Charles Baugniet, né le à Bruxelles et mort le à Sèvres, est un peintre, lithographe et aquarelliste belge.
Formé dès treize ans à l'académie royale des beaux-arts de Bruxelles, Charles Baugniet se fait connaître grâce à ses portraits et lithographies. Nommé dessinateur du roi des Belges Léopold en 1841, il réalise de nombreux portraits de la famille royale belge. En 1843, il s'installe en Grande-Bretagne et y poursuit sa carrière de lithographe portraitiste. Il quitte Londres pour Paris en 1861 et s'installe à Sèvres en 1865, où il meurt en 1886.
Biographie Famille et formation Benoît Charles Baugniet, né à Bruxelles le , est le fils de Charles Joseph Baugniet, agent d'affaires, et d'Adélaïde Françoise Élisabeth Alexandrine Roelens. Ils s'étaient mariés à Bruxelles.
Son père, Charles Joseph Baugniet, issu d'une famille originaire de Jodoigne, est secrétaire au palais de Laeken, puis fonctionnaire du ministère des Finances.
Son grand-père paternel, Philippe Joseph Baugniet, marchand en toiles au Marché au Bois à Bruxelles, avait demandé et obtenu la bourgeoisie de Bruxelles en 1783, à l'occasion de son mariage à Sainte-GuduleBruxelles, registre des mariages de Saint-Gudule du 8 juillet 1783. Philippe Joseph Baugniet est dit être originaire de la paroisse Saint-Médard à Jodoigne, et habiter à la rue de la Montagne à Bruxelles. Sa promise est Marie Françoise Josèphe Brion, née à Bruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, et qui habitait à la rue de Loxum. Les témoins sont Jean Baptiste Capelle, au Grand Sablon, et Emile Joseph Dony, à la rue des Fuseliers. avec Marie Françoise Josèphe Brion, fille de bourgeois. Du côté maternel, son grand-père, Pierre Joseph Roelens, était originaire d'Iseghem, et marchand de toiles à la rue de Rollebeek, où il demeurait, avec sa femme Françoise Fontaine, originaire de Tournai. Il était devenu bourgeois de Bruxelles en 1783Jan Caluwaerts & Hugo Simonart, op.cit., Roelens Petrus Josephus, né à Iseghem le 6 septembre 1747, marchand de toiles, fils de Petrus Roelens et de Petronilla Theresia Stevens. A la rue de Rollebeek. 21 mars 1783..
L'enfant se révèle doué pour le dessin, sa mère lui fait suivre des cours particuliers auprès de la peintre Félicité Chamorin, dite Lagarenne.
Charles Baugniet est inscrit à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles entre 1827 et 1829Alain Jacobs, « Charles Baugniet », dans Le Dictionnaire des Peintres belges du à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, . (base de données BALaT de l'Institut royal du patrimoine artistique). Il remporte un premier prix d'après la figure antique en 1828. Il étudie également dans l'atelier du peintre Joseph Paelinck. Après ses études, le père de Charles Baugniet le fait entrer au Ministère des Finances, où il est lui-même employé. Charles démissionne en 1834 et commence un apprentissage de quelques mois dans l'atelier de lithographie d'Antoine Dewasme.
Premiers succès Son premier portrait en lithographie est celui de l'actrice Isabelle Lavry en 1834. Sa réputation va s'accroître, grâce à la réalisation de ses premiers portraits dans le magazine L'Artiste en 1833. Il figure parmi les dessinateurs lithographes les plus recherchés, aux côtés de Joseph Schubert Thieme, Becker, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, vol. 3, Leipzig, 1909, ..
Il collabore avec Louis Huard de 1835 à 1842, en produisant de nombreux portraits des membres la Chambre des Représentants belges. Louis Huard signe huit portraits, Baugniet tous les autres.
Ces œuvres sont suivies, entre 1836 et 1840, par une série de portraits d'artistes de son temps, intitulée Les Artistes Contemporains. Ce sont des portraits de Louis Jéhotte, Louis Gallait, Nicaise de Keyser, Jean-Baptiste Madou, Eugène Simonis, Charles-Louis Verboeckhoven, Horace Vernet, Paul Delaroche et Hippolyte Bellangé. Il réalise également une Galerie de d'artistes-musiciens du Royaume de Belgique.
Lithographe vignette|upright=0.6|gauche|Épaulettes d'une valeur de : premier timbre-poste de Belgique (1849). La famille royale belge lui passe commande, ce qui le conduit à être officiellement reconnu comme « dessinateur du Roi » par Léopold , roi des Belges, le .
En 1843, il s'installe à Londres. Il devient un portraitiste de premier plan. Recommandé par le roi des Belges, Léopold , il réalise le portrait du prince consort Albert.
Charles Baugniet épouse religieusement Marie Antoinette Hony, née à Bruxelles, à Saint-Marylebone le . Leur mariage civil a lieu à Schaerbeek le s'expliquerait par le fait que Marie Antoinette Hony, lors de son mariage avec Baugniet en 1844 n'était que très récemment divorcée de Charles Henri Napoléon Montagney dit Artôt. Il était timbalier et organiste au théâtre royal de la Monnaie, elle l'avait épousé à Bruxelles en 1836Bruxelles, acte de mariage n° 351 du 11 mai 1836 et documents annexés à cet acte de mariage. Marie Antoinette Hony, née à Bruxelles le 11 mai 1816, y résidant au n° 3 de la rue du Curé, est la fille de Georges Hony, mort à Bruxelles le 10 mai 1827, et de Marguerite Vallet, rentière à Bruxelles. Charles Henri Napoléon Artôt, né à Bruxelles le 12 avril 1810, y résidant au n° 31 de la rue de Laeken, artiste musicien, est le fils de Maurice Artôt, mort à Bruxelles le 8 janvier 1829, et de Thérèse Eve Ries, morte à Bruxelles le 20 avril 1810. Les témoins étaient Jean Désiré Artôt, résidant à Bruxelles, limonadier, François Snel, résidant à Bruxelles, artiste, Louis Auguste De Broeu, résidant à Bruxelles, artiste, et Jean Pierre Davia, résidant à Leeuw-Saint-Pierre, architecte. Par ailleurs, Maurice Montagney dit Artot, veuf de Thérèse Eve Ries, épousa en secondes noces à Bruxelles le 13 octobre 1810 (acte n° 487) Jeanne Catherine Borremans, née à Bruxelles le 19 avril 1788, et qui était la fille de Charles Borremans, directeur de l'orchestre du grand spectacle. Maurice Montagney dit Artot, était né en France, à Gray, département de la Haute-Saône, le 3 février 1772, et résidait à Bruxelles, où il est qualifié d'artiste. Sa mère était Elisabeth Montagney dit Artot ou Montagnez, qui sera plus tard l'épouse puis la veuve du sieur Pierre Bailly, et rentière à Paris, au n° 15 du Quai d'Alençon (?) en 1810.. .
À Londres, Baugniet a réalisé le portrait de Charles Dickens et du compositeur français Hector Berlioz. Il a participé à la création du premier timbre-poste belge, mis en circulation le . Le timbre représente le roi Léopold , d'après le portrait que Charles Baugniet avait réalisé quelques années auparavant. Ces timbres, de deux valeurs différentes : 10 et , sont connus sous le nom d'épaulettes. Les portraits du roi par Baugniet sont repris pour d'autres timbres du souverain belge, de type « médaillons » jusqu'en 1861.
En 1865, Charles Baugniet lègue une collection de près de 1800 portraits lithographiés à la bibliothèque royale de Bruxelles..
Peintre de genre En 1858, Charles Baugniet s'essaie à la peinture de genre (scènes d'intérieurs) et rencontre le succès avec son tableau La Jeune camériste (Victoria & Albert Museum). Confronté à la popularité du portrait en photographie, Baugniet va abandonner la lithographie pour la peinture à l'huile. Il réalise son dernier portrait lithographié en 1864.
Baugniet se concentre sur des peintures illustrant l'élégance du Second Empire, genre alors très populaire. Dès 1863, Baugniet envoie régulièrement des œuvres, dues à son « pinceau élégant et gracieux » au salon de Paris. Ses tableaux sont remarqués par les marchands d'art Adolphe Goupil à Paris et Michael Knoedler à New York. Ils vont orner les collections des grands mécènes américains, Henry Vanderbilt, Theron R. Butler, Henry Hilton ou encore Charles Stewart Smith. Le succès lui permet de se construire une villa dans la commune de Sèvres en 1864. Il est rejoint dans cette commune par ses deux nièces par alliance : la mezzo-soprano Désirée Artôt et sa sœur cadette, Antoinette Artôt, ainsi que leurs maris, qui se font également construire des villas.
Il meurt à Sèvres, chez sa nièce Désirée Artôt, impasse des Closeaux , d'une mauvaise bronchite, le , à l'âge de . Sa dépouille mortelle est rapatriée en Belgique. Il est inhumé au cimetière de Saint-Josse-ten-Noode.
Galerie Peintures
Lithographies
Honneurs Charles Baugniet est : 50px|Chevalier de l'ordre de Leopold Chevalier de l'ordre de Léopold (). ; 50px|Officier Ordre de Leopold Officier de l'ordre de Léopold (). ; 50px|Ordre du Christ Chevalier de l'ordre du Christ (). ; 50px|Ordre de la Maison ernestine de Saxe Chevalier de l'ordre de la Maison ernestine de Saxe () ; 50px|Ordre d'Isabelle la Catholique Chevalier de l'ordre d'Isabelle la Catholique ().
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Ouvrages E. Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Paris : Librairie Gründ, 1976, tome I, . P. & V. Berko, Dictionnaire des peintres belges nés entre 1750 & 1875, Knokke 1981, . Marie-Christine Claes, « Baugniet, Benoît, Charles, Aimé », dans Nouvelle biographie nationale, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. 10, 2010, , à lire "en ligne : . Alain Jacobs, « Charles Baugniet », dans Le Dictionnaire des Peintres belges du à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, . (base de données BALaT de l'Institut royal du patrimoine artistique). Eugène Rouir, 150 ans de gravure en Belgique, Bruxelles : C.G.E.R./Meddens, 1980, . Thieme, Becker, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, vol. 3, Leipzig, 1909, .
Articles . .
Liens externes
Œuvres de Charles Baugniet sur le site de la Bibliothèque nationale du Portugal.
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