droite|vignette|redresse|Carte des principaux groupes de dialectes. Les dialectes du norvégien sont toutes les variantes régionales que peut prendre la langue norvégienne. Ils sont généralement divisés en cinq groupes principaux : norvégien du Nord (nordnorsk), norvégien du Trøndelag (trøndersk), norvégien de l'intérieur (innlandsmål), norvégien de l'Ouest et du Sud (vestnorsk) et norvégien de l'Est (østnorsk).
Les dialectes sont généralement mutuellement intelligibles, mais diffèrent sensiblement en ce qui concerne l'accent, la grammaire, la syntaxe, et le vocabulaire. Même un norvégien peut avoir de la difficulté à comprendre un dialecte particulier auquel il n'est pas habitué. Certains dialectes peuvent être limités à un groupe de fermes, mais beaucoup de linguistes notent une tendance à une régionalisation, et à la diminution voire la suppression des variations locales.
Le discours normalisé, basé sur les langues écrites officielles bokmål et nynorsk, n'est pas d'usage courant, sauf dans certaines parties du Finnmark (où la population originale, les Samis, ont le norvégien comme langue seconde), dans certains groupes sociaux, dans les zones urbaines importantes de Norvège, à la radio et à la télévision nationales, et dans les tribunaux.
Groupes de dialectes
Les dialectes du norvégien peuvent se classer comme suit : norvégien de l'Ouest et du Sud norvégien du Sud (Aust-Agder, la plus grande part de Vest-Agder et Fyresdal, Nissedal, Drangedal et Kragerø dans le Telemark) norvégien du Sud-Ouest (parties intérieures de Sogn og Fjordane, Hordaland (sauf la ville de Bergen), Rogaland (Stavanger), et une partie de l'ouest de Vest-Agder) norvégien de Bergen ou Bergensk (Bergen) norvégien du Nord-Ouest (Romsdal, Sunnmøre, Nordfjord, Sunnfjord et périphérie de Sogn) norvégien du Nord norvégien du Helgeland (Nordland au sud de Saltfjellet, sauf Bindal) norvégien du Nordland (Nordland au nord de Saltfjellet) norvégien du Troms (Troms sauf Bardu et Målselv) norvégien du Finnmark (Finnmark sauf Kautokeino, Karasjok, Tana et Nesseby) norvégien de l'Est norvégien de Vikvær (Vestfold, Østfold, et les plaines adjacentes du Telemark, Buskerud et Akershus) norvégien du Centre Est (Ringerike, Romerike, et Oslo) norvégien de l'Oppland (sud du Hedmark et sud-est du Oppland) norvégien de lØsterdal (nord du Hedmark) norvégien du Centre norvégien du Gudbrandsdal (nord de l'''Oppland) norvégien du Valdres et Hallingdal (sud-ouest de lOppland et ouest du Buskerud) norvégien du Telemark Ouest (Vinje, Tokke et Kviteseid) norvégien du Telemark Est (Tinn, Hjartdal, Numedal supérieur) norvégien du Trøndelag norvégien du Trøndelag périphérique (Nordmøre, Sør-Trøndelag périphérique, et Fosen) norvégien du Trøndelag intérieur (intérieur du Sør-Trøndelag, Innherad, Lierne, et Snåsa) norvégien du Namdal (Namdalen et zones côtières voisines) norvégien du Trøndelag sud-est (Røros, Selbu, Tydal, Holtålen, Oppdal)
Évolution vignette|180px|Divisions des dialectes norvégiens à l'intérieur des groupes principaux
En raison de la géographie et du climat, les communautés norvégiennes étaient souvent isolées les unes des autres jusqu'au début du . En conséquence les dialectes locaux avaient tendance à s'influencer les uns les autres de façons particulières tout en développant leurs propres particularités. La communauté d'Oppdal, par exemple, a des caractéristiques en commun avec les dialectes côtiers vers l'ouest, les dialectes du nord du Gudbrandsdalen au sud, et d'autres dialectes du Sør Trøndelag au nord. Le linguiste Einar Haugen a documenté les particularités du dialecte d'Oppdal, et l'écrivain Inge Krokann l'a utilisé comme procédé littéraire. Les dialectes de Romsdal et Arendal sont d'autres exemples de dialectes de transition.
Inversement, des communautés nouvellement industrialisées près de sources d'énergie hydroélectrique ont développé des dialectes cohérents avec la région mais uniques par certains aspects. Des études dans des localités comme Høyanger, Odda, Tyssedal, Rjukan, Notodden, Sauda, et d'autres montrent qu'une créolisation a provoqué la formation de nouveaux dialectes dans ces zones.
De manière similaire, au début du un dialecte correspondant exactement à une oralisation du bokmål est apparu dans et autour des gares de chemin de fer. Il a été nommé stasjonsspråk (« langue de gare ») et peut avoir contribué à des modifications des dialectes voisins de ces centres.
Dynamique sociale Jusqu'au , les dialectes ruraux étaient considérés comme des patois des classes provinciales sans éducation. La mobilité sociale impliquait de se conformer au Riksmål standard, une tendance qui persiste à ce jour dans certains centres urbains. Des études montrent que les locuteurs de dialectes tendent à modifier leur discours vers une approximation du langage formel écrit quand ils se trouvent dans un environnement formel.
Ceci a conduit à divers mouvements de contre culture allant de l'adoption de formes radicales des dialectes d'Oslo parmi les politiciens radicaux à des mouvements de préservation des dialectes locaux. Il y a actuellement un consensus en faveur de la préservation de la diversité linguistique du Norvégien. A Oslo et dans la majorité des comtés, les plaques des rues sont libellées gate, tandis qu'à Kristiansand, on retrouve l'influence danoise avec gade et dans le comté d'Oppland on s'efforce de conserver le terme vernaculaire gutua.
La tendance actuelle est à une régionalisation des dialectes qui entraîne la disparition des particularités les plus locales et la fusion des dialectes ruraux dans le principal représentant de leur famille.
En 2010, le gouvernement crée la Språkbanken, dont un des objectifs est d'empêcher la disparition de la diversité dialectale du norvégien.
Classifications Il y a de nombreuses façons de classifier les dialectes norvégiens. Les critères suivants sont issus de Johnsen, Egil Børre (ed.) (1987) Vårt Eget Språk/Talemålet. H. Aschehoug & Co. . Ces critères fournissent des moyens analytiques pour identifier la plupart des dialectes, bien que la plupart des Norvégiens les distinguent par expérience.
Grammaire et syntaxe Formes de l'infinitif Une des plus importantes différences entre les dialectes est la forme que prend le verbe à l'infinitif. Il y a cinq variétés de dialectes qui forment deux groupes :
Une terminaison (dialectes de l'Ouest) Terminaison en -a, p.ex., å vera, å bita, commune dans le sud-ouest, y compris les zones autour de Bergen et Stavanger Terminaison en -e, p.ex., å være, å bite, commune dans le Troms, le Finnmark, des parties de Sogn og Fjordane et Møre og Romsdal, le sud, et ailleurs. Infinitif apocopique, où il n'y a pas de voyelle ajoutée, p.ex., å vær, å bit, commun dans certaines parties du Nordland
Deux terminaisons différentes (dialectes de l'Est) : Double infinitif, dans lequel le verbe se termine soit en -a soit en -e, p.ex., å væra, å bite, commun dans l'Est Double infinitif, avec apocope, p.ex., å væra (værra/vårrå/varra), å bit, commun dans certaines parties du Sør-Trøndelag et Nord-Trøndelag
La double distribution des terminaisons est en rapport avec le nombre de syllabes du verbe en vieux norrois. Les verbes "courts" (kortstava) en norrois ont gardé leur terminaison, car elle était accentuée. Les verbes "longs" (langstava) ont perdu leur terminaison (non accentuée) ou l'ont vue convertie en -e.
Datif Le datif est toujours en usage dans des dialectes au nord d'Oslo, Romsdal, et au sud et nord-est de Trondheim, bien que la forme effective varie notablement.
L'utilisation du datif disparaît rapidement même dans les régions où il existe encore. La plupart des locuteurs de moins de 30 ans ne l'utilisent pas, même si leurs parents et grands parents le font.
Futur Il y a des variations régionales dans l'utilisation du futur. Voici les versions pour "Il voyagera" . Han kommer/kjem til å reise Han blir å reise Han blir reisan Han skal reise Syntaxe Il peut y avoir de grandes différences dans la syntaxe entre les dialectes, et le temps est important pour comprendre le sens. Par exemple une question peut être formée sans "mots interrogatif" (où, quand, comment, combien…)
Par exemple, la question Hvor mye er klokken? (littéralement : "Combien est l'horloge ?") peut être posée sous les formes : E klokka mykje? (L'horloge est-elle beaucoup ? accent sur "l'horloge"), E a mytti klokka? (Elle est beaucoup, l'horloge ? accent sur "elle est"), Ka e klokken? (Quoi est l'horloge ?).
Accent et prononciation
Élimination du "R" de la forme indéfinie au pluriel Dans certaines zones, le "R" n'est pas prononcé dans certains mots ou tous dans leur forme indéfinie au pluriel. Il y a quatre catégories :
Le r est conservé : la plus grande part de l'Est, la côte sud-est, et dans des zones qui rejoignent le nord et l'est de Stavanger. Le r disparaît complètement : la pointe sud de la Norvège, les zones côtières au nord de Bergen et dans l'intérieur presque jusqu'à Trondheim. Le r est conservé dans certains mots mais pas dans d'autres : les zones côtières autour de Trondheim, et la plus grande part du Nord Le r est conservé dans certains mots et dans les noms féminins faibles, mais pas dans les autres : une zone côtière du Nordland.
Variantes du "R" La plupart des dialectes utilisent une consonne battue alvéolaire voisée (IPA ) ou une consonne roulée alvéolaire voisée (IPA ) pour le "r". Néanmoins, au cours des 200 dernières années la consonne fricative uvulaire voisée (IPA ) a gagné du terrain dans les dialectes de l'Ouest et du Sud, autour de Kristiansand, Stavanger, et Bergen. Le R uvulaire a aussi été adopté chez les nouveaux riches d'Oslo et alentours, au point qu'il a été un temps à la mode d'"importer" des gouvernantes de Kristiansand. L'écriture alternative Norge / Noreg ("Norvège") reflète l'utilisation du R alvéolaire ou uvulaire, respectivement. Dans certaines régions, comme Oslo, le battement est devenu une consonne battue rétroflexe voisée (IPA ), qui n'existe qu'en Norvège, quelques régions de Suède, et dans des langues de familles totalement différentes. Le son coexiste avec d'autres rétroflexions. Dans certaines zones il s'applique aussi à des mots qui finissent en "rd", par exemple en prononçant gard ("ferme") . Le R uvulaire a été moins accepté dans les régions de l'est, et les linguistes supposent que les dialectes qui utilisent des rétroflexions sont "immunisées" contre le R uvulaire. Néanmoins le dialecte d'Arendal conserve les rétroflexions, tout en utilisant le R uvulaire à d'autres positions, p.ex. rart [ʁɑːʈ]
Diphtongaison Le vieux norrois utilisait les diphtongues /au/, /ei/, et /øy/, mais le norvégien parlé autour de Setesdal a modifié deux des diphtongues traditionnelles et en a créé quatre à partir de voyelles longues.
/ei/ > /ai/
/øy/ > /oy/
/iː/ > /ei/
/yː/ > /uy/
/uː/ > /eu/
/oː/ > /ou/
Les dialectes de l'Ouest ont aussi créé de nouvelles diphtongues. À Midtre on trouve les suivantes.
/aː/ > /au/
/oː/ > /ou/
/uː/ >
Monophtongaison Les diphtongues /au/, /ei/, et /øy/ du vieux norrois ont subi une monophtongaison dans certains dialectes.
/ei/ > /e/
/øy/ > /ø/
/au/ > /ø/
Ce glissement est apparu dans le vieux norrois oriental, comme le montre le fait que le suédois et le danois présentent systématiquement cette modification. La monophtongaison en Norvège se termine sur la côte à l'ouest de Trondheim et s'étend vers le sud-est en triangle vers la Suède centrale. Certains dialectes, à l'est de Molde par exemple, n'ont perdu que /ei/ et /øy/.
Palatalisation Dans les zones au nord d'une ligne Oslo-Bergen, la palatalisation se produit pour n (IPA ), l (), t () et d () à des degrés divers. Les zones juste au sud et au sud-ouest de Trondheim palatalisent à la fois la syllabe principale et la secondaire (p.ex., ), mais d'autres zones ne palatalisent que la syllabe principale ().