Saint-André est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie Situation

Saint-André est situé dans la vallée de la Maurienne, sur la rive droite de l'Arc à à l'ouest de Modane..

Elle est située en bordure du parc national de la Vanoise.

Lieux-dits, hameaux et écarts La commune contient divers hameaux et lieux-dits résidentiels :

Saint André bourg ; Sous la Ville ; la Praz ; le Villard ; les Champs ; le Villeret ; la Paraz ; Saint Étienne ; Montruard ; Pralognan ; le Col ; Fontagnet ; Polset ; Etc.

Géologie et relief, hydrographie vignette|Le ruisseau de Saint-Bernard, séparant les communes de Saint-André (à gauche) et Modane aux portes du parc de la Vanoise. Le point culminant de la commune est la pointe du Bouchet, à .

La principale rivière la traversant dans la vallée est l'Arc en limite sud de la commune. De nombreux torrents d'altitude confluent dans cette-dernière.

Saint-André est une commune du parc national de la Vanoise.

Voies de communication et transports Saint-André est traversée sur un axe ouest-est par l'autoroute A43 et par la Route départementale 1006, ainsi que par la ligne de Culoz à Modane (frontière).

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Avrieux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme thumb|Le chef-lieu. Typologie Au , Saint-André est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Modane, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (82,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (34,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (33,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (23,3 %), zones agricoles hétérogènes (6,7 %), zones urbanisées (1,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,7 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Toponymie Dans les documents médiévaux, Saint-André est mentionnée sous les formes suivantes Sancto Andrea et Sti Andree (1184), Sancti Andree (1197), Sancto Andrea (1237), Sti Andree ().. La commune porte le nom de Montfort au cours de l'occupation par la France révolutionnaire.

Le toponyme fait référence à l'apôtre et martyr saint André.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Sant-Andri, selon la graphie de Conflans..

Histoire La bulle pontificale de Lucius III, de l'année 1184, confirme la juridiction épiscopale de Maurienne sur dix-sept paroisses dont Saint-André..

Bien accrochée à flanc de montagne, Saint-André était, avant 1806 une ville étape bien connue sur la route reliant le Piémont (Turin) et la Savoie (Chambéry) par le col du Mont-Cenis.

Auberges, hôtels, relais de poste et hôpital accueillaient gens illustres, pèlerins, colporteurs et indigents. Sa situation géographique en faisait aussi un verrou naturel de la vallée de la Maurienne que se disputaient les armées en guerre :

1536 : pillage et incendie lors de l'occupation par les troupes de François ; 1597 : bataille entre les troupes piémontaises et françaises. La poudre entreposée dans l'église explose : elle sera reconstruite en 1603 ; 1703-13 : pas moins de 6 occupations et réquisitions militaires, par les troupes du roi de Sardaigne et celles de Louis XIV ; 1743 : occupation espagnole et batailles avec les troupes piémontaises près du Villard (lieu-dit de la commune de Saint-André) ; 1792 : occupation par les troupes révolutionnaires ; 1814-15 : occupation par les troupes autrichiennes ; 1940-44 : occupation par les troupes italiennes et allemandes. Lors des bombardements de Modane en 1943 la très belle église baroque de Saint-André est détruite.

Riche de son patrimoine, souvent brûlé et pillé, Saint-André garde encore vivantes des traces de son passé : fontaines, four banal, vestiges des moulins le long du ruisseau de la Scie.

Le duché de Savoie est occupée par les troupes révolutionnaires françaises depuis 1792.

Politique et administration Liste des maires

Saint-André est une des sept communes du canton de Modane.

Politique environnementale

Population et société Ses habitants sont appelés les Andrenins, pour les auteurs de l'Histoire des communes savoyardes (1983) et le site du Syndicat de Pays de Maurienne., ou les Saintandrenins, pour les auteurs de 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne (2008). ou encore le site sabaudia.org.. Selon l'écrivain Joseph Dessaix, dans son ouvrage Nice et Savoie (1864)Joseph Dessaix, Nice et Savoie : sites pittoresques, monuments, description et histoire des départements de la Savoie, Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes réunis à la France en 1860, 1864, ., les habitants étaient surnommés, à cette époque, les Chicaneurs..

Démographie

Économie Agriculture Fabrication de la prune de Saint-André. Cette variété locale de prune blonde à la chair moelleuse et parfumée, facile à dénoyauter. Autrefois, des habitants de haute et basse Maurienne réservaient longtemps à l'avance les récoltes des producteurs locaux. Fruit probable de sélection par des générations de montagnards, cette prune fait partie du patrimoine local.

Industrie alt=photo de la conduite forcée|vignette|Vestige de la conduite forcée imaginée par Paul Héroult en 1898, en arceau au-dessus des crues de l'Arc.

La commune de Saint-André peut se flatter d'avoir été choisie pour l'établissement d'une des tout premières usines françaises d'aluminium en 1893, à peu près dans le même temps que Calypso sur la commune de Saint-Martin-de-la-Porte. L'initiative est venue de la Société d'électrométallurgie de Froges où avait été expérimenté en 1889 le procédé électrolytique révolutionnaire mis au point par Paul Héroult. Le choix de La Praz, au bas de la commune, a été dicté par la possibilité d'une alimentation autonome en énergie grâce à une centrale hydroélectrique utilisant la forte pente de l'Arc : à partir de la prise d'eau sur la rivière au lieu-dit Les Teppes l'eau était acheminée par une conduite forcée en rive gauche sur la commune de Freney mais la centrale était implantée à La Praz, en rive droite, sur le territoire de Saint-André sous une chute de avec une puissance installée de . Le voisinage de la voie ferrée facilitait l'approvisionnement en alumine et les expéditions de métal. Pour le franchissement de la rivière, afin de prévenir toute destruction de cette conduite de de diamètre et de portée de , Paul Héroult convainquit les plus sceptiques en faisant adopter la forme en arceau au-dessus du niveau des crues..

La production d'aluminium a démarré petitement passant de en 1894 à 783 en 1900 et à en 1910. Grâce à de nouveaux investissements et aux gains de productivité ces chiffres furent largement dépassés pendant les fameuses Trente Glorieuses dans un marché en grande expansion : on a atteint en 1950, en 1960 avec un plafonnement de au début des années 1970. Parallèlement, La Praz s'est engagée dans la lutte pour la qualité d'un métal "haut titre", pur à 99,8 % ; elle a mérité pendant six ans la coupe de la meilleure performance dans la compétition entre les usines du groupe. Afin de compenser le handicap des coûts de transports loin des sources de matières premières et de la clientèle, La Praz a joué aussi la carte de la valorisation en se lançant dans l'affinage de titane métalD'après . (procédé Kroll, exploitation par la société Titanium, filiale de Pechiney) puis en 1958 dans la production d'un alliage au béryllium. Elle devait, en outre, abriter un atelier d'alliages de cuivre sans rapport avec la vocation pour l'aluminium.

L'usine de La Praz aura animé la vie de la commune de Saint-André pendant 90 ans. Intégrée en 1921 au groupe Alais-et-Camargue (la future Pechiney), elle employait en 1939 240 personnes, dont bon nombre d'immigrants italiens. Lors de la formation du groupe P.U.K. (Pechiney-Ugine-Kuhlmann) en 1972 son effectif était tombé à 103 du fait des gains de productivité mais aussi après le transfert de l'atelier de cuivre à Couëron, sur l'estuaire de la Loire. Cet effectif est resté stable (98 emplois) jusqu'à la fermeture en 1983. Un tel établissement était condamné à l'heure du gigantisme industriel et des économies d'échelle. De la même manière, la centrale hydroélectrique de La Praz a disparu car elle n'avait plus sa place dans le cadre de l'aménagement intégral de la vallée de l'Arc par EDF, avec la mise en service de la centrale d'Orelle en 1970..

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments vignette|Chapelle Notre-Dame de la Pitié. Le fort du Sapey, fortification alpine à d'altitude. Quinze hameaux, deux églises et 14 chapelles. Deux édifices sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques : L'église Notre-Dame à l'entrée du hameau du Villard, . dont la construction a été financée par Monseigneur André Jourdain évêque d'Aoste né au Villard. La maison dite de l'Évêque au hameau de La Paraz, .. Liste des objets inventoriés de la commune (base Palissy).. Plusieurs moulins et un poste télégraphique optique Chappe ont été restaurés et fonctionnent aujourd’huiAssociation Moulins et Patrimoine de Saint-André..