Les émaux à lustre métallique sont un type de glaçure à irisations obtenue en appliquant un émail contenant des particules métalliques sur un objet en verre mais surtout en céramique déjà vitrifié. Les effets subtils de lustre sont créés par la lumière reflétée par les particules métalliques en suspension dans l'émail. La cuisson de ces émaux est réalisée à une température inférieure à la cuisson initiale, dans un four à moufle, en atmosphère réductrice.
Historique
Les glaçures à irisations apparaissent en MésopotamiePeut-être par transposition en céramique d'un produit déjà existant dans le verre : pour le verre lustré, voir S. Carboni, Glass of the sultans, [exposition Corning, New York, Athènes, 2001-2002] New York, Metropolitan museum of art, 2001. Deux datés 772-773 et 779 ont été retrouvés dans les fouilles de Scanlon à Fustat. dès le avant de se diffuser en Perse et en Syrie. Elles font partie des innovations marquantes apportées par les potiers islamiques.
Ces techniques furent introduites en Europe par les potiers hispano-mauresques d'Al-Andalus en même temps que la technique de la faïence. Introduite en Italie au , cette dernière prit le nom de majolique (Majolique par la suite désigne une faïence). Les émaux à lustre métallique furent employés en 1518, sous l'appellation de lustro, par Giorgio Andreoli, devenu citoyen de Gubbio en 1498. Ses réalisations se caractérisent par d'exceptionnels effets d'or et de carmin.
Après une éclipse aux , due au succès de la faïence de Delft et de la porcelaine, le lustre métallique revient à la mode au cours du avec l'engouement du public pour les grès. Des céramistes comme Alphonse Cytère, Clément Massier, associé au peintre Lucien Lévy-Dhurmer, acquièrent une grande renommée dans la maîtrise des reflets irisés. Au , elle a été utilisée par de nombreux céramistes dont le britannique Simon Wildsmith.
Techniques et procédés
Les émaux à lustre primitifs étaient un mélange de sels d'argent ou de cuivre broyés et mêlés à de l'argile fine additionnée de vinaigre. Cette solution, étendue sur une surface préalablement glaçurée, cuisait entre 720 et . L'atmosphère réductrice de la cuisson conservait les particules brillantes du métal, alors qu'une cuisson oxydante les aurait rendues mates. La fine couche d'argile qui avait servi de véhicule à la poudre métallique était retirée en fin de cuisson par un simple polissage des pièces. thumb|300px |Plat du milieu du . Faïence hispano-mauresque stannifère de grand feu à lustre métallique, probablement de Reus en Catalogne, diamètre d'environ . Musée des beaux-arts de Lyon.thumb|300px|Idem, détail sur le lustre à reflets métalliques.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Doc. sur : Atelier Alain Valtat Damien Parmentier, « L'atelier des grès flammés. Rambervillers », in Vosges, art de vivre et création, Paris, Éditions du Chêne, 2014, .
Articles connexes Glaçure Émaux cristallins Émail de grès Musée international de la céramique de Faenza
Liens externes
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