Jan van Hout, né le à Leyde et décédé le dans cette ville, est un poète et linguiste de la Renaissance néerlandaise qui prit la défense du néerlandais en tant que langue académiqueKuiper et Verkruijsse 285.
Biographie Il était le fils d'un marchand de drap, Cornelis Meeszoon van Hout, et de Margriete Pieter Jaspersdochter. De sa jeunesse et de son éducation, peu est connu. Il se maria avec Lijsbeth Reyersdochter van Wing (décédé en 1605). De ce mariage, il eut trois enfants : Maria (épouse du professeur Pieter Pauw), Catherina (mariée à M. Jacob van Leeuwen, le premier greffier de Leyde, mort en 1604) et Bartholomeus (probablement décédé peu après le Prinsen 608.
En 1562, Van Hout devint commis du secrétaire de la ville de Leyde, Jacob de Milde, et c'est à ce dernier qu'il succéda deux ans plus tard. Il est resté secrétaire jusqu'à sa mort avec une interruption de quelques années. En , à l'insistance du comte de Boussu, il dut se retirer de sa fonction, devenu victime de suspicions, et il dut émigrer. Il passa son exil en grande partie à Emden, où il semble avoir exercé l'office notarial. Il retourna aux Provinces-Unies après la prise de Brielle en 1572 et, avec Van der Werf, il recueillit des fonds pour Guillaume d'Orange dans le but de soutenir la révolte des gueux. Lorsque la ville de Leyde se fut déclarée partisan du prince, il demanda, en , d'être réintégré dans sa fonction. D'abord cette requête tomba sur un refus. Toutefois, en août de la même année, il fut nommé, initialement sous des conditions restrictives, mais son pouvoir, son influence et sa rémunération s'accrurent au cours des annéesPrinsen 609.
Le , le prince d'Orange le nomma notaire dans tous les pays, villes et lieux ressortissant à son gouvernement et son obédience (), en raison des bienfaits apportés (), après consultation du bailli (Schout), et des bourgmestres et échevins de Leyde. Le , Van Hout prêta serment dans les mains d'un conseil ordinaire de la Cour de Hollande. Il semble pourtant qu'il n'ait pas été très actif en tant que notaire, après 1573.
Le , il composa un poème de circonstance à l'occasion de la démolition du château à UtrechtVan der Aa 1313. À partir de cette même année, il eut l'imprimerie de la ville sous son administration et, encore en 1577 fut apposé sur la façade de l'hôtel de ville de Leyde, de sa plume, un chronogramme commémoratif du second siège et de la délivrance de Leyde (1573-1574), dans lequel il emploie des trochées et des ïambes en alternance ; c'est dans l'espace public que ce poème, exemple précoce en littérature néerlandaise de ces schèmes métriques, fit fonction de manifeste de la littérature nouvelle et humanisteBostoen 15-17.
Jan van der Does était son meilleur ami, tandis que Bertius et Spieghel comptaient parmi ses intimes, comme aussi Canter Dirk et Joh. Bollius. Le de Van Hout rend témoignage de ses amitiés : entre le et le , en total 25 personnes avaient écrit une dédicace dans ce . Il s'agit d'une compagnie d'éminents, dont Dousa, Lipsius, Plantin et des étudiants et professeurs de l'université tels que Theodorus Leeuwius, Victor Giselinus, Janus Lernutius, Jan de Groot (le père de Hugo) et Georgius Benedicti Wertelo, ou encore le secrétaire des États de Hollande Coenraet de Rechtere, ainsi que Coornhert et les poètes Jeronimus van der Voort et Roemer VisscherKoppenol 134, qui forment un cercle d'amis dominé par des humanistes et de futurs remontrants.
S'il envisagea, en 1583, d'accepter le secrétariat de l'Intendance des Eaux, des Digues et des Polders () du Rijnland, rapportant 600 florins ainsi que des émoluments considérables, la ville réussit à le retenir en fixant son salaire à 500 florins.
Il était secrétaire des curateurs de l'Université de Leyde depuis sa fondation. Ce n'est pourtant qu'en 1586, et tout en rencontrant une certaine opposition de Paulus Buys, qu'il fut nommé officiellement en tant que tel, avec un salaire de 24 florins et 200 florins en rémunération des services qu'il avait rendus gratuitement jusqu'en 1586. À plusieurs reprises, Leyde l'envoya en mission en tant que représentant des intérêts de la ville, comme en , avec Van der Werff, à Utrecht dans le but de retenir Leicester pour qu'il ne transférât pas l'université à cette ville. Les notes que Van Hout aurait prises lors de ces missions n'ont pas été retrouvées à ce jour. Le , il fut nommé secrétaire à vie du , percevant un salaire de 900 florins auxquels s'ajoutaient plusieurs dispensions. Son (Ordonnances et enseignements) concernant le poste de secrétaire, de 1592, montre avec quel soin et quel savoir il a rempli sa fonction.
Il fut également secrétaire du tribunal () de Leyde, bien que temporairement ; sans doute de 1593 à 1596.
Comme il payait tous les frais de sa poche, la ville lui céda toute l'imprimerie, à l'exception des presses, en 1597. En dépit de ses grands mérites et de sa force de travail, il eut des ennemis. C'est en 1596 qu'il en aurait été accusé par le gouvernement de la ville d'avoir accompli son travail de façon insatisfaisante (« »). Il répondit par une apologie qui n'a pas encore été retrouvée. Quelques années auparavant, il avait intenté un procès pour injures contre Dirk van Egmond, qui l'avait accusé d'avoir falsifié un acte. Le procès est toujours resté pendant à la Cour, mais il est assez bien établi que Van Hout avait agi en toute bonne foi et que Paulus Buys avait voulu l'embarrasser.
En 1598, des députés de Hollande et de Frise occidentale invoquèrent son aide pour établir un taux général de réduction à l'égard des « seize sous » (un taux d'intérêt d'un seizième à payer sur un prêt) de sorte que ceux-ci puisassent être employés partout (). Il l'a réalisé en collaboration avec Symon van Merwen, Ludolff van Coelen, Mathijs Mintens et Jan Dou. Van Hout a également sauvé de la destruction, copié et dépouillé les chartes des archives, datant de 1306 jusqu'à son temps, comme d'ailleurs les archives de différents monastères fermés et de fondations suppriméesPrinsen 610.
Van Hout était un excellent père de famille. Son cousin, le futur bourgmestre Jan Orlers, lui devait toute son éducation ; tout aussi important étaient les soins dont il entourait ses parents et, surtout, ses petits-enfants. Son économie et ses multiples activités faisaient de lui un citoyen aisé. À sa mort, il possédait, à Leyde, huit maisons d'une valeur de florins, des terres et des vergers avec des maisons attenantes, etc. Van Hout vécut dans la (aujourd'hui ), puis, en 1596, au et à la fin de sa vie, après la mort de sa femme, dans une petite maison de la Nonnensteeg. Il fut enterré dans son tombeau de famille dans l'église Saint-Pierre dans le déambulatoire extérieur au nord.
Son portrait a été gravé par W. Swanenburg en 1608. Sa devise, avec un jeu de mots sur son nom, était « » (« Persistons et prenons le dessus »).
Le rhétoricien et auteur thumb|right|Monument commémoratif à Leyde, en honneur de la délivrance de Leyde en 1574, érigé en 1924 et représentant le prince Guillaume d'Orange, Louis de Boisot, Jan van der Does et Jan van Hout
À la défense des pauvres Sans doute, il est l'auteur ou le créateur d'un rapport très important, de 1577, sur l'assistance aux pauvres, émis par le de Leyde. Ce rapport part du principe que cette assistance, dans son ensemble, devait se placer sous la supervision et la gestion de l'administration municipale, sous une administration unique ; lorsque le financement, puisé dans d'anciens fonds et légats, s'aurait avéré insuffisant, ceux-ci devraient être nourris par une taxe municipale. Les démunis pouvaient solliciter de l'aide en échange de services rendus sous forme de labeur. D'une tendance semblable à défendre les droits des pauvres et des opprimés témoigne sa Déduction contre la dîme sur les fruits de la terre élevés par les jardiniers potager (), de 1603. Les deux travaux illustrent bien son action contre l'influence exercée par les ministres en matière d'administration et d'ordre social. Chrétien pieux et croyant, il a été un précurseur des remontrants et fournit à Coornhert la matière de quelques discours de ce dernier. Des catholiques, il parle généralement avec un dédain teinté de bonhomie. Là où il croyait voir leurs défauts, il savait se moquer impitoyablement d'eux, un peu dans le ton de Marnix, comme en donne la preuve la dédicace de sa traduction de Franciscanus de George Buchanan. Parmi ses meilleurs amis, il y en avait qui n'avaient jamais officiellement rompu avec l'Église catholique romaine.
Concours rhétoriques et fêtes publiques Van Hout consacrait ses efforts également à l'organisation des festivals et des spectacles urbains ; ainsi, il était le principal responsable du grand concours annoncé pour par la chambre de rhétorique de Leyde. À cette occasion, il fit plusieurs poèmes, ainsi qu'une pièce de théâtre d'environ un millier de vers qui fut aussi jouée au profit de l'hospice Sainte-Cathérine : . Cette pièce comprend des passages humoristiques et assez réalistes. À ce concours fut liée une loterie qui rendit possible le financement de la mise en œuvre partielle des plans du rapport sur l'assistance aux pauvres. En outre, il participa à l'inauguration de l'université, aux célébrations après la défaite de l'Armada et au cortège triomphal du prince Maurice après la prise de Groningue.
L'homme savant Dans le domaine scientifique se révèle en lui le mouvement résumé dans les mots Renaissance et humanisme. En latin et en grec, il devait avoir suffisamment d'expérience pour pouvoir compter parmi ses intimes - dans d'agréables relations amicales - des poètes et des hommes savants immergés dans le monde classique. Ce n'est que dans le domaine de l'histoire qu'il a pu accomplir un ouvrage original et de caractère indépendant : il a commencé à compiler un livre de chartes concernant Leyde () qui exprime parfaitement l'esprit scientifique moderne. Cet ouvrage comprend aussi des louanges sur des évènements historiques, tels que la délivrance de Leyde () et la libération de Leyde des vicomtes (). Il étudia les mathématiques, l'astronomie et la linguistique comme passe-temps. Peut-être a-t-il collaboré à la publication de Merula et Castricomius de la Paraphrase sur le Cantique des Cantiques de Willeram.
Poète et dramaturge