Craon (prononciation : [kʁã]) est une commune française située dans le département de la Mayenne dans les Pays de la Loire, et peuplée de .

Craon se trouve dans la partie occidentale du Haut-Anjou, territoire historique de l'Anjou

Elle est la commune-centre du Pays de Craon.

Toponymie Le nom de Craon provient de Cravio, forme ancienne attestée par Grégoire de Tours au VIe siècle.

Il s'est transformé au cours du Moyen Âge en diverses formes : Gravineum, Cronieneum, Credonium, avant de devenir Craon.

Géographie Localisation et communes limitrophes Craon est située dans le Sud-Ouest de la Mayenne dans la province traditionelle de l'Anjou

Les communes limitrophes sont Athée, Denazé, Pommerieux, Chérancé, Bouchamps-lès-Craon, Niafles et Livré-la-Touche.

Urbanisme Occupation des sols vignette|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).|276x276pxA Craon d'après la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), les sols sont composés majoritairement de :

Territoires agricoles : 80,1 % Zones urbanisées : 12,4 %

Histoire Préhistoire et Antiquité

Haut Moyen Âge Au , à l'époque des guerres entre Francs et Bretons, Craon fut la ville où Lambert, comte de Nantes, se réfugia en 847, à la suite des menaces de Charles le Chauve à son encontre. La sœur de Lambert, Doda, y dirigeait un monastère dédié à Saint Clément. Selon la chronique de Nantes, Craon faisait alors partie du territoire nantais. Lambert s'empara du Mans en 850 et fut tué par le comte du Maine Gausbert, le . Après la défaite de Charles le Chauve face aux Bretons, en 851 le traité d'Angers concède à Erispoë de Bretagne, fils de Nominoë, la possession de tout le territoire du Maine et de l'Anjou jusqu'à la Mayenne : Craon était compris dans cette concession. Le successeur d'Erispoë, Salomon, fut confirmé dans les mêmes droits en 863 par le traité d'Entrammes ; il ne faut cependant pas en conclure que le cours supérieur de la Mayenne était alors la limite de la Bretagne, d'autant plus que les Bretons durent abandonner ces territoires au début du .

Moyen Âge Ce fut une redoutable forteresse médiévale composée de 27 tours et de de murailles, servant à garder la frontière angevine face à la Bretagne. Ce fut une ville marchande très importante (connue pour son fil de lin blanchi) dotée de halles fondées au et réputées parmi les plus grandes de France. Craon qui fut le siège de la première baronnie d'Anjou était une force politique, judiciaire et religieuse importante, gérant une quarantaine de paroisses.

Au Moyen Âge puis sous l'Ancien Régime, le fief de la baronnie angevine de Craon dépendait de la sénéchaussée principale d'Angers et du pays d'élection de Château-Gontier. La baronnie était qualifiée de « Première baronnie d'Anjou ».

vignette|redresse=0.5|Armoiries de la famille de Craon : Losangé d'or et de gueules.

En 1343, le sel devient un monopole d'État par une ordonnance du roi Philippe VI de Valois, qui institue la gabelle, la taxe sur le sel. L’Anjou fait partie des pays de grande gabelle et comprend seize tribunaux spéciaux ou greniers à sel, dont celui de Craon.

et s

Au , la ville placée aux confins de la Bretagne, duché longtemps allié aux Anglais, devint une place importante à conserver. Les passages des troupes royales et les montres d'hommes d'armes y sont fréquentes. Lors de la huitième guerre de religion, la ville est assiégée par l’armée royale, mais dégagée par les Espagnols débarqués en Bretagne le ..

Henri IV de France, après être monté sur le trône, fait détruire dans le Comté de Laval un grand nombre de maisons de campagne et châteaux garnis de murs et fossés, petits forts qui auraient pu servir encore de retraite à quelques restes de la Ligue. Les murailles de la ville de Craon qui lui avaient résisté pendant longtemps, et devant lesquelles ses généraux avaient reçu un échec, furent rasées.

Craon, qui était aussi une ville de grenier à sel et d’hôpitaux vit sa puissance décliner avec la Révolution française.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Révolution française Le 25 messidor an II, la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne s'installe à Craon et, en quelques jours, envoie plusieurs personnes à la guillotine. La Commission Huchedé et de l'accusateur Publicola Garot opère jusqu'au 9 thermidor.

Politique et administration Liste des maires

Population et société Démographie Évolution démographique

Pyramide des âges La population de la commune est relativement âgée

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à s'élève à 27,3 %. À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à est de 40,2 % la même année

En 2018, la commune comptait pour , soit un taux de 53,23 % de femmes, largement supérieur au taux départemental (50,71 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Activité et manifestations Le marché a lieu tous les lundis matin, réunissant une trentaine de commerçants (fleuristes, galettes, volailles, maraîchers, charcutier, vêtements, lingerie…) sur la place du Maréchal-Leclerc, rue Bethléem, sur les promenades Charles-de-Gaulle et sur la place du Mûrierville.craon53.fr : Marché.

Économie Race craonnaise de porc. Usine Célia de Lactalis (fabrication du Chaussée aux Moines).

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Monuments historiques La commune de Craon compte six monuments historiques. Château de Craon, du , construit en pierre blanche de la Loire. Il est environné d'un vaste jardin à la française et d'un parc à l'anglaise de plus de . Il y a aussi une rivière et un grand jardin potager possédant des serres du siècle dernier. L’ensemble est classé et inscrit aux monuments historiques.. La chapelle Saint-Eutrope est située dans le parc. Halles de Craon, en charpente de bois, achevées en 1850 et inscrites au titre des monuments historiques en 1984.. Grenier à sel, rue du Pavé, classé au titre des monuments historiques en 1991.. Grenier à sel, impasse des Onguents, inscrit au titre des monuments historiques en 1989.. Prieuré bénédictin Saint-Clément.. Une inscription romaine a été découverte dans le mur de l'ancienne église de Saint-Clément. Devenu centre culturel, il abritait auparavant une laiterie où fut élaboré un fromage vendu de nos jours sous l'appellation Chaussée aux Moines.. Église Saint-Nicolas, construite dans le style néo-gothique. Ancienne collégiale, église paroissiale depuis 1803, elle est reconstruite en 1855 sur les plans d'Édouard Moll avec des décors peints par Ludovic Alleaume et Ladislas Dymkovski. Quatorze verrières sont l'oeuvre d'Auguste Alleaume.. En 2026 elle est inscrite au titre des monuments historiques..

Autres monuments Maisons à pan de bois, place des Halles. Château de la Jacopière. Monastère de l'Immaculée-Conception, datant du .

Personnalités liées à la commune Robert de Craon (vers 1100 - 1149), sire de Craon. Pierre Le Cornu (mort en 1612), militaire, gouverneur de Craon. Anthyme-Denis Cohon (1595 à Craon - 1670), religieux, évêque. Bernard Guyard (1601 à Craon - 1674), théologien. Pierre-Ambroise de la Forest, marquis d'Armaillé (1734-1806), était également baron de Craon, de Gohort, du Puy-du-Fou et autres lieux et fut l'un des plus importants propriétaires fonciers de l'Anjou. Son grand-père François d'Armaillé (1647-1731) avait été acquéreur de la baronnie de Craon pour la somme de . Louis-François Allard, (1735 à Craon - 1819), médecin et député. François-Joachim Esnue-Lavallée (1751 à Craon - 1816), homme politique. Joseph Louis Proust (1754-1826), chimiste, a résidé à Craon. Volney (1757 à Craon - 1820), écrivain. Pierre Bodard de la Jacopière (1758 à Craon - 1826 à Craon), botaniste et médecin.

Émile Jamet (1799 à Craon - 1871), agriculteur et homme politique. Aimée Douaud (1799, 1879 à Craon), plus connue sous le nom de Madame Urbain Chartier, poétesse. Ladislas Dymkovski (1847 à Craon - 1927), peintre, musicien et photographe. Jules Gabriel Dubois-Menant (1855-1921), artiste, né dans cette ville. Prosper Jules Charbonnier (1862 à Craon - 1936), ingénieur-général de la marine, spécialiste de la balistique. Ferdinand Le Pelletier (1864 à Craon - 1939 à Craon), homme politique et économiste, fondateur de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales. Fortuné d'Andigné (1868 - 1935 à Craon), homme politique. Louis de Guébriant (1916-2005), journaliste, propriétaire du château de Craon, président de la société des courses de Craon. Henri de Gastines (1929-2011), député (1968-2002) et maire de Craon (1977-1989).

Héraldique

Voir aussi

Bibliographie Craon et ses environs par M. de Bodard de la Jacopière. 1871. Michel Lemesle, En Anjou, la bataille de Craon, 23 mai 1592. Editions Régionales de l'Ouest, Mayenne, 2004. Hervé Bazin, Vipère au poing, Paris, Grasset, 1948. Abbé Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, t. 1, Laval, 1900.

Articles connexes Liste des communes de la Mayenne Liste des anciennes communes de la Mayenne Famille de Craon

Liens externes

. Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques. Notes et références Notes

Cartes

Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)

Catégorie:Commune dans la Mayenne Catégorie:Unité urbaine de Craon Catégorie:Ville close de l'Anjou Catégorie:Mayenne angevine Catégorie:Commune du Haut-Anjou Catégorie:Ancien chef-lieu de district Catégorie:Aire d'attraction de Craon Catégorie:Villes et villages fleuris dans la Mayenne