Le latin de cuisine ( ou Dog Latin en anglais) désigne la création de phrases ou de mots imitant le latin, ou l'utilisation d'une langue latine qui sort des usages et normes académiques et qui est bien souvent mélangée avec une langue vernaculaire. En ce sens, le « latin de cuisine » se présente sous deux genres, l'un en mauvaise part involontaire ou dû à l'ignorance, l'inexpérience ou la témérité, l'autre en bonne part volontaire, fréquemment produit en vue du jeu, de l'effet comique, de la farce ou de la facétie où l'on peut louer l'ingéniosité de l'auteur, également en vue d'induire en erreur.

Teofilo Folengo (alias Merlin Coccaïe) avec son Baldus est l’un des premiers auteurs à écrire volontairement dans cette langue. Il sera d'ailleurs une source d'inspiration pour François Rabelais.

Le latin de cuisine est proche du macaronique, qui qualifie plus spécifiquement une langue inventée au en Italie, pour écrire des poésies.

Exemples La pièce Le Malade imaginaire de Molière se conclut sur une cérémonie d'intronisation à la faculté de médecine entièrement écrite en latin de cuisine : « Praeses Sçavantissimi doctores, Medicinae professores, Qui hic assemblati estis; Et vos, altri messiores, Sententiarum Facultatis Fideles executores, Chirurgiani et apothicari, Atque tota compania aussi, Salus, honor et argentum, Atque bonum appetitum. [...] »

Molière Le Malade imaginaire, 1673, acte II, troisième intermède.

Autre exemple tiré de l'interprétation de El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha par Ignatio Calvo y Sánchez :

Historia domini Quijoti Manchegui Traducta in latinem macarronicum per Ignatium Calvum cura misae et ollae, 1905, chapitre deuxième.

Autres exemples mélangé d'anglais :

D'un écolier, vers de mirliton, qui, bien que de très mauvais latin, aurait fait un travail acceptable s'il avait renforcé les rythmes des hexamètres latins : Patres conscripti took a boat and went to Philippi Boatum est upsettum, magno cum grandine venti. Omnes drownderunt qui swim away non potuerunt. Trumpeter unus erat, qui coatum scarlet habebat Et magnum periwig, tied about with the tail of a dead pig..

Le mètre utilise des quantités vocaliques latines pour les parties latines, et dans une certaine mesure suit l'accentuation de l'anglais en celles en cette langue.

Une autre variante similaire dans un autre ordre : Stormum surgebat et boatum oversetebat Excipe John Periwig tied up to the tail of a dead pig. Le sens est ici , etc..

D'autres vers de la même veine, suivant une prononciation d'anglophone : Caesar ad sum iam forte Brutus et erat Caesar sic in omnibus Brutus sic in at

dont les traductions approximatives anglaise et française donnent : Caesar had some jam for tea (César prit de la confiture pour le thé) Brutus ate a rat (Brutus mangea un rat) Caesar [was] sick in [the] omnibus (César [fut] malade dans [le] bus) Brutus [was] sick in [his] hat (Brutus [fut] malade dans [son] chapeau)

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Era, un projet musical employant du pseudo-latin Hiberno-latin, littérature latine ludique créée par des moines irlandais Latino sine flexione, une langue construite basée sur le latin, mais n'utilisant que la forme ablative Néolatin Pig latin Langue macaronique Illegitimi non carborundum

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