Les inondations du bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu en 2011 sont d'importantes montées des eaux survenues de la fin d'avril à la fin de , consécutives à la crue de la rivière Richelieu au Canada et au débordement du lac Champlain aux États-Unis. Du côté canadien, ces inondations touchent environ en Montérégie au Québec. Aux États-Unis, sept comtés du Nord du Vermont subissent des dommages estimés à près des rives du lac Champlain... Des dommages similaires sont constatés du côté de l'État de New York.

Au Québec, les principales villes touchées par l'inondation sont Venise-en-Québec, Noyan, Saint-Jean-sur-Richelieu, Henryville, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix et Sainte-Anne-de-Sabrevois.. Les Forces armées canadiennes sont demandées le pour aider l'évacuation des résidents et établir des digues pour tenter de protéger les zones les plus à risque. Le Service météorologique du Canada a mis cet événement dans son palmarès des phénomènes météorologiques les plus importants à frapper ce pays en 2011, juste après les inondations dans l'Ouest canadien et le feu de forêt qui ravagea la communauté de Slave Lake en Alberta..

Situation météorologique thumb|left|Niveau à l'embouchure du lac Champlain à Rouse Point, Vermont. Le niveau dépassa le niveau historique de 1869, la ligne à (environ ). Durant l'hiver 2010-2011, il tomba d'importantes quantités de neige sur la région des Appalaches, dont les montagnes vertes et les Adirondacks, en particulier en fin de saison.. Par exemple, il tomba jusqu'à de neige le sur la région de l'Estrie et le Nord du Vermont.. À la mi-avril, une tempête déversa près de de neige sur les sommets du Vermont en seulement quelques jours. Le Service météorologique du Canada estima que la région des Adirondacks reçut le double de quantité de précipitations (neige et pluie) que la normale au mois d'avril. Des stations de ski au Vermont étaient encore ouvertes au début mai, dont celle de Jay Peak qui reçut à son sommet plus de de neige, soit près de 15 % de plus qu'à l'habitude. Comme la température avait grimpé au-dessus des à la mi-avril, le couvert nival se mit à fondre.

En même temps, l'atmosphère de l'Est de l'Amérique du Nord entra dans une circulation stable en altitude avec des dépressions froides et des blocs Omega. Ceci créa des dépressions à déplacement lent passant en succession sur la région. Ces systèmes donnèrent plus de de pluie de la mi-avril à la mi-mai.. En mai seulement, la vallée du Richelieu et des berges du lac Champlain reçurent les quantités normales de précipitations et près de la frontière américaine, de pluie tombèrent au cours du mois, battant plusieurs records locaux selon Environnement Canada.. Le ruissellement de cette pluie, s'additionnant à la fonte de la neige, se retrouva dans le bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Le niveau du lac dépassa le record, datant de 1869, de () à Burlington et Rouse Point au Vermont...

La rivière Richelieu, qui reçoit déjà les apports des terres environnantes, est la seule sortie du lac. De plus, à quelques occasions, des vents du sud forts, soufflant directement dans l'axe du lac et de la rivière, provoqua l'apparition d'un effet de seiche et de vagues fouettant les rives. Le tout causa un débordement tout le long des rives, dépassant les données historiques qui datent de 150 ans.

Circonstances aggravantes

Il n'y a pas que les précipitations abondantes qui jouèrent un rôle dans la sévérité des inondations, certains facteurs aggravants sont de nature humaine. Selon une biologiste québécoise, seulement de 10 % à 15 % des rives sont restées dans leur état naturel le long de la rivière Richelieu.. Parmi ces facteurs, trois sont particulièrement importants.

En premier lieu, il existait plusieurs milieux humides le long des rives qui servaient de tampon avec la terre ferme et pouvaient absorber une quantité importante d'eau. Ces milieux furent asséchés en bonne partie pour la construction de maisons dans les zones urbaines et pour la culture dans les zones agricoles. En second lieu, beaucoup de petits ruisseaux sinueux furent redressés pour avoir plus d'espace cultivable ou d'endroits habitables. L'eau de pluie et de la fonte des neiges se retrouve maintenant plus rapidement dans le lac Champlain et la rivière Richelieu, ce qui diminue la capacité d'absorption de la terre. En troisième lieu, plusieurs municipalités ne se conforment pas aux règles sur l'aménagement de la plaine inondable et permettent la construction très près des rives, souvent pour faire augmenter la valeur foncière des maisons et percevoir plus de taxes.

Lors d'une inondation, ces modifications à l'environnement de la région augmentent la zone inondée, ainsi que le nombre et la valeur des structures touchées.

Déroulement des événements

thumb|left|upright=1.5|Photo prise d'un satellite du 8 mai 2011 qui montre la zone inondée en couleur plus foncée entre le bleu marine de la rivière Richelieu et le gris clair des champs Dès les 18 et , un redoux des températures et de fortes pluies les jours précédents gonflèrent les cours d'eau de la Montérégie, causant des inondations. Dix rivières firent l'objet d'avertissements de fortes crues et de débâcles émis par le Centre de prévention des crues du Québec (CPCQ). Parmi elles, trois étaient touchées par une alerte d'inondation, soit les rivières L'Acadie, Châteauguay et Yamaska. Les rivières réintégrèrent lentement leur cours. Ces premières inondations ne firent que peu de dégâts, surtout des inondations de sous-sols et la fermeture de quelques tronçons de routes..

Alors que le ruissellement gonflait le lac Champlain, une importante dépression passa sur le Québec le . Les vents violents du sud, alignés dans l'axe du lac, donnèrent non seulement de grosses vagues mais firent augmenter le niveau de l'eau du côté nord du lac. Cette onde de tempête causa les premières inondations et la pluie augmenta les dégâts. Les villes de Saint-Armand et de Venise-en-Québec furent particulièrement touchées.

Le niveau de la baie Missisquoi continua de grimper et le lac Champlain atteignit un niveau record en . Le , l'eau pénétrait dans plusieurs sous-sols de résidences et certaines propriétés furent encerclées par les eaux. De nombreuses maisons étant toujours inondées, la route 202 fut fermée sur plusieurs kilomètres. La situation empira avec la pluie de la semaine suivante. Le Premier ministre du Québec Jean Charest déclara le que .. À la demande du Premier ministre, quelque 650 militaires de la base de Valcartier furent déployés pour aider les milliers d'habitants tentant de limiter les dégâts..

thumb|Inondation des rives à Saint-Jean-sur-Richelieu le . L'eau atteignit le pont Gouin qui relie le centre-ville au quartier Iberville. Le pont fut interdit d'accès par mesure de précaution Le , le Richelieu atteignit un niveau de crue jamais égalé, depuis la prise de données hydrologiques, débordant ses rives. Selon le directeur de la sécurité civile de la Montérégie, environ résidences réparties dans plusieurs municipalités furent touchées le long du Richelieu et personnes furent évacuées. À plusieurs endroits, la rivière ressemblait à un lac. Du côté des États-Unis, les rives du lac Champlain furent inondées en plusieurs endroits, quatorze glissements de terrain importants furent signalés et de nombreux tronçons de route autour du lac furent inondés et endommagés. Environ furent évacuées au Vermont, en particulier dans les communautés insulaires du comté de Grand Isle.. Le gouverneur de l'État déclara l'état d'urgence, demandant l'assistance de la Garde Nationale pour aider les sinistrés.

Malgré quelques jours de beau temps, le niveau des eaux du lac et de la rivière ne descendirent que lentement quand de nouvelles pluies tombèrent sur la région. Le , les autorités craignirent que le niveau remonte au niveau du et toutes les alertes de crues furent maintenues.. Le , une série d'orages firent tomber d'importantes quantités de pluie sur le nord du lac Champlain et dès le au matin, le niveau de la rivière Richelieu repartit à la hausse. Le Premier ministre Charest visita la région le même jour et invita le ministre canadien de la Défense nationale, Peter MacKay, à augmenter le nombre de soldats dans la région, qui avait été réduit à 200, à la suite des prévisions météorologiques préoccupantes pour les jours suivants. Le directeur des communications de bureau du Premier ministre du Canada Stephen Harper l'informa que des soldats étaient prêts à intervenir rapidement en cas d'urgence.

thumb|left|Automobiles sur une portion de route au milieu d'un champ inondé près de Saint-Blaise-sur-Richelieu Le , le niveau des eaux le long de la rivière Richelieu dépassa le niveau historique du à cause de la poussée des vents du sud sur le lac Champlain.. Les autorités recommandèrent aux résidents de se tenir prêts à évacuer. Des vagues, ayant jusqu'à de hauteur, déferlèrent sur les rives du lac. La Sûreté du Québec aida des sinistrés à ajouter des sacs de sable près de leurs demeures à Venise-en-Québec la nuit précédente. À Saint-Jean-sur-Richelieu, le pont Gouin qui relie le quartier Iberville au centre-ville fut fermé à la circulation en raison de la montée des eaux. Le Premier ministre Jean Charest revisita la Montérégie pour participer à une rencontre des maires des municipalités touchées et mentionna que de nouvelles évacuations mineures avaient été ordonnées. Il contacta également le gouverneur du Vermont, Peter Shumlin, qui faisait face à la même situation avec inondées le long du lac Champlain.

Le , les vents s'étant affaiblis et ayant tournés vers le nord, le niveau commença à baisser.. L'armée canadienne rehaussa le nombre de soldats en Montérégie à 500 pour aider à dégager les routes, en particulier à Venise-en-Québec où les vagues avaient déposé des tonnes de débris..

thumb|Accumulations de pluie sur 24 heures autour du bassin versant du lac Champlain le ( = ) Le , de nouvelles pluies torrentielles sous orages s'abattirent sur la tête du lac Champlain au Vermont, ce qui gonfla les eaux du lac et força l'évacuation d’environ personnes autour du lac dans cet État.. Ces pluies étaient reliées à un système orageux qui fit tomber jusqu'à sur le lac même et jusqu'à plus de sur les montagnes Vertes, dans la section est de son bassin versant.. Les jours suivants, le temps fut plus clément, et même devint ensoleillé, mais l'écoulement du surplus accumulé dans le lac continua de maintenir le niveau de la rivière Richelieu élevé. À chaque fois que les vents tournaient au sud, les vagues et la poussée du vent empiraient la situation. Par exemple, le , des vents du sud jusqu'à balayèrent la région et tournèrent au nord-ouest durant la nuit. Le niveau des eaux dépassa de le record du dans la baie Missisquoi. Les habitants du village de Saint-Armand, situé sur sa rive est, furent évacués..

Après plusieurs jours sans pluie, ni vents importants, le niveau des eaux commença à baisser de façon significative. Le , il ne restait qu'un peu plus que la moitié des demeures inondées le long du Richelieu à être encore évacuées. Le , le niveau des eaux n'était plus que mètres et en baisse constante, de telle sorte qu'il ne restait plus que évacuées, soit environ un dixième du nombre au maximum de l'inondation. Le même jour, les unités des Forces armées canadiennes quittèrent la région, leur mission accomplie.. Le , le niveau des eaux passa sous le seuil d'inondation sur le lac Champlain et la rivière Richelieu.. Le , la Sécurité civile du Québec annonça que plus aucune résidence n'était inondée, bien que certaines restassent inhabitables.

Secours vignette|Car de reportage de la chaîne RDI de la Société Radio-Canada couvrant les événements