Ivan Saric (Ivan Sarić) est un ecclésiastique catholique, archevêque de Sarajevo de 1922 à 1960. À la demande de la conférence des évêques croates, il dirige en 1940 la première traduction moderne de la Bible en croate. Ce fervent défenseur de la cause des Croates de Bosnie est un personnage controversé du fait de sa rhétorique et de ses activités favorables au régime oustachi de Croatie durant la Seconde Guerre mondiale.

Jeunesse et carrière Ivan Šarić est né dans une famille bosno-croate près de Travnik, en Bosnie-Herzégovine le . Il étudia au lycée de Travnik de 1882 à 1890, et entre au séminaire de Travnik, puis complète ses études à Sarajevo en 1894. Il est fait prêtre de l'Archidiocèse de Sarajevo le . Il travaille à la catéchèse à l'institut de St. Vinko à Sarajevo à partir de 1894. Deux ans plus tard, il est nommé chanoine de . Entre 1896 et 1908 il édite le journal Vrhbosna, et pendant un temps, le journal Balkan. En 1898 la faculté du séminaire à Zagreb le récompense avec un doctorat. Le , Šarić est nommé coadjuteur de Vrhbosna et titulaire de .

Le 28 october 1908, Šarić a donné au poète Silvije Strahimir Kranjčević les derniers sacrements avant sa mort le jour suivantTimeline of Silvije Strahimir Kranjčević. Après l'attentat de Sarajevo le , Šarić aida et inspira les émeutes anti-serbes à Sarajevo en composant un hymne anti-serbe dans lequel il décrit les Serbes comme des « vipères » et des « loups voraces ».

Le , Šarić est fait archevêque de Vrhbosna. Il fut l'un des pionniers de l'Action catholique (un projet du pape Pie XI pour l'inclusion des laïcs dans l'apostolat hiérarchique de l'Église), et a suscité un intérêt particulier dans la presse catholique. En 1922 il commence à éditer l'hebdomadaire Nedjelja (Dimanche), qui était interdit par les autorités du royaume de Yougoslavie, puis renommé Križ (La croix), et finalement renommé Katolički Tjednik (L'hebdomadaire catholique). Il imprima le Vrhbosanske savremene knjižice, petit livre concernant les affaires contemporaines de l'archevêché, un total de 55 publications jusqu'en 1941. Il a écrit une vingtaine d'autres ouvrages. En 1925,l'année durant laquelle l'Église catholique célèbre l'Année sainte et les Croates célèbrent le anniversaire du royaume de Croatie, Šarić mène le deuxième pèlerinage national de Yougoslavie au VaticanThe Vatican and Croatdom in the first half of the 20th century (until 1941), cpi.hr ; consulté le 30 novembre 2014..

Šarić a investi beaucoup d'efforts dans le financement de deux séminaires, et a encouragé le travail caritatif et les activités des missionnaires. Il a essayé d'attirer de nouveaux ordres masculins dans le diocèse (les Franciscains étaient déjà là). Il a pris beaucoup d'intérêt dans les activités nationales des Croates de Bosnie, et il a aidé la société culturelle croate .

Pendant la guerre Šarić était l'archevêque de Vrhbosna pendant la Seconde Guerre mondiale, quand la Bosnie-Herzégovine devient une part de l'État indépendant de Croatie. Šarić utilisa les journaux catholiques du diocèse de Sarajevo qu'il a dirigé comme un débouché pour ses réflexions politiques ainsi que sa poésie.

Il a exprimé sa bonne volonté et son enthousiasme envers la nouvelle direction oustachi d'Ante Pavelić dans les premiers mois de 1941. Cette pièce est parue un mois après que les Oustachis ont pris le pouvoir :

Plus tard en , il a écrit un éloge de Pavelić, Kada Sunca Sija (Quand le soleil brille), et l'avait publié dans sa revue diocésaine Vrhbosna, qui incluait:

Le propre journal diocésain de Šarić a publié ces mots sur Pitar Pajić:

Šarić mena les funérailles de l'évêque le , trois jours après la mort de Mišić. L'archevêque a ensuite nommé Petar Čule comme vicaire pour le diocèse de Mostar-Duvno. Suivant sa recommandation le pape Pie XII nomma Čule archevêque. Les autorités NDH se sont opposées à ce qu'elles n'aient pas été consultées au préalable. Le ministre de la justice et de la religion envoya une lettre à toutes les paroisses catholiques d'Herzégovine appelant à un boycott du nouvel archevêque. Malgré cela, Šarić consacra Čule à Mostar le , avec l'archevêque Aloysius Stepinac et Giuseppe Ramiro Marcone en tant que co-consécrateur.

Šarić a publiquement soutenu les conversions forcées de Serbes orthodoxes au catholicisme romain. Dans son livre, The Balkans in Our TimeThe Balkans in Our Time (1956), p. 205, Cambridge, Mass, le Professeur Robert Lee Wolff affirme que les gangs oustachis ont tué des dizaines de milliers de Serbes, et écrit :

Selon l'écrivain français Jean Hussard, qui a été témoin des quatre années de gouvernance oustachi, Šarić n'avait pas seulement connaissance des persécutions des Serbes, mais les encourageaitVu en Yougoslavie 1939-1944, Lausanne, ed. du Haut Pays, Maurice Blanc, 1944, p. 212.. Un des subordonnés de Šarić était Franjo Kralik, qui publia un discours de haine antisémite et anti-serbe dans le Katolički Tjednik à l'époque de Šarić. L'amour a ses limites est une pièce souvent attribuée à Sarić mais qui a en réalité été écrite par le père Franjo Kralik dans l'un des journaux de diocèse de Sarajevo de Šarić. Cela faisait partie d'une campagne pour expliquer aux masses pourquoi les Juifs autour d'eux avaient "disparu":

En outre, Saric utilise sa position à au moins une reprise pendant la guerre pour que des biens ayant été confisqués à une famille juive soient attribués à un membre du mouvement oustachi..

Après la guerre Après la guerre, en 1945, il n'a répondu à aucune accusation de crimes de guerre, après avoir fui la justice. Lui et Gregorij Rožman, Archevêque de Ljubljana, ont vécu sous la supervision britannique dans un Palace d'archevêque à Klagenfurt, en Autriche en Jasenovac - Donja Gradina: Industry of Death 1941-45, jasenovac-info.com; accessed 30 November 2014..

Après avoir passé un moment avec Rožman"A short time later Rožman duly arrived in Berne, accompanied by Bishop Ivan Šarić, the ‘hangman’ of Sarajevo. By the end of May 1948, Rožman had apparently carried out this money laundering operation for the Ustashi, for he visited the U.S. Consulate in Zurich and was given a ‘non-quota immigration visa as a minister of religion'".Unholy Trinity - The Vatican, the Nazis, and the Swiss Banks by John Loftus and Mark Aarons (1998), pp. 132-33, St. Martin's Press; See also 2005 Interview with John Loftus, co-author of Unholy Trinity - The Vatican, the Nazis, and the Swiss Banks (1998), ftrsummary.blogspot.com; accessed 30 November 2014., Šarić alla à Madrid avec l'assistance de l'Église catholique romaine, où il réalisa une nouvelle traduction du Nouveau Testament en croate, et publia un libre vantant les vertus du pape Pie XII. Šarić meurt à Madrid le , à l'âge de 88 ans. Son corps est maintenant enterré à l'église Saint-Joseph à Sarajevo.

Références

Voir aussi Génocide contre les Serbes dans l'État indépendant de Croatie Shoah dans l'État indépendant de Croatie

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