Cléanthe, en grec ancien / Kleánthês (Assos, Troade, v. 330. - 232 ), est un philosophe grec stoïcien, successeur de Zénon de Kition comme premier scholarque de l'école stoïcienne, de 262 à sa mort par inanition volontaire dans sa , en 232.
Biographie Les auteurs antiques nous ont fourni des sources contradictoires sur la naissance, et plus généralement la chronologie de la vie de CléantheCependant, la synthèse effectuée par Dorandi, Ricerce sulla cronologia dei filisofi ellenistici, collection Beiträge zur Altertumskunde, 19, Stuttgart 1991, pages 23-28, semble faire aujourd'hui autorité, d'après le Dictionnaire des philosophes antiques, dir. Richard Goulet, article « Cléanthe d'Assos » de François Queyrel, Éditions du CNRS, t. , .. S'appuyant principalement sur des sources papyrologiques, telle que l’Index Stoicorum, Dorandi a fixé la naissance de Cléanthe en 331/330, sous l'archontat athénien d’Aristophane, et si ces dates sont exactes, l'enfance de Cléanthe est contemporaine des expéditions d'Alexandre le Grand, ce qui a dû influer, d'une manière ou d'une autre, sur sa vie de famille dont on ignore toutDe même, l'idée que Cléanthe ait pu être influencé par l'activité philosophique propre à la ville d'Assos (on songe notamment à l'ancien esclave Hermias d'Atarnée, disciple et ami d'Aristote, devenu tyran de la cité, qui mourut un peu plus de dix ans avant la naissance de Cléanthe) demeure pure conjecture..
Selon Diogène Laërce, il est d'abord lutteur avant de venir à Athènes avec quatre drachmes pour toute fortuneDiogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, , 168., ce qui semble indiquer qu'il était issu d'un milieu pauvre. Arrivé à Athènes, il suit les cours de Zénon de Kition, fondateur du stoïcisme en 301, tout en étant porteur d'eau pour gagner sa vie. Il a dirigé le Portique après la mort de son fondateur, autrement dit à partir de 262 Chrysippe de Soles lui a succédé dans ce rôle jusqu’en 205.
Interprétations de la philosophie de Cléanthe Festugière Cléanthe serait panthéiste, dans son Hymne à ZeusCléanthe, L'hymne à Zeus, trad. Émile Bréhier, Les stoïciens, Gallimard, coll. "La Pléiade", 1962, 7-8. Texte transmis par Stobée, reproduit par Hans von Arnim, Stoicorum Veterum Fragmenta, t. I, . :
Ce panthéisme est assez ambigu, puisque ce Zeus est à la fois Force immanente et Raison architecte. C'est, dit André-Jean FestugièreA.-J. Festugière, La Révélation d'Hermès Trismégiste, t. II : Le Dieu cosmique, 1949, Belles Lettres 1981, 310-332, 418. à la fois une Force immanente au Cosmos qui, du dedans, le meut vers le but qu'il doit atteindre, le Souffle ou le Feu qui réside en tous les êtres, et Zeus, un dieu personnel, un dieu qu'on peut prier, un dieu providentiel qui prend soin des hommes, qui récompense le vertueux et laisse le coupable se précipiter à sa perte, une raison architecte.
Simone Weil et Rudolf Rieks Dans la traduction qu’elle a donnée de huit vers de l’Hymne à Zeus, la philosophe Simone Weil donne à voir ce poème comme une préfiguration de la Trinité, parce qu’y est nettement signifiée la constitution du divin en trois personnes, Zeus, le serviteur de la Médiation (le Logos) et la foudre, organisées en vue de l’harmonie du cosmos :
Simone Weil relève le fait que la foudre, principe stoïcien de l’ordre du monde, consiste à produire le consentement aux commandements de Dieu,
Dans le même sens que Simone Weil, Rudolf Rieks considère que le thème du retrait de Dieu est central dans cet hymne, puisque Dieu se sépare de sa création et Rudolf Rieks, « Sénèque et le stoïcisme, II La Théologie du stoïcisme » dans Petit Dictionnaire des philosophes de la religion, Paris, éd. Brepols, 91-92..
Comme les sensualistes que Platon critique dans le ThéétètePlaton, Théétète, 191., Cléanthe comparait la perception à l'empreinte d'un sceau dans la cire, avec ses creux et ses pleins.
Cosmologie Cléanthe attacha une importance prépondérante au soleil, tout en rejetant l'hypothèse héliocentrique.
C'est lui qui précisa une formule fondamentale de son maître, qu'il énonça sous la forme suivante : (Pierre-Maxime Schuhl, in Les Stoïciens, 1962, coll. "Pléiade", -, 4.).
Œuvres Il ne reste de lui que quelques fragments, et un Hymne à Zeus, qui nous a été conservé par Jean Stobée, traduit en vers par Louis Racine, en prose par Jean-Pierre de Bougainville et Robert Brasillach dans son Anthologie de la poésie grecque.
Diogène LaërceDiogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, VII a établi une liste des traités qu'aurait écrits Cléanthe, la plupart devant être relativement courts :
Bibliographie Traduction
Études
, , 168-176. André-Jean Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, t. : Le Dieu cosmique, 1949, 310-332. Dictionnaire des philosophes antiques, Éditions du CNRS, t. , 406-415. Fragments Hans von Arnim, Stoicorum Veterum Fragmenta. Leipzig, 1903-1924, 4 t., t. , 537. Hymne à Zeus, trad. Émile Bréhier, Les Stoïciens, Gallimard, coll. "Pléiade", 1962, 7-8.
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