La maison de Laval est une famille éteinte de la noblesse française, ou plutôt une succession (en lignée féminine) de cinq familles de la noblesse française, qui fut influente dès le , aussi bien dans le comté du Maine que dans le duché de Bretagne. Ces familles sont éteintes de nos jours.
À partir du , elle devint, avec les Rohan et les Clisson, une des familles les plus puissantes du duché de Bretagne, tout en restant la première famille du Maine. Tout au long du Moyen Âge, elle sut préserver ses intérêts en maintenant une relation équilibrée entre les ducs de Bretagne et les rois de France. Néanmoins, à la fin de la guerre de Cent Ans, les comtes de Laval rejoignent la cause royale et participent aux batailles contre les Anglais. Les victoires successives de Charles VII leur permettent d'affermir encore leur position et leur fortune. À la fin du , la maison de Laval a acquis un statut quasi princier, et elle possède de vastes domaines dans tout le Nord-Ouest de la France, dont le comté de Laval. Elle atteint son apogée sous la Renaissance, avant de décliner à partir du milieu du .
Introduction
Les sources sur la famille de Laval sont extrêmement dispersées. Les archives de la Maison de Laval ont disparu, Article : Chartrier de Laval, , 633..
Ascension La Maison des Laval était, avec celles des Rohan et des Clisson, la plus puissante au duché de Bretagne. Au début du , elle est progressivement devenue la famille la plus importante du Maine et de Haute-Bretagne. Elle a développé une tradition importante au service de la famille royale de France, en maintenant de façon habile une relation prudente avec les ducs de Bretagne et les rois de France. Néanmoins, à la fin de la guerre de Cent Ans, les comtes de Laval rejoignent la cause royale et participent aux batailles contre les Anglais. Le triomphe de Charles VII leur permet d'obtenir des gratifications à la fois administratives et militaires. À la fin du siècle, la maison de Laval a presque acquis un statut quasi princier, et la famille possède de vastes domaines dans le Nord-Ouest de la France.
La fin du apporte un nouveau défi : celui de la succession du duc François II de Bretagne, créant une instabilité à maintenir une position neutre entre le pouvoir de plus en plus puissant du roi de France par rapport à la faiblesse croissante du duc de Bretagne. Les Laval font le choix astucieux de suivre tranquillement l'union de la Bretagne à la France, renforçant leur double statut de seigneurs autonomes et de représentants de l'autorité royale.
La disparition de la cour ducale après qu'Anne de Bretagne accepte d'épouser le roi de France laisse la porte ouverte à une prise de pouvoir dans l'Ouest de la France. Les familles nobles de la région tentent de combler le vide laissé. C'est ainsi que Guy XVI de Laval (1476-1531) rassemble une des plus importantes cours de la Renaissance autour de lui. Il mélange ainsi son propre entourage et profite du pouvoir obtenu par les Laval comme gouverneur, lieutenant général et amiral de Bretagne pour amener à lui un entourage important, rassemblant les principales familles de la région, nobles et bourgeoises. Guy XVII de Laval (1522-1547) va contribuer à son tour à la fortune de la famille, en développant une carrière à la cour royale, et une amitié avec le dauphin, futur Henri II. C'est la période la plus florissante des comtes de Laval, et au milieu du par leurs affinités et la politique menées au cours des deux siècles précédents, les amène à être une des familles les plus importantes du royaume de France.
Déclin La fortune de la famille de Laval va aller en déclinant à partir de la mort de Guy XVII en 1547. Guy XVII ne laisse pas de descendance mâle, et le patrimoine de la famille de Laval passe sous sa nièce Guyonne de Rieux (1524-1567), mariée en 1545 à Louis de Sainte-Maure (Guy XVIII), marquis de Nesle et comte de Joigny. L'héritage non direct et la mésentente entre les époux, notamment sur le contrôle et l'administration des terres, vont nuire à la puissance de la famille. Guyonne va de plus amener une situation plus difficile encore en prenant cause pour le protestantisme. Le début des guerres de Religion va sérieusement entamer la tradition familiale de service acquis à la monarchie française. Entre 1550 et 1560, un nombre important de nobles rejoint la Réforme, et les Laval sont parmi les familles les plus importantes du royaume de France à adhérer à la nouvelle religion. Dans les terres qu'ils possèdent, la population reste majoritairement catholique, et ils sont avec les Rohan, les seuls représentants importants du protestantisme dans le Maine et la Bretagne. Ils établissent à Vitré l'unique place forte protestante dans l'Ouest de la France. Grâce à leur réputation militaire, leur étendue considérable, leurs liens avec les Montmorency et les Coligny, les Laval sont considérés comme des représentants les plus éminents du protestantisme.
François de Montmorency-Laval (1623-1708), descendant de cette famille, est le premier évêque de Québec; la ville de Laval (au nord de Montréal), et l'université Laval de Québec portent son nom, de même que le collège Montmorency, situé dans la ville de Laval.
Histoire Seigneurie de Laval
La seigneurie de Laval apparaît dans le premier quart du . Il demeure assez difficile de situer précisément l'origine généalogique de la Maison de Laval avant le début du .
Le château est construit par un certain Guy de Dénéré (ou de Laval), vassal du comte du Maine Herbert Eveille-ChienMort vers 1035.. La première mention explicite des Laval mentionne Guy, et lui donne le titre de fondateur de la place forte de Laval. Pour l'abbé Angot, Guy Frey de Laval est originaire de la Champagne du Maine : ladite Champagne au Maine est située à l'ouest du Mans, dans la partie occidentale de la Sarthe, avant la Charnie bien plus boisée, et comporte notamment Loué, l'abbaye de Champagne, Conlie ainsi que de nombreux toponymes en Champagne ; sa partie sud, qui semble avoir été le berceau de la geste des Laval, entre Sablé et Brûlon, s'appellera plus tard la Champagne-Hommet, avec Auvers, Juigné, Verdelles, jusqu'à Avoise/la Motte de Denneray, qui serait donc le fief initial de Guy Ier (cf. les articles Parcé (en la Champagne d'Anjou) et Mathefelon). Les liens avec la Champagne du/au Maine sont renforcés par le deuxième mariage en 1286 de Guy VIII avec Jeanne de Brienne de Beaumont, dame de Loué. La Champagne mancelle est limitée au sud par le cours de la Sarthe. On retrouve le toponyme champagne avec Champagné à l'est du Mans, et la Champagne d'Anjou ou de Parcé, juste au sud de la Champagne du Maine et de la vallée de la Sarthe, berceau de la famille dite de Champagne-(Parcé) qui joua un grand rôle en Anjou-Maine, ayant eu notamment Champigné, Le Bailleul, Avoise et Pescheseul, Durtal et Mathefelon, La Suze et Villaines.
La dernière descendante directe des sires de Laval, Emma de Laval (vers 1198-1264), épouse au (en 1218) le connétable Mathieu II de Montmorency (1168-1230) et la châtellenie change ainsi de famille. À l'extinction de la lignée masculine des Laval-Montmorency (ou Maison de Laval) à la mort de Guy XII de Laval (1412), les terres, les titres et le château reviennent au gendre de ce dernier, Jean de Montfort-Gaël (Guy XIII) (1385-1414 ; issu des Montfort de Bretagne), époux en 1404 de l' héritière Anne de (Montmorency-) Laval (1385-1466) : Souche des Laval-Montfort (ou Maison de Laval) et parents notamment de François de Montfort (Guy XIV) (1406-1486), comte de Laval en 1429.
En effet, afin de respecter la tradition localeSelon André René Le Paige, le pape Pascal II (et non Urbain II comme indiqué par Courvaisier) accorda à Guy IV de Laval le privilège de faire appeler du nom de Guy tous ses descendants ; ce privilège fut confirmé par Philippe . Guy VII de Laval ratifiant ce privilège, ordonna par son testament de l'an 1268, que tous les aînés de la famille de Laval porteraient le nom de Guy, avec les armes de Laval ; que la seigneurie de Laval serait indivisible, et cela à peine de privation du droit d'aînesse dans les successions, lequel droit, en cas de non-observance de toutes ces choses serait déféré aux puînés (Gilles Ménage, Histoire de Sablé, ., Jean prend le nom de Guy XIII de Laval. Son fils, Guy XIV de Laval, lui succède en 1415. Ce dernier, compagnon de Jeanne d'Arc, obtient du roi Charles VII de France l'élévation de la seigneurie de Laval en comté en 1429.
La même famille (en lignée féminine ; en fait les Laval-La Trémoïlle (ou Maison de Laval), successeurs en 1605 des Laval-Coligny, venus en 1567 après les Laval-Rieux, parvenus eux-mêmes en 1547 : cf. l'article Guy XVI) occupera la forteresse jusqu'en 1794. Le célèbre Gilles de Retz (ou de Rais), meurtrier notoire, appartenait à une branche cadette de la famille de Montmorency-Laval.
Légendes historiques Les comtes d'Anjou, les ducs de Bretagne, d'après leurs anciens annalistes, avaient des origines fabuleuses et remontaient aux Troyens. Les sires de Laval, se contentaient de descendre d'un neveu de CharlemagneCharles Maucourt de Bourjolly, tome I, p. 25.. Ces légendes avaient pour elles la consécration d'une antiquité assez reculée. Guy-Walla en particulier et ses premiers successeurs étaient admis par la tradition quand le chanoine Pierre Le Baud leur donnait entrée dans son histoire au commencement du .
La maison de Laval avait ses fables déjà reçues au . À cette époque, et depuis, encore les comtes de Laval étaient les héritiers du nom de Laval et du surnom patronymique de Guy. On avait intérêt à flatter leur amour-propre en remontant de quelques degrés les générations de leurs aïeux.
Les alliances que Jean-Baptiste de Goué donne à ses ancêtres, pour établir ces degrés lointains, sont visiblement fausses comme celle qui lui créerait un lien de parenté avec l'un des barons de Laval, en l'an 1010.
André René Le Paige parle aussi de mémoires qui remontent à l'origine de la famille de Laval jusqu'à Marcomire, l'un des trois chefs des Francs qui secouèrent le joug des Romains sous l'empire de Valérien, environ en 259. Jehan Daniel, au indique que Laval était déjà une place forte connue des Romains et que son nom et ses armes avaient été décernés par Jules César lui-même pour « leur grande vaillantiseGuillaume Le Doyen. .. » Le Paige ajoute que ce sujet est plein de fables et d'acronymes.
Les barons de Laval right|thumb|Château de Laval Sans nouvelles découvertes historiques avérées, on peut en conclure dans l'immédiat, que la famille de Laval a émergé des rangs de l'élite locale, et qu'avec la construction du château de Laval, elle a commencé à dominer les terres environnantesGousset..
Les premiers barons de Laval ont gravi progressivement les rangs de l'aristocratie régionale par les relations familiales importantes obtenues par leurs mariages, et leurs faits de haut rang. Guy de Laval, revenant d'un pèlerinage à Jérusalem en 1039, arrive à conserver la richesse familialeBroussillon.
Les Laval vont participer aux principaux événements de cette époque dans l'Ouest de la France : en 1118, Guy IV de Laval fait une participation remarquée à la bataille de Sées, combattant au nom de la couronne française contre les Normands.
Les liens avec l'Angleterre La famille de Laval possède de bonne heure des connexions familiales de premier plan : Guy II de Laval († ap. 1105), connu comme « le Chauve », s'est marié avec Denise de Mortain, fille de Robert de Mortain et nièce de Guillaume le Conquérant. Cette alliance permet aussi à Hugues, le plus jeune des frères de Guy de s'implanter dans le Northumberland. La famille aristocratique anglaise Delaval serait issue de la famille de Laval.
thumb|right|Robert de Mortain (à droite) conversant avec le duc Guillaume et son frère Odon (à gauche).
redresse=.6|thumb|left|Armes de la Maison de Laval. De gueules au léopard d'or.