Principes élémentaires de philosophie est une œuvre posthume de Georges Politzer publiée en 1954Georges Politzer, Guy Besse et Maurice Caveing, Principes fondamentaux de philosophie, Éditions sociales, Paris, 1954, p. vii.. Elle reproduit les notes prises par un de ses élèves aux cours professés par Georges Politzer à l'Université Ouvrière de Paris en l'année scolaire 1935-1936.

L'objectif était de présenter le matérialisme dialectique aux travailleurs manuels et leur donner une méthode de raisonnement qui leur permette de comprendre leur époque (la science notamment) et de guider leurs actions dans leur profession et dans le domaine social et politique.

Contenu L'ouvrage se compose de cinq parties : Les problèmes philosophiques ; Le matérialisme philosophique ; Étude de la métaphysique ; Étude de la dialectique ; Le matérialisme historique ; Le matérialisme dialectique et les idéologies.

Étude du texte Le livre présente la métaphysique, l'idéalisme, le matérialisme, l'agnosticisme. La conception de la matière est différente selon le courant philosophiqueVoir les sections L'idéalisme et Le matérialisme, en termes philosophiques il y a d'un côté la réalité subjective et la réalité objective.

L'idéalisme défend sa vision de la matière grâce aux ouvrages de l'évêque George Berkeley, tandis que le matérialisme assoie sa vision sur l'évolution de la science et sur l'expérience.

Il existe de plus un troisième courant philosophique, c'est l'agnosticisme.

Idéalisme L'idéalisme s'oppose au matérialisme, l'un pense que la matière est créée par l'esprit et l'autre pense que la matière est issue de raisons scientifiques. On peut donc opposer deux camps, la vision idéaliste de la religion (Dieu créa la matière) et la vision scientifique.

L'idéalisme peut être divisé en deux camps :

Ou bien, Dieu a créé le monde, et celui-ci existe réellement, en dehors de nous. C'est l'idéalisme ordinaire des théologies. (La théologie est la « science » qui traite de Dieu et des choses divines.)

Ou bien, Dieu a créé l'illusion du monde en nous donnant des idées qui ne correspondent à aucune réalité matérielle. C'est l' « idéalisme immatérialiste » de Berkeley, qui veut nous prouver que l'esprit est la seule réalité, la matière étant un produit fabriqué par notre esprit.

L'idéalisme philosophique

L'idéalisme moral

L'idéalisme de Berkeley ou l'idéalisme immatérialiste

Matérialisme Le matérialisme considère que la pensée est le résultat de la science acquise et emmagasinée dans le cerveau. Friedrich Engels : Ludwig Feuerbach, p. 18.

Néanmoins, Engels s'oppose à ce qu'on pense que la pensée est un produit du cerveau ; pour lui, elle est une fonctionQuand Engels dit que la pensée est un « produit » du cerveau, il ne faut pas, en effet, imaginer que le cerveau secrète la pensée comme le foie secrète la bile. Au contraire, Engels a combattu ce point de vue. (Notamment dans Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande. Voir également Lénine: Matérialisme et empiriocriticisme, chap. I et II.).

Agnosticisme Albert Einstein est un agnostiqueRichard Dawkins dans Pour en finir avec Dieu, Perrin, Paris, 2009, p. 24 qualifie Albert Einstein d'athée. L'intéressé déclara dans une lettre à M. Berkowitz datée du 25 octobre 1950: Ma position concernant Dieu est celle d’un agnostique. Lire en ligne. Toutefois quelques années plus tard, Einstein affirmera : Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler.(Albert Einstein -1879-1955 - "Albert Einstein : le côté humain" édité par Helen Dukas et Banesh Hoffmann, lettre du 24 mars 1954)Laurent Lemire, Le siècle d'Albert Einstein, Perrin, Paris, 2008, p. 37., c'est-à-dire, comme tous les agnostiques, la vision n'est pas tranchée entre l'idéalisme et le matérialisme, c'est une conception d'après laquelle le monde est inconnaissable. Donc d'après cette conception, Dieu peut exister et ne pas exister, tant qu'aucune réalité scientifique n'a été démontrée le doute sera méthode chez ces penseurs, il ne choisira donc pas d'être dans l'un des camps, ni celui de Dieu et ni celui de la science.

Selon Politzer,

Pour réfuter l'idée que l'Homme ne peut connaître la vérité, car il aura sa propre véritéLa propre vérité ou chose pour soi, désigne pour chacun une vision de la matière, un homme ayant la jaunisse ne pourra pas voir la matière comme un homme non atteint de cette maladie, tel est l'argument des agnostiques. Partie I, Chapitre V du livre., les matérialistes se basent sur l'expérienceReprenant la phrase d'Engels, nous dirons « la preuve du pudding, c'est qu'on le mange » (proverbe anglais). S'il n'existait pas, ou s'il n'était qu'une idée, après l'avoir mangé, notre faim ne serait nullement apaisée. Ainsi il nous est parfaitement possible de connaître les choses, de voir si nos idées correspondent à la réalité. Il nous est possible de contrôler les données de la science par l'expérience et l'industrie qui traduisent en applications pratiques les résultats théoriques des sciences. Si nous pouvons faire du caoutchouc synthétique, c'est que la science connaît la « chose en soi » qu'est le caoutchouc. Nous voyons donc qu'il n'est pas inutile de chercher à savoir qui a raison, puisqu'au travers des erreurs théoriques que la science peut commettre, l'expérience nous donne chaque fois la preuve que c'est bien la science qui a raison..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes 1936 en philosophie

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