thumb|upright 1.2|La révolte, peinture de Honoré Daumier L’Insurrection de Milan est un épisode historique du italien ayant eu lieu le à Milan où les premières idées idéalistes socialistes se trouvent associées aux idées patriotiques et nationalistes.

Préambule À l'époque, cet événement a un large écho dans l'opinion publique bourgeoise modérée qui y voit la nécessité que le processus unitaire puisse s'achever sans tarder en mettant hors jeu aussi bien le mouvement mazzinien que les mouvements d’inspiration socialiste qui avaient déjà fait leurs preuves lors de la révolution de 1848 et qui semblent de nouveau vouloir revivre en Italie par l’intermédiaire de la classe ouvrièreLeo Pollini La rivolta di Milano del 6 febbraio 1853. Ceschina, Milan 1953, 337..

Le contexte Le Comité insurrectionnel est composé des membres suivants : Piolti, chef civil ; Brizi, chef militaire ; Frontil, logistique ; Vigorelli, trésorier.

Le comité pense, en premier lieu, profiter du grand bal qui doit se tenir au , le , auquel participent tous les hauts gradés de l'armée autrichienne. Le plan prévoit de trouver un moyen d’empoisonner les participants. Ainsi la garnison autrichienne de Milan, restée sans chefs, aurait pu être facilement maîtrisée. Ce plan, qui apparait aux yeux de certains comme impossible à mettre en œuvre et à l’issue incertaine, est finalement abandonné.

D'autres pensent à assassiner trois aristocrates milanais, parmi les personnages les plus importants ayant collaboré au service de l'administration autrichienne de manière à susciter la réaction du gouvernement, qui serait tellement dure qu’elle provoquerait l'indignation populaire. Mais ce projet est abandonné. Pendant ce temps, les fusils promis qui doivent provenir de Gênes et de Suisse ne sont pas arrivés : les partisans de Mazzini et les républicains exilés font savoir qu'ils ne partagent pas les motivations politiques de l'insurrection et il se décide malgré tout le déclenchement de l’opération en comptant sur la participation de la classe ouvrière et du prolétariat milanais.

La révolution à tout prix Le dimanche La date a été choisie car elle correspondait au dernier dimanche de la semaine du Carnaval et que l’on pensait que la garnison autrichienne allégerait la garde, à 16h45, à la suite de l'enseignement de Felice Orsini, qui affirme que , environ un millier d’hommes, composés d’artisans et d’ouvriers armés seulement de couteaux et de poignards, donnent l'assaut aux postes de garde et aux casernes, espérant que les soldats hongrois incorporés dans l’armée autrichienne se mutineraient au nom de leurs aspirations d’indépendance nationale. Mais tout cela n’a pas lieu et en plus il manque aussi l'aide promise d'un ingénieur de la mairie avec ses travailleurs impliqués dans l'entretien des routes qui doit permettre aux rebelles de construire des barricades et couper les conduites de gaz afin de mettre la ville dans l'obscurité. De Porta Romana à Piazza del Duomo, de Porta Ticinese à Porta Vercellina, les insurgés affrontement la police et les soldats en de nombreuses escarmouches dans les rues de la ville, dans l'espoir d’une coopération du peuple, rendant de fait leur action faible et inefficace. Les partisans milanais de Mazzini hostiles à l'idéologie des insurgés socialistes assistent et tant que témoins inactifs à l'échec sanglant de la révolte qui se termine le lendemain avec l’arrivée des renforts autrichiens.

Le résultat de la révolte Les forces autrichiennes comptent 10 morts et 47 blessés.

Parmi les insurgés, 895 sont arrêtés dont 16 sont pendus ou fusillés : Antonio Cavallotti (31 ans, menuisier de pianos, célibataire) ; Cesare Faccioli (42 ans, garçon de café, célibataire) ; Pietro Canevari (23 ans, porteur, célibataire) ; Luigi Piazza (29 ans, menuisier, célibataire) ; Camillo Piazza (son frère, 26 ans, graveur de lettres d'imprimante, célibataire) ; Alessandro Silva (32 ans, chapelier, marié) ; Broggini Bonaventura (57 ans, garçon boucher, célibataire) ; Brigatti Luigi (26 ans, distilleur de liqueurs)Selon un parent éloigné se basant sur la sentence en sa possession, il s’agirait en réalité d’Eligio Brigatti, menuisier de pianos. ; Alessandro Scannini (56 ans, professeur de lycée privé) ; Benedetto Biotti (40 ans, apprenti charpentier) ; Giuseppe Monti (36 ans, apprenti charpentier) ; Gaetano Saporiti (26 ans, travaillant dans les peignes) ; Siro Taddei (27 ans, laitier) ; Angelo Galimberti (cordonnier) ; Angelo Bissi (porteur) ; Pietro Colla (forgeron).

La critique de Marx Karl Marx, dans un article dans le New York Daily Tribune du , intitulé « Les mouvements de Milan », dans une polémique avec Mazzini qu'il appelle ironiquement « Théopompe », le «messager de Dieu», lui attribue la culpabilité de l’échec des révolutions spontanées par manque d’organisation ayant abouti au sacrifice des insurgés de Milan malgré leur inutile héroïsme, il écrit: .

Notes

Bibliographie Bontempelli Bruni, Histoire et conscience historique. Vol.3. Leo Pollini, La révolte à Milan du . Ceschina, Milan, 1953, 337. K. Marx, L'insurrection italienne, 11.2.1853, New York Daily Tribune. K. Marx, Les émeutes à Milan, 8.3.1853, ibid. F. Engels - K.Marx, Lettre, 11/02/1853.

Sources

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