendant de longues décennies, et ne sont utiles à la datation qu'en cas d'apparitions précoces. Un autre indice précieux est fourni par le tracé en tiers-point des arcs-doubleaux. Préfigurant l'architecture gothique, il ne fait son apparition qu'au second quart du . Quoi qu'il en soit, la nef comporte encore un vestige de la même époque. Il s'agit du mur méridional avant le début du bas-côté sud, dont la deuxième travée est toujours éclairée par une baie romane en plein cintre fortement ébrasée. La nef n'était donc primitivement pas accompagnée de bas-côtés, et les grandes arcades n'ont été bâties qu'après coup. Au sud, cette reconstruction ne fut jamais menée à terme, et ne concerne que la fin de la troisième travée et les deux travées suivantes.

Les chapiteaux à feuilles d'eau des grandes arcades paraissent également romans, mais ne sont pas de la même facture. Ils évoquent leurs homologues de la nef d'Hardricourt et du rond-point de l'abside de Meulan, dont la construction avait sans doute déjà commencé en 1147. D'autre part, les piliers monocylindriques isolés de la nef de Hardricourt, qui seraient un peu antérieurs, sont considérés par Eugène Lefèvre-Pontalis comme l'une des premières occurrences de ce type de support ; p. 104., alors que les piliers de la nef de Tessancourt sont similaires. À moins que Lefèvre-Pontalis n'ait pas visité l'église de Tessancourt, il pense donc que sa nef soit plus récente. Un autre aspect est à considérer. Selon l'Histoire de Meullant de Lévrier, manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, l'église de Tessancourt fait partie des dix-sept églises dites du vœu d'Agnès de Montfort, qu'elle aurait promis de faire bâtir si son mari Galéran IV de Meulan rentre de croisade sain et sauf. Il rentre en effet en 1156, et les églises auraient toutes été réalisées dans un délai de sept à dix ans, avec des clochers en pierre de taille d'une belle structure.. Si ce vœu s'est réalisé, seulement les parties hautes des clochers semblent être concernées, et, si l'on veut, la nef de Tessancourt. Avec ces exceptions, et l'église de Cléry-en-Vexin en totalité, les églises citées sont antérieures à 1156. Au fil des siècles, l'église subit encore des modifications. Une chapelle seigneuriale est ajoutée au sud de la base du clocher au , et une sacristie au nord. Le bas-côté nord est amputé de son angle nord-est, qui empiète sur la rue. La façade occidentale est refaite à la période moderne, portail compris. La voûte de la chapelle seigneuriale est vraisemblablement refaite au , car le profil de ses ogives correspond à la première période gothique, et non à sa période de construction supposée au . L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du , et a été restauré depuis. Rattaché au diocèse de Versailles depuis la Révolution française, Tessancourt est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme d'apparence. Elle se compose d'une nef de cinq travées, accompagnée de deux bas-côtés dont celui du sud est limité aujourd'hui à ses deux dernières travées ; d'une base de clocher dans l'axe de la nef ; d'une abside à cinq pans ; d'une ancienne chapelle seigneuriale dans l'axe du bas-côté sud, au sud de la base du clocher ; et d'une sacristie au nord de la base du clocher, mais rien ne permet d'affirmer qu'elle soit issue de la transformation d'une chapelle semblable. L'angle nord-ouest de l'église a été démolie de même que le début du bas-côté sud. Une tourelle d'escalier accoste la pile nord-ouest de la base du clocher, au nord. La nef et ses bas-côtés n'ont jamais été voûtés, et sont recouverts de plafonds plats en bois. La base du clocher est voûtée d'arêtes, et l'abside est voûtée en cul-de-four, mais la nature de la voûte reste à préciser. Seule la chapelle seigneuriale est voûtée d'ogives, mais sa voûte est susceptible d'être néo-gothique. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par le portail latéral au sud de la troisième travée. Il est abrité sous un porche sous la forme d'un toit en appentis prenant appui sur une structure de charpente engagée dans le mur. Il y a également une autre porte dans le mur occidental du bas-côté sud, également sous le porche, mais elle est condamnée. Nef et bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, qui intègre les toits en appentis des bas-côtés. Le clocher carré est à trois niveaux, dont le troisième est l'étage de beffroi. Celui-ci est coiffé d'une flèche octogonale en pierre d'allure trapue.

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.

La nef n'est pas conçue pour être voûtée, ce qui est encore la règle autour du milieu du , et reste fréquent pendant la première période gothique en milieu rural. Le Vexin en fournit de nombreux exemples. Mais la nef de Tessancourt est particulièrement rustique pour une nef d'emblée munie de bas-côtés. Ces nefs tout simples sont encore le plus souvent des nefs uniques ou nefs-grange au milieu du . En effet, les grandes arcades en plein cintre ne sont pas moulurées et à arêtes vives, comme un siècle auparavant à Juziers, et il ne semble pas y avoir eu d'étage de fenêtres hautes. Il n'y a qu'un petit nombre d'églises où cet état des choses semble avéré authentique, dont Asnières-sur-Oise, Boran-sur-Oise, Bornel, Bruyères-sur-Oise, Hardricourt ou encore Valmondois, où la nef paraît toutefois comme une construction voulue provisoire. En principe, l'on trouve au moins un étage de fenêtres hautes réduit, comme à Frouville. Enfin, le nombre de cinq grandes arcades constitue également une particularité. Ce nombre est élevé pour une église aussi petite. La nef de Juziers compte également cinq travées.

Les arcades retombent sur les tailloirs carrés de chapiteaux sculptés de feuilles d'eau peu découpées, dont quelques-unes affichent des volutes d'angle. À la première vue, ces chapiteaux se ressemblent tous, mais chacun est en fait différent. Les corbeilles sont fortement évasées du haut vers le bas, et leur silhouette évoque la période gothique. La base du clocher permet de constater la différence avec la silhouette plus proche du gabarit des fûts des chapiteaux romans. Les tailloirs accusent une plate-bande, une baguette et un cavet peu marqué, et se rapprochent de Hardricourt. Tous les chapiteaux reposent sur des colonnes monocylindriques appareillées en tambour. Au début et à la fin des grandes arcades, ces colonnes sont engagées dans les murs, mais ne paraissent pas appareillées avec eux. Elles ont des bases composées d'une scotie entre un petit et un gros tore flanqués de griffes aux angles. Hormis les grandes arcades, et la vue dans la base du clocher et le sanctuaire à l'est, la nef n'offre rien d'intéressant. Elle est éclairée par un oculus circulaire en haut du mur occidental ; une lancette gothique au sud de la première travée, et une petite baie en plein cintre romane au sud de la deuxième travée, les deux dernières étant fortement ébrasées. Le plafond plat en bois, à poutres et solives apparentes, confère un certain cachet à la nef, qui manque aux nombreuses églises où le plafond a été enduit de plâtre ou caché par des plaques d'isolation, comme à Omerville. Les plafonds du même type qu'à Tessancourt sont rares dans le Vexin ; l'on ne peut guère citer que Brignancourt, Condécourt, Le Heaulme et Le Perchay. Dans les bas-côtés, l'on trouve au contraire des toits en appentis dont le revers est revêtu d'un lambris. Ces bas-côtés portent bien leur nom, car leurs murs gouttereaux n'atteignent que la moitié de la hauteur de la nef. Ils sont percés de fenêtres en plein cintre modernes, à raison de quatre au nord (soit une par travée à partir de la deuxième travée) et deux au sud.

Base du clocher thumb|upright|Nef, vue vers le nord-est dans la base du clocher.