Coopération et Fraternité (; , Shituf VeAhva) était un parti politique israélien.

Contexte

Au moment de la naissance d’Israël a lieu le nettoyage ethnique de la Palestine ou Nakba, où 90 % des Arabes du futur État d’Israël sont expulsés ou fuient. Après la fin de la guerre, les Palestiniens vivant en Israël sont soumis à la loi martiale israélienne, qui prend fin en novembre 1966.

Bien que les Palestiniens d’Israël aient le droit de vote, le Mapaï, parti dominant en Israël, mettait en place à leur destination des listes qui lui étaient affiliées, dites listes satellites (qualifiées de clientélistes par Alain DieckoffAlain Dieckhoff, « La maturation politique d'une minorité ethnique : le cas des Arabes en Israël », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 1993, 68-69, 100.De plus, certains opinions politiques (nassérisme, nationalisme arabe) étaient interdites. Jusqu’à la fin du régime militaire, les partis sionistes ou les listes satellites recueillaient 70 % du vote arabeDieckoff, , 102.. Ainsi, il y avait un choix pour les électeurs, et le parti sioniste dominant récoltait tous les sièges. Il n’y eut pas de parti arabe avant les années 1960, et ceux qui naquirent à ce moment-là eurent tous une brève existenceBen Mendales, « A house of cards: the Arab satellite lists in Israel, 1949-77 », Israel Affairs, juin 2018, Vol. 24, 3. ou ne purent se présenter aux élections.

Histoire Coopération et Fraternité était une organisation arabe israélienne fondée afin de participer aux élections législatives de 1959. À l'instar d'autres partis arabes à cette époque, il était associé avec le Mapaï de David Ben Gourion, ce dernier tenant à inclure les Arabes israéliens dans la vie politique afin de prouver la coexistence pacifique et productive des Juifs et des Arabes.

Lors des élections, le parti recueillit 1,1 % des suffrages et deux sièges, occupés par Labib Hussein Abu Rokan et Yussef Diab. En raison de son association avec le Mapaï, le parti fit partie de la coalition gouvernementale.

En 1961, le parti accrut son score lors des élections législatives à 1,9 % des suffrages, dépassant à cette occasion le parti Progrès et Développement comme parti arabe israélien le plus confortablement élu à la Knesset. En dépit de l'augmentation des votes en sa faveur, le parti n'obtint que 2 sièges, et fit partie des trois coalitions gouvernementales durant la cinquième session de la Knesset. Labib Hussein Abu Rokan et Yussef Diab furent remplacés à la Knesset, et les deux sièges furent occupés par Jabr Muadi (ancien représentant à la Knesset de la Liste démocratique pour les Arabes israéliens) et Diyab Obeid.

Lors des élections suivantes en 1965, le parti perdit des voix en atteignant juste 1,3 % des suffrages, bien qu'il conserva ses deux sièges et fit partie une fois encore de la coalition gouvernementale. Le , le parti fusionna avec Progrès et Développement afin de former Coopération et Développement, union qui éclata 6 mois après le . Le , Jabr Muadi quitta le parti pour former le Parti druze, bien qu'il ait été élu lors de l'élection suivante sur la liste de Progrès et Développement.

En 1969, le parti conserva ses deux sièges à la Knesset lors des élections législatives, avec un petit accroissement des suffrages en leur faveur à 1,4 %. Elias Nakhleh (qui avait quitté Progrès et Développement après l'éclatement de Coopération et Développement pour former la Fraternité judéo-arabe) prit le second siège, et le parti participa à la coalition gouvernementale.

Avec 0,6 % des suffrages lors des élections législatives de 1973, le parti échoua à dépasser le seuil électoral requis et, en conséquence, disparut.

Références

Liens externes Coopération et Développement sur le site de la Knesset.

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