Giuseppe Ferrari né le à Milan et mort à Rome le est un philosophe et homme politique italien. Fédéraliste, de tendance démocrate et socialiste, il est député de la gauche dans le parlement italien des six législatures de 1860 à 1876 et sénateur du royaume le .
Biographie Giuseppe Ferrari est né à Milan dans une famille bourgeoise, son père étant médecin. Après la mort de ses parents alors qu'il est encore jeune, il bénéficie d'une petite rente grâce à laquelle il vit sans problèmes financiers.
Ferrari fait ses études au lycée San Alessandro, puis il est élève à l'Almo Collegio Borromeo où il obtient un diplôme en in utroque iure à Pavie en 1831. Il est particulièrement intéressé par la philosophie qu'il cultive auprès d'un cercle de la jeunesse milanaise qui se réunit autour de Gian Domenico Romagnosi.
Il rejoint des positions irréligieuses et sceptiques ; il nourrit pour la culture philosophique, historique et politique française une admiration qui le conduit en 1838 à Paris. C'est à Paris qu'il passe, le , l'examen de doctorat en philosophie à la Sorbonne. Ses deux thèses sont intitulées De religiosis Campanellae opinionibusGiuseppe Ferrari, Sulle opinioni religiose di Campanella, Milano, Franco Angeli, 2009 et De l'erreur. Dans la première, il présente de manière positive la pensée religieuse de Tommaso Campanella, tandis que dans la seconde, il parvient à une conclusion sceptique à propos des jugements qui ne permettent d'atteindre la vérité absolue car celle-ci est inextricablement entachée d'erreur, de sorte qu'il peut dire que la vérité est une erreur relative et l'erreur sur une vérité relative.
L'exil en France À cause de ses convictions politiques, Ferrari passe la majeure partie de sa vie à l'étranger, en particulier en France. Il est professeur de philosophie au lycée de Rochefort, puis en 1841, à l'Université de Strasbourg, où, attaqué par l’Église et le parti catholique sur ses affirmations irréligieuses et sceptiques exprimées dans son cours de philosophie de la Renaissance, et également accusé d'enseigner les doctrines socialistes, il est suspendu en 1842. Ayant obtenu la nationalité française et, en 1843, l'agrégation de philosophie pour pouvoir enseigner à l'université, il n'est pas réintégré dans l'enseignement supérieur.
L'éloignement de la chaire de Strasbourg est à l'origine de sa longue relation avec Proudhon qui, ayant appris le « cas Ferrari » par la presse s'intéresse à lui et à ses écrits. Commence une amitié qui dure jusqu'à la mort de Proudhon, en 1865. De 1838' à 1847, il collabore régulièrement à la Revue des deux Mondes. Au cours du soulèvement des cinq journées de Milan contre le gouvernement autrichien en , il est aux côtés de Carlo Cattaneo, mais, déçu par l'échec de la rébellion, il retourne à France, où il enseigne la philosophie au lycée de Bourges jusqu'en 1849.
Le , le coup d'état qui met fin à la seconde république et Napoléon II sur le trône, conduit Ferrari, recherché par la police comme républicain à se réfugier à Bruxelles.
Le retour en Italie Ferrari rentre définitivement à Milan à la mi-, pour participer aux événements qui conduisent à l'unification et la naissance de l'État italien. Il est élu au Parlement d'Italie dans le collège de Luino en 1859, confirmé par les élections de -, élu en deuxième tour de scrutin au même collège de Luino, alors étendu à Gavirate. Réélu pendant quinze ans, Ferrari siège sur les bancs de la gauche sans interruption pendant six législatures, jusqu'en 1876 (XII législature). En 1870, il est également élu dans le premier collège de Côme, mais il resté fidèle à ses premiers électeurs.
Activités parlementaires Dans son programme, il demande pour le nouvel état italien une constitution fédérale de type suisse ou américain, avec une armée, des finances et des lois fédérales communes, mais également avec la plus grande décentralisation administrative possible.
En , contre sa volonté, Ferrari est nommé par le roi chevalier-officier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare qu'il renvoie immédiatement au ministre de l'Éducation, qui le lui a envoyé. Mais la nomination s'avère irrévocable, ayant été publié au journal officiel.
Nommé professeur de philosophie à l'Académie de Milan, bien qu'il n'y ait pas d'indemnités parlementaires en ce temps-là et que les parlementaires ne bénéficient d'aucune prestation, Ferrari renonce à son traitement, afin de rester au Parlement tout en continuant à enseigner. Au Parlement, Ferrari prend position contre la désignation de second roi d'Italie et non de premier prise par Victor-EmmanuelAtti del parlamento italiano (1861), et à plusieurs reprises contre un état unitaire et en faveur d'une constitution fédérale et de l'autonomie des régions et plus particulièrement du Mezzogiorno. Il écrit dans son essai La révolution et les réformes en Italie en :. Il se prononce également contre la cession de Nice et Savoie à la France (1860), contre le traité de commerce avec la France (1863) et contre les accords avec le gouvernement français pour la répartition de la dette pontificale (1867) («un Français péjoratif» comme aime à appeler son irréductible adversaire, Mazzini) et en faveur de transfert de la capitale de Turin vers Florence (1864). Il prend part activement dans les débats parlementaires sur la proclamation de Rome comme capitale, sur le brigandage, la situation financière du nouveau royaume, les évènements d'Aspromonte.
Le , il est nommé sénateur et meurt subitement dans la nuit du au .
Très solitaire, sans aucun lien avec aucun groupe politique et n'appartenant à aucune faction, Ferrari n'eut pas de continuateur de son travail. Francesco Crispi exprime la particularité de Ferrari, lors de son intervention à la Chambre le : .
Le socialisme de Ferrari
Œuvres La mente di G. D. Romagnosi, 1835 La mente di Vico, 1837 Vico et l'Italie, 1839 Essai sur le principe et les limites de la philosophie de l'histoire, 1843 La philosophie catholique en Italie, 1844 La révolution et les révolutionnaires en Italie, 1844-1845 Des idées et de l'école de Fourier depuis 1830, 1845 La révolution et les réformes en Italie, 1848 Machiavel juge des révolutions de notre temps, 1849 Les philosophes salariés, 1849 La Federazione repubblicana, 1851 Filosofia della rivoluzione, 1851 L'Italia dopo il colpo di Stato del 2 dicembre 1851, 1852 La mente di Giambattista Vico, 1854 Histoire des révolutions d'Italie, 1856-1858 Histoire de la raison d'État, 1860 L'annessione delle Due Sicilie, 1860 Corso sugli scrittori politici italiani, 1862 Il governo a Firenze, 1865 La Chine et l'Europe, 1867 La mente di Pietro Giannone, 1868 Storia delle Rivoluzioni d’Italia, 1872 Teoria dei periodi politici, 1874 Proudhon, 1875 Corso sugli scrittori politici italiani, prefazione di A. O. Olivetti, 1929 Opere di Giandomenico Romagnosi, Carlo Cattaneo e Giuseppe Ferrari, a cura di E. Sestan, 1957 Lettere di Ferrari a Proudhon (1854-1861) a cura di F. Della Peruta, 1961 Scritti politici, a cura di S. Rota Ghibaudi, 1973 I filosofi salariati, a cura di L. La Puma, 1988 Scritti di filosofia politica, a cura di M. Martirano, 2006 Il genio di Vico, 2009 Sulle opinioni religiose di Campanella, 2009
Bibliographie Agnelli, A., "Giuseppe Ferrari e la filosofia della rivoluzione", in: Per conoscere Romagnosi, a cura di R. Ghiringhelli e F. Invernici, 1982 Ferrari, A., Giuseppe Ferrari, Saggio critico, 1914 Frigerio, F., "Giuseppe Ferrari", in: Dictionnaire international du Fédéralisme, Bruxelles, 1994 Ghiringhelli, R., Giuseppe Ferrari et le fédéralisme, 1991 Martirano, M., Giuseppe Ferrari editore e interprete di Vico, 2001 Monti, A. Giuseppe Ferrari e la politica interna della Destra, 1925 Panizza, G. L'illuminismo critico di Giuseppe Ferrari, 1980 Rota Ghibaudi, S., Giuseppe Ferrari, l'evoluzione del suo pensiero (1838-1860), 1969 Rota Ghibaudi, S. e Ghiringhelli, T. [a cura di], Giuseppe Ferrari e il nuovo stato italiano, 1992 Schiattone, M., Alle origini del federalismo italiano, Giuseppe Ferrari, 1996
Sources
Notes et références
Liens externes
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