Henri-Jean-Victor de Rouvroy de Saint-Simon, né à Péreuil le , mort à Paris le , vicomte de Saint-Simon, puis grand d'Espagne, marquis de Saint-Simon et « pair de France » (membre de la Chambre des pairs), est un général et homme politique français. À partir de 1842, il se fait appeler « duc de Saint-Simon ».

Il est à l'origine, en 1829 et 1830, de la première édition complète des Mémoires de son lointain parent, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon.

Biographie

Henri-Jean-Victor naît le au château des Doucets, à Péreuil, en Angoumois (dans l'actuel département de la Charente)« Saint-Simon Henri-Jean-Victor Rouvray », sur senat.fr, extrait de Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Bourloton, 1889-1891. Mis en ligne le 8 mars 2016 (consulté le 29 septembre 2016).. Il est le fils de Louis-Charles de Rouvroy (1744-1790), vicomte de Saint-Simon, marquis de Montbléru, capitaine au régiment Royal-Picardie, et d'Adélaïde Blanche Marie de Rouvroy de Saint-Simon Sandricourt (1759-1820)..

Consulat et Premier Empire

En 1800, âgé de dix-huit ans, Henri s'engage comme simple hussard dans un régiment de volontaires. Il combat dans l'armée du Rhin sous le général Moreau. Son régiment est licencié en 1801. Henri passe alors au de carabiniers, avec le grade de sous-lieutenant.

Il est officier attaché à l'état-major général, puis aide de camp du maréchal Ney. Le , il devient (consulté le 27 septembre 2016).. Le , il est grièvement blessé à la bataille d'Iéna. Il est fait capitaine sur le champ de bataille.

En 1808, promu chef d'escadron, il accompagne le maréchal Ney en Espagne. Il fait à ses côtés deux campagnes. En 1809, il prend du service auprès du roi Joseph. Il commande un des régiments de sa garde, puis, en Catalogne, le de chasseurs. Il combat souvent à l'avant-garde. Il se distingue durant cette guerre, et particulièrement au combat de Vic, où il est blessé alors qu'il charge les Espagnols.

La déchéance de l'Empereur est prononcée par le Sénat le Le Moniteur universel, 4 avril 1814. Cité par Thierry Lentz, Nouvelle histoire du Premier Empire, Fayard, 2004, II, 567.. Napoléon abdique .. Un armistice est décidé par le gouvernement provisoire formé par Talleyrand. Le colonel de Saint-Simon et un officier britannique, Cooke, sont chargés d'en informer les maréchaux Soult et Suchet et le maréchal britannique Wellington, qui s'apprêtent à livrer bataille à Toulouse. Mais la bataille a lieu , Soult évacue la ville et Wellington y fait son entrée , vers dix heures. Les deux émissaires arrivent deux heures plus tard. Ce n'est que le lendemain, , qu'ils réussissent à joindre Soult« Maréchal Soult », sur claude.larronde.pagesperso-orange.fr (consulté le 29 septembre 2016)... C'est la fin de la campagne de France.

Restauration

Au retour de , le vicomte de Saint-Simon se rallie aux Bourbons. Il sert, dans son grade de colonel, comme sous-lieutenant des gardes du corps du roi, unité de cavalerie qui vient d'être rétablie. Il obtient la croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le , et le ruban d'officier de la Légion d'honneur le .

Cent-Jours

Pendant les Cent-Jours, il suit à Gand. Il y reçoit, le le brevet de maréchal de camp. Il accompagne en cette qualité le duc d'Aumont à la tête du détachement royaliste qui débarque en Normandie pour y faire reconnaître l'autorité de .

Sous Louis XVIII

Après la Seconde Restauration, Saint-Simon est attaché à l'inspection générale de la cavalerie. Puis il commande successivement les départements du Calvados, de la Manche et du Loiret.

Le vicomte de Saint-Simon est le neveu de Claude-Anne de Rouvroy, marquis de Saint-Simon, créé grand d'Espagne de la première classe par en 1803Michaud junior, dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, Delagrave, sans date, XXXVII, col. 434.« Claude, Anne de Montbléru de Saint-Simon », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 25 septembre 2016)., élevé à la dignité de duc par en 1814. Claude-Anne meurt à Madrid le , ne laissant qu'une fille non mariée. Les notices biographiques s'accordent à dire qu'il lègue à son neveu sa grandesse d'Espagne. Trois d'entre elles ajoutent qu'il lui lègue également son titre ducal espagnol« Victor de Rouvroy de Saint-Simon », sur roglo.eu, 2011 (consulté le ). (non reconnu en France). Le , Henri-Jean-Victor est créé « pair de France » (membre de la Chambre des pairs), avec le titre de marquis (par suite de la mort de son oncle). Il est fait commandeur de la Légion d'honneur le .

Le marquis appartient à la branche de Sandricourt des Rouvroy de Saint-Simon. Il est donc un lointain cousin de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, qui appartient à la branche de Rasse. Les papiers — parmi lesquels les Mémoires — que le duc laisse à sa mort, en 1755, vont remplir cinq caisses. Confiés à un notaire le , ces documents sont transférés et séquestrés cinq ans plus tard, par ordonnance royale, au dépôt des Affaires étrangères. Ils sont néanmoins consultés. Ils commencent à exciter la curiosité. Le ministre Choiseul en fait copier des extraits.. Ces extraits sont copiés à leur tour et, de 1781 à 1818, sept éditions défigurées ou tronquées des Mémoires voient le jour. Henri-Jean-Victor cherche alors à entrer en possession des écrits de son parent : en 1819, il sollicite du roi la . lui accorde l'octroi des manuscrits. Mais l'administration va faire traîner les choses neuf ans.

Le marquis de Saint-Simon représente la France durant quelques mois au Portugal. Le , il est nommé ministre plénipotentiaire à Copenhague.

Sous Charles X

Il réussit à garder son ambassade au Danemark, en dépit de qu'évoque André Borel d'Hauterive : Le , il est fait grand officier de l'ordre royal de la Légion d'honneur.

Ce n'est qu'en 1828 que le marquis réunit enfin les contenant les des Mémoires du duc de Saint-SimonPhotographie de deux pages du manuscrit des Mémoires de Saint-Simon, sur expositions.bnf.fr (consulté le 28 septembre 2016).. Il publie l'œuvre en 1829 et 1830 chez le libraire Auguste Sautelet, en , sous le titre Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de et la Régence : publiés pour la première fois sur le manuscrit original entièrement écrit de la main de l'auteur par le M[arqu]is de Saint-SimonNotice bibliographique des Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la Régence : publiés pour la première fois sur le manuscrit original entièrement écrit de la main de l'auteur par le Mis de Saint-Simon, éd. 1829 et 1830, sur catalogue.bnf.fr (consulté le 27 septembre 2016). :

Monarchie de Juillet

En 1830, le marquis de Saint-Simon est maintenu dans ses fonctions par le gouvernement de Juillet. Il est rappelé le . Le , grâce à l'estime portée par Louis-Philippe à la mémoire de son oncle, il est envoyé à Pondichéry comme gouverneur général des possessions françaises dans l'Inde. Rappelé en France le , il est promu lieutenant général cinq jours plus tard. Il siège au palais du Luxembourg, où il soutient la politique ministérielle.

En 1842, le généalogiste André Borel d'Hauterive s'étonne de ce qu'il soit appelé « duc » dans Le Moniteur universel, organe officiel du gouvernement. Il formule une hypothèse : Toujours est-il qu'à partir de cette période, Saint-Simon est désigné comme duc dans les documents officiels.

Il inspecte en 1842 et 1843 le cinquième arrondissement de cavalerie. Il commande, de 1844 à 1848, la (Corse). La révolution de 1848 lui vaut sa mise à la retraite.

Second Empire

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il est nommé sénateur (). Il soutient avec zèle le gouvernement impérial. Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le .

La Cour impériale de Paris lui ayant reconnu des droits de propriété sur les Mémoires de son parent, le marquis en effectue la cession à la librairie Hachette. Par un nouveau collationnement sur les manuscrits, Adolphe Chéruel établit ce qui est considéré comme l'édition princeps des Mémoires. Elle paraît chez Hachette en 1856-1858.

Le marquis de Saint-Simon meurt à Paris le .

Famille

Henri-Jean-Victor de Rouvroy de Saint-Simon épouse le Anne-Marie de Lasalle (1791-1844), dont il a : Eugénie-Blanche (1810-1861), marquise d'Estourmel ; Alix (1815-1865), vicomtesse d'Hédouville ; Marie (1817-1834) ; Talbot (1818-1824)« Rouvroy de Saint-Simon : seigneurs de Montbléru », sur racineshistoire.free.fr, 14 (consulté le 30 septembre 2016)..

Selon André Borel d'Hauterive, lui fait tuer son fils . Son épouse Anne-Marie meurt en 1844. Il se remarie le avec Zénaïde Sénéchal (1813-1881), veuve Duval, dont il aurait eu bien avant : Édouard, né en 1840 ; Maxime (1841-1912).

Distinctions Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis () Grand-croix de la Légion d'honneur () Chevalier de l'ordre du Mérite militaire de Bavière

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . .

Articles connexes Maison de Rouvroy de Saint-Simon Duché de Saint-Simon Ambassade de France au Portugal Ambassade de France au Danemark régiment de carabiniers Établissements français de l'Inde

Liens externes

Base Léonore

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