vignette|Drapeau de la Franche-Comté. Le nationalisme franc-comtois, ou plus simplement nationalisme comtois, désigne un ensemble de mouvements culturels et politiques revendiquant entre autres une large autonomie voire l’indépendance de la région Franche-Comté, la défense de sa culture, de ses langues (franc-comtois et arpitan-comtois) et de sa gastronomie, ainsi que plus largement une décentralisation au niveau national et un arrêt du « parisianisme ».

Aujourd'hui seuls deux partis sont principalement actifs, l'Union du Peuple Comtois et le Mouvement Franche-Comté (droite conservatrice), après que le Rassemblement du peuple franc-comtois ait disparu en 1999. Quelques associations prônent les valeurs identitaires franc-comtoises, comme Oui Franche-Comté et d’autres groupes de moindre ampleur.

Le nationalisme franc-comtois se distingue d’autres mouvements comme le nationalisme basque et le nationalisme breton, du fait qu’il existe encore de nos jours une rivalité avec la Bourgogne voisine. En plus des « traditionnelles » revendications, ces nationalistes souhaitent également une séparation et une distinction claire entre la Franche-Comté et la Bourgogne, donc la dissolution de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Contexte et définition

Le nationalisme est un sentiment de vif attachement à la nation, c’est-à-dire d’une grande exaltation de l'idée nationale ; c'est également une doctrine politique qui affirme la primauté de l'intérêt national, sur les intérêts particuliers de ses composantes d'une part et sur les intérêts des autres nations d'autre partDéfinition du terme nationalisme sur le site officiel du Larousse (consulté le 29 janvier 2011).. Du fait de la formation territoriale de la France métropolitaine, un processus fluctuant qui s'étend du Traité de Verdun () au Traité de Paris (), la répartition des principaux mouvements indépendantistes métropolitains aux frontières hexagonales trouve une origine historique.

Principales thématiques Divorce avec la France Le nationalisme franc-comtois n'exprime que peu de volonté pour une indépendance. Cela s'explique par la situation géographique de la région, ce qui en ferait une enclave de facto dépendante de ses voisins, et possiblement économique. Cependant, l'idée d'un divorce entre la Franche-Comté et la France, n'est pas exclue. Cela au profit d'une annexion par un autre pays tel que la Suisse, comme Jean-Philippe Allenbach, chef du parti Mouvement Franche-Comté, l'avait évoqué., avec pour argument principal la proximité géographique et plus rarement les anciennes alliances entre les deux entités. La Belgique, ou plus généralement le Benelux, peut aussi prétendre à prendre la Franche-Comté sous son aile. Cela s'appuierait sur l'Histoire commune liant ces entités depuis bien avant les états bourguignons et le cercle de Bourgogne, jusqu'au moins les traités de Nimègue en 1678. Ces deux pays pouvant porter les attentes de certains nationalistes francs-comtois sont respectivement une confédération et un royaume fédéraliste. Ces deux systèmes de fonctionnement correspondent aux prétentions autonomistes des Francs-comtois.

Autonomisme et régionalisme À l'image du "Rassemblement du peuple franc-comtois", disparu en 1999 et du Mouvement Franche-Comté, la plupart des nationalistes francs-comtois militent pour l'autonomie de la Franche-ComtéHistoire du Rassemblement du peuple franc-comtois sur Identitecomtoise.net (consulté le 6 mai 2011.). Pour cela, il est appelé à la création d'une fédération voire une confédération française qui déléguerait une plus grande partie de ses pouvoirs, actuellement centralisés à Paris, aux régions qui composent le territoire français.

Depuis 2016, ., et notamment la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral, le sujet devient d'autant plus important que la réunion des régions Bourgogne et Franche-Comté en Bourgogne-Franche-Comté, est perçue par de nombreux nationalistes comtois comme une annexion bourguignonne de la Comté.. La plupart de ces militants luttant déjà pour une séparation et une distinction claire entre la Franche-Comté et la Bourgogne se retrouvent à revendiquer une indépendance vis-à-vis de la Bourgogne.

Relations avec la région Bourgogne La spécificité du nationalisme franc-comtois, en comparaison de la plupart des régionalismes français, est son rapport avec son voisin occidental, la région Bourgogne. Celui-ci s'illustre majoritairement par de la simple rivalité, mais peut aller jusqu'à de l'aversion ou au contraire du fraternalisme. La plupart des Francs-Comtois étant attachés à leur région, selon une enquête de LH2 faite en 2014LH2, Le projet de loi de décentralisation et la recomposition territoriale, Sondage national auprès des Français, avec focus régionaux, Résultats nationaux – 10 avril 2014 (lire en ligne), les railleries sur les Bourguignons vont de bon-train, sans pour autant être malveillantes ou exprimer quelconques intentions politiques.

Pour nombre de nationalistes comtois, la rivalité entre les peuples des deux côtés de la Saône, prend racine lors de la période protohistorique lorsque Éduens et Séquanes s'affrontaient, notamment pour le contrôle de la rivière. La référence au passé Séquane de la région franc-comtoise étant un des sujets primés par ces nationalistes, de nombreuses querelles ont lieu sur ce fond. Principalement sur le cas de la localisation du siège d'Alésia, qui a fait couler beaucoup d'encre et qui pour certains se situerai en fait dans le Jura comtois. Cependant, les vestiges retrouvés sur le site de Alise-Sainte-Reine, ne laissent peu de doute sur sa localisation bourguignonne.

Un autre élément pouvant peser dans la balance, sont les appartenances historiques de chacune des provinces. Le duché de Bourgogne étant un fief historiquement français et le comté de Bourgogne historiquement impérial (voire haut-bourguignon). Ces allégeances (bien que mises entre parenthèses sous les états bourguignons) ont mis en conflit les deux entités, lorsque leurs suzerains respectifs (Royaume de France pour le duché et Saint-Empire romain germanique ou Espagne pour le comté) ont pu se retrouver en guerre entre eux.

Depuis l'annexion française de la Franche-Comté, ces querelles n'ont plus vraiment lieu d'être. Cependant ce sont de toutes autres préoccupations qui nourrissent l'inimitié envers les Bourguignons. Les "deux Bourgognes" étant unies sous la bannière française, il apparait souvent que celles-ci soient réunies sous la simple appellation "Bourgogne". La Franche-Comté portant désormais son surnom, plutôt que son nom historique, se sent invisibilisée par ce nom trop général faisant référence à beaucoup trop d'entités pour correspondre à l'identité comtoise qui s'est formée au fil des siècles. Le mot "comté" est vraiment devenu un symbole fort de l'identité de ses habitants. Il est donc très significatif au point que ceux-ci se revendiquent "Comtois" plutôt que "Bourguignons". C'est donc dans l'esprit de conserver cette identité comtoise, presque millénaire, que les nationalistes (comtois) refusent toute association avec la Bourgogne ou d'autres régions françaises. Nombreux sont les événements ou productions, à portée nationale, voire internationale, qui ont fondue Franche-Comté et Bourgogne sous le simple nom de "Bourgogne". Ceci explique en partie les tendances anti-parisianiste des nationalistes comtois, puisque ceux-ci ont généralement pour origine la capitale française. C'est en général, la méconnaissance voire la désinvolture des Parisiens pour les cultures régionales, qui sont souvent aux origines de l'anti-parisianisme des mouvements régionalistes français.

Encore aujourd'hui, les confusions entre duché de Bourgogne et comté de Bourgogne sont récurrentes en France, mais plus encore à l'étranger. L'Histoire franc-comtoise, se retrouve souvent confondue avec celle de la région Bourgogne et mal comprise par les Français, mais aussi par les principaux concernés Franc-comtois et Bourguignons.

Malgré les nombreuses rivalités, elles n'empêchent pas qu'une part des Francs-Comtois, même dans les franges nationalistes, de considérer les Bourguignons comme un peuple fraternel. Cette idée étant bien plus présente outre-Saône, elle puise ses origines dans la période burgonde, mérovingienne, mais principalement des États bourguignons. Ceci a servi d'argument pour l'union des deux régions. À l'image de Marie-Guite Dufay, lorsqu'elle était présidente de la région Franche-Comté, qui s'est positionnée en faveur de l'union des deux régions, entre autres, pour leur "histoire commune".

Autres Le cas Belfortain/Terrifortain

Le Territoire de Belfort est un département français créé en 1922 à partir de l'arrondissement de Belfort, seule partie du Haut-Rhin et de l'Alsace restée à la France après la défaite de 1871. Il était à l'origine nommé « arrondissement subsistant du Haut-Rhin » mais ne réintègre pas le Haut-Rhin après 1919. Par un décret de 1960, il est rattaché à la circonscription d'action régionale de Franche-Comté, avant d'être rattaché à la région Franche-Comté lors de sa création en 1982 à la suite des lois sur la décentralisation. Il fait désormais partie de la région Bourgogne-Franche-Comté.

L'instauration d'un droit d'option dans la loi relative à la délimitation des régions permet toutefois au Territoire de Belfort de se prononcer, après le , pour une intégration à la nouvelle région Grand EstCode général des collectivités territoriales Article L4122-1-1 : Un département et deux régions contiguës peuvent demander, par délibérations concordantes de leurs assemblées délibérantes, une modification des limites régionales visant à inclure le département dans le territoire d'une région qui lui est limitrophe., évoquée par certains élusDNA - Les élus du Territoire-de-Belfort pensent à un rattachement avec l’AlsaceBHM magazine - Rattacher le seul Territoire de Belfort à l'Alsace ?Est républicain CCI - À Belfort et Mulhouse favorables au rattachement du Territoire à l’AlsaceFrance 3 Franche-Comté - Les élus du Territoire-de-Belfort pensent à un rattachement avec l'Alsace.

Histoire du nationalisme comtois

Bien qu'aujourd'hui il n'existe plus de "nation Franc-Comtoise" à proprement parler, les partisans du nationalisme comtois font de nombreuses références à l'époque où ce fût le cas et notamment aux personnages qui ont défendu cette nation. D'ailleurs il n'est pas rare de retrouver de nombreuses références aux Séquanes et aux Burgondes, considérés comme les ancêtres des Franc-comtois.

Le comté de Bourgogne L'Histoire du nationalisme comtois pourrait commencer dès le avec la fondation du comté de Bourgogne, ou en 1032, lorsque le comte Renaud Ier de Bourgogne, s'oppose à l'annexion du comté par le Saint-Empire romain germanique, ou encore lorsque Renaud III de Bourgogne tenta de s'affranchir de la tutelle de l'empereur et de devenir indépendant en 1138. Ce dernier sera même surnommé le "franc-comte" auquel on ajoute "et sa Franche-Comté"(ou son franc-comté). L'origine même du nom "Franche-Comté" serait donc liée à la volonté de devenir une nation indépendante, et son origine remonte au . Elle n'y parviendra jamais, cependant elle profitera d'une large autonomie, procurée par son titre de palatinat et du fait que petit à petit les comtes de Bourgogne tellement lointains et peu appliqués dans la politique comtoise, lui laisseront une marge de manœuvre importante.