vignette|Parcs à moules à Bouzigues (étang de Thau). vignette|Bateaux à fonds plats permettant la récolte d’huîtres en eaux profondes dans le Morbihan en Bretagne.

La conchyliculture est l'élevage de coquillages, qui est lui-même une forme d'aquaculture.

Conchyliculture est issu du latin concha, lui-même issu du grec ancien κόγχη, kógkhê, signifiant « conque », « coquillage », et se prononce [kɔ̃.ki.li.kyl.tyʁ], bien que parfois le « -chy- » soit prononcé [ʃi] au lieu de [ki] en français.

La conchyliculture est plus particulièrement présente en France, au Canada, au Brésil et au Portugal.

Étymologiquement la conchyliculture concerne l'élevage des mollusques conchifères (soit les coquillages en général), mais en réalité ce nom recouvre principalement l'élevage de mollusques marins, avec : l'ostréiculture (élevage des huîtres) ; la mytiliculture (élevage des moules) ; la vénériculture (élevage des palourdes) ; la cérastoculture (élevage des coques) ; la pectiniculture (élevage des coquilles Saint-Jacques et autres pectinidés) ; l’halioticulture (élevage des ormeaux).

Historique Des mollusques à coquilles sont mangés par les Hommes depuis la préhistoire. Les amas coquilliers (accumulation de coquilles de mollusques) constitués des restes des repas successifs des habitants sur certains sites, parfois sur de très longues périodes, présentent d'ailleurs un grand intérêt en archéologie.

La discipline scientifique qui se consacre à l'étude archéologique des mollusques et de leurs rapports avec l'Homme est l'archéomalacologie.

Les Grecs se servaient des coquilles d'huîtres pour voter et les Romains appréciaient les huîtreshttp://www.pays-royannais-patrimoine.com/themes/paysages/sous-la-lumiere-des-phares-nouvelles-escales-en-pays-royannais/mornac-sur-seudre/l-huitre-dans-l-antiquite Musée du patrimoine du pays royannais. Les coquillages cueillis étaient issus des gisements naturels. Les premiers parcs à huîtres sont construits au .

Les productions nationales Brésil La région sud est la région la plus développée pour la production d'huîtres et de moules, et notamment l'État de Santa Catarina avec de moules et d'huîtres. En seconde position pour les moules, l'État d'Espírito Santo () et celui du Paraná pour les huîtres ().

Capacité : ostréicole : http://www.ubifrance.fr/secteur/fiche.asp?secteur=52&cleautonomy=2282423 La pêche, l'aquaculture et la conchyliculture au Brésil mytilicole :

France La France est le premier pays conchylicole en Europe (avec 84 100 tonnes en 2010, la France produit les 3/4 des huîtres européennes et est, avec près de 74 000 tonnes, le second producteur de moules en Europe derrière l’Espagne). Pour exercer sur le domaine public, il faut obtenir une concession auprès des autorités. En 2007, il existait Ministère de la Pêche concessions sur le domaine public maritime qui occupent une superficie de soit et de lignes de bouchots. D'autre part sont utilisés sur domaine privé. Plus de personnes dont à temps plein travaillent sur les exploitations conchylicoles.

En volume, comme en témoignent les données du Comité national de la conchyliculture (organisme interprofessionnel régi par la loi du ), la première région en termes de production est la Nouvelle-Aquitaine, avec une forte dominante dans la production d'huîtres du fait de la présence de deux bassins ostréicoles importants : celui de Marennes-Oléron et celui du bassin d'Arcachon. Les statistiques publiées en 2011-2012 indiquent ainsi une production de de coquillages (dont d'huîtres) pour l'ex-région Poitou-Charentes et pour l'ex-région Aquitaine. Vient ensuite la Bretagne avec de coquillages produitsLa production française, statistiques 2011-2012 du comité national de la conchyliculture.

La France exporte plus d'huîtres qu'elle n'en importe. En revanche, les importations de moules dépassent très largement les exportations.

Les ventes de la conchyliculture s’élevent, en 2010-2011 à 491 millions d’euros. Les principaux secteurs d’activité sont l'ostréiculture (production d'huîtres) et la mytiliculture (production de moules).

En 2010-2011, l'activité concerne 2 967 entreprises qui emploient 9 215 équivalent temps plein.

Canada La conchyliculture est une activité relativement récente au Canada, plus ancienne sur la côte ouest.

Elle produit surtout des moules et des huîtres, et aussi des myes (palourdes) et des pétoncleshttp://www.dfo-mpo.gc.ca/aquaculture/shellfish-mollusques-fra.htm Page de Pêches et Océans Canada sur l'aquaculture marine.

Sur la côte pacifique, en Colombie-Britannique, la palourde (Venerupis ou Ruditapes philippinarum), l'huître pacifique, les moules et la coquille Saint-Jacques japonaise (Patinopecten yessoensis) forment les bases de la conchylicultureAtlas d'aquaculture du Canada.

Sur la côte atlantique, on trouve des moules, des huîtres de Virgine (Crassostrea virginica), des pétoncles (Placopecten magellanicus). La province où la conchyliculture est la plus développée est l'Île-du-Prince-Édouardhttp://www.aquaculturepei.com/ Site de l'Association professionnelle à l'Île-du-Prince-Édouard.

L'écologie des zones conchylicoles

Les eaux côtières abritent souvent naturellement des palourdes, des moules, des pétoncles et des huîtres propres à la consommation humaine. La pêche de ces mollusques sauvages ou ceux de culture peut être pourtant interdite à l'intérieur de vastes secteurs de la côte pour causes d'une contamination par les eaux usées ou des concentrations nocives d'algues toxiques, de toxines et d'agents pathogènes, d'origine naturelle ou humaine.

Les coquillages et leurs habitats sont d'excellents indicateurs de l'état de santé bactériologique de l'environnement marin. Les coliformes fécaux indiquent par exemple la présence dans l'eau de matières fécales et d'organismes qui peuvent être pathogènes. La sévérité des normes se justifie car, étant donné que les mollusques bivalves se nourrissent par filtration, ils concentrent dans leur chair des bactéries, des virus et des toxines qui peuvent être mortelles pour l'homme.

Une revue de littérature sur les interactions entre la conchyliculture et l’environnement a été publiée en 2010.

Puits à carbone ?

L’élevage de coquillages ne contribue pas à la lutte contre le réchauffement climatique : c’est au contraire une activité émettrice de CO2, souligne une étude allant à l’encontre d’une contre-vérité largement répandue dans la littérature scientifique. « Une fake news, ça se diffuse beaucoup plus vite qu’une vérité. C’est ça qu’on a voulu démystifier », déclare Fabrice Pernet, chercheur en écologie des organismes marins à l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), principal auteur de l’article publié dans la revue Reviews in Aquaculture.

Une étude chinoise, publiée en 2011 dans une revue d’écologie marine, et citée plus de 200 fois depuis, a propagé cette idée. Depuis lors, 28 articles scientifiques, sur les 51 examinés par Fabrice Pernet et ses coauteurs, ont repris ce raisonnement. En , le Conseil consultatif de l’aquaculture a même recommandé à la Commission européenne d’étudier un mécanisme de paiement de crédits carbone pour la séquestration de CO2 par les coquilles. « C’est totalement faux, ce n’est absolument pas du CO2 qui est utilisé » pour fabriquer les coquilles, mais du bicarbonate provenant de l’érosion des roches, souligne le chercheur. Loin de stocker du CO2, la calcification, à l’origine de la fabrication de la coquille, en libère dans l’eau et réduit ainsi la capacité de l’océan à absorber celui qui est présent dans l’atmosphère.

L’étude souligne néanmoins que la conchyliculture rend de nombreux services écologiques (clarification de l’eau de mer, régulation de l’azote et du phosphore…) et reste « la manière de produire des protéines animales la moins intensive en carbone ». Pour réduire les émissions de CO2 de la conchyliculture, les auteurs recommandent ainsi de remettre les déchets de coquilles consommées dans la mer, où elles vont se dissoudre et piéger du CO2, ou bien de cultiver des algues à côté des coquillages.

Réglementation et organisation des contrôles alimentaires et zoosanitaires des coquillages en France En France ces formes d'élevages sont maintenant cadrées dans chaque région par un Schéma régional de développement de l'aquacultureExemple : Mise à disposition du public du projet de schéma régional de développement de l’aquaculture marine du Nord – Pas-de-Calais, 11 décembre 2012

L'organisation interprofessionnelle des pêches maritimes et des élevages marins et de la conchyliculture : elle est en France, depuis 1991 cadrée par la loiLoi du 2 mai 1991 comme toutes les activités qui ont lieu dans le domaine public maritime, notamment pour éviter ou résoudre les conflits d'usage et les éventuels problèmes sanitaires ou de sécurité maritime. - La « commission des cultures marines » : elle a été instaurée en 1983Article 3 du décret de 22 mars 1983 modifié ; sous la présidence du Préfet, elle fixe le régime de l'autorisation des exploitations de cultures marines, avec l'avis de divers représentants de services de l’État et d'institutions compétentes dans le domaine maritime (Ifremer) et de collectivités (régions, départements) et des représentants légaux des professionnels (conchyliculteurs). Elle produit ou valide des « Schémas de structure » et donne aussi des avis sur le balisage des concessions. Un arrêtéArrêté ministériel du 26 octobre 1983 modifié porte sur l'étendue des circonscriptions des commissions des cultures marines, les modes de désignation des professionnels et les conditions de fonctionnement de ces commissions. Les concessions concernent l'élevage, mais aussi le captage-élevage, sur des filières sub-surface, composées d'aussières comportant chacune au plus 99 descentes (mesurant jusqu'à chacune), généralement espacées de

Les « concessions » : chaque concession peut comprendre plusieurs filières d'une centaine de mètres. Le préfet fixe une densité maximale d'exploitation pour les concessions, lesquelles sont situées dans des « lotissements »La notion de lotissement est dans ce contexte définie par l'art 4 du décret du 22 mars 1983, modifié et par l'article 10 de l'arrêté du 19 oct 1983 modifié.

Ce sont l'état ou la section régionale de la conchyliculture qui proposent la création de nouveaux lotissement, avec une expérimentation préalable si la zone était vierge d'installation conchylicole.

Les organismes de contrôle Le ministère chargé de l'alimentation (ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt)-direction générale de l’Alimentation- exerce en France l’organisation des contrôles officiels sanitaires (alimentaires) et zoo-sanitaires (santé animale) des coquillages, d'élevage comme de pêche à pied professionnelle.

En cette matière, l'IFREMER apporte son concours à l'administration sur la base de l'article 4 du Décret du relatif à la création, à l'organisation et au fonctionnement de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, qui dispose :

"Pour l'exécution de ses missions, qu'il exerce en liaison avec les organismes de recherche et de développement technologique, les établissements d'enseignement supérieur et les administrations intéressées, l'institut est chargé : […] 2° D'apporter à l'Etat et aux autres personnes morales de droit public son concours pour l'exercice de leurs responsabilités, notamment pour le contrôle de la qualité des produits de la mer et du milieu marin ;".

Les questions de sécurité alimentaire sont importantes s'agissant des coquillages, qui sont souvent des animaux ayant une nutrition par filtration de l'eau de mer, propice à l'accumulation en leur sein : de micro-organismes parfois pathogènes: bactéries, comme Salmonella et E. coli, qui sont règlementées par le règlement (CE) modifié, dans les mollusques bivalves, échinodermes, tuniciers et gastéropodes ou virus, tels les norovirus responsables de gastro-entérites et non réglementés en Europe),