vignette|Le bonobo, espèce protégée, génétiquement très proche de l'être humain vignette|Lophocebus aterrimus, cercopithecidés dit Cercocèbe noir ou Mangabey noir, et plus récemment Lophocèbe noir pour le différencier des vrais cercocèbes du genre Cercocebus
Le parc national de la Salonga est un parc national de la république démocratique du Congo.
Projeté dès les années 1940 avec l'idée de créer sur une partie de la « cuvette du Congo » une réserve naturelle intégrale pour garder intacte un reliquat de la forêt équatorialeOrdonnance loi du 22 août 1969, il a finalement été créé en 1970 sur les provinces du Bandundu, de l'Équateur et du Kasaï-Occidental, principalement pour sauver le Bonobo et l'Éléphant de forêt d'Afrique. Ses de superficie en font le plus vaste parc du pays, la plus grande réserve mondiale de forêt tropicale humide en Afrique et le second parc national au monde (après le parc canadien de Wood Buffalo).
Accessible que par voie d'eau, il abrite des espèces endémiques menacées dont le paon du Congo, le chimpanzé nain ou « Bonobo », l'éléphant des forêts (Loxodonta cyclotis) et le gavial africain, aussi connu sous le nom de « faux crocodile ». Depuis 2016, le WWF est partenaire de l'ICCN (organisme chargé de la conservation des espaces naturels du Congo) pour la gestion du Parc.
En 1984 il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCODescriptif de l'UNESCO. Jusqu'en 1999, il est le seul Parc du pays non-inscrit sur la liste du patrimoine mondial en danger, étant donné sa avec les zones instables depuis des dizaines d'années de l'est du pays, qui ont secoué le pays au cours de la deuxième guerre du Congo. Il y est ajouté en 1999 puis retiré en 2021..
Situation géographique Le Parc National de la Salonga est situé au sud de l'Équateur, approximativement entre les parallèles 1° et 3° 30' sud et les méridiens 20° et 23° Est. Il est constitué de deux blocs pratiquement intacts de grande forêt ombrophile de plaine, principalement sur terrain marécageux. Ces deux blocs sont séparés par une zone d'environ de large limitée au nord par la rivière Loile et au sud par la rivière Luilaka. Cette zone est exclue du parc parce qu'elle constitue le seul habitat humain de la zone de Monkoto. C'est là que furent construits les villages des déplacés du parcWILUNGULA Cosma, Patrimoine naturel et conflits armés : cas des parcs nationaux sites du patrimoine mondial en RDC, L'Harmattan, Paris, 2013, .. Plus grand que la Belgique, ce parc couvre quatre provinces, à savoir l'Équateur où il se situe principalement, le Bandundu, le Kasaï-Occidental et la Province Orientale.
Un parc en deux parties Pour des raisons historiques, le parc a originellement été subdivisé en six secteurs administratifs (Monkoto, Mondjoku, Washikengo, Yoketelu, Anga et Mundja) et en deux zones disjointes séparées par un corridor 'hors parc' d'environ 40 km de large et couvrant plus de 10 000 km. Cette bande qui abrite de nombreuses communautés locales est un facteur de morcellement écopaysager. Parfois présentée comme une zone tampon entre les secteurs Nord et Sud du parc, elle a fait l'objet d'études de biosurveillance par un personnel local formé pour celaMaisels F (mars 2008) Salonga national Park, Democratic Republic of Congo. Terrestrial wildlife and human impact monitoring programme Mission Report (PDF, 31p)|URL=https://carpe.umd.edu/sites/default/files/publications/8010001_EC_BiomonitoringTrainingReport_Maisels_2008.pdf.
Ce deux parties (secteurs) sont : Le secteur nord : situé à une altitude d'environ à l'ouest, il s'élève vers l'est où il culmine aux environs de . Il est, en outre, recouvert entièrement par la forêt équatoriale, de terre ferme sur des hydromorphes, autrefois pâturages des éléphants victimes d'une mais dont quelques groupes survivaient encore ici au début du . La partie ouest de ce secteur se présente sous forme d'un plateau de très faible relief où les rivières sont très larges et ont un cours extrêmement sinueux et des rives marécageuses ( à de part et d'autre en certains endroits). À la part est de ce secteur vers la station de Mondjoku, le relief est changeant et le plateau s'élève sensiblement ; les vallées deviennent encaissées et les rivières coulent au pied de falaises, atteignant parfois une hauteur de . Ce secteur est habité par les Kitawalistes qui font des cultures sur brûlis, couplent le bois pour le feu et la fabrication de pirogues, récoltent du miel. Cela a pour conséquences des feux, de la déforestation pour implantation de cultures vivrières et des coupes de bois pour le chauffage. Le secteur Sud ; plus en altitude (environ au nord-ouest, il culmine au sud-est à environ ). Il englobe la ligne de crête séparant les bassins versants des rivières Luilaka au nord, Likoro à l'ouest et Lukenie au sudWILUNGULA Cosma, Op. Cit., .. Ce secteur est habité par les Yaelima qui utilisent aussi la forêt pour leurs besoins (alimentation, chasse, agriculture, feu, construction, pirogues...) ; 30 % environ du secteur-sud abrite des groupes de Pygmées.
Point chaud de biodiversité, encore mal inventorié En raison d'un accès rendu difficile par la densité du milieu équatorial humide, mais aussi par la présence de gangs armés qui ont bloqué l'accès de missions scientifiques et de conservation au parc , et en raison des limites posées par la canopée dense à l'imagerie satellitale, les espèces du parc restent mal inventoriées. Mais de 1997 à 2005, 52 espèces de mammifères (dont huit de primates) et 132 espèces de plantes y ont été inventoriées dans 11 sites, confirmant son importance pour la gestion, restauration et protection de la biodiversité en Afrique.
Gestion thumb|En 2015, Martin Kobler rencontre Irina Bokova (directrice générale de l'UNESCO de 2009 à 2017) à propos de l'engagement conjoint MONUSCO – UNESCO de protéger 5 sites du patrimoine mondial en RDC (parcs nationaux de Salonga, Virunga, Kahuzi-Biega, Garamba et réserve de faune à okapis, 4 mars 2015, Paris).
Elle est cadrée par une ordonnance loi 70-318 du 30/11/1970 et par la loi 69-041 du 28/08/1969, sur la conservation de la nature en RDC. Un « Comité de coordination de site » (COCOSI) réunit une à plusieurs fois par an les partenaires du parc, le chef de site et ses collaborateurs. En 2016, l'ICCN et le WWF ont signé un accord afin que l'ONG cogère le parc avec l'organisme en charge pour la conservation des espaces naturels du Congo.
La gestion vise à protéger l'intégrité écologique et la pérennité des habitats d'espèces forestières-clé comme le Chimpanzé nain dit Bonobo (Pan paniscus). et d'autres singes pour lesquels Salonga (et d'autres parcs nationaux). sont cruciaux, le Paon du Congo (Afropavo congensis), le Bongo (Tragelaphus eurycerus), le Lophocèbe noir (Lophocebus aterrimus), l'Éléphant de forêt d'Afrique. On y trouve aussi encore le léopard (Panthera pardus) et le Gavial africain (« faux crocodile »). La lutte contre la « défaunation » (ici par la chasse et le braconnage essentiellement) est d'autant plus importante que dans les forêts équatoriales et tropicales, ce sont les mammifères et oiseaux qui souvent disséminent les graines, et parfois même qui fécondent certaines plantes..
Il semble important pour bien gérer le parc d'aussi s'intéresser à la bande de terre qui le coupe en deux. L'UNESCO y a recommandé la constitution de corridors biologiques pour défragmenter le parc en reliant les deux secteurs décrits ci-dessous. Il a aussi recommandé de renforcer la sécurité dans le parc, et un premier renforcement a été fait en 2018.. L'ONU a aussi recommandé une meilleure intégration à la gestion du Parc des communautés locales habitant le corridor qui sépare les deux secteurs du parc, via une gestion des ressources naturelles plus , la constitution d'un fonds international destiné à la gestion du parc et une augmentation du nombre de gardes (la Belgique a apporté une aide significative, renforcée en 2009, dont par la publication de cartes scientifiques détaillées de sites du patrimoine mondial en RDC, le ).., insuffisant au regard de leur sécurité (plusieurs ont été assassinés.), de l'inaccessibilité et de l'immensité des zones à surveiller.
Dans un contexte d'instabilité politique, de fortes pressions sur les ressources minières et forestières, et de conflits armés dans le bassin du Congo, la gestion des deux secteurs (nord et sud) est à la fois facilitée (l'isolement rend la surexploitation industrielle des ressources en bois plus difficile) et rendue plus complexe par leur isolement et leur taille (la plus grande partie du Parc n'est accessible que par voie d'eau). Le gestionnaire (Institut congolais pour la conservation de la nature ou ICCN) doit notamment tenir compte de la présence des Pygmées, de quelques autres villages intra-parc qui pratiquent une économie de cueillette et chasseIbesoa, J. M. (2014). Use of forest products by the local people of the Salonga National Park in the Congo. Acta Universitatis Agriculturae et Silviculturae Mendelianae Brunensis, 57(1), 51-60 |url=https://acta.mendelu.cz/pdfs/acu/2009/01/05.pdf., d'un important braconnage., et de revendications sur les terres du parc par qui conteste les limites du parc, mais aussi faire face au braconnage qui utilise de nouvelles pratiques (dont armes de guerre employées par les militaires et d'autres braconniers pour se fournir en viande de brousse qui fait l'objet d'un important trafic commercial).
Le Congo produisait déjà du pétrole (environ 25 000 barils/jour en 2010, dont 15 000 en onshore et 10 000 en offshore). Sous l'égide du ministère des Hydrocarbures congolais, ce pétrole est exploité par le groupe français Perenco, créé et dirigé par Hubert Perrodo et basé à Londres. Perenco-Rep se charge de l'onshore et Lirex (autre filiale du groupe) exploite l'offshore, en partenariat avec la Congolaise des hydrocarbures (COHYDRO, ex-société nationale privatisée en 2010), mais ces gisements sont en voie d'épuisementhttps://www.eca-creac.eu/sites/default/files/pdf/2012-06-misser.pdf. Alors que des réserves pétrolières étaient connues à l'intérieur du Parc, en 2007, le gouvernement décide de pré-attribuer son exploitation, via un contrat de partage de la production pétrolière (signé le ) entre le gouvernement et la Société nationale des hydrocarbures (SONAHYDROC), associée à la Compagnie Minière du Congo SPRL (COMICO) qui détient les concessions suivantes : , chacun de ces blocs pétroliers chevauchant totalement le Parc National de la Salonga. Le WWF (partenaire officiel de la gestion du Parc) a immédiatement demandé que tout le Parc de la Salonga soit exclu des zones définies par les autorités nationales pour l'exploitation pétrolière. À la suite d'une vague de reproches et d'une pétition « Non au sacrifice des primates pour le pétrole ! » lancée en 2018 par le réseau Sauvons la forêt, l'UNESCO ayant même menacé de retirer la Parc de la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, mi-2021, le Gouvernement a finalement interdit l'exploitation, y compris en déclarant la nullité des concessions chevauchant l'aire naturelle protégée. Le Congo a d'ailleurs rejoint l’Initiative pour la transparence des industries extractives ou ITIE. La gestion du patrimoine des minéraux solides a montré de graves défaillances qui n’augurent pas très bien d’une gestion saine des ressources gazières et pétrolières. Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a alors décidé de retirer le Parc de la Liste du patrimoine mondial en péril. (où il était inscrit depuis 1999 en raison de pressions sur diverses espèces patrimoniales et menacées, et d'une protection de la nature insuffisante dans les deux zones du parc).. Des ONGE comme Sauvons la forêt restent cependant inquiètes et mobilisées dans le pays, car un autre parc (le parc national des Virunga) reste menacé par l'industrie pétrolière et les exactions écologiques (massacres d'animaux, dont hippopotames par exemple)..