L'église Saint-Romain est une église catholique paroissiale située à Wy-dit-Joli-Village, dans le département du Val-d'Oise, en France. Selon la tradition, elle aurait été fondée vers 625 par saint Romain, qui est peut-être natif des environs. Les parties les plus anciennes de l'église actuelle ne sont pas antérieures à la fin du ou au début du ; il s'agit des murs ouest et nord de la nef, ainsi que des piles de l'ancien clocher, qui s'élevait au-dessus de la première travée du chœur. L'église est reconstruite à partir de la fin de la période romane, vers le milieu du , en commençant par le chœur, et en terminant par le voûtement d'ogives de la nef. Après l'adjonction d'une chapelle du côté sud, qui devait être de style gothique rayonnant, l'église est consacrée par Eudes Rigaud en 1255. Bien plus tard, après la fin de la guerre de Cent Ans, une autre chapelle est bâtie du côté nord. Elle est de style gothique flamboyant, et constitue l'unique partie stylistiquement homogène de l'édifice : tout le reste a subi en effet des remaniements, avec, au moins, le repercement des fenêtres. En 1682, le clocher roman s'effondre, et la chapelle du sud est presque entièrement détruite. À partir de 1695, un nouveau clocher est édifié au-dessus de l'angle sud-est de la chapelle, qui est rebâti sans style réel. Dans ce cadre, ou seulement au , le versant sud de la nef est également refait. Avec sa silhouette atypique et sa juxtaposition de différents volumes, l'église Notre-Dame-et-Saint-Romain offre un aspect pittoresque. Dans l'intérieur, c'est surtout la qualité du voûtement de la nef et du chœur, avec leurs faisceaux de colonnettes et leurs chapiteaux de bon niveau, qui retiennent l'attention. Tenant compte de ses dimensions modestes, l'église de Wy surprend à la fois par sa complexité et la qualité de nombreux éléments de son architecture. Elle a été classée monument historique en 1981.. Wy n'est depuis longtemps plus une paroisse indépendante, et est aujourd'hui affilié à la paroisse Avernes et Marines. Des messes dominicales y sont célébrées trois fois par an.

Localisation thumb|upright|left|Croix de cimetière.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Wy-dit-Joli-Village, à l'angle nord-est du village, rue Saint-Romain (RD 159), au nord du carrefour avec la rue de la Mairie. La rue contourne l'église par le sud, en laissant libre une pelouse bordée d'arbres autour de l'édifice : c'est l'ancien cimetière. Une impasse passe derrière le chevet ; une autre passe devant la façade, et donne accès à un petit parvis. L'église est entièrement dégagée de constructions mitoyennes, mais une maison particulière est implantée près de l'angle nord-est du chœur, et son jardin clos d'un mur masque en partie la vue sur ce dernier, et ne permet pas de s'en approcher. — Un autre monument historique se trouve tout près de l'église. Il s'agit de l'ancienne croix de cimetière du , qui a été déplacée vers son emplacement actuel après la suppression du cimetière, et classée par arrêté du . Le calvaire est en pierre, et très mutilé, notamment le Christ en croix sur le revers du crucifix. Sur la face frontale, l'on devine encore une Vierge sous un dais, soutenue par une console sculptée d'un ange représenté à mi-corps...

Historique L'histoire de la paroisse thumb|upright|Bannière de procession de la confrérie Saint-Romain. thumb|upright|Dais pour procession.

D'après la légende, l'église aurait été fondée par saint Romain vers 625. En effet, le futur évêque de Rouen serait né au château des Rochettes à mi-chemin entre Wy et Guiry-en-Vexin, même si la commune de Salency prétend aussi être le lieu de naissance du saint. L'âge de l'église est en tout cas confirmé par la découverte d'un cimetière mérovingien attenant à l'édifice, et la présence d'un tiers-sou de Rouen indique un lien avec cette ville. En plus, Jacques Sirat affirme qu'après avoir acheté les terres autour de son château, saint Romain aurait donné la seigneurie de Wy au chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen dès 629 (aucune source n'est citée pour ce renseignement). Plus rien ne subsiste de l'église primitive ou de la chapelle de cette époque.. Selon les documents d'archives consultés par l'abbé Vital Jean Gautier, l'érection canonique de la paroisse serait bien plus récente, et remonterait seulement à 1025.. La consécration de l'église actuelle fut célébrée en 1255 par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, probablement après l'achèvement du croisillon sud. Dans le journal de l'ecclésiastique, en partie conservé, l'on peut lire qu'il rapporta de Courdimanche deux aubes, deux amicts, trois chasubles, un calice, une croix d'argent et un autel bénit. Sous l'Ancien Régime, Wy-dit-Joli-Village relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. Les collateurs de la cure sont les deux chanoines prébendés du lieu, envoyés par le chapitre de Rouen.

La fête patronale est fixée au , jour de la Saint-Romain. Elle donne lieu à une procession, dont le rayonnement est considérable, puisque les fidèles affluent de plusieurs villages du Vexin, et l'archevêque de Rouen y participe lui-même, ou envoie au moins son vicaire général ou un autre prélat pour le représenter. Le clergé des paroisses voisines participe également à l'événement. La destination de la procession est la fontaine de Saint-Romain, qui se trouve au pied des ruines du château des Rochettes (encore attestées par une lettre du curé de Wy, l'abbé Bonhomme, dans une lettre de 1858). Sous un dais, l'on apporte à la fontaine une petite statue en bois de saint Romain, que l'officiant plonge ensuite dans l'eau, tandis que la foule entonne en chœur des cantiques, et en particulier l'hymne de saint Romain. À cette occasion, de nombreuses fidèles ont coutume de remplir des bouteilles de l'eau de la fontaine, qui est considérée comme remède contre les rhumes les plus tenaces, et censée protéger contre la grêle. Ensuite, l'assistance retourne à l'église. Selon Jacques Sirat, qui écrit vers 1979, la statue se trouve toujours dans l'église de Wy ; elle n'y est actuellement plus visible. La source a été captée au cours des années 1950. À côté, se trouvent un lavoir et un abreuvoir, qui ne sont pas très anciens, mais lors des travaux d'aménagement, des matériaux gallo-romains ont été mis au jour, et prouvent la longue histoire du lieu. Sur le talus qui domine le lavoir, trône une statue de saint Romain sculptée par l'abbé Dheilly, curé de Genainville, en 1858. L'ancienne statue de la fin du fut recueillie par le curé de Guiry, et se trouve toujours en l'église Saint-Nicolas. En dépit de l'importance du culte de saint Romain à Wy, ce n'est que tardivement que les habitants fondent une confrérie placée sous son invocation. Elle voit le jour le , et a pour but de distribuer le Saint-Sacrement aux malades qui ne peuvent pas venir à la messe, et de participer aux cortèges de funérailles. Contrairement aux confréries de la Charité, ils n'assistent non seulement aux obsèques des confrères, mais bien à tous les obsèques, et le nombre de confrères est limité à douze. Ils sont présidés par un prévôt et un échevin, et disposent d'une tenue spécifique. Lors des cortèges, les deux premiers agitent des clochettes, six portent des cierges frappés des initiales S.R., et quatre portent le cercueil ; ils ont le droit se faire remplacer par des commis moyennant rémunération..

Après le rattachement au nouveau diocèse de Versailles créé sous la Révolution française pour regrouper les paroisses du département de Seine-et-Oise, Wy-dit-Joli-Village change une seconde fois de diocèse en 1966, quand la refonte des départements d'Île-de-France motive l'érection du diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du nouveau département du Val-d'Oise. L'église de Wy et l'église Saint-Nicolas de Guiry-en-Vexin forment alors un petit secteur paroissial, qui dispose de son propre curé. Cette situation ne perdure plus longtemps. Aujourd'hui, le village est affilié à la paroisse Avernes et Marines, qui est très étendue, et réunit trente-cinq clochers. Dans les petits villages, les messes dominicales ne sont célébrées qu'épisodiquement, en l'occurrence, trois fois par an..

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Façade occidentale. thumb|upright|Croisillon sud et clocher. thumb|upright|Graffiti rappelant la construction du nouveau clocher en 1695.

Les éléments les plus anciens de l'édifice actuel remontent au ou au début du . Il s'agit du mur septentrional de la nef, qui est en moellons irréguliers noyés dans un mortier, et du mur occidental, qui est partiellement bâti en pastoureaux, petits moellons cubiques généralement récupérés d'édifices gallo-romains détruits. Le porche et les baies en tiers-point actuelles sont bien entendu modernes, mais les vestiges d'une toute petite fenêtre romane subsistent à gauche de la première baie du nord, et la façade garde les traces d'une baie plus grande, elle aussi romane. La corniche de modillons est également susceptible d'être romane. Les contreforts à ressauts n'ont été ajoutés qu'à l'occasion du voûtement, au début du . Il n'y a point le contrefort plat évoqué par Bernard Duhamel, entre la deuxième et la troisième travée, côté nord. En revanche, les piles carrées de l'ancienne base du clocher, soit la première travée du chœur, pourraient être plus ou moins contemporaines de la nef. Leur absence de style résiste à une datation, mais elles sont de toute évidence antérieures à la voûte et ses supports, qui sont du même style que les deux autres travées du chœur..

C'est à la fin de la période romane que l'on peut situer le voûtement de l'ancienne base du clocher, et la construction de la deuxième et de la troisième travée du chœur, qui se termine par un chevet plat. L'église se résume alors à un seul vaisseau : au sud, l'on aperçoit toujours les traces d'une ancienne baie en plein cintre, dont la moitié a disparu lors de l'ouverture du mur vers la chapelle latérale sud, au milieu du . Le diamètre de son arc paraît important pour une fenêtre, mais le soubassement comporte une arcature plaquée en plein cintre, qui retombe sur deux colonnettes à chapiteaux. L'une des corbeilles est sculptée de feuilles d'eau, l'autre est abîmée. Il ne pouvait donc pas y avoir d'arcade vers une chapelle. Le tracé en plein cintre indique la période romane. L'emploi de l'arc brisé pour les trois voûtes d'ogives ne constitue toutefois pas une contradiction, car son apparition en Île-de-France est attestée vers 1125, dans l'actuel département de l'Oise (considéré comme faisant partie de l'Île-de-France dans l'histoire de l'architecture) ; .. Les chapiteaux et les petites clés de voûte, travaillés au trépan, sont d'une grande qualité, et reflètent bien le style du milieu du . Il convient de préciser que toutes les fenêtres du chœur (concentrées dans la dernière travée) sont bien postérieures à la construction, et que l'entablement à la limite des allèges a été ajouté à la Renaissance, sans doute en même temps que fut créée la large baie du chevet.