Complot à Dallas (Executive Action) est un film américain de David Miller, sorti en 1973. Il est le premier film à mettre en scène l'assassinat de John F. Kennedy et à critiquer les conclusions de la Commission Warren.

Synopsis En introduction du film, il est révélé que, dans un passage, qui a été censuré, d'une entrevue télévisée datée du , l'ancien président Lyndon Johnson livre ses soupçons qu'un complot ait été à l'origine de l'assassinat de Kennedy.

. Des figures de l'industrie, de la politique et du renseignement sont réunies dans la luxueuse résidence texane de Robert Foster (Robert Ryan). Ils expriment leur mécontentement croissant envers la politique de Kennedy et tentent de convaincre Ferguson, un puissant magnat du pétrole (Will Geer), dont le concours est indispensable, de soutenir leurs plans d'assassinat de Kennedy. Farrington, un spécialiste des opérations secrètes (Burt Lancaster), ébauche un plan : exécuter un tir croisé en triangle au passage du cortège présidentiel et offrir un bouc émissaire. À l'issue de cette rencontre, Ferguson n'est toujours pas convaincu, arguant que ce genre de plan n'est tolérable qu'en dernier recours et permis que lorsqu'il fonctionne à coup sûr.

Dans le désert, deux équipes de trois tireurs s'entraînent sur cible mouvante. Ils conviennent que le succès de l'opération ne peut être garanti qu'en ralentissant la cible à moins de . Farrington rencontre le chef des opérations (Ed Lauter), qui à ce stade ne connaît pas la cible, et l'instruit des détails de l'organisation. Les hommes sous ses ordres sont des professionnels formés à ne jamais parler des opérations dans lesquelles ils sont impliqués. Chacun recevra par an durant cinq années, puis un supplément de à condition que le secret de l'opération reste intact. Par l'importance des sommes engagées, il comprend quelle cible ils vont devoir abattre.

. Les comploteurs s'intéressent à Lee Harvey Oswald qui, pour Farrington, figure être le parfait bouc émissaire : il sert manifestement d'agent pour un ou plusieurs services de renseignements, pro-communiste, et possédant un fusil à lunette. Farrington compte l'utiliser par un intermédiaire, il doit se faire remarquer et venir à Dallas. Foster en vient aux véritables enjeux, il prévoit que la population du tiers-monde s'élèvera à 7 milliards au bout de deux décennies, ces populations « jaune, brun ou noir » guidées par la faim et l'amour chercheront à envahir l'Occident. Il considère alors le Vietnam comme une occasion de contrôler la région et réduire sa population à 550 millions. Il ajoute qu'ils peuvent appliquer les mêmes méthodes de « contrôle des naissances » à des groupes indésirables aux États-Unis : les Blancs pauvres, les Noirs et les Hispaniques.

. Les tireurs poursuivent leur préparation et effectuent un essai sur cible réelle, équipés d'appareils photographiques. Les comploteurs choisissent la Dealey Plaza pour perpétrer l'assassinat, jugée parfaite pour le tir en triangle : un tireur situé au dépôt de livres où Oswald a été envoyé travailler, un second au bâtiment des archives et un troisième au monticule herbeux, le virage précédent permet de ralentir le cortège motorisé à la vitesse souhaitée. L'un des comploteurs se charge d'obtenir le passage du cortège par cet itinéraire.

Ferguson suit les actualités à la télévision et semble préoccupé par l'orientation « libérale » de Kennedy : action en faveur des droits civiques, traité d'interdiction des essais nucléaires. La détérioration de la situation au Sud-Vietnam et la décision « suicidaire » de Kennedy d'y retirer toutes les troupes américaines d'ici fin 1965 finissent de le convaincre ; il décroche alors le téléphone et adresse son feu vert à Foster. Le chef des opérations A reçoit un ordre, c'est son équipe qui a été choisie pour l'assassinat, une autre équipe servant à la couverture. Il s'introduit avec un de ses hommes chez Oswald pour s'emparer de son Mannlicher-Carcano, l'homme s'entraîne avec cette arme de piètre réputation.

Novembre. Tim, l'assistant de Farrington () recrute un sosie d'Oswald et l'instruit de sa mission : provoquer la population et laisser penser, a posteriori, qu'il prépare un coup. Il se charge également de préparer un photo-montage d'Oswald arborant son fusil à lunette, qui sera fourni à la presse au moment opportun. Les hommes choisis pour perpétrer l'assassinat se rendent à la Dealey Plaza pour effectuer un repérage de leurs positions de tir respectifs et de leur fuite. Tandis que les comploteurs effectuent les derniers préparatifs de l'opération, visant à perturber la réaction des officiels à la suite de l'attentat, les derniers rapports qui leur parviennent confirme l'état d'impréparation du Secret Service pour le déplacement en Texas : ils ne connaissent pas Oswald, contrairement aux autres services de renseignement, et ne prévoit pas de dispositif de sécurité particulier, ceci malgré les menaces qui pèsent.

. Les tireurs se rendent à la Dealey Plaza et prennent position ; quant aux instigateurs du complot, ils s'installent devant leur poste de télévision qui retransmet l'évènement. Le cortège présidentiel se présente à la Dealey Plaza, l'homme du dépôt atteint à deux reprises le président Kennedy, celui des archives rate sa cible et touche le gouverneur Connally, le tireur placé au monticule adresse le coup fatal. Ils prennent immédiatement la fuite, le tireur du dépôt abandonne le fusil d'Oswald ; le tireur du monticule et l'individu qui assure sa fuite sont interpellés par des policiers mais sont aussitôt relâchés à la présentation de leur carte du Secret Service. Le véritable Oswald est lui aussi interpellé au dépôt de livres, mais un autre employé confirme qu'il y travaille.

La télévision annonce la mort du Président. Alors que les tueurs et l'imposteur s'enfuient, la télévision annonce qu'Oswald est arrêté après avoir tué un policier et est présenté comme le suspect. Tout se passe comme prévu pour les comploteurs, hormis qu'Oswald se rend compte de sa position de bouc émissaire. Jack Ruby, un patron de boite de nuit, apprend la nouvelle ; il est contacté par Tim qui le charge, vraisemblablement, de faire taire Oswald. Deux jours plus tard, il s'introduit dans les locaux de la police et abat Oswald qui allait être transféré. Alors que les comploteurs font un bilan, Foster apprend par téléphone que Farrington a succombé à une crise cardiaque, probablement éprouvé par cette opération de trop.

Le film se conclut par un montage de photos de 18 témoins qui ont assisté à l'assassinat. Le commentaire signale que tous ces témoins ont péri durant les 3 années qui ont suivi l'assassinat parmi lesquels : 6 par fusillade, 3 par accident de la route, 2 par suicide, 1 par égorgement, 1 par coup de karaté et 3 par crise cardiaque, seuls 2 sont morts naturellement. Il est également rapporté qu'un actuaire engagé par le Sunday Times a calculé que la probabilité que tous ces témoins oculaires meurent dans cette période est d'un sur 1017 (soit cent millions de milliards). (voir L'étude de l'actuaire)

Fiche technique Titre original : « » est un terme employé par la CIA depuis les années 1950 pour désigner des opérations d'assassinat. Titre français : Complot à Dallas Titre québécois : Action immédiate Réalisation : David Miller Scénario : Dalton Trumbo, d'après le roman éponyme de et Mark Lane Direction artistique : Kirk Axtell Photographie : Robert Steadman Son : Richard S. Brummer Montage : George Grenville Musique : Randy Edelman Production : Edward Lewis (producteur), Dan Bessie et Gary Horowitz (coproducteurs) Société de production : Wakeford / Orloff Société de distribution : Budget : inférieur à un million dollars US Pays de production : Langue : anglais Format : Couleurs / Noir et blanc - - 1,66:1 - son mono Genre : Drame historique / Thriller de conspiration Durée : 91 minutes Dates de sortie : États-Unis : France :

Distribution Burt Lancaster (VF : René Arrieu) : James Farrington Robert Ryan (VF : Raymond Loyer) : Robert Foster Will Geer (VF : Henri Crémieux) : Harold Ferguson Gilbert Green (VF : André Falcon) : Paulitz John Anderson (VF : Raoul Delfosse) : Halliday Walter Brooke (VF : Marc de Georgi) : Smythe : Chris, un tireur de l'équipe A Colby Chester (VF : Bernard Tiphaine) : Tim Ed Lauter (VF : Sady Rebbot) : Le chef des opérations et chef de l'équipe A James MacColl (VF : Francis Lax) : Lee Harvey Oswald / Jim, son imposteur : Un tireur de l'équipe B Richard Bull : Jess, un tireur de l'équipe A Deanna Darrin (VF : Paule Emanuele) : La strip-teaseuse : Lee, un tireur de l'équipe A Lloyd Gough : Charlie McCadden : Le vendeur de voitures d'occasion Robert Karnes : L'homme au stand de tir Joaquín Martínez (VF : Gérard Hernandez) : Art Mendoza, un cubain anti-Castro Dick Miller (VF : Serge Sauvion) : George, un tireur de l'équipe B Oscar Oncidi : Jack Ruby Tom Peters (VF : Michel Barbey) : Le sergent Nelson : Un tireur de l'équipe B William Watson (VF : Robert Bazil) : Le technicien et chef de l'équipe B

Production Genèse difficile Bien avant son apparition dans JFK, Donald Sutherland, qui s'essaie à la production à cette époque, est à l'origine du projet en 1971 , The Deseret News. Ne parvenant pas à trouver de soutien financier durant deux ans, il cède le projet à Edward Lewis. Celui-ci trouve finalement un investisseur privé qui n'a jamais financé de film, Herbert Magidson, un activiste anti-guerre.

Les producteurs disposant d'un budget n'atteignant même pas le million de dollars, soit équivalent à celui d'un modeste téléfilm, les coûts ont été maintenus au plus bas pour pouvoir concrétiser le projet. Tout le personnel a été rémunéré au minimum et le producteur Edward Lewis a renoncé à son cachet. Les acteurs ont même porté leur propre garde-robe pour le tournage.

Edward Lewis a repris le projet et s'est davantage intéressé au principe de transparence que sur l'assassinat en lui-même. Il estime que la population doit être informée sur les questions officielles et que, en l'occurrence sur cette affaire, toute la vérité n'avait pas été dite et que les officiels n'avaient fourni que ce qu'il les arrangeait. De son côté, le coproducteur Gary Horowitz est certain du complot d'assassinat, et que ce qui est décrit dans le film est proche de la vérité.

Scénario En collaboration avec Donald Sutherland, et Mark Lane ont produit le premier scénario en 1971 à partir du livre-enquête de ce dernier, Rush to Judgment (publié en France sous le titre l'Amérique fait appel...), et en rencontrant des informateurs de la CIA et des témoins. Ce scénario met clairement en cause la CIA, Mark Lane affirme même que le film devait à ce stade être sous-titré Conspiracy In America avec les lettres initiales mises en évidence. Le scénario du film est par la suite transposé en roman sous le titre Executive Action: Assassination Of A Head Of State par ses auteurs.

À la suite de la cession des droits, Edward Lewis fait appel à Dalton Trumbo pour reprendre en main le scénario, ils ont déjà collaboré ensemble, notamment dans Spartacus et Seuls sont les indomptés. D'abord sceptique, puis après avoir lu des livres sur le sujet et avoir visionné le film de Zapruder, Dalton Trumbo se dit complètement convaincu que les tirs provenait de deux directions et de la nécessité de rouvrir l'enquête.