Guy-Crescent Fagon, né le à Paris, où il est mort le , est le premier médecin du roi de 1693 à la mort de Louis XIV. Il développe par ailleurs, aux portes de Paris, le Jardin royal des plantes médicinales ou , futur Muséum national d'histoire naturelle.

Biographie

Famille et études Il est le fils d'Henri Fagon, commissaire des guerres, et de Louise de La Brosse, nièce de Guy de La BrosseParentéBulletin du museum (1586-1641), fondateur du Jardin du roi et parrain de l’enfant. Si son premier prénom est celui de son parrain, on ignore l’origine de Crescent.

Très tôt orphelin de père, il fait des études brillantes. Il obtient son titre de docteur en médecine le . Il exerce de 1666 à 1667 à l'Hôtel-Dieu de Paris. Il apprend la botanique, notamment auprès de Pierre Magnol (1638-1715), botaniste à Montpellier.

Botaniste au Jardin du roi Antoine Vallot (1595 ou 1596-1671) fait appel à lui pour récolter des plantes en France. II contribue à l'embellissement du Jardin du roi (l'actuel Jardin des plantes), qu'il enrichit par des excursions botaniques en Auvergne, en Provence, dans les Alpes et les Pyrénées. Il collabore au premier catalogue du Jardin, Hortus regius, que Denis Joncquet (?-1671) fait publier en 1665. C’est Fagon qui en rédige la plus grande part. espèces y sont décrites. En 1699, il devient membre honoraire de l’Académie des sciences.

La mort de Joncquet lui permet d’obtenir un poste de sous-démonstrateur. L'année suivante, il obtient le poste de démonstrateur en pharmacie.

Premier médecin du Roi vignette|250x250px|Guy-Crescent Fagon Il se distingue dans la pratique de la médecine par ses succès et son désintéressement. Il est le médecin de la Dauphine en 1680 et il est nommé premier médecin du roi Louis XIV en 1693 après le renvoi d’Antoine d'Aquin (1620-1696). Il est le premier à mettre en doute les bienfaits du tabac sur la santéAn ex tabaci usu frequenti vitae summa brevior, question traduite en français sous le titre Si le fréquent usage du tabac abrège la vie, par Nicolas Andry de Boisregard, et incluse dans son ouvrage De la génération des vers dans le corps de l’homme (sur Wikisource), 3 éd., 1741..

C'est dans ce dernier tiers du qu'il se fait construire une propriété à la sortie du village de Fontenay-aux-Roses sur une superficie d'environ 23 ares, clos de mursQuadrilatère formé par les rues actuelles : Antoine Petit-André, Neyts-d'Estienne d'Orves, et Jean Jaurès, dont le nom de l'architecte n'est pas connu. L'ensemble se compose d'un bâtiment principal avec des communs (orangerie, caves)Liens de mémoire, bulletin des Archives de Fontenay-aux-Roses, n°25, 2e semestre 2015, p. 5-8..

Tyrannique et caractérielFranck Ferrand, « Louis XIV », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 29 octobre 2012., il aurait appuyé le discrédit d'Antoine d'Aquin en incriminant la consommation de vin de Champagne (vins tranquilles à cette époque) par Louis XIV. Il impose la consommation des vins de Bourgogne (le , selon Dangeau) à la table du Roi, avec adjonction de quinquina qui, selon la petite histoire, aurait permis au Roi de conserver toutes ses facultés viriles.

Selon Saint-Simon, lors de la mort du marquis de Barbezieux en 1701, dont il était le médecin, il est accusé de l'avoir saigné excessivement par antipathie personnelle.

Il fait ordonner par Louis XIV les explorations de Charles Plumier en Amérique, de Louis Éconches Feuillée au Pérou, de Joseph Pitton de Tournefort, dont il est le protecteur, en Asie. vignette|249x249px|Quinquina jaune, Cinchona calisaya (Köhler) Il est l'un des premiers à reconnaître l'efficacité des eaux de Barèges et du quinquina et il rédige un mémoire sur les Qualités de Quinquina en 1703. Il est partisan de la théorie sur la circulation du sang et s'oppose ainsi à d'autres scientifiques de la Sorbonne.

La princesse Palatine dit de lui :

Famille et descendance Il s'est marié avec Marie Nozereau.

Il est le père de Louis Fagon ( - ), conseiller d’État ordinaire, et au Conseil royal, intendant des finances, en 1714-1715 et en 1722-1744, et d'Antoine Fagon, évêque de Lombez puis évêque de Vannes. Ledit Louis baptisé à Versailles le avec comme parrain Monseigneur le dauphin et marraine la reine. Il reprendra la maison de Fontenay-aux-Roses et commande quelques travaux d'embellissement par son ami le peintre Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), qui peindra entre autres les panneaux décoratifs des quatre pièces du rez-de-chaussée représentant sur un fond blanc des oiseaux, des fleurs, des paysages et des animaux.

Iconographie vignette|181x181px|Médaillon sur la Grande Galerie de l'ÉvolutionFagon a notamment été peint par Hyacinthe Rigaud . Ce portrait a été gravé par Gérard Edelinck en 1702 ; un portrait faussement identifié comme étant celui de Fagon par Jean Jouvenet, conservé à Paris au musée du Louvre, s'est révélé être un portrait du médecin Raymond Finot. Il est représenté sur un des "mascarons" de la façade extérieure principale, côté jardin, de la grande galerie de l'Évolution, au Jardin des plantes, à Paris (cf. photo ci-contre à droite infra).

Taxonomie et toponymie vignette|195x195px|Fagonia, 1794 Un genre de plantes porte son nom : Fagonia.

Une rue de Paris dans le arrondissement a été nommée en son hommage.

Notes et références

Source partielle

Annexes Bibliographie Fontenelle, Éloge de M. Fagon, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1718, Imprimerie royale, Paris, 1741, (lire en ligne) Paul Delaunay, Le monde médical parisien au dix-huitième siècle, Librairie Jules Rousset, Paris, 1906, (lire en ligne)

Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale des sciences Premier médecin du roi

Liens externes

Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par F

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