La bataille de Solférino a lieu le durant la campagne d'Italie. Elle se déroule en Lombardie, dans la province de Mantoue, et se conclut par une victoire des armées françaises de Napoléon III et sarde sur l'armée autrichienne de l'empereur François-Joseph.
Plus de combattent au cours de cette bataille, qui voit l'utilisation de techniques nouvelles comme le transport des troupes françaises en train, qui mettent seulement quatre jours pour relier Lyon au Piémont, les canons et fusils à canon rayé (plus précis et puissants). L'artillerie joue également un grand rôle, peu de combats ayant lieu au corps à corps.
Contrairement à la légende selon laquelle les pertes auraient été très lourdes, le taux de victimes (morts et blessés) à cette bataille est d'environ 12,5 % (10 % au sein des forces franco-sardes et 14 % chez les Autrichiens), contre 20 % à la bataille de Marengo, 25 à 30 % à la bataille de la Moskova, 21 % à la bataille d'Eylau, 25 % à la bataille de Leipzig et jusqu'à 32,4 % dans les rangs confédérés à la bataille de Gettysburg en 1863Thierry Widemann, À propos de la bataille de Solferino, Chemins de mémoire, Ministère français de la Défense, , juillet-août 2009..
Contexte Le conflit entre l'empire d'Autriche et la coalition franco-sarde est né de la promesse faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l'aider à chasser l' en échange de la Savoie et du comté de Nice, promesse dont il mesure l'importance après l'attentat contre lui par le révolutionnaire et patriote italien Felice Orsini, le . L'empereur charge son médecin personnel Henri Conneau d'une mission secrète auprès du comte Cavour à Turin, pour organiser une rencontre secrète entre les deux souverains. L'entrevue, qui a lieu à Plombières dans les Vosges, le , scelle l'alliance militaire franco-sarde contre l'Autriche et le mariage entre le prince Napoléon et Marie-Clotilde de Savoie.
Après la victoire de Magenta, l'armée d'Italie se tourne vers l'Est pour poursuivre l'ennemi. La progression est ralentie par les destructions opérées par les troupes autrichiennes et par les pluies incessantes. L'ennemi se replie successivement derrière plusieurs affluents du Pô : l'Adda, l'Oglio et la Chiese.
La veille Dans la matinée du , l'empereur d'Autriche ordonne à ses troupes de se tourner vers l'ouest. Ces dernières regagnent la rive droite du Mincio, où elles reviennent occuper les positions abandonnées quelques jours auparavant. Cette manœuvre est destinée à mettre en place l'armée des Habsbourg sur les collines morainiques au sud du lac de Garde et, à partir de cette position qui domine la plaine, lancer une attaque sur l'armée franco-sarde. Elle espère exploiter ainsi le chaos dans lequel celle-ci se trouverait lors de la traversée du Chiese (dont les ponts ont été détruits au cours de la retraite, sur ordre de Gyulai, commandant l'armée austro-hongroise).
Mais contrairement aux espérances des Autrichiens, grâce à l'efficacité du génie français, le gros de l'armée franco-sarde a déjà traversé le Chiese, au cours de la journée du . Elle se prépare à avancer rapidement vers le Mincio, encouragée par les rapports des patrouilles de reconnaissance qui, quelques jours plus tôt, ont pu constater le repli de l'ennemi et par la conviction que la bataille aura lieu sur les rives de cette rivière, comme cela semble logique (et favorable d'un point de vue tactique) pour les Autrichiens.
Aux premières heures du , Napoléon III et Victor-Emmanuel II se rencontrent sur la colline de Lonato pour discuter d'une dépêche envoyée par l'impératrice Eugénie, qui contient d'inquiétantes informations sur d'importants mouvements de troupes prussiennes sur le Rhin. La lettre contient une invitation pressante à la conclusion rapide de la campagne d'Italie afin que l'armée française puisse rentrer chez elle pour défendre ses frontières. Après un bref entretien privé, les souverains regagnent leurs quartiers généraux.
Les combats des patrouilles de reconnaissance qui se produisent tout au long de la journée convainquent les Autrichiens qu'ils ont intercepté les premières avant-gardes franco-sardes ; celles-ci pensent avoir établi le contact avec l'arrière-garde autrichienne, tout comme à Melegnano.
En fait, les deux armées sont déployées sur deux lignes parallèles très proches l'une de l'autre et qui s'étendent du nord au sud sur .
La bataille
Selon le plan établi, à l'aube du l'armée franco-sarde se déplace vers l'est afin de se déployer le long de la rive droite du Mincio. Comme première étape matinale, l'armée française aurait dû occuper les villages de Solferino, Cavriana, Medole et Guidizzolo, respectivement avec le d'armée du général d'Hilliers, le d'armée du maréchal Mac-Mahon, le d'armée du général Canrobert et le d'armée du général Niel, tandis que les quatre divisions de l'armée sarde devaient prendre place à Pozzolengo.
Après quelques kilomètres, inévitablement, les colonnes franco-sardes entrent en contact, les unes après les autres, avec les troupes autrichiennes, fortement implantées précisément à Solferino, Cavriana, Medole, Guidizzolo et Pozzolengo. En quelques heures, de 4 à , de violents combats ont lieu qui conduisent à une mêlée générale, chaotique et très violente, qui dure plus de .
L'absence de plan de bataille ordonné, l'équilibre des forces en jeu et la détermination féroce des deux camps sont les principales causes de l'énorme carnage. De nombreux combats se déroulent à Medole, Solferino et San Martino qui correspondent, respectivement, aux secteurs sud, central et nord d'un vaste front.
La bataille de Medole
Les combats du débutent à Medole, dans le secteur Sud du front, vers du matin. Au cours de la marche qui doit le conduire à Guidizzolo, en passant par le village de Medole, le d'armée français affronte un régiment avancé de la armée autrichienne.
Le général Niel décide d'engager immédiatement la bataille, et faisant preuve d'une stratégie peu commune, il déploie ses forces aux limites Est du territoire de Medole, empêchant ainsi les trois corps de l'armée autrichienne, présents à Guidizzolo, de soutenir les soldats de la placés sur les hauteurs de Solferino et durement attaqués par les colonnes françaises du général d'Hilliers et du maréchal Mac-Mahon.
Les troupes de Niel, même si elles sont numériquement inférieures et déployées sur une ligne de , réussissent à contenir les assauts ennemis par une habile alternance d'actions de défense et de contre-attaques sur les points névralgiques de Crocevia, , , Baite et .
Les combats, qui durent jusqu'à la retraite des Autrichiens, provoquent dans les deux camps la perte de .
La bataille de Solferino 300px|vignette|Plan de la bataille de Solférino.
Vers , l'avant-garde du d'armée français, commandé par le maréchal Baraguey d'Hilliers, établit le contact avec les troupes autrichiennes du d'armée dirigées par le feld-maréchal à proximité de Grole sur le territoire de Castiglione delle Stiviere.
Une demi-heure plus tard, le d'armée français, commandé par le maréchal Patrice de Mac Mahon, rencontre les divisions austro-hongroises postées au hameau de Ca' Morino sur le territoire de Medole.
Les troupes autrichiennes, fortes de trois corps d'armée positionnés à Solferino, Cavriana et Volta Mantovana, résistent durablement aux assauts conjugués des et français, contraignant Napoléon III à engager la garde impériale dans la bataille.
Solferino est arrachée au d'armée de Stadion, en début d'après-midi, et le déploiement français se poursuit pour conquérir Cavriana. Là, il rencontre également une forte résistance de la part du d'armée du maréchal autrichien Clam-Gallas. L'engagement de troupes fraîches, vers , composées du d'armée français du général Canrobert, permet d'occuper Cavriana peu avant .
Le rôle décisif des voltigeurs de la Garde Comme l'indique le rapport du général Regnault de St.-Jean d'Angély, la d'infanterie de la Garde Impériale (composée des voltigeurs de la Garde) est commandée par le lieutenant-colonel Charles Guichard de Montguers, qui prend le commandement du de ligne pendant la bataille après la mort de son colonel. Ces Voltigeurs chargèrent, baïonnette au canon, culbutant des forces quatre fois supérieures en nombre. Ils s'emparent de la tour Solférino, réussissant ainsi la percée au centre du dispositif.
La Légion dans cette bataille Le étranger, aux ordres du colonel Signorino, participe à la campagne d’Italie. En arrivant à hauteur de Ca' Morino, les légionnaires, avec le deuxième régiment de zouaves, formant l’avant-garde du deuxième corps d’armée commandé par le maréchal de Mac-Mahon, rencontrent une forte colonne autrichienne se dirigeant sur Castiglione.
Le , les légionnaires se déplacent en direction de Mantoue. Les premières salves d’artillerie des vedettes ennemies sont tirées. En début d'après-midi, sous une chaleur accablante, les légionnaires et les zouaves prennent Cassiano. Le maréchal de Mac-Mahon donne l’ordre aux compagnies de tirailleurs de la Légion de se déployer pour permettre la mise en place de l’artillerie au centre de la bataille. Les combats acharnés et terribles obligent les légionnaires à aborder l’ennemi à la baïonnette. Le étranger déplore cependant six morts et , ce qui est peu au regard des pertes totales.
Les tirailleurs algériens dans cette bataille Comme pour la campagne de Crimée, l'armée d'Afrique fut appelée à fournir un contingent pour la campagne d'Italie. Chacun des trois régiments de tirailleurs algériens dut fournir un bataillon de afin de créer un régiment provisoire de tirailleurs algériens, composé de trois bataillons à six compagnies chacun. Le commandement en est donné au colonel Laure« Le colonel Laure avait servi en Afrique presque toujours aux zouaves ou aux troupes indigènes depuis . Il n'avait pas fait la campagne de Crimée, le régiment auquel il était attaché à cette époque comme lieutenant-colonel ayant été maintenu en Afrique. Les tirailleurs qu'il commandait sont les mêmes que ceux qui bondissaient comme des panthères à l'Alma, à Inkermann, à Traclir et à Kinburn, et qui s'élancèrent si bravement dans la gorge de Malakoff »., Charles Adam, La guerre d'Italie : histoire complète des opérations militaires dans la péninsule, Librairie populaire des villes et des campagnes, 1859, ., du de tirailleurs algériensLe livre d'or des tirailleurs indigènes de la province d'Alger, Bastide, 1866.. Ce régiment s'illustre particulièrement lors de l'attaque du mont Fontana qui relie San Cassiano à Cavriana« A l'attaque du mont Fontana les tirailleurs algériens sont décimés, leurs colonels Laure et Herment sont tués, leurs officiers succombent en grand nombre, ce qui redouble leur fureur : ils s'excitent à venger leur mort et se précipitent, avec la rage de l'Africain et le fanatisme du Musulman, sur leurs ennemis qu'ils massacrent avec frénésie sans trêve ni relâche et comme des tigres altérés de sang », Henri Dunant, Un Souvenir de Solferino, Fick, 1862, . et déplore 66 tués (dont le colonel Laure) et 316 blessés dans la bataille..
La bataille de San Martino
Cette bataille fut remportée le par le général Philibert Mollard. Le premier régiment sarde à entrer en contact avec les Autrichiens est la de bersaglieri, dirigée par le jeune lieutenant-colonel Raffaele Cadorna qui précède l'avant-garde de la se dirigeant vers Pozzolengo. C'est l'action qui engage, vers du matin, une longue et sanglante bataille pour le contrôle de Pozzolengo, menée principalement dans les bourgs de San Martino et . La formation autrichienne, en nette infériorité numérique, est déployée sur des positions dominantes. Le feld-maréchal Benedek mène ses hommes avec beaucoup d'habileté, réussissant à tenir ses positions jusqu'à la fin de soirée, lorsque les armées austro-hongroises se retirent de Solferino, Cavriana, Guidizzolo et Volta Mantovana, se mettant à l'abri au-delà du Mincio.
Forces en présence
Armée française