Paul Mathieu Laurent, dit Laurent de l'Ardèche, né le à Bourg-Saint-Andéol.. Naissance Bourg-Saint-Andéol 1793-1803, cote NC4, page 71/2117, 1er acte page de gauche, mort le à Versailles, est un avocat, historien, journaliste, homme politique et bibliothécaire français.

Biographie Formation Paul Mathieu Laurent étudie au collège et manifeste des idées républicaines sous l'Empire puis bonapartistes sous la Restauration signale « Paul-Marie Laurent » de manière erronée. Il faut lire « Paul Mathieu Laurent », comme l'indiquent , , ou la . Condamné à un mois de prison pour avoir manifesté ses opinions dans l'église de sa commune natale, il se rallie à Napoléon pendant les Cent-Jours. ; il est chargé de remettre à l'Empereur une adresse et s'engage comme fédéré parisien.. Sous la Seconde Restauration, il est inculpé de complot contre la sûreté de l'État et menaces pour avoir célébré la dissolution de la Chambre introuvable et invité le maire-adjoint à lui répéter dehors ce qu'il lui avait dit, mais condamné seulement à quatre mois de prison pour menaces.

Parti étudier le droit à Grenoble en 1816, il obtient sa licence en 1819 et s'inscrit au barreau de cette ville (1820) puis à celui de Privas. En parallèle, il devient rédacteur au Journal libre de l'Isère, de tendance démocratique. Ayant dénoncé dans un article la Chambre des députés, qui vient de casser l'élection de l'abbé Grégoire, il passe devant la cour d'assises de l'Isère, qui l'acquitte. En 1824, il s'installe à Paris, où il s'engage dans des recherches historiques, principalement sur la Révolution dans le Dauphiné..

Homme de lettres et saint-simonien thumb|Laurent de l'Ardèche. En 1828, il publie sous le pseudonyme d'« Uranelt de Leuze » une Réfutation de l'histoire de France de l'Abbé de Montgaillard dans laquelle, le premier, il réhabilite Maximilien de Robespierre. — ce que ne manque pas de souligner Sainte-Beuve dans son compte-rendu du paru dans Le Globe : .. Honoré de Balzac, qui a lu la Réfutation, a retenu cette réhabilitation dans Les Deux rêves..

Il collabore au journal saint-simonien : Le Producteur en 1825 et 1826, En 1829, il adhère au saint-simonisme, dont il devient un propagateur dans le Midi. En , il fonde un hebdomadaire, L'Organisateur, journal de la doctrine saint-simonienne, qui paraîtra jusqu'en .. Rédacteur au Globe, il est rédacteur au Globe saint-simonien de 1830 à 1832. En 1832, il s'éloigne des saint-simoniens devant les réformes apportées par Barthélemy Prosper Enfantin, même s'il demeure l'ami de ce dernier. En 1833, il est candidat malheureux devant le collège électoral de Privas. Il est rédacteur au journal Le Progressif du Gard, à Nîmes, en 1834. En 1835, il se rend à Paris, pour assurer la défense de deux ouvriers, lors du procès des insurgés d' devant la cour des pairs. De retour à Nîmes en 1837, il y exerce la profession d'avocat. Trois ans plus tard, il abandonne le barreau pour des raisons de santé. Le , le gouvernement le nomme juge au tribunal de première instance de Privas. La même année, il publie une Histoire de Napoléon plusieurs fois rééditée qui a sans doute, selon Pierre Broué, joué un rôle important dans la construction de la légende napoléonienne. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en ...

Un engagement politique Après la révolution de 1848, il est élu, le président de la Commission départementale de l'Ardèche lors d'une réunion publique et collabore à plusieurs journaux, notamment L'Almanach républicain et La République. Puis le gouvernement provisoire le nomme commissaire de la République dans le canton de Privas., où il prend ses fonctions, le .. Enfin, le , il est élu député de l'Ardèche, le cinquième sur neuf, avec . Sous le nom de « Laurent de l'Ardèche », il siège à la gauche de l'Assemblée nationale constituante. Le , il défend les gardes nationaux et pompiers de Privas, qui ont contrôlé les bulletins des électeurs, remis à ceux-ci par leurs prêtres, à l'entrée du scrutin... Par ailleurs, il s'oppose le à la proposition de la Commission exécutive visant à appliquer aux Orléans la loi de bannissement perpétuel touchant la branche aînée des Bourbons. Pour lui, cette mesure doit être limitée à et à l'amélioration de . Toutefois, le terme « perpétuité » est maintenu dans la proposition, qui est votée par 631 voix contre 63, le , au rétablissement du cautionnement puis, le 25, aux poursuites engagées contre Louis Blanc et Marc Caussidière.. Après l'élection présidentielle, il intervient contre le rétablissement de la contrainte par corps, voté le , puis contre la proposition Rateau.

Le , il est élu, par sur votants et inscrits, député de l'Ardèche à l'Assemblée nationale législative, où il vote avec les Montagnards.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il ne participe pas aux tentatives de résistance des représentants de la gauche contre Louis-Napoléon Bonaparte et renonce à la vie politique. En , dans une brochure intitulée : Coup d'œil philosophique sur la révolution de décembre, il le justifie même, affirmant :

Bibliothécaire À la suite de son ralliement, il est nommé, le , directeur de la bibliothèque du Sénat, en remplacement de François Ponsard, démissionnaire.. Puis, le , il succède à Pierre-Ange Vieillard comme conservateur-administrateur de l'Arsenal, dont il devient plus tard premier administrateur et où il accueille, en 1865, les archives d'Enfantin.

Il a également collaboré au Dictionnaire de la conversation et de la lecture, publié sous la direction de William Duckett, et dirigé avec Adolphe Guéroult l'édition des Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin à partir de 1865..

Durant le siège de Paris et la Commune de Paris, il protège les trésors de la bibliothèque en les installant dans les caves de l'Arsenal. Il occupe ces fonctions jusqu'en 1871 ; Édouard Thierry lui succède jusqu'en 1888, puis Henri de Bornier de 1889 à 1901.

Mort au n° 101 du boulevard de la Reine à Versailles., il est inhumé au cimetière Notre-Dame de Versailles.

Sa petite-fille était l'actrice Pauline Carton.

Ouvrages

(rééd. Histoire de l'empereur Napoléon, J.-J. Dubochet, 1839 ; Paris, Garnier frères, 1852) ( sous son vrai nom en 1843)

(préface du volume XXVI des Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Régnier Philippe, « Les premiers journaux saint-simoniens ou l’invention conjointe du journal militant et du socialisme. Le Producteur d’Enfantin et Rodrigues et L’Organisateur de [P.-M.] Laurent et Bazard », dans : Thomas Bouchet (dir.), Quand les socialistes inventaient l’avenir. Presse, théories et expériences, 1825-1860. Paris, La Découverte, « Hors collection Sciences Humaines », 2015, p. 37-48.

Articles connexes Politique dans l'Ardèche Liste des députés de l'Ardèche

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