Chéméré est une ancienne commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire, devenue le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Chaumes-en-Retz à la suite de sa fusion avec sa voisine Arthon-en-Retz.

La commune fait partie de la Bretagne historique, dans le pays traditionnel du pays de Retz et dans le pays historique du pays nantais.

Elle est intégrée au canton de Machecoul depuis le décret du , mis en application aux élections départementales de , et de la communauté de communes Cœur Pays de Retz créée le .

Chéméré comptait au recensement de .

Géographie Localisation

Chéméré est située dans le pays de Retz, à à l'ouest de Nantes, au sud de Saint-Nazaire et à l'est de Pornic. La route Nantes-Pornic passe juste au nord du bourg.

Avant la création de la commune nouvelle de Chaumes-en-Retz dont elle constitue la partie est, ses communes limitrophes étaient Arthon-en-Retz, Vue, Rouans et Saint-Hilaire-de-Chaléons. Les bourgs de Chéméré et d'Arthon-en-Retz sont contigus.

Géologie, relief et hydrographie La commune est traversée par un petit cours d'eau, la Blanche, qui se jette ensuite dans l'Acheneau, rivière qui relie le lac de Grand-Lieu à la Loire.

Le bassin d'Arthon-Chéméré est une dépression correspondant à un accident important du socle granitique du massif armoricain. On y trouve un gisement lutétien étudié par le géologue S. Durand (1960) à partir des sondages effectués en 1953 dans les carrières du Moulin-Neuf à au nord-est d'Arthon.

La nappe phréatique d’Arthon – Cheméré (superficie estimée à et englobant les deux bourgs) est très proche et affleure, notamment dans le parc. Elle n’est plus exploitée pour l’adduction d’eau potable en raison des teneurs en nitrates et des rejets diffus d’eaux usées. Cependant, elle alimente encore des puits domestiques et quelques forages d’irrigation.

Climat Le climat est de type océanique tempéré, caractérisé par une faible amplitude thermique entre les mois d’hiver (températures minimales d’environ ) et d'été (maximales d’environ ).

Les précipitations sont fréquentes (environ par an) à cause des perturbations venant de l’océan Atlantique. Les vents dominants sont de sud-ouest/nord-est.

La station météo la plus proche est à Bouaye.

Risques naturels La commune fait partie d'une zone de sismicité modérée. Consulté le 26 décembre 2012..

Toponymie Le nom de Chéméré est attesté en 1123 sous sa forme latine Jean-Pierre Brunterc’h, « Puissance temporelle et pouvoir diocésain des évêques de Nantes entre 936 et 1049 », Mémoires de la Société Historique et Archéologique de Bretagne, t.LXI, 1984, ..

Chéméré possède un nom en gallo, la langue d'oïl locale, écrit Chemerai selon l'écriture ABCD.; Cheméràè selon l'écriture ELG. ou Chméraï selon l'écriture MOGA. En gallo, le nom de la commune se prononce ou ..

En breton, elle a été dénommée au vingt et unième siècle Keverieg par l'Office de la Langue Bretonne., nom sans aucune valeur historique.

Histoire Antiquité thumb|Le gouvernement général de Bretagne in suos novem episcopatus omnes Turonensi Aurel, Tabula ducatus britanniae gallis. Dans l'Antiquité, le pays de Chéméré faisait partie du territoire des Ambilâtres, peuple gaulois établi au sud de la Loire, cité par César comme allié des Vénètes pendant la Guerre des GaulesJules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre III, chapitre 9..

Après la conquête, l'espace occupé par les Ambilâtres et les Anagnutes est rattaché à la province d’Aquitaine et ils font alors partie de la confédération pictonne, la civitas Pictavorum.

Puis, à la suite de la réforme de Dioclétien, ils sont administrativement rattachés à l'Aquitaine seconde. Ils bénéficient des axes commerciaux. protohistoriques de la route de l'étain et de la route du sel.. L'emprise du « chemin saulnier » est d'ailleurs encore attestée de nos jours à Chéméré.

Moyen Âge À partir de 416, les Wisigoths remontent du midi jusqu’à la Loire à la suite de l'accord de l'empereur Flavius Honorius : le Pays de Retz restera sous le contrôle des Ariens, jusqu’à la victoire de Clovis sur Alaric II à Vouillé en 507..

La région de Rezé était une vicaria qui dépendait du pays d'Herbauges dans le comté du Poitou. Jusqu'au milieu du le pays de Rais reste directement lié au comté de Poitiers, dont la partie nord est divisée en plusieurs pagus, Herbauges, Tiffauges et Mauges. Le Pays de Rais, le Ratiatensis, est une vicaria, subdivision administrative du bas-Poitou. Une nécropole mérovingienne importante au lieu-dit Brigandin atteste l'existence d'une population implantée au et .

En 851, avec le traité d'Angers, le pays de Retz fait partie des marches de Bretagne. C'est-à-dire que le territoire relève de la Bretagne, mais la population locale peut continuer à vivre dans ses us et coutumes et commercer avec ses voisins comme autrefois.

La très riche et prospère Rezé suscita les convoitises des Normands qui déferlèrent sur le pays à partir de la seconde moitié du .

L'abbaye Saint-Serge d'Angers, dont la fondation remonte à l'époque mérovingienne, possédait trois prieurés dans le diocèse de Nantes : Rouans et Pornic (circulation du sel) ainsi que Chéméré qui se trouvait sur une voie terrestre importante traversant le pays de Retz depuis l'antiquité. À partir de 1050, ce prieuré s'est développé et les moines ont édifié un bourg. Il y avait deux églises, Saint-Jean-Baptiste pour les moines et Saint-Martin pour la paroisse. La richesse du prieuré reposait surtout sur les droits forestiers et un important cheptel. Il conserva une vie autonome jusqu’en 1346, date à laquelle le pape Clément VI annexa le prieuré à la mense abbatialeNoël-Yves Tonnerre, La création des prieurés nantais de l’abbaye Saint-Serge d’Angers, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, ..

La paroisse de Chéméré est créée en 1020 par , baron de Retz.

L'histoire de Chéméré est intimement liée à un ancien site féodal, le château de Princé. Malheureusement, il n'en reste aujourd'hui que des ruines, peu représentatives, qui ne se visitent pas.

Lors de l'arrivée massive des Vikings dans l'estuaire de la Loire, Bégon, qui possédait une motte féodale près de Bouguenais, partit s'installer sur le site de Princé. Le château n'était alors qu'une construction en bois, typique des fortifications de l'époque. La forêt de Princé fut plantée à partir du .

Au , une discorde politique éclata entre le duc de Bretagne (Jean IV) et la baronne de Rais : à la suite d'un mariage, le pays de Retz menaçait de redevenir poitevin. Le duc de Bretagne s'y opposa et fit arrêter la baronne. Sans enfant, celle-ci prit son parent Guy de Laval comme héritier, celui-ci n'étant autre que le père de Gilles de Rais. À cette époque, le château de Princé était un véritable château fortifié comme les autres propriétés de Gilles de Rais, Machecoul et Pornic, entre autres.

Renaissance Au fil des ans, le château perdit sa vocation militaire pour devenir un lieu de résidence et un pavillon de chasse pour les seigneurs de Rais.

Au , le château connut une période de style italien, après le mariage de la baronne de Rais et d'Albert de Gondi, issu d'une riche famille italienne. C'est à cette époque que furent créées les Îles Enchantées, ancien parc du château, comprenant plusieurs îles, entourées de larges fossés. C'est alors l'apogée du château de Princé, le site s'étendant jusqu'aux limites du bourg de Chéméré ; il subsiste d'ailleurs un pan de mur de cet ancien domaine dans le parc de loisirs construit aux abords du bourg de Chéméré.

Révolution française À la Révolution, Chéméré connut des heures difficiles. Située dans la Vendée militaire, elle fut victime de représailles républicaines. Ainsi, l'ensemble du bourg, dont l'église, fut brûlé en 1794. En mémoire de ces événements, un monument, le Souvenir Vendéen, fut érigé dans la forêt de Princé pour rendre hommage aux quelque qui, pendant la guerre de Vendée, furent abattus et enterrés sommairement dans les allées de la forêt..

Une nouvelle église fut construite en 1805 à l'angle de la rue du Béziau et de la rue de Pornic, au milieu du cimetière. Elle sera rasée en 1877 et remplacée par l'église Saint-Jean Baptiste actuelle. Le nouveau cimetière se trouve à cent mètres à l'ouest.

Époque contemporaine Plusieurs « châteaux » ont été édifiés comme relais de chasse dans la forêt de Princé, avec leurs fermes consacrées à l'élevage et à la polyculture, ce qui a inspiré le blason de la commune. Chaque ferme avait sa vigne et produisait son vin. Les métairies faisaient toutes partie de domaines qui, aux héritages, se partageaient par grands morceaux.. Parmi ces domaines se trouvaient le Manoir de Bâtiment., le logis de Pierre-Levée et le manoir de Noirbreuil :

On retrouve leurs propriétaires dans les équipes municipales de l'époqueMichel Alexandre Gautier, Écho d’un pays disparu : Récits de la vie ordinaire en pays de Retz entre 1900 et 1960, (Geste éditions, 2010).. On assista en Loire-Inférieure, et ce jusqu’à la deuxième guerre mondiale, à la tentative de maintenir contre vents et marées une contre-société catholique, non seulement sur le plan religieux mais aussi sur le plan économique, à travers tout un réseau de services commerciaux et financiers s’appuyant lui-même sur le réseau de sociabilité de la noblesse et du clergé. On voyait même des almanachs paroissiaux prescrire des achats dans les « bonnes maisons », proclamant qu’il fallait acheter « chez nous » et fournissant les listes.

Le domaine de la Chapellerie était une ancienne fabrique de chapeaux au . Deux moulins à vent ont fabriqué de la farine pour les habitants de Chéméré. Le moulin de la Motte-Hivert a été construit en 1839. Il se trouve au . Il a fonctionné jusqu'en 1970. Il a été restauré mais a perdu ses ailes.

Le bourg La substitution de la commune à la paroisse à la suite de la période révolutionnaire a provoqué la nécessité d'héberger la nouvelle municipalité dans une habitation acquise pour l'occasion.

Après la monarchie de Juillet, vient aussi l'obligation d'acheter ou de construire une maison d'école.

Le relais de poste est installé également dans le centre du bourg.

L'ingénieur en chef Mathurin-Julien Grolleau (1734-1806) avait équipé le département en routes à la fin de l'Ancien Régime : ce réseau sera précurseur de celui du service vicinal du . Il tient compte de la place centrale de l'église..

La voie ferrée La ligne de chemin de fer en provenance de Nantes est déclarée d'utilité publique, à titre d'intérêt local, par le décret du ., et la ligne est mise en activité en 1875« Après 10 ans de tractations, de négociations pour lever des fonds, le chemin de fer arrive en Pays de Retz en 1875 », article numérisé par l'antenne de Sainte-Pazanne de la SHPR.. Sainte-Pazanne devient un nœud pour les communications dans le Pays de Retz. Il s'agit d'une ligne à écartement standard et à voie unique non électrifiée.

Mais, cinquante ans plus tard, toute circulation est interrompue, pour les voyageurs en 1939 et pour le fret en 1998, parallèlement à la fermeture de l'usine Kuhlmann, pour des raisons de rentabilité ; la ligne n'est toujours pas déclasséeMaryse Angelier, La France ferroviaire en cartes postales. Pays de la Loire. Condé-sur-Noireau, 2002..

Urbanisation au et vignette|Chéméré, maison traditionnelle, rue du Brigandin. L'étalement urbain récent a modifié le paysage. Grâce au désenclavement routier, Chéméré est dorénavant à quelques minutes de Pornic et de Nantes.. Les grandes orientations du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du Pays de Retz tiennent compte de cette évolutionSchéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Pays de Retz.

Les fortes poussées démographiques des années 1990 et du début du se sont accompagnées de créations de nombreux lotissements autour du centre-ville.