Le jardin botanique de l'université d'Oxford est un jardin botanique situé à Oxford, en Angleterre.
Fondé en 1621 en tant que jardin médicinal destiné à cultiver des plantes pour la recherche médicale, il s'agit du plus ancien jardin botanique de Grande-Bretagne et de l'un des plus anciens jardins scientifiques au monde. Il comprend plus de 6000 espèces de plantes sur une superficie de 1,8 hectare, ce qui fait de sa collection l'une des plus diversifiées par unité de surface ; par ailleurs, plus de 90 % des familles de plantes vasculaires y sont représentées.
Le directeur () actuel du jardin est Simon Hiscock, en poste depuis 2015. Il a succédé à , qui assumait cette charge depuis 1988.
L', à une dizaine de kilomètres au sud d'Oxford, dépend du jardin botanique.
Histoire alt= Portrait de Henry Danvers, premier comte de Danby et fondateur du jardin botanique|gauche|vignette|redresse|Henry Danvers, premier comte de Danby et fondateur du jardin botanique En 1621, Henry Danvers, premier comte de Danby, fait don de la somme (alors astronomique) de cinq mille livres pour la création d'un jardin médicinal (le ), originellement placé sous l'égide de la Faculté de médecine. Il choisit un site sur les berges de la rivière Cherwell, dans le coin nord-est du , appartenant au Magdalen College et qui a auparavant constitué un cimetière juif jusqu'à l'expulsion des Juifs d'Oxford (et du reste de l'Angleterre) en 1290. Quatre mille charretées de sont nécessaires pour surélever le terrain au-dessus du lit d'inondation de la Cherwell. Les années suivantes voient la construction des murs et des arcades, lesquelles sont bâties au début des années 1630 par , maître-maçon d'Inigo Jones. À elle seule, l'érection des murs engloutit la quasi-totalité des cinq mille livres d'origine, laissant relativement peu d'argent pour les plantes elles-mêmes.
Malgré cela, le jardin compte tout de même 1300 plantes et arbres en 1648, d'après le catalogue du premier directeur , en poste à partir de 1642 : parmi ces arbres, on compte notamment des poiriers plantés par Henry Danvers et dont le bois sera par la suite utilisé dans la fabrication du siège destiné au titulaire de la chaire de botanique. À la mort de Jacob Bobart l'Ancien en 1679, son fils , également professeur de botanique, lui succède à la direction du jardin. Il est notamment responsable de l'introduction à Oxford de Senecio squalidus, une plante originaire de l'Etna et aujourd'hui répandue dans toute l'Angleterre sous le nom d'.
Au , le botaniste Humphrey Sibthorp entame le (Catalogue des plantes du jardin botanique d'Oxford). Ce travail est poursuivi après sa mort par son fils John Sibthorp, qui enrichit par ailleurs les collections de plantes rapportées de ses voyages.
Organisation Le jardin se compose de trois parties :
Le jardin clos (), entouré des constructions originelles du et abritant le plus vieil arbre des lieux, un if commun planté par Jacob Bobart l'Ancien en 1645 ; Les serres (), qui permettent la culture de plantes nécessitant une protection contre les rigueurs du climat britannique ; Le jardin inférieur ().
À cela, il faut ajouter l'arboretum de Harcourt, un site satellite situé à 9,7 km au sud d'Oxford, acquis par l'Université en 1947.
Porte de Danby alt=Photographie de la Porte de Danby, entrée principale du jardin botanique, en 2008|gauche|vignette|Porte de Danby, entrée principale du jardin botanique La porte de Danby () est l'une des trois entrées du jardin botanique imaginées par Nicholas Stone entre 1632 et 1633. Il s'agit de l'une des structures oxoniennes les plus précoces à relever du style classique (c'est-à-dire de l'architecture baroque), précédant en cela le porche de l'église universitaire Sainte-Marie-la-Vierge de 1637 (également conçu par Stone) et le cloître de Canterbury à Saint John's College, qui date de la même époque. Pour concevoir cette arche richement ornée, Stone s'affranchit du sobre style palladien alors en vogue (d'origine italienne, ce style vient alors d'être introduit en Angleterre par Inigo Jones), et s'inspire d'une illustration du traité d'architecture de Sebastiano Serlio.
La porte est formée de trois travées, chacune étant surmonté d'un fronton. La travée la plus grande et centrale, qui contient l'arc segmenté, est en retrait, ce qui conduit son fronton, plus grand, à être partiellement dissimulé par les deux frontons plus petits des deux travées latérales en saillie.
La maçonnerie est richement décorée ; elle consiste en bandes alternatives de bossage vermiculé et de pierre de taille unie. Les frontons des travées latérales semblent soutenus par des colonnes circulaires dont les niches contiennent des statues de Charles et de Charles dans une pose classique. Le tympan du fronton central contient une niche segmentée abritant un buste du comte de Danby. Il s'agit d'un monument classé de grade I.
Jardin clos
Plates-bandes taxonomiques () alt=Photographie de la collection nationale d'euphorbes du jardin|vignette|Collection nationale d'euphorbes La collection centrale de plantes rustiques est regroupée par familles botaniques dans des plates-bandes étroites et allongées, et ordonnée d'après le système de classification mis au point au par les botanistes George Bentham et Joseph Dalton Hooker (le jardin est toutefois en cours de réorganisation pour se conformer à la classification APG actuellement utilisée en botanique). Parmi les familles représentées dans le jardin, on compte les Acanthacées, les Amaranthacées, les Amaryllidacées, les Apocynacées, les Aracées, les Aristolochiacées, les Berbéridacées, les Boraginacées, les Campanulacées, les Caryophyllacées, les Chénopodiacées, les Cistacées, les Commélinacées, les Composées, les Convolvulacées, les Crassulacées, les Crucifères, les Cypéracées, les Dioscoréacées, les Dipsacacées, les Euphorbiacées, les Gentianacées, les Géraniacées, les Graminées, les Hypéricacées, les Iridacées, les Joncacées, les Labiées, les Légumineuses, les Liliacées, les Linacées, les Loasacées, les Lythracées, les Malvacées, les Ombellifères, les Onagracées, les Péoniacées, les Papavéracées, les Phytolaccacées, les Plantaginacées, les Plombaginacées, les Polémoniacées, les Polygonacées, les Portulacacées, les Primulacées, les Renonculacées, les Rosacées, les Rubiacées, les Rutacées, les Saxifragacées, les Solanacées, les Urticacées, les Verbénacées ou encore les Violacées.
En 1983, le , une organisation britannique de protection de la flore, a choisi le jardin botanique d'Oxford pour abriter la collection nationale d'euphorbes. L'une des plantes les plus rares de la collection est Euphorbia stygiana, originaire des Açores. Le jardin s'attache à propager cette espèce le plus rapidement possible afin d'éviter son extinction.
Plates-bandes médicinales () alt=Photographie de plates-bandes du jardin botanique d'Oxford|vignette|Plates-bandes du jardin botanique Le coin sud-est du jardin botanique abrite une collection moderne de plantes médicinales. Elles sont réparties en huit plates-bandes, chacune étant liée au traitement d'une maladie ou affection particulière. Les plates-bandes sont ainsi dédiées à :
La cardiologie (étude du cœur) ; L'oncologie (étude du cancer et de la prolifération des cellules) ; Les maladies infectieuses (dues à un virus ou à un parasite) ; La gastro-entérologie (étude du système digestif et du métabolisme) ; La dermatologie (étude de la peau) ; L'hématologie (étude du sang) ; La neurologie (étude du système nerveux, avec notamment des applications en anesthésie) ; La pneumologie (étude des poumons et du système respiratoire).
Les plantes qui poussent sur ces plates-bandes contiennent divers composés naturels et appartiennent à au moins une des trois catégories suivantes :
Plantes directement utilisables comme médicaments ; Plantes sécrétant des substances qui, modifiées, permettent de synthétiser un médicament ; Plantes constituant le point de départ d'un programme de recherche pharmaceutique.
Iris barbus () alt=Photographie d'un peuplement d'iris dans le jardin botanique|vignette|Peuplement d'iris dans le jardin botanique Une plate-bande du coin nord-est du jardin voit fleurir chaque année un ensemble d'iris barbus au mois de mai, dont des représentants des variétés « Eileen » et « Golden Encore ». Certaines variétés cultivées dans ce jardin ne poussent nulle part ailleurs.
Bordures murales () Les bordures au pied des murs abritent des collections qui s'épanouissent dans le microclimat des lieux. Une grande partie de ces collections sont regroupées par provenance géographique. Près du mur nord, la collection méditerranéenne contient entre autres des euphorbes de Corse, tandis que dans la collection sud-américaine s'épanouit le goyavier du Brésil. La collection sud-africaine de la bordure nord-est, quant à elle, compte dans ses rangs le Kniphofia caulescens.
D'autres bordures murales contiennent des plantes issus de zones critiques de biodiversité, comme le Japon ou la Nouvelle-Zélande. Ces zones abritent de nombreuses espèces endémiques, mais font face à d'importantes menaces sur leur richesse végétale. Plus de 50 % des espèces végétales poussent dans ces zones critiques, qui, prises ensemble, couvrent seulement 2,3 % des terres émergées de la planète.
Serres gauche|vignette|Serres du jardin botanique, avec vue sur la tour du Magdalen College à l'arrière-plan
Conservatoire () La serre est une réplique en aluminium de la structure originale en bois de 1893, et abrite différentes espèces de fleurs, dont des primevères, des abutilons, des fuchsias et des achimènes. Des expositions temporaires prennent place au centre du bâtiment.
Serre alpine () Les plantes qui ne peuvent atteindre leur plein développement en extérieur sont exposées dans cette serre. Les présentoirs sont régulièrement changés, de telle sorte qu'il y ait toujours des espèces en cours de floraison.
Fougeraie () Une collection de fougères du monde entier sont cultivées dans cette serre, dont la fougère corne d'élan (une fougère épiphyte australasienne), le Lygodium japonicum (une fougère grimpante) ou encore le trichomanès remarquable (une hyménophyllacée présente en Grande-Bretagne et en France).
Serre aux nénuphars () alt=Illustration d'Alice au pays des merveilles par John Tenniel, montrant la serre aux nénuphars à l'arrière-plan|vignette|248x248px|Illustration d'Alice au pays des merveilles par John Tenniel, montrant la serre aux nénuphars du jardin botanique à l'arrière-plan Le bassin de la serre aux nénuphars, creusé en 1851 par le botaniste Charles Daubeny, alors directeur du jardin, est la plus ancienne partie des serres ayant survécu jusqu'à nos jours. Des nénuphars tropicaux, dont l'hybride Nymphaea x daubenyana nommé en l'honneur de Daubeny, y poussent dans des compartiments du bassin. La serre abrite aussi des plantes d'intérêt économique comme le bananier, la canne à sucre, le riz et le papyrus, originaire des berges des cours d'eau du Moyen-Orient. Dans la partie haute de la serre fleurit l'allamanda jaune.
Serre aux plantes carnivores () Cette serre abrite une collection de plantes carnivores. Le régime carnivore est apparu à plusieurs reprises au cours de l'évolution végétale, et cette collection montre les nombreux mécanismes développés par les plantes pour piéger les insectes. Certains pièges sont passifs, comme les feuilles gluantes des grassettes, tandis que d'autres, comme celui de la dionée attrape-mouches, entrent en mouvement lorsqu'ils sont déclenchés par le passage d'un insecte à leur surface.
Serre aux palmiers ()