La maison d'habitation de Schlesisches Tor (Wohnhaus Schlesisches Tor), également connue sous le nom Bonjour Tristesse, est un bâtiment berlinois à environ 100 mètres au sud-ouest de la station de U-Bahn Schlesisches Tor, au numéro 7 de la Schlesische Straße, dans le quartier de Kreuzberg.

Historique L'immeuble d'habitation Schlesisches Tor a été construit en 1982/1983, dans un vide interstitiel laissé par la guerre dans un ensemble d'immeubles anciens.

Le bâtiment est dessiné par Álvaro Siza Vieira et réalisé dans le cadre de l'exposition d'architecture 1984 (Internationale Bauausstellung 1984). L'immeuble collectif est l'un des projets phares de l'IBA 1984, et a été le premier projet à l'étranger de Siza Vieira. L'ébauche de Siza Vieira prévoyait une conception avec quatre grands appartements par étage, qui devaient être accessibles par quatre escaliers ; en outre des équipements sociaux devaient être intégrés au rez-de-chaussée. Pour des raisons de coûts, le plan fut toutefois modifié : les fenêtres et la hauteur des plafonds furent réduites afin de créer plus d’espace pour les logements.

En 2012, une nouvelle inscription apparaît sur la façade du bâtiment en grandes lettres capitales rouges : «BITTE LEBN» (vivez donc!).

En 2014, Álvaro Siza Vieira ouvre ses archives, dont les plans de la Schlesisches Tor, qui sont numérisés et publiés en ligne en 2018.

Description Actuellement, l’immeuble dispose de deux cages d’escalier desservant quarante-six appartements répartis sur six étages.

Il n’existe pas de zone de soubassement nettement marquée ni de couronnement de toiture, tels qu’on en trouvait dans l’architecture environnante, plus ancienne de 90 ans. La seule variation est apportée par une forme de construction légèrement incurvée ainsi que par une haute attique percée d’une ouverture en forme d’œil.

Le nom Bonjour Tristesse ne fut pas donné par l’architecte, mais par des inconnus qui, en 1984, peignirent ces mots sur le pignon bien visible de l’immeuble d’angle, avant que l’échafaudage ne soit retiré. Ce nom peint sur le mur renvoie au roman Bonjour tristesse de Françoise Sagan (1954) ainsi qu’à son adaptation cinématographique homonyme de 1958. Le graffiti peut être interprété comme une critique de la monotonie des fenêtres, toutes identiques et régulièrement espacées, contrastant avec la diversité du paysage urbain alentour. De plus, à l’époque de sa construction, l’immeuble se trouvait en plein Berlin-Ouest, à une centaine de mètres du Mur de Berlin, ce qui contribuait à la tristesse du quartier environnant.

Références

Catégorie:Bâtiment à Berlin Catégorie:Berlin-Kreuzberg Catégorie:Françoise Sagan