François Pyrard (né vers 1578 à Laval - mort vers 1621 à Paris), est un navigateur et explorateur polyglotte français, auteur de Voyage de François Pyrard de Laval contenant sa navigation aux Indes orientales, Maldives, Moluques, et au Brésil.
Il est l'un des premiers Français connus à gagner les Indes. Il reste le seul voyageur consulté et cité avec confiance au sujet de l'archipel des Maldives, jusqu'à la relation de au Les Instructions nautiques du capitaine anglais Robert Moresby, traduites en français par M. Daussy, ingénieur hydrographe en chef, publié en 1836..
Biographie Fils et petit-fils de commerçantsIl n'est pas le premier connu de sa famille à Laval. Jean Pyrard, son grand-père, marchand-tissier, sieur du Boisgarnier (Argentré), 1525, procureur de fabrique à la Trinité de Laval, 1566, parrain d'un de ses petits-enfants, 1571, laissait veuve l'année suivante Guillemine Leroy. Son père, François Pyrard avait épousée Marie Journée et se trouvait par alliance beau-frère de Julien Loriot, de Jacques Moreau, de Guillaume Saibouez, de Julien Hayeneuve, de François Devernay, tous notables à Laval. Les deux époux, morts en 1603, laissaient trois enfants mineurs : Étienne (mort en 1608), Jean et Robert qui habitait Paris en 1615 ; Marie était mariée à François Langlois, marchand-tailleur suivant la cour ; elle revint mourir à Laval vers 1612 et demandait à être inhumée près de ses parents devant l'autel de Saint-Jean à la Trinité de Laval., propriétaire du BoisgarnierFrançois Pyrard, frère aîné des enfants de Marie Journée, rendait déjà aveu en 1594 de la terre du Boisgarnier dont il garda le titre même depuis son retour en France alors qu'il ne possédait plus rien au pays de Laval. à Argentré, il avait en outre des relations familiales avec la dynastie des Langlois, architectes lavallois. Son cousin germain est le Jésuite Pierre PyrardCeci peut peut-être expliquer la bienveillance que François Pyrard possèdera auprès des Jésuites lors de son périple.. François Pyrard parle lui-même de son « pays natal qui est Laval, en Bretagne… »*Son origine est l'objet d'une polémique au . S'appuyant sur l'avis de Jules de Saint-Genois, Le Magasin pittoresque publiait en mars 1866, la note suivante : Disons en présent que Pyrard n'était pas né à Laval. Stembert, près Verviers (Belgique) est le lieu réel de sa naissance. Plus tard, l'auteur de cet article, M. Denis, conservateur de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève a ajouté que la famille Pyrard "existe encore, dit-on, dans les villages de Mangoubroux et de Heusy, près de Verviers, et l'abbé Duval-Pyrau (…) a réclamé les liens qui l'attachaient au vieux voyageur". Ajoutons pour l'option belge que Pirard était évêque de Liège de 832 à 840. En 1889, Jules Le Fizelier, s'est attaché à garder pour Laval et pour la France notre François Pyrard. Pour lui, le nombre des hommes célèbres nés à Laval n'est pas grand, c'est une raison pour ne pas le laisser diminuer. Robert de La Croix dans son ouvrage Les Bretons à la découverte du Monde verra en Pyrard un .
Le Voyage Le chemin des Indes En 1601, la Compagnie des marchands de Saint-Malo, Laval et Vitré qui rêve des Moluques arme deux navires, le CorbinDe 200 tonneaux, commandé par François Le Grout du Closneuf. et le CroissantDe 400 tonneaux, commandé par Michel Frotet de la Bardelière. pour sonder le guay et chercher le chemin des Indes. L'objectif de cette mission était de sonder le gué, chercher un chemin des Indes et le montrer aux Français.
Marchand originaire de Laval, François Pyrard, non moins désireux de voir et d'apprendre que d'acquérir du bienIl liquide sa fortune, cédant pour 480# à Julien Hayeneuve, son oncle, sa part du Boisgarnier et de la Morelière., embarque à Saint-Malo le à bord du Corbin. François Martin, originaire de Vitré embarque lui à bord du Croissant, et sera aussi à l'origine de la relation de son voyage.
Une expédition dangereuse : départ de Saint-Malo. Pyrard, homme profondément religieux, est vivement choqué des façons des marins et de leurs continuels blasphèmes.. Un accident survenu au mât du Corbin, le mauvais ordre et le peu de police dont il est témoin font mal augurer du succès de la mission. : passage devant les îles Canaries. 12 et : passage devant les îles du Cap-Vert. : on reconnaît neuf gros navires hollandaisIl est semblable que ce soit la flotte hollandaise commandée par Jacob van Heemskerk, un des survivants de l'expédition de Willem Barentsz en 1597. Cette flotte est partie de Hollande le 9 avril., qui se mirent dès l'abord en devoir de faire honneur à la flottille française ; ils passèrent sous le vent et tirèrent chacun un coup de canon : mais leur vice-amiral ayant lancé un boulet qui porta dans le Corbin au travers des voiles, il lui fut aussitôt vigoureusement répondu. Une explication suivit cette escarmouche ; le canonnier du vice-amiral hollandais était ivre ; des excuses furent données et acceptées. Cette salve provenant de vaisseaux hollandais endommage la voilure du Corbin. : passage le long des côtes de Guinée. : passage de la ligne de l'Équateur. : on jette l'ancre en vue à l'île d'Annobon. Les Portugais tirent sur eux, tuent un hommeThomas Pépin. et font cinq prisonniers qu'ils ne relâcheront que pour une forte rançon. Malgré cet état d'hostilité, les deux navires restent six ou sept semaines dans la rade pour se reposer et y refaire les provisions. : départ de la rade de l'île d'Annobon. 17- : halte de 9 jours à l'île Sainte-Hélène. « Nous trouvâmes sur l'autel de la chapelle, plusieurs billets qui donnaient avis que les Hollandais y avaient passé ». : passage du cap de Bonne-Espérance. : tempête violente pendant 4 jours en face de Madagascar.. : le Croissant et le Corbin, après différentes péripéties, se rejoignent à Madagascar, dans la baie de Saint-Augustin. Les tempêtes ont beaucoup fatigué les navires et éprouvé les équipages. Un séjour de quelques mois sur la côte dans un petit fort est effectué. Il aggrave l'état des malades, malgré le bon vouloir des insulaires. 41 succombent. : les bateaux repartent de Madagascar. : on jette l'ancre devant les îles des Comores, pour trouver un air plus sain pour les malades. : on repart au bout de 15 jours. Le temps est favorable, mais l'inexpérience et l'entêtement de La Bardelière vont causer une catastrophe qui empêchera tout le succès de l'expédition. : perte du bateau de sauvetage sur le Croissant. : on signale du Corbin de grands bancs de rochers entourant de petites îles. On prévient le capitaine que l'on se croyait en vue des îles Maldives. Le capitaine du Croissant s’obstine à prendre pour les îles de Diego-de-Reys et ordonne de continuer à gouverner vers l'est. : au réveil, le navire talonne deux fois avec force sur un récif et se couche aussitôt sur le flanc. Le Corbin fait naufrage au milieu de la nuit sur les récifs des îles Maldives par l'inexpérience du capitaine, et par le fait que tout l'équipage était ivre. Grout du Closneuf, retenu au lit par la maladie, est hors d'état de prescrire aucune mesure. Au jour, on vit en dehors de la ligne de brisants que le Corbin; les naufragés ne pouvaient plus fonder d'espoir que sur eux-mêmes. Le Croissant, averti du danger par coups de canon, s'éloigne des écueils et fait voile pour Sumatra (voir François Martin)Le Croissant, qui réussit à atteindre les Moluques, sombre lors de son retour près des Açores..
Le naufrage thumb|Naufrage du Corbin. Ce sont des scènes horribles, parmi les naufragés. Dans son ouvrage, Pyrard indique la fureur des vagues, l'état de destruction du bateau mais aussi les hommes, leur ivresse, leurs réactions de survie.
On parvient enfin à mettre une chaloupe à la mer après deux jours de travail, et à quitter le navire battu par les vagues. Les marins prennent terre dans l'île de Pulodou (Maldives) avec quelques marchandises et le peu d'argent qu'ils avaient pu recueillir. Les insulaires ne se montrent pas absolument hostiles ; mais ils enlèvent les armes des naufragés et leur font voir qu'ils ne sont plus entièrement maîtres de leur liberté, mais prisonniers.
Les Maldives Quelques-uns sont envoyés au Roi dans l'île Malé ; Pyrard et deux autres de ses compagnons sont conduits dans l'île de Pandoué. Pendant tout un hiver., ils n'avaient pour abri qu'un toit de roseaux supporté par 4 piliers de bois, laissant passage à la pluie et aux vents. On finit par les employer à la pêche et aux plus durs travaux qu'on récompensait de quelques noix de coco, de miel ou d'une poignée de millet. Souvent ils étaient réduits à n'avoir pour nourriture que les coquillages de la côte, ou les poissons qui venaient s'échouer sur le rivage. Pyrard, plutôt que de se laisser abattre, réfléchit aux moyens d'améliorer son sort. II apprend la langue des indigènes et en peu de temps il peut se faire entendre. Dès lors, il gagne l'affection du chef de l'île, Aly Pandio, auquel il explique les cartes marines du vaisseau, le mouvement de la boussole, et il le renseigne sur les mœurs et usages des Européens.
Malé Au bout de trois mois et demi, un officier du roi de Malé propose à Pyrard de l'emmener à la cour à Malé, résidence du roi. Il accepte au grand désespoir de ses deux compagnons. Pyrard, introduit à la cour, fait son compliment non seulement dans la langue, mais encore conformément aux usages des Maldives. Il répond avec à-propos à toutes les questions, et est admis tous les jours à l'audienceIl donne une telle opinion au roi de la grandeur du royaume de France qu'il se demandait comment on avait laissé conquérir les Indes aux Portugais. avec tous les autres courtisans. Il charge celui qui l'avait amené de pourvoir à son logement.
L'usage du pays voulait que les hommes de la cour reçussent du roi du riz et autres provisions. Pyrard se voit donc assuré d'une nourriture plus abondante et meilleure que lors de sa capture à l'île Pulodou. Il est bien traité car il parle couramment la langue du pays. Pyrard est aussi bien accueilli des reines dont la curiosité portait sur d'autres sujets : habillement, religion. Il profite de la faveur royale. pour appeler près de lui trois Français et cinq Flamands de ses compagnons d'infortune.
Pris à son tour par la malaria, il est pendant deux mois entre la vie et la mort, soigné comme son enfant par le seigneur auquel le roi l'avait confié, puis envoyé en convalescence à l'île de Bandou.
À son retour, un double malheur l'atteint : la mort d'un ami de Vitré ; la colère du roi irrité de l'évasion des Flamands.
Pyrard fut soupçonné de complicité avec eux et privé des secours du roi. Le roi, irrité, défendit de continuer la distribution de vivres à ceux qui restaient, n'empêchant pas néanmoins les insulaires de leur donner des provisions s'ils le voulaient.
À force de souplesse, Pyrard rentre de nouveau en grâce. Le roi le comble de biens, les courtisans lui portent de l'affection. Il tire quelques profits du trafic qu'il lui est permis de faire avec les navires étrangers. Il devient quelque peu riche « à la manière du pays », en marchandises et en arbres à cocos. Pyrard vit ainsi plusieurs années aux Maldives. Il s'accommode de son mieux de sa position extraordinaire et ne songe guère à un retour qui lui semble devenu à peu près impossible. Selon lui, il ne lui reste rien à désirer, hors le libre exercice de sa religion.
Pirates du Bengale Pyrard fait le vœu, à la suite d'un rêve, de faire le voyage de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, si jamais il revient en terre chrétienne. Depuis cinq ans, Pyrard vit dans les îles des Maldives.
Deux jours après ce vœu, le , le roi de Malé, trahi par un pilote perfide, voit arriver un matin une flottille composée de seize galiotes. Il n'a pas les moyens de se défendre; il essaie de fuir et est tué. Ses îles passent au pouvoir des pirates du Bengale.