Landelies (en wallon Landliye) est une section de la commune belge de Montigny-le-Tilleul, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Elle est située en bord de Sambre, un affluent de la Meuse.

Toponymie

Le nom de Landelies trouve son origine dans le mot latin Landiliacus (fundus) signifiant Propriété de Landilla.

Selon d'autres sources, Landelies tirerait son nom du brigand Maurosus () qui changea son nom en « Landelin » une fois repenti et converti au christianisme.

Selon d'autres sources encore, ce nom proviendrait de « Landes-li », soit « Le lieu des landes » , les landes étant de vastes étendues de terre inculte couverte de bruyères, de genêts, etc.

Géographie

Le village situé sur la rive gauche de la Sambre est bordé par un plateau calcaire à l'ouest et par la Sambre à l'est et au sud. Son altitude varie de au niveau de la Sambre à à la limite avec Fontaine-l'Évêque. Le relief est parfois accidenté avec des affleurements de rochers surtout en bord de Sambre qui a creusé une profonde vallée entre les terrains gréseux et calcaires.

Géologie Sur le plan géologique, les formations formant le sol de Landelies se sont déposées pour la plupart durant le Dévonien supérieur et le Carbonifère, plus précisément du Frasnien au NamurienLa Carrière « Calcaires de la Sambre » à Landelies, Histoire-Géologie-Minéralogie-Exploitation, , Monographie du 4M (Association des Micro-Monteurs de Minéraux de Montigny-le-Tilleul), 2002.

Plusieurs phénomènes géologiques intéressants sont observables à Landelies. Citons notamment :

la Faille du Midi, fracture principale entre le synclinorium de Dinant et le synclinal de Namur. Cette faille parcourt le Nord, le Hainaut et le Namurois sur le parcours pris par la Sambre et la Meuse (en Wallonie entre Namur et Liège) d'ouest en est ;

le lambeau de poussée de Landelies, aussi appelé Massif de la Tombe. Il s'étend en aval de Landelies, de part et d'autre de la Sambre. On peut également l'observer à Fontaine-l'Evêque, Mont-sur-Marchienne et Monceau-sur-Sambre. La surface sur laquelle s'est effectué le charriage du lambeau est appelée Faille de la Tombe. D'autres failles secondaires (faille de Landelies, faille de Gaux), existent à l'intérieur du lambeau lui-même.

vignette|gauche|Lapié karstique de Landelies. la Fenêtre de Landelies : Durant les deux derniers millions d'années, la Sambre a creusé son lit par enfoncements successifs, en relation avec les périodes de glaciation de l'Europe du Nord. Cette érosion a bien fait apparaître les couches du Carbonifère supérieur sur lesquelles reposaient le bord nord du synclinorium de Dinant et le massif de la Tombe. Les couches de cet affleurement sont plus jeunes que celles qui les entourent : c'est la « Fenêtre de Landelies ».

le Grand Lapié de Leernes-Landelies : Un lapié (ou lapia) est un phénomène karstique en surface, grâce auquel le sommet du calcaire forme un relief très découpé marqué d'entonnoirs profonds et séparés par un alignement de chicots résiduels. Les rochers calcaires des anciennes carrières de Landelies en bord de Sambre, hauts de , constituent le plus important site d'escalade de la région de Charleroi.

Quartiers Landelies village, Pont-du-Déversoir, Mouchoirs, Morgnies, Le Vigna et Les Piges.

Hydrographie Landelies appartient au bassin hydrographique de la Sambre, dont elle constitue un territoire d’affluents secondaires. La commune est traversée par un réseau de ruisseaux non navigables, typiques du plateau hennuyer, qui s’écoulent vers la vallée sambroise. Ces cours d’eau, classés selon la législation wallonne, jouent un rôle important dans la biodiversité locale et dans la gestion intégrée de l’eau.

La Sambre La commune de Montigny est traversée par la Sambre sur une distance d’environ trois cent cinquante mètres, où le cours d’eau façonne un relief particulièrement marqué à l’ouest du village. Ce secteur, traditionnellement désigné sous le nom de Jambe de Bois, constitue un point d’intérêt topographique et historique. Selon Jules Sottiaux, la mise au jour de vestiges attribués au Néolithique a conduit à envisager l’existence d’occupations humaines très anciennes, renforçant l’idée d’une continuité d’habitat dans cette portion de vallée. Le lieu, longtemps associé à des récits locaux, s’inscrit dans un environnement qui, au fil des siècles, attira des personnalités religieuses telles que Saint Bernard, attiré par le rayonnement spirituel des abbayes de Lobbes et d’Aulne. Dans l’analyse de Sottiaux, la Sambre apparaît comme un élément structurant du paysage régional, comparée à une artère reliant les reliefs de l’Entre-Sambre-et-Meuse et complétant la présence dominante de la Meuse. Les affluents comme la Biesmelle ou l’Eau d’Heure, plus modestes, sont décrits comme des cours d’eau au caractère vif et pastoral, tandis que la Sambre est associée à une tonalité plus méditative dans l’ensemble géographique qu’elle traverse. Les installations anciennes identifiées dans ce secteur ont suscité diverses interprétations. Leur fonction exacte demeure incertaine : elles pourraient correspondre à des aménagements liés à des activités de baignade, de pêche ou à un petit chantier naval en relation avec un port fluvial. Jules Sottiaux souligne toutefois que la présence d’une étape de batellerie y est très vraisemblable. Durant le haut Moyen Âge, la Sambre était navigable ou flottable jusqu’au site des Castelains, et la première mention connue du cours d’eau apparaît en 840 sous la forme super fluvium Samera. Cette voie d’eau joua un rôle stratégique, permettant notamment aux Normands d’atteindre l’abbaye d’Aulne en 880. À partir du second millénaire, l’édification progressive de barrages destinés à alimenter les moulins entraîna une diminution de la navigabilité, malgré l’existence de passages rudimentaires que Sottiaux assimile aux premières formes d’écluses. Ces transformations marquent l’évolution d’un paysage fluvial où se mêlent contraintes techniques, usages économiques et héritages historiques.

Au cours des , les abbés d’Haumont entreprirent l’entretien du lit de la Sambre afin de permettre aux embarcations d’atteindre leur monastère. Selon Bernard Huybrecht, cette amélioration du cours d’eau ne constitue pas en soi la preuve d’un véritable commerce structuré entre la haute et la moyenne vallée sambrienne. La première réglementation connue concernant les bateliers apparaît en 1328 : elle définit les droits exigés sur les embarcations remontant la rivière depuis Namur jusqu’au site de La Buissière. D’après Huybrecht, ces dispositions témoignent d’un contrôle administratif croissant de la navigation. Au , la progression du trafic fluvial se poursuit et atteint Maubeuge, rendue accessible grâce à l’écluse de Recquignies. Malgré plusieurs projets envisagés aux époques suivantes, la canalisation complète de la Sambre ne fut engagée qu’à l’époque moderne, comme le rappelle Bernard Huybrecht, marquant une transition vers une gestion hydraulique plus ambitieuse du cours d’eau. Jusqu’au , la navigation sur la Sambre demeurait limitée par un tirant d’eau réduit, des barrages construits pour alimenter les moulins, la coexistence de systèmes d’écluses hétérogènes et la présence fréquente de hauts-fonds. Pour franchir les biefs, les bateliers recouraient régulièrement aux chasses d’eau, pratique qui consistait à libérer un volume d’eau pour faciliter le passage. Les embarcations avançaient en groupes de quatre, manœuvrées par quelques mariniers, tandis que le halage exigeait un nombre variable de chevaux selon les tronçons. Les durées de trajet restaient très irrégulières : il fallait au minimum cinq jours pour descendre de Landrecies à Namur, et environ quatorze pour effectuer le parcours inverse.

Les embarcations employées sur la Sambre se répartissaient en deux catégories : celles de la Sambre supérieure, dont la capacité atteignait environ trente tonneaux, et celles de la Sambre inférieure, pouvant charger quarante à cinquante tonneaux, bien que leur tonnage fût réduit lors des remontées en raison des contraintes du courant. Le tronçon compris entre Lobbes et Charleroi constituait la section la plus difficile : il imposait des ruptures de charge, signe de l’insuffisance des infrastructures pour assurer une continuité de navigation. Le long bief du Trou d’Aulne, près de quinze kilomètres, était marqué par de nombreux hauts-fonds et dépendait étroitement des retenues d’eau situées en amont, ce qui rendait la progression aléatoire. Les ponts maçonnés d’Aulne et de Marchienne constituaient des obstacles supplémentaires, leurs arches étroites compliquant le passage des bateaux. À cela s’ajoutaient plusieurs segments du chemin de halage, parfois resserrés ou dangereux, qui limitaient l’efficacité du halage et accentuaient les difficultés de la navigation fluviale.

Avant la canalisation, la circulation le long de la Sambre s’effectuait sur la rive droite, depuis Aulne jusqu’en aval du Ry d’Hile, où se rejoignaient les limites de Montigny, Landelies et Gozée. Le passage vers Landelies se faisait à gué près de l’actuel pont Delsaut, tandis que le trafic à destination de Montigny devait franchir une seconde fois la rivière à Malfalise. Une nacelle payante permettait néanmoins aux piétons de traverser sans se mouiller ; sa construction au début du demanda trois jours de travail et coûta neuf écus. À partir des années 1820, la pierre calcaire extraite à Landelies alimentait une verrerie locale, acheminée par bateaux vers Marchienne-au-Pont. Pour résoudre les difficultés de navigation, les autorités décidèrent la canalisation de la Sambre, destinée à garantir un tirant d’eau stable, un halage continu, une diminution du courant et une augmentation du tonnage des embarcations. Les travaux, adjugés le , se poursuivirent jusqu’en 1832, bien que la navigation fût ouverte dès le . Cette même année, le roi Guillaume d’Orange inaugura les écluses de Landelies, numéros 9 et 10, marquant une étape importante dans la modernisation du réseau fluvial sambrienne.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre. 1900 : Scission de Goutroux en 1896 Histoire Préhistoire Selon Bernard Huybrecht, l’occupation humaine de Landelies remonte à la Préhistoire, comme l’attestent les silex taillés découverts en divers points du territoire. À cette période, le secteur était couvert de forêts épaisses et se situait à la frontière naturelle entre la Charbonnière et la Fagne, deux ensembles paysagers majeurs de la région. Le bois appelé Charbonnière demeura intégré au territoire de Landelies jusqu’en 1896, année où le hameau de la Bretagne en fut détaché lors de la création de la commune de Goutroux, un changement administratif également rappelé par Huybrecht.

Antiquité De la période romaine, l'on a notamment retrouvé des sépultures au lieudit « Calvaire Mascaut », des monnaies d'Antonin, des fibules et autres petits objets de la vie quotidienne. Un atelier de construction et de réparation de bateaux datant de l'époque romaine a également été identifié à la « Jambe de Bois » et des tuiles romaines à « La Flatte Roque ».

Moyen Âge