Le réseau autoroutier français est un réseau routier composé de au début de l'année 2016, comprenant de voies concédées, dont de ponts et tunnels à péageASFA, Publications, Chiffres clés, site www.autoroutes.fr et, début 2012, de voies non concédées, voies express à inclusesMinistère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, Chiffres clés du transport, novembre 2013, site du ministère.., soit un total d'au moins en 2014Le réseau autoroutier, site Franceautoroutes.free (supprimer le second point avant fr dans l'URL pour l'ouvrir)ASFA, Carte du réseau autoroutier concédé, janvier 2017, site www.autoroutes.fr..

La France dispose ainsi à la fin de la première décennie du d'un réseau autoroutier payant et gratuit. Ce réseau s'étire à travers toute la partie métropolitaine du pays, à l'exception de la Corse, d'une grande partie de la Bretagne et de plusieurs départements ruraux dans d'autres régions. Sur le territoire ultramarin, il existe une seule autoroute, située en Martinique.

Quelque 75,5 % du réseau autoroutier français est exploité sous le régime de la concession : l'État confie à une société concessionnaire le soin de construire, d'entretenir et d'exploiter certaines autoroutes, moyennant la perception d'un péage auprès des usagersLa Documentation française - Présentation du Rapport d'information déposé par la Commission des Finances, de l'Économie générale et du Plan sur la valorisation du patrimoine autoroutier (juin 2005).. Ces concessions sont attribuées à une vingtaine d'entreprises, appartenant principalement aux groupes Eiffage, Vinci et Abertis.

Qu'elles soient concédées ou non, les autoroutes françaises relèvent toutes du réseau routier de l'État.

Définition et statut juridique et réglementaire Les dispositions juridiques relatives aux autoroutes se trouvent dans le code de la voirie routière.

L'article définit les autoroutes comme suit : . Il trouve son origine dans l' de la loi du , modifiée par le décret du . Aux termes de l'article L. 121-1 les autoroutes font partie du domaine public routier national, et, aux termes de l'article L. 122-2, les propriétés riveraines des autoroutes n'ont pas d'accès direct à celles-ci.

Cette définition est compatible avec les définitions contenues dans des traités engageant la France, comme la Convention de Vienne, ou la route européenne.

Les autoroutes, comme les routes nationales, font partie des voies du domaine public routier nationalArticle L123-1 du Code de la voirie routière (Créé par Loi 89-413 1989-06-22 jorf 24 juin 1989).

Mais les portions d'autoroutes dont le maintien dans la voirie nationale ne se justifie plus en raison de l'ouverture d'une voie nouvelle ou du changement de tracé d'une voie existante, peuvent être classées dans le domaine public routier départemental ou communalArticle L122-5 de la voirie publique Créé par Loi 89-413 1989-06-22 jorf 24 juin 1989.

Depuis 2004, d'après la loi, le domaine public routier national est constitué d'un réseau cohérent d'autoroutes et de routes d'intérêt national ou européenArticle L121-1 du Code de la voirie routière ( Modifié par Loi du 13 août 2004 - art. 18 (V) JORF 17 août 2004).

L'article L. 122-4 énonce que mais prévoit l'institution de péages et la possibilité pour l'État de déléguer ses missions de service public autoroutier.

Certaines normes utilisent des classifications plus fines des autoroutes. Par exemple l'ICTAAL établit une distinction entre une autoroute urbaine et une autoroute interurbaine, ou aussi entre une autoroute de plaine (L1) pouvant permettre des vitesses de et une autoroute sur d'autres reliefs (par exemple L2) pouvant nécessiter des vitesses maximales inférieuresICTAAL INSTRUCTION SUR LES CONDITIONS TECHNIQUES D’AMÉNAGEMENT DES AUTOROUTES DE LIAISON CIRCULAIRE DU 12 DÉCEMBRE 2000 dtrf.setra.fr/pdf/pj/Dtrf/0002/Dtrf-0002540/DT2540.pdf?openerPage=notice. Mais «En pratique, l’objet technique autoroute — l’objet du présent guide — n’a pas forcément le statut d’autoroute, dans l’acception du code de la voirie routière (art. L122 et R122), et réciproquement.»

Juridiquement, les routes express n'ont pas le même statut que les autoroutes. Mais certaines caractéristiques : , terre plein central, voies d'accès peuvent parfois conduire à rendre la distinction non évidente. Quatre panneaux différents indiquent le début ou la fin d'une autoroute ou d'une route express.

Histoire du réseau autoroutier français Une première étude pour une autoroute envisagée par l'urbaniste Henri Prost, à l'ouest de Paris, est réalisée dès 1927 et déclarée d'utilité publique en 1935 mais, à cause de la Seconde Guerre mondiale, la première autoroute de France ne sera ouverte que le entre Saint-Cloud et Orgeval (Yvelines), soit une vingtaine de kilomètresVoir : Inforoute.com pour cette section historique..

L'autoroute A1

Toutefois, l'enquête publique réalisée en 1936

Des études ultérieures aboutissent à l'élaboration d'un projet encore plus ambitieux visant à la desserte de la capitale par le nord, l'est et l'ouestUne partie de l'actuelle A3 en reprend le tracé., plans qui font l'objet de diverses extensions et modifications en 1942 et 1943 sans connaître de concrétisation compte tenu de la guerre - l'occupant allemand mettant en place en 1942 un Service spécial de l'autoroute Paris-Lille.

Développements du réseau autoroutier dans l'après-guerre

C'est au cours de cette seconde moitié des années 1950 que le réseau autoroutier français connaîtra son véritable essor, avec la mise en place d'un cadre législatif et institutionnel.

Le voit en effet l'adoption de la loi 55-435 « portant statut des autoroutes ». L'État n'ayant pas les moyens de développer à lui seul le réseau autoroutier, la loi introduit le régime de la concession et permet le recours au péage comme moyen de financement des tronçons concédés. Plusieurs conditions sont dès lors imposées pour garantir le vote de la loi : instauration temporaire du péage et, exceptionnellement, de concessions, interdiction du péage en milieu urbain.

La première société d'autoroutes est fondée dès l'année suivante : il s'agit de la société Autoroutes Esterel-Côte d'Azur (ESCOTA), chargée de la réalisation de l'autoroute A8. Cette autoroute inaugure le premier péage autoroutier en France. Les années qui suivent verront apparaître d'autres sociétés autoroutières (Société de l’Autoroute Paris – Lyon (SAPL), qui deviendra la société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, en 1961, etc.).

En 1957, l'Association mondiale de la route donne une définition internationale de l'autoroute qui sera ensuite adoptée lors d'une réunion des ministres de la Conférence européenne des ministres des Transports, les caractéristiques techniques devenant alors communes à toute l'EuropeDès 1923, l'ingénieur italien Piero Puricelli avait ébauché le schéma de l'autoroute moderne par ses travaux et, en 1924, fut à l'origine de la première autoroute ouverte le 21 septembre entre Milan et Varèse. En 1926, la « Charte de Milan » donnait une première définition officielle de l'autoroute..

En 1960, un premier plan directeur routier - le « plan directeur d’aménagement du réseau routier » - est élaboré, qui prévoit le tracé de d’autoroutes dont à réaliser avant 1975, de routes nationales importantes dont de premier ordre, de second ordre et de troisième ordre.

Grandes étapes de l'histoire du réseau autoroutier français vignette|L'autoroute A8, près de Gorbio, au-dessus de Menton (06).|alt=au-dessus de Menton (Alpes-Maritimes).

Pressenti dès les années 1940, élaboré et doté d'un cadre juridique durant les années 1950, le développement du réseau autoroutier français a véritablement débuté avec les années 1960.

En , une première section de l'autoroute A2 qui, adossée à l'A1, doit rejoindre la frontière belge est déclarée d'« utilité publique ». Le projet de l'A3, qui remonte au début des mais qui n'avait pas connu de concrétisation, pour des raisons budgétaires, vu la priorité accordée alors à la reconstruction, est repris et complété à la fin des années 1950 pour faire face au développement important de l'urbanisation en banlieue Est de Paris. En 1968, le Service d'Études Techniques des Routes et Autoroutes (SETRA) est fondé pour l'application des règlements techniques autoroutiers. Le réseau s'étire alors sur . 1982 - Le nom de l'autoroute est désormais précédée d'un « A », l'utilisation d'autres lettres étant supprimée. Au , le réseau autoroutier national comprenait d’autoroutes dont d’autoroutes concédées. Le voit l'inauguration du Viaduc de Millau, situé sur l’autoroute A75 et franchissant la vallée du Tarn dans l'Aveyron.

Enjeux actuels De 1955 à 2003, le péage a permis de financer d'autoroutes, soit environ 80 % du réseau total..

Consistance du réseau

Le réseau autoroutier français est une partie du réseau national, constitué en 2020 de d'autoroutes, réparties en 143 dénominations, dont sont concédés de bout en bout, environ (221,298 + 370,830) sont partiellement concédés et sont non concédés de bout en bout. En ajoutant les de bretelles d'autoroutes, le réseau totalise .

+Classification du réseau routier national en 2020. Classes fonctionnelles des sections du réseau routier national. Longueur bretelles (mètres) Longueur (mètres) Ratio (%) Autoroute 28,2

Politiques des pouvoirs publics Tout au long du développement du réseau autoroutier français, les pouvoirs publics ont eu le souci de définir un cadre législatif, de mettre en place les organes institutionnels de contrôle et de gestion veillant notamment à l'application de ce cadre législatif et a élaboré des programmes de constructions cohérents et viables, notamment sur les plans techniques et financiers.

L'intervention des pouvoirs publics a également porté sur des thématiques plus globales comme la sécurité routière, l'organisation du transport des biens et des personnes, la protection de l'environnement - la « gouvernance environnementale » - et le développement durableVoir : Vie publique:La politique de la route et de sécurité routière jusqu’en 2005 pour cette section..

Cadre législatif L'adoption de la loi du « portant statut des autoroutes » fut véritablement l'acte législatif fondateur du réseau autoroutier français, organisant notamment le mode de financement de son développement. Elle fut suivie d'autres lois, décrets et règlements adaptant celui-ci aux réalités et contraintes économiques et budgétaires ou intégrant la politique autoroutière française à la politique commune européenne.

Plans directeurs Dans la foulée du plan directeur d’aménagement du réseau routier, le Premier ministre Georges Pompidou fixe comme priorité absolue à la politique routière la construction d’une autoroute reliant Lille, Paris et Marseille en 1963 mais la France ne possède encore que d'autoroutes en 1967. Ce premier plan sera suivi d'autres : « Schéma directeur des grandes liaisons routières » en 1971, « schéma d'aménagement à long terme du réseau national » en 1978Sénat français : Rapport de la Commission sur les choix stratégiques concernant les infrastructures de communication, Troisième partie : Achevons et maintenons un réseau autoroutier de qualité dans une perspective d'aménagement du territoire (juin 1998).Voir aussi : Vie publique:La politique de la route et de sécurité routière jusqu’en 2005..

- La « loi d'orientation des transports intérieurs » (LOTI) introduit le principe des « schémas directeurs routiers nationaux ». Elle prévoit que les schémas soient - Annonce par Pierre Méhaignerie, ministre de l’Équipement, du Logement, des Transports et de l’Aménagement du Territoire, de la mise en chantier, en 1987, de d’autoroutes (contre en 1983, 115 en 1985, 106 en 1986 et une progression annuelle de 100 à dans le cadre du neuvième Plan).