Henchir Kssiba est un site archéologique antique de Numidie, situé dans la commune d'Ouled Moumen, dans la wilaya de Souk Ahras, dans le nord-est de l'Algérie. Le site correspond aux vestiges de la Civitas Popthensis, cité identifiée grâce à une inscription officielle découverte au début du . L'épigraphie du site comprend principalement des inscriptions latines, mais également des documents en libyque et en néo-punique.
Situation et environnement Le site se trouve sur une pente naturelle d'un plateau situé à environ d'altitude. Il est établi à proximité de l'Oued Fretissa et de l'Oued El-Qsiba, qui se rejoignent au niveau de la source naturelle d'Aïn El-Qsiba. Selon les estimations établies lors des recherches de Julien Guey, l'agglomération antique couvrait environ .
Environ 80 % des vestiges archéologiques seraient encore enfouis. Les ressources en eau et la fertilité des plaines environnantes ont favorisé le développement d'un terroir agricole, notamment consacré à la culture des céréales et de l'olivier ainsi qu'à l'élevage. Plusieurs pressoirs ont également été signalés dans l'agglomération et ses environs.
Recherches archéologiques Le site est connu des chercheurs dès le . Il figure notamment dans l'Atlas archéologique de l'Algérie de Stéphane Gsell, feuille 19, « El-Kef », notice n° 37, sous l'entrée Civitas Popthensis.
Plusieurs inscriptions avaient été signalées avant les fouilles systématiques. L'identification de la cité à la Civitas Popthensis est établie en 1917 avec la découverte de l'inscription relative au temple de Saturne.
La Société archéologique de Thagaste entreprend des travaux de dégagement en 1935. Ceux-ci concernent notamment la nécropole et les thermes et permettent de recueillir un ensemble important d'inscriptions. Julien Guey poursuit les recherches en 1936 et publie en 1937 une étude consacrée à Ksiba et à la Civitas Popthensis, comprenant une description des vestiges et l'étude de nombreuses inscriptions.
Les recherches épigraphiques se poursuivent au . L'étude publiée par Zouhir Bakhouche en 2024 apporte notamment de nouvelles données sur deux stèles votives découvertes à Henchir El-Qsiba et sur l'onomastique nord-africaine.
Histoire La documentation archéologique et épigraphique témoigne d'une occupation ancienne et de la coexistence de plusieurs traditions culturelles. Les inscriptions découvertes sur le site sont principalement rédigées en latin, mais quelques documents utilisent également le libyque et le néo-punique.
À l'époque romaine, l'agglomération est connue sous le nom de Civitas Popthensis. Son activité monumentale et épigraphique est particulièrement bien attestée sous les Antonins et les Sévères.
La cité constituait un centre urbain au sein d'un territoire agricole. L'importance de ses vestiges et les ressources disponibles dans son environnement témoignent du développement de l'agglomération durant l'Antiquité.
À partir de la superficie des ruines et d'une estimation du débit de l'aqueduc, Julien Guey proposait une population comprise entre et . Cette valeur constitue une estimation fondée sur des calculs indirects et non un dénombrement de la population antique.
Religion et épigraphie L'épigraphie constitue l'une des principales sources de connaissance de la cité.
Le culte de Saturne occupe une place importante dans la documentation religieuse du site. Une inscription officielle découverte en 1917, relative à la construction d'un temple consacré à Saturne, a permis d'identifier les ruines à la Civitas Popthensis.
Les recherches ont également livré un ensemble important de stèles associées au culte de Saturne. Quarante-sept stèles ont été découvertes dans l'aire sacrée étudiée dans les années 1930. Julien Guey les interprète comme des monuments votifs plutôt que comme des stèles funéraires, en raison notamment des éléments cultuels qui leur sont associés.
L'étude des inscriptions permet également d'aborder l'onomastique nord-africaine. Deux stèles votives découvertes lors d'une fouille clandestine à Henchir El-Qsiba ont été publiées en 2024 par Zouhir Bakhouche. Elles apportent notamment de nouveaux témoignages concernant les noms Iarvacchius et Amizauan, tandis que Lemlamitanus est étudié comme un ethnonyme.
La documentation épigraphique comprend enfin des inscriptions chrétiennes. Une épitaphe découverte sur le site mentionne notamment un clerc nommé Rogatianus.
Monuments et vestiges Les vestiges actuellement connus comprennent une aire sacrée, des thermes, une nécropole ainsi que différents éléments de l'agglomération antique.
L'aire sacrée consacrée à Saturne constitue l'un des principaux ensembles religieux du site. Les recherches réalisées dans les années 1930 y ont mis au jour 47 stèles associées au culte de la divinité. Leur étude fournit des informations sur les pratiques votives et les formes prises par le culte de Saturne dans cette communauté.
Les thermes furent partiellement dégagés lors des recherches conduites par la Société archéologique de Thagaste en 1935, puis étudiés plus précisément par Julien Guey en 1936. L'édifice, construit en grand appareil, comprenait notamment des latrines relativement bien conservées. Les travaux ont également permis de recueillir plusieurs inscriptions latines.
Une nécropole a été explorée au cours des recherches archéologiques menées dans les années 1930. Elle a livré plusieurs inscriptions funéraires, parmi lesquelles l'épitaphe chrétienne de Rogatianus étudiée par Paul Monceaux.
Références
Voir aussi Articles connexes Wilaya de Souk Ahras Empire romain Numidie
Bibliographie
Liens externes
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