Gabriel Gauthier né le à Lyon (Rhône) et mort le à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), est un militaire français, as de l'aviation au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il a à son actif plus de 6000 heures de vols dont 500 en guerre, 10 victoires confirmées et 3 probables.
En 1956, colonel, il prit le commandement de la aérienne et de la base aérienne d'opérations 112 de Reims. Général d’armée aérienne le , il fut nommé le suivant inspecteur général de l’Armée de l’air puis chef d’état-major de l’Armée de l’air, fonctions qu’il occupa du au .
Biographie Seconde Guerre mondiale En 1936, Gabriel Gauthier intègre l'École de l'air aux petites écuries de Versailles dans la promotion Astier de Villatte.
Il en sort plus tard et est alors affecté au groupe de la escadrille : le groupe de chasse II/7 Nice (GC II/7.) sur Morane-Saulnier MS.406.
Sous-lieutenant à son arrivée, Gabriel Gauthier restera fidèle au groupe pendant plus de et en sera le commandant en 1945. Il aura le privilège d'y inscrire à son actif une double performance : remporter, avec 2 autres pilotes, la victoire du groupe en 1939 et de clore le palmarès de son groupe en 1945.
La tradition voulait que les chiffres individuels des avions soient remplacés par une lettre, l'initiale du patronyme de chaque pilote. Arrivé après le sous-lieutenant Michel Gruyelle, Gabriel Gauthier a donc ajouté l'initiale de son prénom. Ces deux lettres deviendront célèbres dans l'Armée de l'air et lui vaudront son surnom : Gégé
La Campagne de France Le , alors stationné sur le terrain de Luxeuil, au cours d'une mission de protection d'un appareil de reconnaissance, Gabriel Gauthier homologue sa première victoire..
Un mois plus tard, le , il enregistre une nouvelle victoire lors d'une mission dans le secteur de Vieux-Brisach. Cependant, au cours du combat, un Me 109 nazi, lui envoie une rafale. Son appareil endommagé, poursuivi par le Me 109, il est grièvement blessé à la tête et perd connaissance. Il ne recouvre ses sens qu'à du sol et parvient à se poser son Morane dans les barbelés de la ligne Maginot, en sang et paralysé de tout le côté droit. La campagne de France est finie pour lui.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le .
La Croix de guerre lui est également décernée pour la première fois le . Il recevra 11 fois cette distinction entre 1940 et 1945.
Pendant son séjour à l'hôpital, il subit 2 trépanations et l'armistice est signée.
1940-1945 Gabriel Gauthier, à sa sortie de l'hôpital plus tard, parvient à rejoindre l'Afrique du Nord où son groupe s'est réfugié : "Si je marche, je vole". À Bizerte, il vole sur Dewoitine D.520 où il protège les convois français qui ravitaillent la Tunisie. Il est nommé lieutenant en .
Entre 1940 et 1942, son groupe est peu engagé.
Après le débarquement des alliés en novembre 1942, le GC II/7, groupe à être rééquipé en Spitfire, est engagé dans la fin de campagne de Tunisie. En , il est affecté au commandement de l'escadrille. Le , son groupe se pose à Ajaccio pour participer à la libération de la Corse. Au cours de cette campagne, il homologuera 3 victoires.
Il est nommé capitaine en et décoré par le général Graves de la Distinguished Flying Cross britannique le .
La Corse libérée, le groupe participe au débarquement de Provence en et peut rentrer en France le , où il stationne à Vallon, près d'Istres.
Fin de la guerre Le , "GéGé" part en mission avec son groupe et retrouve la terre d'Alsace. Alors qu'il échangeait avec un de ses équipiers sur cette terre où il avait été dramatiquement abattu plus tôt., une rafale de la Flak l'atteint de plein fouet. Il se pose en catastrophe, train rentré, dans les lignes ennemies. L'appareil prend feu, mais le pilote n'ayant pas attaché son harnais est éjecté à l’atterrissage et s'en sort à nouveau miraculeusement.
En territoire occupé, il parvient à se cacher dans un bois voisin alors que les soldats ennemis arrivent sur le lieu du crash. Il est ensuite caché pendant plusieurs jours par le pasteur Florimond Canepeel et sa famille dans le presbytère de Saint-Julien-les-Montbéliard (Doubs), sa tenue d'aviateur et son arme dissimulées dans une tombe du cimetière du village, en attendant d'être passé en Suisse par la Résistance. Il peut enfin rejoindre son groupe qui le croyait mort le , rassurant par la même, sa femme, enceinte de de leur deuxième enfant.
Le , lors d'un combat fortement engagé, Gabriel Gauthier revient avec 2 nouvelles victoires, ce qui porte à 7 ses victoires avec le GC II/7. Le , il prend le commandement de son groupe et confirme 2 nouvelles victoires.
Le , il est fait officier de la Légion d'honneur.
Le dernier combat du groupe se déroule le . À cette occasion, Gabriel Gauthier revendique une et dernière victoire avec son groupe.
Après la guerre Dès la fin de la guerre, Gabriel Gauthier est envoyé aux États-Unis pour suivre les cours de la fameuse Command and Staff School..
Il en ressort diplômé et distingué par la Distinguished Flying Cross américaine.
En , il est nommé commandant. Il part en 1947 au Maroc pour prendre le commandement en second de la escadre de chasse de Rabat et l'année suivante de la base de Meknès..
Le il reçoit la distinction marocaine de l'Ordre Ouissam alaouite chérifien et est fait Commandeur de la Légion d'honneur le .
De 1950 à 1960 En , de retour en France, il prend le commandement de la escadre sur la base de Dijon. Sa formation est l'une des premières à être dotée d'avions à réaction : les Vampire. Gabriel Gauthier, à cette occasion, relance les vols acrobatiques de présentation et est à ce titre le promoteur du renouveau de la Patrouille de France..
Lieutenant-colonel en 1951, il est l'année suivante chef des opérations du commandement aérien tactique à Lahr (Allemagne) avant d'être affecté en 1954 à l'état-major "Air" à Saïgon. Il entre à l'École supérieure de guerre aérienne fin 1954 et devient en 1956 sous-chef de la Défense aérienne.
Promu colonel en , il prend le commandement de la brigade aérienne de la base de Reims. Avec elle, il est engagé dans la Crise de Suez, depuis la base chypriote d'Akrotiri. Mais, comme celle-ci est démunie de tout, Gabriel Gauthier décide d'y transférer la totalité des moyens nécessaires qui se trouvent à Reims. « En moins de 48 heures, c’est un déménagement de la base aérienne, en quasi-totalité, que va organiser son commandant, le colonel Gabriel Gauthier.. » Un journaliste s'empare de l'histoire et qualifie Gabriel Gauthier de « plus grand déménageur du siècle ».
En 1957, Jacques Chaban-Delmas l’invite à renforcer son cabinet particulier, tout en commandant la base de Reims.
1960 à 1972 : fin de carrière En , il est le premier ancien élève de l'École de l'Air nommé commandant de l'École. et devient général de brigade aérienne en décembre de la même année, devenant à tout juste le plus jeune général de France. Lors de son commandement, alors qu'il est aussi provisoirement commandant de la région aérienne, il fait évoluer l'école, la plaçant parmi les plus grandes écoles françaises grâce à son enseignement moral et scientifique, faisant de ces élèves-officiers des ingénieurs reconnus.
Après un court passage en Algérie en 1962 à la tête de la région aérienne, il est appelé l'année suivante par le Général De Gaulle pour devenir son Chef d'État-major particulier.
Dès lors, il enchaîne les responsabilités et les étoiles : général de division en , il prend la tête du premier commandement aérien tactique des forces françaises en Allemagne en . En 1965, suivant l'exemple de ses alliés de l'OTAN, la France se dote d'une Force aérienne tactique (FATAC). Il en fut le premier commandant. Il est promu général de corps aérien en , puis général d'armée aérienne en , en devenant inspecteur général de l'armée de l'air. Le il est nommé chef d'état-major de l'armée de l'air. Il quitte le service actif en après 36 ans de service.
La même année, le , il est élevé par Georges Pompidou au grade de grand-croix de la Légion d'honneur.
En 1995, il sera le parrain de la Promotion de l'Ecole de l'Air, 59 ans après y être entré..
Vie privée Gabriel Gauthier est le fils d'un employé des chemins de fer et d'une institutrice.
Sa famille est originaire du petit village de Marchampt (Rhône), au milieu des vignes du Beaujolais. Très attaché à ce village (dont une rue porte le nom) et à sa famille, il y reviendra régulièrement, c'est d'ailleurs à Marchampt qu'il repose. Son frère, Lucien Gauthier a par ailleurs été maire du village.
Marié avant la guerre à Tristane Ranoux, ils auront deux enfants, Tomy en 1941 et Françoise en 1945.
Distinctions et honneurs
Grand Croix de la Légion d'honneur Croix de guerre 1939-1945 (11 citations) Distinguished Flying Cross britannique Distinguished Flying Cross américaine Ordre Ouissam alaouite chérifien Parrain de la promotion de l'Ecole de l'Air - 1995 Baptême du bâtiment du Commandement des Forces Aériennes (CFA) de la Base Aérienne - BA 102 de Dijon le . Baptême d'une rue du village de Marchampt le Inauguration du rond-point Gabriel Gauthier à l'entrée de l'Ecole de l'Air le
Notes et références
Catégorie:Aviateur français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:As de l'aviation français Catégorie:État-major particulier du président de la République française Catégorie:Personnalité liée à Salon-de-Provence Catégorie:Naissance en septembre 1916 Catégorie:Naissance dans le 5e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès en mars 1996 Catégorie:Décès à Salon-de-Provence Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Chef d'état-major de l'Armée de l'air et de l'espace (France) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Récipiendaire de la Distinguished Flying Cross (États-Unis) Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Ouissam alaouite